07.11.2009
Il fut un temps où dieu était femme

Il fut un temps où dans les tombes on trouvait des coquillages en forme de sexe de femme et de la terre ocre couleur sang.
Il fut un temps où les statues étaient fessues et mamelues.
Il fut un temps où la maternité était magique.
Il fut un temps où la terre était une Grande Mère, nourricière, procréatrice, centre des forces mystérieuses de la vie et de la mort et où on la disait Mère du Monde, Mère Céleste.
Tout venait d'Elle.
Tout retournait à Elle.
Il fut un temps où Elle habitait des sanctuaires et où on lui offrait les fruits de la nature.
Mais les temps changent.
Est venu le pouvoir du Père.
Il a relégué la Grande Mère dans les profondeurs de la terre.
Il a dit qu'elle était impure et dangereuse.
Il a dit qu'elle était seulement le récipient de sa grandeur.
Il a dit que c'était lui le Créateur de toutes choses.
Mais moi, qui ait toujours senti dans les fibres de mon être vibrer les notes du chant de la Grande Mère, je vous le dit, amis, la Vie est multiple et l'on va bientôt célébrer les noces alchimiques du Roi et de la Reine oubliée.
Ariaga
17:32 Publié dans Alchimie, Nature, photo, poésie | Lien permanent | Commentaires (54) | Envoyer cette note | Tags : nature, poésie, société, alchimie, écriture, photo, religion
31.10.2009
Mort et alchimie

En cette période où, dans le laboratoire alchimique de mon temple intérieur , j'expérimente la mort lente de ce qui était une part essentielle de ma vie humaine, ce n'est certainement pas par hasard que, sur la table de nuit-bibliothèque-dépotoir où s'entassent dans le plus grand désordre livres et revues, et aussi des tas de choses inutiles ou usagées, mes yeux se soient fixés sur un livre lu cet êté. Il s'agit d'une espèce de "carnet fantasmes" de Chris-Tian VIDAL intitulé Marrakech, où le mâle m'a dit la Mort ! (Vous aurez tous les détails sur ce livre et aussi de magnifiques chats en cliquant sur le lien) Pourquoi ce livre maintenant a t-il émergé de la pile alors qu'au moment où je l'avais lu je l'avais reçu comme un coup dans le plexus. Probablement parce qu'il touchait quelque chose d'obscur en moi et que, curieusement, quand quelque chose me touche je suis incapable d'en parler imédiatement. Une lente digestion est nécessaire et je dois oublier, laisser mourir, pour que du bouillonnement ne reste plus que l'écume. Cette écume n'est probablement pas ce à quoi pensait Chris-Tian Vidal en écrivant ce voyage psychanalytique mais les livres sont aussi ce qu'ils deviennent pour les lecteurs. Je n'ai pas relu, surtout pas, et même si j'ai de vagues souvenirs de Duras, de Barbara, de la complexité de l'homosexualité, d'un mystérieux analyste, d'une aversion pour l'ordinateur,d'une certaine fascination des mots crus ce n'est pas cela qui a émergé du fatras de ma mémoire. Ce que j'ai ressenti, plus que lu, c'est le sentiment d'une mort alchimique, ce que l'on appelle la nigredo.
La mort alchimique ou nigredo que je vous décrirai mieux, une autre fois, dans sa relation avec la dépression, est parfois décrite par les textes comme un travail du semeur qui enfouirait sa semence dans la terre. C'est l'oeuvre au noir dite aussi "mort noire et putréfaction" . Pendant le Grand Oeuvre survient un moment où la luimière céde la place aux ténèbres et au désespoir. L'alchimiste se rend compte que si la pierre peut exercer une force divine elle peut aussi se transformer en poison mortel. Cette phase qui conduit aux portes de la mort est indispensable à la continuation de l'Oeuvre car, ainsi qu'il est écrit dans le Rosarium ( 1550 ): "Lorsque vous voyez votre matière devenir noire réjouissez vous car c'est le commencement de votre oeuvre." En effet c'est du coeur des ténèbres que renait la lumière et c'est à cela que, ce matin, m'a fait penser le livre de Chris-Tian vidal ; une phase de renoncement , semblable à la mort alchimique, à ce qui faisait votre vie, pour qu'une nouvelle phase de renaissance puisse commencer. C'est pourquoi cette note que l'on aurait pu croire un peu sinistre est finalement pleine de joie et d'espoir.
Ariaga
17:28 Publié dans Alchimie, Livres et citations, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (36) | Envoyer cette note | Tags : littérature, écriture, alchimie, psychologie, philosophie, culture, photo
07.10.2009
Nature et oeuvre d'art

Quand je regarde cette photo de la peinture toute écaillée d'un vieux bateau, abandonné à la lisière vaseuse entre la terre et l'eau , je vois une oeuvre d'art de la nature.
La pluie et le soleil, le sel, le vent, l'eau alguée de la grande marée, tous les éléments ont travaillé et crée.
De calcinations en distillations, de putréfactions en coagulations, sur l'athanor de la nature, par une lente alchimie, la beauté est née et quand je la contemple je pense au matériau brut, grossier, chaotique, de notre être et je me demande si, avec le pinceau de l'amour sans limite, nous ne pourrions pas tenter, de vies en vies, de devenir, nous aussi, des oeuvres d'art. Utopie ? Peut-être, mais c'est un beau projet d'existence qui donne un sens à la vie journalière.
Ariaga
09:17 Publié dans Alchimie, arts, Nature, poésie | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : art, culture, philosophie, écriture, alchimie, poésie
21.06.2009
Alchimie et psychologie de l'inconscient

( suite de la note précédente )
C'est C. G. Jung lui même qui expose, de la manière la plus pertinente, les apports de l'alchimie à la partie théorique de son oeuvre. Il en donne une " quintessence " dans un passage de l'épilogue de Mysterium conjunctionis, son ouvrage entièrement consacré aux racines et à l'évolution de la symbolique alchimique.
L'Oeuvre cherche à réconcilier des éléments contraires dont l'incompatibilité est perçue sur un plan à la fois psychique et physique ce qui permet de dire qu'elle s'étend à " la Nature toute entière " et cela jusqu'au fumier, à la substance vile et méprisable qui peut se métamorphoser en pierre philosophale. Or, l'expérience clinique de Jung lui a montré que, dans les rêves et les phantasmes, on retrouve les paradoxes et les symboles obscènes qui avaient, à la fois, iluminé et égaré l'esprit de l'alchimie. Cette résurgence conduit Jung à se demander s'il faut rejeter ces productions oniriques dans les mêmes oubliettes que les soi disant absurdités des alchimistes, ou bien entreprendre des recherches en suivant l'exemple de leur patient travail ; ceci avec l'espoir de trouver, au sein de ce matériau, un fil conducteur. Jung écrit :
" Nous sommes aujourd'hui en mesure de voir à quel point l'alchimie a préparé les voies à la psychologie de l'inconscient et cela de deux manières : tout d'abord en léguant sans le vouloir, dans l'amoncellement de ses symboles, un matériel de représentations symboliques d'une extraordinaire valeur pour les méthodes d'interprétation moderne, et ensuite en indiquant, par ses essais délibérés de synthèse, des processus symboliques que nous découvrons dans les rêves de nos patients. "
La démarche alchimique, pense Jung, représente symboliquement celle d'un individu isolé dans son cheminement vers l'individuation. Il y a cependant une différence notable : quelle que soit la richesse des représentations, elles sont limitées. Les observations individuelles montrent une phase, un aspect, du processus. Ceci a été pour lui un obstacle majeur et explique qu'il ait attendu tant d'années avant de théoriser ses découvertes empiriques. Il a acumulé énormément de matériaux, fournis par les textes alchimiques et les rêves, pour tenter de généraliser les représentations du processus d'individuation. Ce travail titanesque n'a été effectué par personne d'autre. Dans les dernières lignes du Mysterium conjonctionis, Jung résume ces longues années de recherches :
" Il n'existe pas, dans la sphère de mon expérience, de cas offrant un caractère assez général pour manifester toutes les variations et avoir, par suite, valeur de paradigme. ... C'est pourquoi l'alchimie m'a rendu le service inapréciable de m'offrir ses matériaux dont le volume propose à mon expérience un champ d'action suffisant, et cela m'a procuré la possibilité de décrire le processus d'individuation sous ses principaux aspects. "
Parmi les commentateurs et disciples de Jung, beaucoup rejettent la partie de son oeuvre consacrée à la symbolique alchimique. On la dit illisible, mystique et je ne sais quoi encore. Je crois surtout que la somme de travail demandée pour acquérir son degré de culture et de compréhension leur fait peur...
Ariaga
15:53 Publié dans Alchimie, Jung et la psychologie des profondeurs, Philosophie, photo | Lien permanent | Commentaires (44) | Envoyer cette note | Tags : écriture, philosophie, nature, culture, jung, rêves
15.06.2009
C.G.JUNG et l'individuation

J'ai envie de revenir aujourd'hui sur la proposition que nous faisait C.G.JUNG de cheminer vers cette réalisation de soi qu'il appelait l'individuation. C'est dans son ouvrage Dialectique du Moi et de l'inconscient qu'il parle de la manière la plus claire de cette voie de l'individuation. Cette voie nous propose un chemin de vie dont le but est de devenir un être vraiment individuel en réalisant notre Soi dans ce qu'il a de plus personnel, de plus rebelle à toute comparaison. Pour suivre ce chemin il est nécessaire de se débarasser de tout excédent de bagages, de tout vêtement superflu, en particulier du déguisement social et des fausses idées que l'on se fait de son importance. Je dirais que, symboliquement, il faut voyager nu.
On ne doit pas confondre individuation et individualisme. L'individualisme, sous prétexte de particularités de l'individu, le met à l'écart de la collectivité et le dispense de ses devoirs envers autrui. Il est au dessus du panier. L'individuation, au contraire demande un "accomplissement meilleur et plus complet des taches collectives d'un être". Accomplir sa nature d'être est aux antipodes de l'égoïsme.
Le processus d'individuation, vu par Jung, s'accomplit avec des fonctions et des qualités qui sont de nature universelles. Ces fonctions sont utilisées pour faire d'un individu donné "l'être que, une fois pour toutes, et en lui même il doit être", en lui permettant d'atteindre son unicité par un mouvement de "centroversion" vers un lieu, l'inaccessible étoile, où se concentrent, en un mélange comparable au mélange parfait des alchimistes, la totalité des contenus du conscient et de l'inconscient. Atteindre l'individuation serait donc rentrer en possession de sa propre totalité unifiée, là où se résorbe l'antagonisme entre le conscient et l'inconscient. Notons que Jung parle d'une "voie, de "tendre vers". C'est le cheminement qui est important, le but, la totalité, étant au delà de toute possibilité de représentation. En effet, sa re-présentation à la conscience ferait aussitôt éclater la totalité en dualité. Il s'agit là d'une voie difficile, tout aussi problématique que la dernière phase du Grand Oeuvre des alchimistes.
La suite dans la prochaine note.
Ariaga.
16:55 Publié dans Alchimie, Jung et la psychologie des profondeurs, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : écriture, culture, société, philosophie, alchimie, psychologie, jung
06.05.2009
Trois soleils

Les timides rayons du soleil matinal
ont doucement mûri comme un feu lent et doux
la chair de l'embryon de la future femme
et son âme pleurait l'oubli des origines
elle cognait aux parois du vase trop étroit
création destruction elle est devenue JE.
Dans le glorieux midi
marchant sous le soleil qui crépitait sa peau
elle s'est ressentie d'une beauté inouïe
c'était un pur désir tranchant comme une épée.
Quand est venu le crépuscule
vers les rayons dorés qui brillaient comme un phare
dans le noir
sa lanterne à la main qui contenait les braises
des soleils oubliés
elle a longtemps marché
Il était beau ce soir car c'était un matin.
Ariaga
17:18 Publié dans Alchimie, photo, poésie | Lien permanent | Commentaires (50) | Envoyer cette note | Tags : poésie, écriture, nature, spiritualité, alchimie, amour, photo, photographie
24.04.2009
Le Déluge des alchimistes

Il est écrit dans la Bible au chapitre VII de la Genèse :(ed. La pléiade)
"...En ce jour là, se fendirent toutes les fontaines du grand Abîme et s'ouvrirent les écluses des cieux. Il y eut averse sur la terre quarante jours et quarante nuits...les eaux grandirent beaucoup, beaucoup, au dessus de la terre et toutes les hautes montagnes qui existent sous les cieux furent recouvertes. ...alors expira toute chair qui remue sur la terre : oiseaux, bestiaux, animaux, toute la pullation qui pullulait sur la terre, ainsi que tous les hommes. Tout ce qui avait en ses narines une haleine d'esprit de vie, parmi tout ce qui existait sur la terre ferme, tout mourut. Ainsi furent supprimés tous les êtres qui se trouvaient à la surface du sol...il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. Et les eaux grandirent au dessus de la terre durant cent cinquante jours. "
N'oublions pas que Noé avait, et c'est ainsi que la destruction contenait les germes de la génération, conservé un mâle et une femelle de chaque espèce.
Le début terrible de l'Oeuvre , l'obtention de l'état liquide du matériau grâce à un dissolvant universel nommé Mercure Philosophal, est souvent comparé par les alchimistes au Déluge de la Bible. Les illustrations (Barchusen p.x.) montrent une mer paisible qui, une fois le commandement divin proféré, envahit tout sur son passage. Psychologiquement, en particulier pour C.G.Jung, cela symbolise le surgissement de l'inconscient dans la sphère du conscient et cela se traduit par un déluge de fantasmes et d'images qui ne font pas partie de la re-présentation du déjà connu, déja vu. Mais, même si le Déluge semble tout recouvrir, dans la représentation alchimique une île demeure, et cette île contient un trèsor. Ce trésor est l'amour et le paysage détrempé est alors illuminé par le soleil et la lune, symbolisant le masculin et le féminin, dont dont la conjonction amoureuse met fin au déluge.
Le bouleversement des débuts du travail de l'alchimiste peut aussi être représenté par un déluge de feu ou une inondation cosmique. J'ai en mémoire une illustration montrant le "lait de la vierge". Il s'agit d'une poussière d'étoiles, une "voie lactée" jaillissant du sein opulent d'une femme et inondant la terre. Une image fascinante. Je pense aussi à celle, à mes yeux assez repoussante, du Serpent Mercurial, une espèce de dragon qui crache des vapeurs vénéneuses dont les ravages sont à l'origine d'une possible matière première des débuts de l'Oeuvre ; et tant d'autres représentations surprenantes, attirantes ou effrayantes.
Comment voulez vous, amis lecteurs, que je ne sois par emportée par une émotion poétique, quand mon ami intérieur qui parle à l'oreille de mon coeur, le Vieil Alchimiste, feuillette devant les yeux de mes rêveries tant d'images surprenantes dont le sens profond à traversé les siècles.
Ariaga
15:52 Publié dans Alchimie, Nature, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (45) | Envoyer cette note | Tags : écriture, philosophie, alchimie, nature, photo, spiritualité, culture
26.03.2009
Les visions de l'alchimiste

La porte est close.
Les genoux sont usés par la prière.
Le vieil alchimiste au visage ravagé par les vapeurs mercurielles, à l'esprit ébloui par la Lumière de la Nature, quitte son oratoire et regarde le vase sur l'athanor.
Longtemps il contemple le vaisseau de verre.
Son imagination méditative est une étoile qui brille très loin dans le labyrinthe souterrain des hallucinations.
Il fixe l'eau de vie métallique qui se tord et se morcelle et à la fin il voit.
Mondes aquatiques où s'ouvrent des gouffres d'où émergent des formes reptiliennes qui se mordent la queue, mandragores trop humaines en couples enlacés, dragons portant entre leurs ailes l'Homoncule Fils des Philosophes, et combien d'autre êtres issus du ciel ou de l'enfer.
C'en est trop et le vieil alchimiste, oubliant qu'il est très chrétien, se prosterne devant le vase devenu utérus.
Ariaga
16:40 Publié dans Alchimie, photo, poésie | Lien permanent | Commentaires (34) | Envoyer cette note | Tags : alchimie, poésie, écriture, culture, nature, philosophie, voyage
07.01.2009
Le vase de l'alchimiste

Je vous parle souvent du vase sur l'athanor, surtout quand mon ami intérieur le vieil alchimiste murmure à l'oreille de mon coeur. Aujourd'hui, je suis allée chercher, dans Psychologie et alchimie de C.G.JUNG ((p.309), un texte qui montre que, pour les pratiquants de la Science Hermétique, ce vase n'est pas un simple instrument de leurs opérations.
"Pour les alchimistes, le vase est quelque chose de véritablement merveilleux : un vas mirabile (vase merveilleux). Marie la Prophétesse dit que tout le secret réside dans la connaissance de ce qui a trait au vase. On souligne sans cesse que : "Unum est vas" (le vase est un). Il doit être coplètement rond en imitation du cosmos sphérique, de façon que l'influence des étoiles puisse contribuer au succès de l'opération. Il est une sorte de matrice ou d'utérus d'où doit naître le filius philosophorum (fils des philosophes). C'est pourquoi il est recommandé que le vase ne soit pas seulement rond, mais qu'il ait la forme de l'oeuf. On est porté tout naturellement à considérer ce vase comme étant une sorte de cornue ou flacon ; mais on se rend bientôt compte que cette explication est insuffisante car le vase représente plus une idée mystique, un véritable symbole, comme toutes les notions importantes en alchimie."
Si quelque puriste s'égarait sur ce blog je signale que les caractères gras ne font pas partie du texte original.
J'aime cette comparaison du vase des alchimistes avec un utérus où mûrit un enfant. Cela me conforte dans l'idée que l'oeuvre que nous tentons de faire de notre vie est comparable à une grossesse, à l'oeuvre de la nature.
Il y aurait deux sortes de vases. Le vase en verre dont l'idée me plaît assez car je pense qu'elle permettait à l'alchimiste de voir, par transparence, des transformations de couleur, des formes étranges qui ne sont pas sans rappeler l'univers des rêves. Ce vase était réservé à l'usage des substances nobles. Un autre vase, fait d'argile, était nommé " le vase de la nature". Cette voie du Grand Oeuvre était accessible à tous et ne demandait que des matériaux peu couteux. Je pense, finalement, que j'aurais choisi celui là...
Ariaga
15:45 Publié dans Alchimie, Jung et la psychologie des profondeurs, Nature | Lien permanent | Commentaires (26) | Envoyer cette note | Tags : écriture, culture, jung, philosophie, psychologie, photo, citations
20.12.2008
La nature matrice de l'or

Aujourd'hui, sorti de la bibliothèqe et feuilleté Forgerons et alchimistes de Mircea Eliade.
Si on en croit les anciennes traditions la terre est une matrice où les minerais sont en gestation. L'aboutissement, l'enfant, c'est l'or. Le processus de croissance, de mûrissement, est d'une infinie lenteur mais, à terme, tous les minerais se transforment en or pur.
Cette croyance, qui a perduré pendant des siècles, a certainement influencé les alchimistes, en particulier ceux qui pratiquaient l'Alchimie Spirituelle. L'alchimiste, animé par une grande foi (et aussi, je crois une bonne dose d'orgueil), espère, dans son vase sur l'athanor, accélérer le travail de la Nature. Sur le plan spirituel, dans le "vase" de son âme, il veut oeuvrer à sa transformation intérieure en transmutant ses défauts en leurs qualités opposées. La nature tend à la perfection de l'or, l'alchimiste à devenir le réceptacle de l'Or spirituel.
Ariaga
15:51 Publié dans Alchimie, Nature | Lien permanent | Commentaires (18) | Envoyer cette note | Tags : écriture, culture, alchimie, philosophie, enfant, livre, photo


