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18/08/2016

Les bienfaits de la maladie

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Photo Ariaga

Être obligé par la maladie de s'éloigner du tourbillon de la vie quotidienne peut être une occasion de progresser sur le plan de la réflexion. Évidemment je ne parle pas de maladies tellement graves que la souffrance et l'angoisse dominent tout.

Au moment où s'annonce enfin le bout du tunnel on est quelque peu transformé.

Étant dans ce cas en ce moment, j'ai repensé à ce que disait  C.G.Jung à ce sujet dans Ma vie (p.339). En  relisant les mots que je partage aujourd'hui avec vous, amis lecteurs, j'ai ressenti un grand réconfort.  L'avenir ne peut être que meilleur ....

Ariaga

***

"Après cette maladie commença pour moi une période fertile de travail. Bon nombre de mes œuvres principales ne furent écrites qu'après. La connaissance ou l'intuition de la fin de toutes choses me donnèrent le courage de chercher de nouvelles formes d'expression. Je ne tentais plus d'imposer mon propre point de vue mais je me soumettais moi-même au cours de mes pensées. Un problème après l'autre s'emparait de moi, murissait et prenait forme.

Ma maladie eut encore d'autres retentissements ; ils consistèrent, pourrais-je dire, en une acceptation de l'être, en un " oui " inconditionnel à ce qui est, sans objection subjective, en une acceptation des conditions de l'existence, comme je les vois, comme je les comprends ; acceptation de mon être, simplement comme il est."

C.G.Jung, Ma vie.

14/03/2016

C.G.Jung sur l'art et la société

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Dans une conférence de 1922 (publiée in Problèmes de l'âme moderne), C.G.Jung s'intéresse à la fonction de compensation exercée par l'Art dans la société. Voici ce qu'il écrit :

"C'est là que git l'importance sociale de l'art, qui travaille continuellement à l'éducation de l'esprit-du-temps en faisant surgir les formes qui justement lui faisaient le plus défaut. Se détournant de l'insatisfaction du présent, l'aspiration de l'artiste s'enfonce dans l'inconscient jusqu'à atteindre les images archaïques, celle qui seront les plus aptes à compenser l'imperfection et l'unilatéralité de l'esprit de son temps. L'artiste se saisit des images, les tire de leur très profonde inconscience pour les rapprocher de la conscience, et il en travaille les formes jusqu'à ce que l'homme contemporain puisse les accepter, selon ses capacités de compréhension."

Évidemment, Jung parle ici du véritable artiste, de celui qu ne copie pas mais invente, de celui qui ne suit pas les modes.

Ariaga

 

09/05/2013

C.G.Jung:progrès et évolution

Sillage.jpg

J'ai trouvé dans le livre de Carl-Gustav Jung et Charles Kerényi Introduction à l'essence de la mythologie des phrases où il est question du progrès , de l'évolution et aussi de l'éducation. Il me semble que ce sont des mots dans le sillage desquels on peut réfléchir car ils sont d'actualité. Jung et kerényi ont écrit chacun leur partie de l'ouvrage. Les citations qui vont suivre sont de Jung, P. 136 et c'est moi qui souligne en caractères gras. Ariaga.

"Le progrès et l'évolution sont des idéaux qu'on ne saurait nier ; mais ils perdent leur valeur si l'homme ne parvient au stade nouveau qu'à l'état de fragment de soi même, ayant laissé dans l'ombre de l'inconscient tout ce qui constitue son arrière-plan et forme l'essentiel, l'ayant abandonné à l'état primitif, disons même de barbarie. La conscience, arrachée à ses bases mais incapable de réaliser le sens du nouvel état, n'est alors que trop disposée à retomber dans une situation plus mauvaise que celle dont l'état nouveau voulait la libérer."

..." Les enfants sont éduqués par ce que l'adulte est, et non par ses bavardages. La croyance aux mots, universellement répandue, est une vraie maladie de l'âme, car cette superstition exerce un attrait qui éloigne toujours davantage des bases fondamentales de l'homme, et une séduction qui porte à l'inguérissable identification de la personnalité avec le slogan auquel on croît au moment. Entre-temps, tout ce qui a été surmonté par le progrès et laissé en arrière, glisse toujours plus bas dans l'inconscient, d'où finalement se reforme l'état primitif d'identité avec la masse. C'est alors cet état qui devient réalité et prend la place du progrès escompté."

25/04/2013

Comment convaincre un auditeur

Une ombre dans la bonbonne.jpg

Vous savez, amis, la profonde influence de Goethe sur C.G.Jung.  Alors, en pensant à ce cher Carl Gustav dans l'oeuvre duquel j'ai à nouveau tendance à m'immerger, je vous propose, en attendant une note plus copieuse, une citation. 

Il s'agit des débuts du Faust I. Faust interrogé sur la possibilité de conquérir, de charmer et de convaincre un auditoire par de belles paroles répond :

"Si vous ne le sentez, vous essaierez en vain,

Si vous n'avez en vous l'éblouissante flamme

Qui jaillissant du coeur, persuade, convainc

Et force l'auditeur à vous ouvrir son âme,

Vous pouvez vous asseoir, cuire un pauvre ragoût

Des miettes de festin prises à d'autres tables,

Ranimer en soufflant des cendres misérables,

Les singes, les enfants, si c'est là votre goût,

Viendront vous admirer vous et vos patenôtres,

Mais jamais vous n'aurez accès au coeur des autres

Si ce n'est votre coeur qui leur parle pour vous."

J'aime beaucoup la fin, très simple et juste, et je crois que nous pouvons tous la méditer. Il y a des gens qui parlent admirablement et pourtant, quand leur discours est fini, il ne reste que du vent.

Ariaga