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14/03/2016

C.G.Jung sur l'art et la société

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Dans une conférence de 1922 (publiée in Problèmes de l'âme moderne), C.G.Jung s'intéresse à la fonction de compensation exercée par l'Art dans la société. Voici ce qu'il écrit :

"C'est là que git l'importance sociale de l'art, qui travaille continuellement à l'éducation de l'esprit-du-temps en faisant surgir les formes qui justement lui faisaient le plus défaut. Se détournant de l'insatisfaction du présent, l'aspiration de l'artiste s'enfonce dans l'inconscient jusqu'à atteindre les images archaïques, celle qui seront les plus aptes à compenser l'imperfection et l'unilatéralité de l'esprit de son temps. L'artiste se saisit des images, les tire de leur très profonde inconscience pour les rapprocher de la conscience, et il en travaille les formes jusqu'à ce que l'homme contemporain puisse les accepter, selon ses capacités de compréhension."

Évidemment, Jung parle ici du véritable artiste, de celui qu ne copie pas mais invente, de celui qui ne suit pas les modes.

Ariaga

 

Commentaires

Bonjour amie,
citation très riche de notre ami Jung
mettre à jour une part de notre inconscient à travers l'art
Bonne semaine
Bises amicale
Daniel

Écrit par : dany2121 | 14/03/2016

qu'est ce qui m'agit quand je crée
qu'est ce qui m'agite quand je crayonne
qu'est ce qui m'habite que je résonne , une anse pour un récipient

comment l'exposant s'affiche et potentialise le désir d'être

tu choisis toujours fort bien Ariaga ces citations qui frappent par leur force et leur justesse

faire remonter à la surface, donner de la flottabilité et de la visibilité

Écrit par : Thierry | 14/03/2016

Créer, c'est se créer soi même, se mettre en forme, en mouvement, se projeter dans un processus de transformation de soi, c'est une capacité à figurer l'absence, le manque. C'est saisir sans prendre et rendre visible l'invisible...

A bientôt Ariaga

Écrit par : Maria-D | 15/03/2016

@ Dany 2121, oui, c'est une émergence qui a donné des œuvres remarquables.

Écrit par : Ariaga | 15/03/2016

@ Thierry, et toi tu trouves toujours des mots pleins de sens pour commenter.

Écrit par : Ariaga | 15/03/2016

@ Maria-D, se projeter, voilà un mot très juste et cette projection du plus profond vers le visible c'est la création.

Écrit par : Ariaga | 15/03/2016

Oui, Jung n'évoque pas là le premier artiste venu, mais bien celui qui justement, va puiser dans "Ce qui n'existe pas" ! A nous de comprendre que, à force de puiser, "ce qui n'existe pas" n'a pas de fin... et donc nous dépasse infiniment !!! Bises, Ariaga.

Écrit par : Aloysia | 15/03/2016

J'aime beaucoup l'expression de Yung "L'artiste se saisit des images, les tire de leur très profonde inconscience pour les rapprocher de la conscience", et celle de Maria-D "Créer, c'est ... rendre visible l'invisible".
C'est pourquoi la peinture abstraite libre et spontanée m'attire. Mais ce n'est pas évident de réussir à se mettre dans un état de conscience qui permet cette véritable création : sans pensée analytique, sans jugement ou comparaison ...

Écrit par : Francine | 15/03/2016

Le Cubisme et le Fauvisme en sont de parfaits exemples même si le temps de l'acceptation fut long!

Écrit par : alezandro | 15/03/2016

Le véritable artiste est un créateur. Il ne copie pas , il ne répète pas. Son imaginaire va s'exprimer dans son œuvre. Il n'y a pas de limites. De toute façon l'art ne peut être formaté

Écrit par : Daniel | 16/03/2016

@ Aloysia, tout à fait d'accord avec toi, la totalité de ce qui est n'a ni commencement ni fin au sens où nous entendons ces mots.

Écrit par : Ariaga | 16/03/2016

@ Francine, je ne crois pas que l'on puisse se mettre dans un état de créativité; les choses surviennent où ne surviennent pas et c'est cela qui donne parfois un sentiment d'impuissance. Pour moi, c'est quand aucune poésie ne descend ou monte, je ne choisis pas, c'est un cadeau ...

Écrit par : Ariaga | 16/03/2016

Daniel, il y a toujours des RE car nous utilisons les matériaux que le conscience peut comprendre mais ce qui est important c'est la manière absolument nouvelle dont ces RE sont assemblés.

Écrit par : Ariaga | 16/03/2016

@ Alezandro, oui, il fallait que notre œil qui aime ce qu'il peut reconnaitre s’habitue à du nouveau. Bon exemple, merci.

Écrit par : Ariaga | 16/03/2016

Il y a une différence entre vouloir se "mettre dans un état de créativité", ce qui ne fait que la bloquer, et permettre une ouverture vers elle en veillant à lever tout ce qui peut être un écran, un frein, bref tout ce qui est limitatif. Dans ce deuxième cas, cela n'est qu'une possibilité éventuelle de créativité et non un résultat certain; c'est juste un état d'accueil de ce qui advient, que l'artiste expérimenté complète par une capacité à retranscrire ce qu'il reçoit.

Écrit par : Francine | 16/03/2016

@ Francine, tout à fait d'accord avec ce que tu nous dis là.

Écrit par : Ariaga | 16/03/2016

que dire de l'écriture automatique, y a t il un pilote au bout du stylo
on peut avoir le style haut et en couleur, ampoulé ou plein de fadeur
mais quand l'émotion surgit, presque du néant , cela ne nous anéantit pas mais retentit comme autant de cymbales.
On ne gagne pas la timbale mais quand on se trimballe des tonnes de préoccupations on finit par passer à l'action et raturer au ras du dur
pas balayer ni passer le râteau, ratiociner sans prendre le théodolite
afin de tirer des plans sur la comète.

Écrit par : Thierry | 16/03/2016

"On devrait attendre et butiner toute une vie durant, si possible une longue vie durant ; et puis enfin, très tard, peut-être saurait on écrire les dix lignes qui seraient bonnes. Car les vers ne sont pas, comme certain croient, des sentiments (on les a toujours assez tôt), ce sont des expériences.
Pour écrire un seul vers, il faut avoir vu beaucoup de villes, d’hommes et de choses, il faut connaître les animaux, il faut sentir comment volent les oiseaux et savoir quel mouvement font les petites fleurs en s’ouvrant le matin. Il faut pouvoir repenser à des chemins dans des régions inconnues, à des rencontres inattendues, à des départs que l’on voyait longtemps approcher, à des jours d’enfance dont le mystère ne s’est pas encore éclairci, à ses parents qu’il fallait qu’on froissât lorsqu’ils vous apportaient une joie et qu’on ne la comprenait pas ( c’était une joie faite pour un autre ), à des maladies d’enfance qui commençaient si singulièrement, par tant de profondes et graves transformations, à des jours passés dans des chambres calmes et contenues, à des matins au bord de la mer, à la mer elle-même, à des mers, à des nuits de voyage qui frémissaient très haut et volaient avec toutes les étoiles – et il ne suffit même pas de savoir penser à tout cela. Il faut avoir des souvenirs de beaucoup de nuits d’amour, dont aucune ne ressemblait à l’autre, de cris de femmes hurlant en mal d’enfant, et de légères, de blanches, de dormantes accouchées qui se refermaient. Il faut encore avoir été auprès de mourants, être resté assis auprès de morts, dans la chambre, avec la fenêtre ouverte et les bruits qui venaient par à-coups. Et il ne suffit même pas d’avoir des souvenirs. Il faut savoir les oublier quand ils sont nombreux, et il faut avoir la grande patience d’attendre qu’ils reviennent. Car les souvenirs ne sont pas encore cela. Ce n’est que lorsqu’ils deviennent en nous sang, regard, geste, lorsqu’ils n’ont plus de nom et ne se distinguent plus de nous, ce n’est qu’alors qu’il peut arriver qu’en une heure très rare, du milieu d’eux, se lève le premier mot d’un vers."

Rainer Maria Rilke / Les Cahiers de Malte … p559-560

Écrit par : Maria-D | 17/03/2016

@Maria-D, merci pour cette passionnante citation de Rilke que j'ai lue et relue. Je pense la reprendre un jour pour en faire une note car elle dit tout ce que je pense et même plus !

Écrit par : Ariaga | 17/03/2016

@ Thierry, je pratique l'écriture automatique mais c'est un tel délire que je le garde pour moi ...

Écrit par : Ariaga | 17/03/2016

Citation judicieuse de ton ami Jung complétée par le texte de Maria Rilke auquel j'adhère profondément. Elle est au-delà de ce que je peux modestement exprimer.. Je suis en extase devant ses écrits.

Écrit par : Sedna | 17/03/2016

Bonjour Ariaga, l'imagination est un talent pas donné à tous et heureux celui qui peut exprimer sa pensée par une représentation artistique. Bises ma belle, prends soin de toi

Écrit par : danae | 18/03/2016

Rilke est d'une puissance évocatrice et d'une justesse sans bornes
ça remue de penser à toute cette énumération pas factice mais factrice
on n'entre pas par effraction dans sa mémoire on y pénètre comme dans une allée des splendeurs sans heures, ni heurts ...

Écrit par : Thierry | 18/03/2016

zut un message a été skippé

Écrit par : Thierry | 18/03/2016

A l'heure de dire et puis d'offrir
il n'est pas temps de trop réfléchir
pas question non plus de s'assoupir
grande respiration et large inspir
que nous passe le kaléidoscope
d'une vie entière s'il le faut
pour hors de la surface le périscope
mouvoir pas comme un entonnoir
dans le champs des souvenirs à la faux
ramasser des brassées d'émotions
et ne pas faire semblant d'y croire

Écrit par : Thierry | 18/03/2016

Inachevé mais pas entravé
celui qui se gare haut
dans la rue des souvenirs
sans déchausser des pavés
à de quoi, un siège, soutenir
sentant vivement s'affermir
le désir de réel partage
pas comme un nappage
sur un gâteau appétissant
pas une cerise dans la crème

Écrit par : Thierry | 18/03/2016

Bonsoir,
je viens de la part de mon amie Sedna qui m'a dit ô combien, vous étiez aussi intéressée par Jung !
je reviendrai vous lire avec intérêt car il est tard et nous entrons en w-end
puis , cela tombe mal, je vais devoir m'absenter
mais l'essentiel est que le contact soit pris
A bientôt
belle soirée

Écrit par : shana | 18/03/2016

J’ai écris un jour sur mon blogue que ces trois lettres (ART) étaient devenues un peu magiques pour moi, sans doute parce que je l’associais à celui de résilience.
J’ai relu avec très grand plaisir le texte de Rilke que publie en commentaire Maria-D
Dans l’une de ses Lettres à un jeune poète (page 44 en livre de poche), il écrit : "Laissez chaque impression et chaque germe de sensibilité s'accomplir en vous, dans l'obscurité, dans l'indicible, l'inconscient, là où l'intelligence proprement dite n'atteint pas, et laissez-les attendre, avec humilité et une patience profonde, l'heure d'accoucher d'une nouvelle clarté; cela seul s'appelle vivre l'expérience de l'art: qu'il s'agisse de comprendre ou de créer."

Écrit par : Louis-Paul | 19/03/2016

Merci louis paul de cette citation qui accroche comme autant de guirlandes la lumière de la création, acte secret mais pas plutonique, plus tonique sans doute quand vivifié aux premiers rayons il embellit un peu le décor.

D'humilité en humidité, il ne faut pas seulement mouiller la plume ou le pinceau mais aussi le maillot et la transpiration fait aussi partie du tableau car tout ne sort pas d'un jet dans l'ingénuité d'un acte unique, sécant, dans le temps et l'espace, créateur d'espace de rencontre et de partage.

Traité de tête de lard, tour à tour appliqué et impliqué, je n'ai pas répliqué mais j'ai repiqué comme dans une rangée de plants soigneusement entretenue, pas seulement au cordeau, pour tenir la rampe et donner aux semis la chance d'éclore à force de patience et d'obstination.

Écrit par : Thierry | 19/03/2016

Sedna, en effet, c'est un auteur génial.

Écrit par : Ariaga | 19/03/2016

@ Danae, c'est un cadeau divin mais on peut, par un cheminement spirituel, se rendre plus réceptif.

Écrit par : Ariaga | 19/03/2016

@ Therry, merci de nous avoir, une fois de plus, fait partager ta belle inspiration. Tu es branché ...

Écrit par : Ariaga | 19/03/2016

https://www.youtube.com/watch?v=JDd2bzXXkvU

Écrit par : Maria-D | 20/03/2016

Merci Maria-D pour la référence à cette video. Sublime !

Écrit par : Francine | 20/03/2016

@ Shana,je vois toujours avec plaisir des amis de Jung venir visiter le Laboratoire.

Écrit par : Ariaga | 20/03/2016

@ Maria-D; merci pour tout ce que tu as apporté pour enrichir cette note.

Écrit par : Ariaga | 20/03/2016

En art, ça passe ou ça ne passe pas. Je n'aime pas tout mais je pense que c'est normal.

Écrit par : elisabeth | 24/03/2016