UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Au carrefour des symboles | Page d'accueil | Amour massacré »

20/11/2006

La conscience selon C.G. Jung

Je disais hier que j'avais omis, dans mes petits textes d'exploration de la psyché de parler, avant tout, de la conscience. Curieuse  erreur, serais-je inconsciente ?

Il ne s'agit pas ici de la conscience au sens religieux ou éthique. Simplement j'essaie de dire ce qu'elle représentait pour C.G. Jung. D'abord, le fait que la conscience humaine ait émergé d'un état originel d'inconscience est pour lui un sujet d'émerveillement. Il écrit dans "Les racines de la conscience :

"Tous les efforts  de l'humanité tendent à la consolidation de la conscience. Cest à cela que servent les rites, les "représentations collectives", les dogmes ; c'étaient des digues et des murailles élevées contre les dangers de l'inconscient. "

L'homme n'est devenu conscient que graduellement, l'émergence hors de l'indifférencié est récente et l'évolution est loin d'être achevée. Pour moi l'alchimie spirituelle est un des moyens de progresser. 

La fonction de la conscience est d'être le lieu où s'établissent les relations entre le Moi et les contenus psychiques. Si le Moi perçoit les rapports entre ces contenus, il y a conscience.

Pratiquement, C.G. Jung délimite la conscience par la frontière de l'"inconnu", domaine du non senti, non re-présenté, non pensé, bref, tout ce que l'on ne sait pas. Il distingue aussi toute une gamme d'intensités de la conscience qui fait qu'il n'y a pas de conscience pure et simple. Entre ce que l'on fait et le fait d'en être conscient il y a parfois une immense différence et même une véritable contradiction.

Le champ de la conscience est théoriquement sans limites car il peut sans cesse s'élargir par l'acquisition de nouveaux éléments, issus de l'inépuisable réservoir que représente l'inconscient. On se trouve dans une curieuse situation : un vrai conscient et un conscient dominé par l'inconscience cohabitent. Pour C.G. Jung, par de problème car il pense qu'il n'y a pas de contenu conscient dont on puisse dire avec certitude qu'on en a une conscience totale. En effet, cela supposerait une impensable totalité de conscience qui, elle même nécessiterait une perfection de l'esprit humain qu'on ne peut se représenter davantage. C'est un rêve et un but.  

Je livre à vos méditations du soir ces deux belles citation de C.G.Jung, la première extraite de "l'Homme à la découverte de son âme" et la seconde de "Symbolique de l'esprit":

"Quand nous nous demandons ce que peut bien être la nature de la conscience, le fait, merveille d'entre les merveilles, qui nous impressionne le plus profondément, c'est que, un événement venant à se produire dans le cosmos, il s'en crée simultanément une image en nous où, en quelque sorte, il se déroule parallèlement, devenant ainsi conscient."

"En effet, notre conscience ne se crée pas d'elle même, elle émane de profondeurs inconnues. Dans l'enfance, elle s'éveille graduellement et, tout au long de la vie, elle s'éveille le matin, sort des profondeurs du sommeil, d'un état d'inconscience. Elle est comme un enfant qui naît quotidiennement du sein maternel de l'inconscient. " 

 

Commentaires

Jung, l’homme qui a "psychanalisé" la psyché de Dieu et le combat qu’il livre, à travers le temps, avec sa face sombre : le satan.
J’aurai aimé, en un temps, trouver une oreille « junguienne » pour comprendre les images qui ornaient mes rêves éveillés. Cela ne s’est pas fait. Depuis, de l’eau à coulé sous le pont et je me demande si l’on peut vraiment comprendre et donc réduire le Vivant à des concepts de ce monde, avec tout le respect que je porte à l'intégralité de l'oeuvre de Jung.
Bien à vous, Ariaga.

Écrit par : jean-plume | 23/11/2006

J'ai eu la chance, contrairement à vous de trouver une oreille compatissante mais j'ai trouvé parce que j'ai cherché et , surtout j'ai marché seule un long moment, avec obstination, pour trouver. Et puis j'ai aussi l'impression qu'il existe une sorte d'"ami intérieur" s'exprimant en particulier par les séries de rêves qui vous donne un coup de main. Pour moi, c'est quelque chose de "naturel" que je ne relie à aucune religion particulière et qui est pourtant imprégné de divinité. Ouvrez encore plus grandes vos oreilles. L'eau qui est passée sous les ponts est un atout. Le chemin junguien est un chemin de la maturité. Et c'est ici et maintenant que ça se passe. Après ce sera la surprise ! Bien sur, vous avez lu Réponse à Job ? Ariaga

Écrit par : ariaga | 25/11/2006

ce qui me parle le plus chez Jung, c'est sa méthodologie. Je me suis interéssé aux contes de fées à une période de ma vie, et je dois avouer que le travail d'exploration qu'en a fait Marie Louise Von Franz est à la fois riche et intéressant.
Comme Arianil, je trouve que la vie et l'oeuvre de carl Gustav ont profondément marqué le XXè siècle. Je viens de terminer "psychologie et Alchimie" et termine ainsi un cycle de lecture qui a commencé voilà une dizaine d'années.
J'ai, à un moment de ma vie, juré par ses concepts (persona, anima...) , séduisants au premier abord. Mais qui peut véritablement définir la limite et les contours de ces derniers dans sa propre psyché ?
Par contre, la notion d'"inconscient collectif" ou d'"archétype primitif" me parle au plus haut point.
C'est ce que j'appelle l'autre réalité, qui pour moi, se rapproche plus de la vérité. L'ami intérieur, comme vous le nommez, que l'on peut aussi appeler "double", "frère", ou encore "Maître intérieur" est mon guide depuis toujours (le conte le plus ancien de l'humanité est d"'ailleurs celui des "deux frères", reliés entre eux par un lien magique), que ce soit en rêve ou éveillé. Il prend de multiples formes mais sa nature véritable est effectivement divine. Je dirais même "christique", ce qui est sans doute lié à la culture occidentale dans laquelle j'ai été éduqué.
Dans votre "a propos", vous dites que "le véritable temple de l'homme n'est pas de pierre car c'est en lui que réside la clef de tous les mystères". Et c'est effectivement là que nous divergeons, Ariaga. Car pour moi, le Christ est effectivement la pierre d'angle de tout l'édifice.
Bien à vous.

Écrit par : jean-plume | 26/11/2006

C'est un plaisir de vous lire, jean-plume et de rencontrer un véritable connaisseur de Jung. Vous avez compris que ce n'est pas pour vous que j'écris, vous avez un chemin exemplaire. Pour moi, si en lisant mon blog, il n'y en avait qu'un qui, ignorant tout de la psychologie des profondeurs, lisait "ma vie", et commençait un processus de transformation, je n'aurais pas perdu mon temps. Non, nous ne divergeons pas mais vous avez compris que je ne veux privilégier aucune voie ou religion. Puisque vous venez de lire "Psychologie et alchimie" vous savez que le chapitre cinq, : "Le parallèle Lapis-Christus" nous donne un point de convergence. Dans cette vision, la Pierre c'est le Christ. Bien à vous aussi, ami chercheur de vérité. Ariaga.

Écrit par : ariaga | 27/11/2006