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22/03/2017

Connaissance et expérience

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Parfois on tourne en rond, cerné par les livres. Plus on s'isole dans cette prison de papier, plus on a l'impression de se perdre. Et on tente de s'évader, mais on retombe vite dans les mauvais habitudes et on dévore à nouveau les idées des autres.

Je crois amis du Laboratoire que passer une bonne partie de sa vie à étudier pour tenter de trouver une Sagesse n'est probablement pas la bonne solution et je vous propose de méditer cette citation d'un philosophe perse du treizième siècle Saadi :

 " Quiconque acquiert la Connaissance et ne la met pas en pratique ressemble à celui qui laboure son champ et ne l'ensemence pas. Quelles que soient l'importance de ses lectures théoriques, s'il ne les applique pas, il est ignorant. Il n'est ni un philosophe, ni un sage, mais une bête de somme avec un fardeau de livres. Et comment une bête de somme sans conscience saurait-elle si elle transporte des livres ou des fagots".

 CO-NAISSANCE, c'est naître avec et pour cela il faut sortir de sa bibliothèque et être en relation avec la réalité de ce qui est.

Ariaga

 

 Sur le site C.G.Jung rêve ... j'ai récemment publié deux textes : Le langage du rêve et pensée dirigée et pensée spontanée.

 

 

15/03/2017

L' Oeuvre au Noir

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Marguerite Yourcenar et son livre l'Oeuvre au Noir, qui est quasiment sorti tout seul de ma bibliothèque où il dormait depuis longtemps, m'ont donné à nouveau l'envie de partager sur ce blog. Je l'avais lu il y a...une bonne quarantaine d'années mais je viens de le relire et j'ai compris que...je n'avais pas compris ! Mais ceci est une histoire entre moi et Moi. 

Je n'avais pas vu que, à la fin du premier chapitre, à la p.20, la clef pour ouvrir la porte est offerte au lecteur. C'est le moment où Zénon, l'alchimiste auquel on demande avec qui il a rendez vous répond : " Moi-même ". 

Entre autres, deux moments du livre m’ont éclairée comme si je voyais une lampe brillant dans un noir où je me serais perdue. 

Dans le chapitre l'abîme il est écrit :

"Depuis plus d'un demi-siècle, il se servait de son esprit comme d'un coin pour élargir de son mieux les interstices du mur qui de toute part nous confine. Les failles grandissaient, ou plutôt le mur, semblait-il perdait de lui même sa solidité sans pour autant cesser d'être opaque, comme s'il s'agissait d'une muraille de fumée au lieu d'une muraille de pierre."(p.234)

Comment ne pas penser à Jung quand il disait que, pour lui, les murs entre le conscient et l'inconscient étaient plus transparents que pour d'autres ?

Toujours dans le même chapitre ces mots qui m'ont profondément touchée :

" La première phase de l'Oeuvre avait demandé toute sa vie. Le temps et les forces lui manquaient pour aller plus loin, à supposer qu'il y eut une route, et que par cette route un homme put passer. Ou ce pourrissement des idées, cette mort des instincts, ce broiement des formes presque insupportable à la créature humaine seraient rapidement suivis par la mort véritable, et il serait curieux de voir par quelle voie, ou l'esprit revenu du domaine du vertige reprendrait ses routines habituelles, muni seulement de facultés plus libres et comme nettoyées. Il serait beau d'en voir les effets. "(p.239).

Les caractères gras soulignent l'essentiel.

Ariaga

 Pendant ma pause, des textes et poésies ont été publiés sur le site C.G.Jung, rêve, alchimie, homéopathie.

 

 

 

 

 

 

 

 

01/02/2017

Vase et imagination active

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Photo Ariaga

Je vais vous proposer une citation extraite du livre de Emma Jung et Marie-Louise von Franz intitulé La légende du Graal (Albin Michel). Emma Jung a travaillé sur ce sujet pendant de longues années et elle est morte avant d'avoir pu l'épuiser. Marie-Louise von Franz a terminé le travail. Dans cet ouvrage, aux pages 113 et suivantes, sont évoqués le vase alchimique, la psychologie des profondeurs, l'imagination active. Les caractères gras sont des ajouts.

" De nos jour, la psychologie des profondeurs a redécouvert une telle possibilité en utilisant les manifestations de la psyché inconsciente comme un vase, afin d'en intégrer les contenus. Il s’agit ici de la méthode de l' "imagination active"  ..." "Cela ne consiste pas à laisser aller son imagination au hasard, sans but, mais au contraire, à tenter de saisir la signification de la réalité intérieure à l'aide d'images mentales reproduites fidèlement. Cette méthode exige donc un véritable travail de la pensée et de l’imagination car elle fait naître des récits et des dialogues symboliques avec un partenaire intérieur qui personnifie l'inconscient. La confrontation qui en résulte conduit à un rapprochement et à une synthèse des parties conscientes et inconscientes de la personnalité. Parallèlement, il se crée progressivement dans le conscient une attitude qui exprime la volonté de prendre en considération d'une façon constante les contenus de l'inconscient et qui essaye, dans la mesure du possible, de les comprendre afin de les intégrer à la vie. Ainsi l'homme devient semblable à un vase recueillant les contenus inconscients. "

***

Sur le site j'ai publié un texte intitulé Un songe d'enfant de Jung.

 

03/11/2016

Don Juan et l'anima

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Photo Ariaga

Aujourd’hui, je vous présente un texte de Marie-Louise von Franz, qui fut pendant trente ans une proche collaboratrice de Jung. Elle a écrit ces lignes au sujet de ceux qui sont en perpétuelle recherche de conquêtes féminines. Que personne ne voit une quelconque ironie dans ma photo, cela m'est venu comme ça  ! Ariaga.

 " Imaginons une homme qui projette avec force son anima sur une femme et que cela se concrétise par un puissant désir d'union sexuelle. Admettons qu'elle succombe et qu'ensuite plus rien ne subsiste. C'est souvent ce qui se passe avec un Don Juan. Après coup, cela ne signifie plus rien pour lui ! Il la quitte et pense : " Oh, Zut, ce n'étais pas ce que je voulais ! " En fait, dès le tout début, ce n'était pas ça : voilée sous cette forme, la pulsion n'a atteint ni son but ni son sens et aucun progrès n'a été réalisé dans le domaine de la conscience. "

Alchimie, p. 90 Ed. La Fontaine de Pierre

 

 

23/09/2016

C.G.Jung sur la vérité unique

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Photo Ariaga

" Chacun en reste à son point de vue et s'imagine posséder la vérité unique ; c'est pourquoi je propose que l'on soit plus modeste ou, en d'autres termes, disposé à admettre que Dieu puisse s'exprimer en des langues diverses. Mais ce sont les théologiens de toutes les espèces possibles qui ligotent le bon Dieu et lui prescrivent comment à leur avis il doit être fait. Cela ne mène pas à la moindre compréhension entre les hommes, or c'est d'elle que nous avons aujourd'hui un besoin urgent. "

C.G.JUNG, lettre du 8 juin 1957.

17/09/2016

C.G.Jung, citation sur l'ombre

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" Vous allez sans doute secouer la tête avec incrédulité, si je me hasarde à remarquer que je n'aurais probablement guère été en mesure de formuler le concept d'ombre si l'existence de l'ombre n'avait été une expérience majeure de ma vie, faite non seulement sur les autres mais aussi sur moi-même. ...

Mon ombre est, de fait, tellement grande qu'il m'était impossible de ne pas en tenir compte dans mon projet d'existence, et que je devais même la considérer comme une partie essentielle de ma personnalité, tirer de cette vérité reconnue les conséquences et en assumer la responsabilité. J'ai du reconnaître, à travers beaucoup d'expériences amères, que le péché que l'on croit que l'on est, on peut le regretter, certes, mais non le supprimer. Je ne crois pas au tigre qui s'est converti une fois pour toutes au végétarisme et ne mange plus que des pommes. ma consolation a toujours été ce Paul qui ne tenait pas pour en dessous de sa dignité d'avouer qu'il portait une écharde dans sa chair.

Mon péché est devenu pour moi ma tâche la plus chère. Je ne m'en décharge sur personne pour ensuite me prendre pour un sauveur qui sait toujours ce qui est bon pour autrui."

Lettre de C.G.JUNG du 9 novembre 1955.

 

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12/09/2016

Quelques citations de C.G.Jung

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Pierres sur la mer, Ariaga.

Tout s'est bien passé pour ma première opération et je remercie ceux qui, par divers moyens, m'ont témoigné leur sympathie. En attendant la seconde, et les soins pré-opératoires, je profite d'un petit créneau, avant  une nouvelle interdiction d'utiliser l'ordinateur, pour préparer quelques citations de Jung. Ainsi, le Laboratoire ne sera pas complètement déserté et l'esprit de mon très cher Carl Gustav y maintiendra un souffle de vie de la pensée. Je vous embrasse tous amis connus et inconnus. Ariaga.

Voici la première citation :

"On confond en général la connaissance de soi avec la connaissance de son moi conscient que l'on tient pour sa personnalité. Quiconque dispose tant soi peu de conscience de son moi croit naturellement , avec la plus grande assurance, se connaître. Or, le moi ne connait que ses propres contenus ; il ignore tout de l'inconscient et de ses teneurs. L'individu mesure en général la connaissance qu'il a de lui-même à la moyenne de connaissance de soi qu'il rencontre chez les êtres qui constituent son environnement social et non aux données psychiques réelles qui pour la plus grande part lui sont cachées. "

C.G.JUNG, Présent et avenir,p.13.

18/08/2016

Les bienfaits de la maladie

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Photo Ariaga

Être obligé par la maladie de s'éloigner du tourbillon de la vie quotidienne peut être une occasion de progresser sur le plan de la réflexion. Évidemment je ne parle pas de maladies tellement graves que la souffrance et l'angoisse dominent tout.

Au moment où s'annonce enfin le bout du tunnel on est quelque peu transformé.

Étant dans ce cas en ce moment, j'ai repensé à ce que disait  C.G.Jung à ce sujet dans Ma vie (p.339). En  relisant les mots que je partage aujourd'hui avec vous, amis lecteurs, j'ai ressenti un grand réconfort.  L'avenir ne peut être que meilleur ....

Ariaga

***

"Après cette maladie commença pour moi une période fertile de travail. Bon nombre de mes œuvres principales ne furent écrites qu'après. La connaissance ou l'intuition de la fin de toutes choses me donnèrent le courage de chercher de nouvelles formes d'expression. Je ne tentais plus d'imposer mon propre point de vue mais je me soumettais moi-même au cours de mes pensées. Un problème après l'autre s'emparait de moi, murissait et prenait forme.

Ma maladie eut encore d'autres retentissements ; ils consistèrent, pourrais-je dire, en une acceptation de l'être, en un " oui " inconditionnel à ce qui est, sans objection subjective, en une acceptation des conditions de l'existence, comme je les vois, comme je les comprends ; acceptation de mon être, simplement comme il est."

C.G.Jung, Ma vie.

10/08/2016

La nuit de feu

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Nuit de feu, Ariaga

La nuit de feu de Eric-Emmmanuel Schmitt, c'est ainsi que Pascal nommait sa nuit d'illumination, ne se raconte pas, on le lit en une grande respiration. C'est un texte que C.G.Jung, qui connut de grands moments de rencontre avec l’absolument Autre, aurait certainement apprécié. Voici une citation (p.181) qui me semble devoir intéresser tous ceux qui s’interrogent sur l'existence de Dieu et sur les abus du fanatisme. Ariaga.

***

 "Face au questionnement sur l'existence de Dieu, se présentent trois types d'individus honnêtes, le croyant qui dit : "Je ne sais pas mais je crois que oui", l'athée qui dit : "Je ne sais pas mais je crois que non", l'indifférent qui dit : "Je ne sais pas et je m'en moque."

L'escroquerie commence chez celui qui clame : "Je sais ! " Qu'il affirme : "Je sais que Dieu existe" ou "Je sais que Dieu n'existe pas", il outrepasse les pouvoirs de la raison, il vire à l'intégrisme, intégrisme religieux ou intégrisme athée, prenant le chemin funeste du fanatisme et de ses horizons de mort. Les certitudes ne créent que des cadavres.

En notre siècle où, comme jadis, on tue au nom de Dieu, il importe de ne pas amalgamer les croyants et les imposteurs : les amis de Dieu restent ceux qui Le cherchent, pas ceux qui parlent à Sa place en prétendant L'avoir trouvé."

24/04/2016

Vertu de la patience

 

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Radmila Moacanin, dans un ouvrage intitulé C.G.Jung et la sagesse tibétaine où elle commente une citation de Jung extraite du Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or écrit ce texte sur les vertus de la patience pour laisser se développer le processus d'individuation :

" Jung observa que ceux de ses patients qui arrivaient à s'affranchir par eux -mêmes de l'esclavage où les maintenaient leurs problèmes et qui atteignaient des niveaux supérieurs de développement et d'intégration psychique, ne faisaient en réalité que permettre aux choses de se produire d'elles-mêmes. Ils laissaient leur inconscient leur parler en silence, et ils écoutaient ses messages avec patience, en y accordant toute leur attention, avec le plus grand sérieux. En d'autres termes, ils établissaient une relation consciente avec leur inconscient.

" L'art de laisser les choses arriver d'elles-mêmes, l'action par l'inaction, laisser les choses se faire d'elles-mêmes, comme le disait Maître Eckart, devint pour moi la clef de la porte d'accès à la voie.Nous devons être capables de laisser les choses se produire d'elles-mêmes dans la psyché. Chez nous il s'agit d'un art que la plupart des gens ignorent totalement. La conscience ne cesse d'interférer, d'aider, de corriger et de nier, ne laissant jamais se développer en paix le processus psychique ."(Jung)

Quand on autorise le processus psychique à se développer en paix, l'inconscient féconde la conscience, et la conscience illumine l'inconscient. La fusion mutuelle et l'union des deux contraires accroissent la conscience et élargissent la personnalité. Selon Jung cela s'accomplit dans les meilleures conditions quand le processus n'est pas dirigé de l'extérieur et que le thérapeute n'interfère pas sur le travail de la nature."

Il me semble que ce que pense Jung, sur le plan psychique, au sujet de la patience peut aussi s'appliquer à certains domaines de la vie courante ...

Ariaga

 

 

 

 

 

20/03/2016

Michel Serres philosophe sensuel

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On peut être à la fois l'un des plus grands philosophe contemporain et écrire des texte poétiques d'une belle sensualité. C'est le cas pour Michel Serres et je vous propose, pour preuve, ces lignes extraites de son ouvrage Les cinq sens (Hachette littératures, p. 224). Dans cette partie de l'ouvrage le philosophe parle de l'odorat.

"Aimer un corps, cette rareté bien singulière ; sur toute la surface de la terre, nul volume n'a plus de prix. Amour nous rend confus, deux vases versent ensemble. Erre en surface des peaux, voiles, tissus complexes et subtils, tel parfum indéfinissable qui n'appartient qu'à elle et à lui et les signale l'un à l'autre, consentants. On n'aime pas sans l'improbable accord des odorats, miracle de reconnaissance entre les traces invisibles volant sur la nudité, comme l'air et les nuages planent au dessus du sol. Jusqu’à la mort demeure en nous l'esprit, au sens chimique et mystique du mot écrit ou parlé, au sens du nez, l'esprit émané de qui nous avons aimé. Il revient fantôme, à de certaines aurores, sur la peau. L'amour parfume la vie, les arômes ramènent les rencontres et leurs fastes.

On embaumait autrefois les morts : pour que le souvenir évoquent ceux que nos aïeux avaient aimés.

La vie même s'annonce de loin par cette émanation. Elle embaume."

Je crois pouvoir dire sans me tromper que Michel Serres est un de ces "Philosophes de la Nature" dans les pas desquels je m'efforce de marcher.

Ariaga

14/03/2016

C.G.Jung sur l'art et la société

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Dans une conférence de 1922 (publiée in Problèmes de l'âme moderne), C.G.Jung s'intéresse à la fonction de compensation exercée par l'Art dans la société. Voici ce qu'il écrit :

"C'est là que git l'importance sociale de l'art, qui travaille continuellement à l'éducation de l'esprit-du-temps en faisant surgir les formes qui justement lui faisaient le plus défaut. Se détournant de l'insatisfaction du présent, l'aspiration de l'artiste s'enfonce dans l'inconscient jusqu'à atteindre les images archaïques, celle qui seront les plus aptes à compenser l'imperfection et l'unilatéralité de l'esprit de son temps. L'artiste se saisit des images, les tire de leur très profonde inconscience pour les rapprocher de la conscience, et il en travaille les formes jusqu'à ce que l'homme contemporain puisse les accepter, selon ses capacités de compréhension."

Évidemment, Jung parle ici du véritable artiste, de celui qu ne copie pas mais invente, de celui qui ne suit pas les modes.

Ariaga

 

02/03/2016

Le piège de la sécurité

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Je relis en ce moment un livre de Clément ROSSET (philosophe né en 1939) intitulé Le réel et son double (Gallimard). J'ai eu la chance de suivre ses cours à la faculté de Nice et, avec Spinoza et Edgar Morin,  il est un de ceux qui m'ont le plus influencée. J'ai toujours aimé ceux qui ne reculent pas devant les obstacles et voici ce qu'il écrit (p.106) :

" ...La sécurité est un piège qui achève de lier le héros tragique à son destin et d'enfermer l'homme en lui même. La mise à l'abri, l'esquive s'expriment par un geste qui constitue précisément, et de toutes pièces, le dommage dont on voulait se garer. C'est en voulant éviter de tuer son père qu’Oedipe se précipite sur la voie du meurtre, c'est en voulant à tout prix être un autre que l'homme se confirme habituellement en lui même. De sorte que la sécurité dont se croit protégé celui qui a entrepris d'esquiver son destin constitue le lieu exact de sa perdition. L'ailleurs apparent n'est autre que l' ici dont on se croyait éloigné, et la protection sur laquelle on comptait se révèle comme ce qui a justement causé la perte ; telle la montre du pêcheur, dans la Descente dans le Maelström d'Edgar Poe, qui doit signaler l'heure dangereuse de la marée et dont on s'aperçoit trop tard qu'elle s'est arrêtée à sept heures. La fausse sécurité est plus que l'alliée de l'illusion ; elle en constitue la substance même et est au fond l'illusion en personne, comme le dit Hécate dans Macbeth : " La sécurité est la plus grande ennemie des mortels. ""

Alors, arrêtons de nous abriter contre des peurs plus ou moins réelles et faisons face courageusement à l' ici et maintenant de la vie.

Ariaga

 

 

08/01/2016

L'amour dans le couple

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Pour la première note de l'année, j'ai envie de vous parler de l'amour entre deux êtres qui ont décidé de passer ensemble un temps de la grande aventure de la vie. Pour cela j'ai choisi une citation extraite d'un livre d'entretiens avec K.G.Dürckheim intitulé L'esprit Guide (Albin Michel, p. 136). Les caractères gras sont des ajouts. (Ariaga)

" Pour en revenir à l'amour : l'amour veut dire que deux deviennent un. C'est toujours la réconciliation de deux pôles. Mais justement si c'est une relation profonde, cette union a comme sens que chacun des deux sort de l'union en étant un peu plus lui même et gagne en profondeur dans son Moi essentiel. Mais dès que les deux "collent" alors c'en est fini avec la possibilité de développement. Il faut toujours à travers l'union retrouver un Moi plus profond. Le Moi se mêle à l'autre, dans une union juste qui s'enfante, pour ainsi dire dans une nouvelle personnalité. Grâce à l'amour, l'être devient de plus en plus lui-même. Mais nous connaissons des couples qui sont tellement collés l'un à l'autre que leur développement est en danger, en tant que personne. l'amour doit donner la chance à chacun de devenir de plus en plus lui même. "

29/11/2015

Saint-John Perse,une ode à la femme

 

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Saint-John Perse, en des lignes poétiques, pour moi inégalées, chante la femme en tant que fille de notre Mère Nature. Je voudrais aujourd'hui partager avec vous une petite partie de cet hymne à l'amour puissant comme une vague et d'un érotisme émouvant, au vrai sens du mot érotisme trop souvent galvaudé. Ariaga.

***

 " Ô femme et fièvre faite femme ! Lèvres qui t'ont flairée ne fleurent point la mort. Vivante - et qui plus vive ? - tu sens l'eau verte et le récif, tu sens la vierge et le varech, et tes flancs sont lavés au bienfait de nos jours. Tu sens la pierre pailletée d'astres et sens le cuivre qui s'échauffe dans la lubricité des eaux. Tu es la pierre laurée d'algues au revers de la houle, et sais l'envers des plus grands thalles incrustés de calcaire. Tu es la face baignée d'ombre et la bonté du grès. Tu bouges avec l'avoine sauvage et le millet des sables et le gramen des grèves inondées ; et ton haleine est dans l'exhalaison des pailles vers la mer, et tu te meus avec la migration des sables vers la mer..."

...

" Submersion! soumission! Que le plaisir sacré t'inonde sa demeure! Et la jubilation très forte est dans la chair, et de la chair dans l'âme est l'aiguillon. J'ai vu briller entre tes dents le pavot rouge de la déesse. L'amour en mer brûle ses vaisseaux. Et toi, tu te complais dans la vivacité divine comme l'on voit les dieux agiles sous l'eau claire, où vont les ombres dénouant leurs ceintures légères...Hommage, hommage à la diversité divine! Une même vague par le monde, une même vague notre course... Étroite la mesure, étroite la césure, qui rompt en son milieu le corps de femme comme le mètre antique, et l'odeur de ses vasques erre dans notre lit...Rouge d'oursin les chambres du plaisir."

Saint-John Perse

Amers, p. 333/334, La pléiade.