07.11.2009

Il fut un temps où dieu était femme

 

coquillage de la mère nature.jpg

Il fut un temps où dans les tombes on trouvait des coquillages en forme de sexe de femme et de la terre ocre couleur sang.

Il fut un temps où les statues étaient fessues et mamelues.

Il fut un temps où la maternité était magique.

Il fut un temps où la terre était une Grande Mère, nourricière, procréatrice, centre des forces mystérieuses de la vie et de la mort et où on la disait Mère du Monde, Mère Céleste.

Tout venait d'Elle.

Tout retournait à Elle.

Il fut un temps où Elle habitait des sanctuaires et où on lui offrait les fruits de la nature.

Mais les temps changent.

Est venu le pouvoir du Père.

Il a relégué la Grande Mère dans les profondeurs de la terre.

Il a dit qu'elle était impure et dangereuse.

Il a dit qu'elle était seulement le récipient de sa grandeur.

Il a dit que c'était lui le Créateur de toutes choses.

Mais moi, qui ait toujours senti dans les fibres de mon être vibrer les notes du chant de la Grande Mère, je vous le dit, amis, la Vie est multiple et l'on va bientôt célébrer les noces alchimiques du Roi et de la Reine oubliée.

Ariaga

 

 

07.10.2009

Nature et oeuvre d'art

écailles de bateau.jpg

Quand je regarde cette photo de la peinture toute écaillée d'un vieux bateau, abandonné à la lisière vaseuse entre la terre et l'eau , je vois une oeuvre d'art de la nature.

La pluie et le soleil, le sel, le vent, l'eau alguée de la grande marée, tous les éléments ont travaillé et crée.

De calcinations en distillations, de putréfactions en coagulations, sur l'athanor de la nature, par une lente alchimie, la beauté est née et quand je la contemple je pense au matériau brut, grossier, chaotique, de notre être et je me demande si, avec le pinceau de l'amour sans limite, nous ne pourrions pas tenter, de vies en vies, de devenir, nous aussi, des oeuvres d'art. Utopie ? Peut-être, mais c'est un beau projet d'existence qui donne un sens à la vie journalière.

Ariaga


28.09.2009

L'enfant et l'univers

Mare sur une plage bretonne.jpg

Sur la plage, tout vibrant d'étonnement devant le monde qui s'offre à lui, l'enfant contemple une mare enfermée dans sa frontière de rochers. Il ne voit pas les limites, seulement ce lieu enchanté où s'agitent crevettes et minuscules poissons, où le soleil joue avec l''eau. Il pénêtre cette mare de tout son regard et pour lui  cette petite surface d'eau de mer abandonnée par la marée est aussi importante que tout l'univers. Elle est l'univers.

Redevenir cet enfant émerveillé, oublier les questions et les portes...

Ariaga

12.08.2009

Oiseau mythique prisonnier

 

oiseau mythique à la foire.jpg

Allongée sur le banc de l'amour, pour faire de beaux rêves j'avais posé ma tête sur un livre oreiller. Le Voyage des oiseaux d'Athar Hassan Massoudy. Portée par les ailes de ses calligraphies, je volais dans mes songes à la recherche du Simorg, l'oiseau mythologique de la tradition persane. Et puis dans un grand bruit de ferraille et de cris le rêve est devenu cauchemar.

Ils m'ont enveloppée dans des bâches jetée dans un camion, enfermée dans une cage. Ils ont dit que j'étais un oiseau mythique, une espèce de phènix, ou de griffon, ou de je ne sais quoi, et que ma forme humaine n'était qu'une illusion. Moi qui était venue sur le banc de l'amour du cercle des voyageurs de l'imaginaire pour jouir de la liberté d'être, je suis maintenant prisonnière et l'on m'exhibe comme une antique curiosité. Je n'existe plus, je suis devenue un mythe au corps d'oiseau et pétrifiée dans cette apparence mensongère j'aspire à un miroir qui renverrait ma forme véritable. En attendant, je voyage à travers les pays, une attraction internationale comme ils disent. Les curieux se pressent pour me regarder et moi, j'espère qu'un jour, au hasard d'une ville, un ami voyageur me reconnaîtra...

Ariaga

25.07.2009

Ours hippie

 

vieil ours hippie.jpg
Maintenant que Êphème à donné le ton en révélant la vie cachée du vieil alchimiste, je vais moi aussi vous confier un secret. Je m'étais tue jusqu'ici car je craignais que le Nours du Pierrot, qui est une des vedette de son blog et qui voyage avec lui, ne soit jaloux ! Je ne peux plus me retenir et je confesse que, sur le banc des vacances imaginaires, je ne suis pas accompagnée seulement de mes amis intérieurs. Je sais que certains des voyageurs seront surpris, ce n'est pas l'idée qu'ils se font de moi, mais la vérité doit éclater : je tiens dans mes bras mon vieux nounours. Je vous en offre la photo, un jour où il était particulièrement en forme...

Ce cher vieux nounours m'accompagne depuis mon enfance ce qui fait pas mal de temps ( secret d'état ). Comme dirait la chanson, il a connu toutes les guerres et l'amour aussi. Il a été habillé et désabillé, ses yeux ont connu des fortunes diverses, il a été éventré, son poil jadis soyeux est devenu rèche et il traîne sur lui comme une odeur de vieux parfums, mais il a survécu car il est doux et joyeux comme un hippie dont il se donne volontiers l'allure. Il sait écouter sans interrompre et il éponge bien les larmes. Je ne veux plus le cacher sous le banc des vacances imaginaires car c'est le banc de l'amour et que je l'aime mon nours témoin d'une vie. Quand j'ai dit que tous pouvaient venir sur les bancs des vacances imaginaires, cela comprenait aussi les animaux et ces choses qui finissent par avoir une" âme" car une minuscule partie de la notre s'est déposée sur elles.

Ariaga

20.07.2009

Vision du vieil alchimiste

Vieil alchimiste, vu par êphème.jpg

Illustration Êphème

(Vous pouvez voir en grand cette illustration sur mon blog photo)

Depuis quelques temps je ressens, comme une irritation de mon ami intérieur le vieil alchimiste qui murmure à l'oreille de mon coeur. J'ai eu l'explication en recevant ce message de Êphème, un des amis du banc. Je suis un peu vexée qu'il se soit adressé à lui plutôt que directement à moi. Il est possible que le cher vieil homme, me sachant souffrante, ait voulu m'épargner ses divagations un peu surprenantes. Comme on connaît mal ses amis les plus proches ! Je vous livre brut de décoffrage le texte et l'illustration de Êphème reçus tout vulgairement par mail.

Traduction du latin : Êphème

J’arrive Ariaga !!! P….. ! depuis que je me morfonds dans ma tanière, à espérer te rencontrer en vrai, sans murmurer de loin à ton oreille, je vole sur mon vieux banc-cheval vers le banc en rond ! Au diable alambics, cornues et poudres douteuses. Je veux te faire la bise, une vraie, qui claque sur la joue, et discuter face à la mer que je n’ai pas vue depuis un demi millénaire ; j’espère que le muscadet et les huîtres sont au frais, et que tu as quelques commères pulpeuses et pas trop farouches, pleine de respect pour un vénérable alchimiste connu urbi et orbi. Mon assistant, un jeune qui ne sait, comme tous ces blancs becs, rien, mais a fait les écoles « modernes » a trouvé sur internet l’itinéraire, et je viens avec quelques bouteilles de mon cru, et mon chat, miteux mais fidèle. Ma tenue n’est pas terrible, mais cinq cents ans sans femme, le repassage et le reprisage ont pris un peu de retard. Je tente de suivre la mode, mais je crois que j’ai pris là aussi du retard. Il y a plus d’araignée, de souris et de poussière chez moi que d’aiguilles… Et les marchands ambulants refusent de passer me voir à cause des chauve-souris et des rats. J’ai un copain, Paulus, un rat super savant, qui vient souvent me voir. Lui seul me raconte un peu le monde. À tout de suite.

À tout de suite.

Le vieil alchimiste.

L'aquarelle que je propose en illustration de ce document est une représentation la plus proche possible de la réalité, le vieil alchimiste ayant refusé, au nom du droit à l’image, la diffusion du cliché pris au moment de son envol. Veuillez en excuser la qualité douteuse, mais le temps m’a manqué pour faire mieux.
Êphème.

 

09.07.2009

Arrivée des bateaux des internautes

Arrivée du bateau de l'amour.jpg

Mariedumonde ses amples jupes gonflées par le vent de la marée montante guettait au bout de la jetée. Soudain elle a couru vers le banc où je reposais en rêvant d'amour et, toute essoufflée d'émotion elle m'a dit : "Je viens de regarder au loin sur l'horizon, un magnifique bâteau d'un autre temps, chargé, d'internautes de tous poils, qui voguent allègrement, la brise m'a apporté quelques voix et je peux te dire, qu'ils arrivent.....
j'ai entendu : "destination les bancs d'Ariaga, ohé matelot, hissez haut" Elle est pas belle la vie !"

Les vieux bateaux sont sortis de leurs cimetières, d'autres ont brisé les vitrines où ils étaient enfermés, d'autres ont quitté les bassins où on les contraignaient à tourner en rond. Ils ont traversé mers, nuages, murs de garages et viennent tous chargés de voyageurs de l'imaginaire vers le cercle de bancs. On entend claquer les voiles, hoqueter les vieux moteurs,souffler les rameurs et chanter les anciens matelots. A leur tête le magnifique bateau aperçu par Mariedumonde, un navire dont le nom est Amour.

Ceux là seront les premiers mais je pense que d'autres viendront par la terre où les airs ou par...

Ariaga

 

 

03.06.2009

Spirale de l'amour

 

plante enroulée.jpg

Mon amour,

ma fleur d'or,

il fut un temps où tu enroulais mon corps dans les volutes de ton désir.

Il fut un temps où nos esprits partageaient le même vase sur l'athanor.

Quand le corps t'a trahi l'esprit est demeuré

brillant de force et de lumière

et maintenant

que le vase se vide doucement,

et maintenant

que je marche près de toi

sur le chemin d'acceptation

d'une spirale qui se défait,

et devient lentement

ligne droite,

mon amour s'élargit à l'infini

jusqu'aux limites de la vie

et chaque instant devient

goutte essentielle.

Ariaga

 

20.05.2009

Il est parti, le chat...

L'oeil du chat.jpg

Elle avait vingt ans, la modeste chatte de goutières qui était devenue reine en ma maison. Hier, fatiguée de s'accrocher à une vie qui devenait trop douloureuse, elle a choisi, après m'avoir offert un dernier regard de ses yeux d'or, de partir se reposer d'avoir donné tant d'amour. Ma plume est trop noyée de larmes pour que j'écrive à sa mémoire alors je reproduirai simplement quelques vers pris au hasard dans les poèmes de Baudelaire sur les chats.

" Elle endort les plus cruels maux

Et contient toutes les extases ;

Pour dire les plus longues phrases

Elle n'a pas besoin de mots ...

C'est l'esprit familier du lieu ;

Il juge, il préside, il inspire

Toutes choses dans son empire ;

Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?

Quand mes yeux vers ce chat que j'aime,

Tirés comme par un aimant,

Se retournent docilement,

Et que je regarde en moi-même,

Je vois avec étonnement

Le feu de ses prunelles pâles,

Clairs fanaux, vivantes opales,

Qui me contemplent fixement. "

Il y a dans mon jardin un rhododendron mal exposé au nord, près de la poubelle. Depuis des années il fait juste des boutons . Il n'a jamais fleuri et ce n'est plus la saison. Ce matin, en ouvrant les volets, j'ai eu l'immense surprise de voir que pendant la nuit les boutons s'étaient ouverts. Comme l'aurait dit Etienne Perrot, merci Sainte Synchronicité.

Ariaga

 

06.05.2009

Trois soleils

 

Soleil couchant en Bretagne.jpg

Les timides rayons du soleil matinal

ont doucement mûri comme un feu lent et doux

la chair de l'embryon de la future femme

et son âme pleurait l'oubli des origines

elle cognait aux parois du vase trop étroit

création destruction elle est devenue JE.

 

Dans le glorieux midi

marchant sous le soleil qui crépitait sa peau

elle s'est ressentie d'une beauté inouïe

c'était un pur désir tranchant comme une épée.

 

Quand est venu le crépuscule

vers les rayons dorés qui brillaient comme un phare

dans le noir

sa lanterne à la main qui contenait les braises

des soleils oubliés

elle a longtemps marché

Il était beau ce soir car c'était un matin.

 

Ariaga

 

 

 

 

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