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09/12/2006

Angelus Silesius et l'alchimie

Les références à l'alchimie sont fréquentes chez Angelus Silesius. Elles sont de nature symboliques, spirituelles et naturellement poétiques puisque "Le pèlerin chérubinique", d'où j'ai extrait les citations que je vais donner a été écrit en vers, traduits ici par Camille Jordens. (ed. du Cerf et Albin Michel).

Quelques indications : Contemporain de Pascal, médecin, poète, mystique allemand (I624-1677), classé parmi les baroques. Il a écrit "Le pèlerin chérubinique", considéré comme son chef-d'oeuvre, à l'âge de trente-trois ans. 

Angelus Silesius donne des numéros et des titres à chacun de ses courts textes. Enfin, la "teinture" dont il est question a, comme tous les termes alchimiques, de nombreuses significations. Cependant, elle est le plus souvent associée aux couleurs des phases en alchimie, et aussi au dernier degré de la transmutation des corps naturels qui "conduit à la perfection toutes les choses imparfaites". (Pernety). Je vous laisse deviner le sens symbolique qu'elle avait pour Angelus. 

        66. Mon coeur est le foyer de Dieu.

Si Dieu est véritablement feu, mon coeur est son foyer

Où il consume le bois de la vanité.

 

        102. L'alchimie spirituelle. 

Alors seulement le plomb se change en or et le hasard s'écroule,

Quand je suis avec Dieu métamorphosé par Dieu en Dieu.

 

       103. Encore là-dessus

Moi-même je suis métal, l'Esprit est feu et fourneau 

Le messie la teinture, qui auréole corps et âme. 

 

        104. Encore toujours là-dessus.

Dès que je puis être fondu au feu de Dieu,

Aussitôt Dieu m'imprime son être même.

 

        244. L'amour est la pierre philosophale.

L"amour est la pierre philosophale : elle sépare l'or de la boue,

Elle fait de rien quelque chose, et elle me transmue en Dieu.

 

         246. La teinture.

L'Esprit-Saint fond, le père consume,

Le Fils est la teinture qui aurifie, auréole. 

 

        257. La trinité dans la nature.

Que Dieu soir Trois en Un, chaque herbe te le révèle :

On y trouve un amalgame de soufre, sel, mercure.

 

(Troisième livre)

        118.  La pierre philosophale est en toi.

Homme, limite-toi à entrer en toi même. Car pour trouver la pierre philosophale, il n'est pas requis de voyager en pays lointain.

 

        120. La meilleure teinture. 

Je le tiens pour un maître confirmé de la teinture, 

Celui qui par amour pour Dieu transmue son coeur en l'or le plus fin.

 

08/12/2006

Les séries de rêves

Toute interprétation de rêve n'étant qu'une supposition, on se trouve, devant une abondante production onirique, dans le cas du chercheur qui s'attacherait à l'étude d'évènements dont il lui serait impossible de démontrer le sens et la régularité. C'est dans ce but que C. G.  Jung a privilégié les séries de rêves, espérant ainsi diminuer l'incertitude. Il en donne les raisons dans "Psychologie et Religion"(p. 58) :

"Si faire se peut, je n'interprète jamais un rêve isolément. En règle générale, un rêve appartient à une série de rêves. De même que dans le conscient, il existe une continuité, abstraction faite qu'elle est régulièrement interrompue par le sommeil, de même il existe apparemment une continuité dans la suite des processus inconscients. Cette continuité dont font preuve les déroulements inconscients est peut-être encore plus marquée que dans les phénomènes conscients. En tous cas, mon expérience se prononce en faveur de la probabilité que les rêves sont les maillons visibles d'une "chaîne" d'évènements inconscients."

Dans son ouvrage "Psychologie et Alchimie" C G. Jung, à la recherche d'un fil conducteur, examine une série de centaines de rêves. A l'époque ils étaient anonymes, mais on a su ultérieurement qu'il s'agissait de ceux du célèbre  physicien W. Pauli.

Quand on a la chance de pouvoir "contempler" une série de rêve il est possible de mieux suivre le "discours" (j'endosse la responsabilité de ce terme) du rêve et de contrôler les interprétations, les rêves eux mêmes s'en chargeant par des corrections et des réajustements. Mais, pour comprendre l'intérêt des séries il est utile de connaître l'hypothèse de C. G .Jung sur le "noyau central de signification", hypothèse hardie car elle remet en cause des concepts qui sont les repères de notre vie quotidienne. 

L'inconscient ne se soucie pas de notre perception du temps ou de notre idée de la causalité. Temps et causalité sont, en quelque sorte, "disloqués".  Les séries de rêves racontent une histoire dont la chronologie est parfois respectée mais , souvent, elle se perd. Ou bien le niveau de l'histoire apparente masque un autre niveau plus essentiel. Nous sommes incités à établir une chronologie des rêves et à les relier entre eux en se basant sur le fait qu'ils nous parviennent l'un après l'autre. Or, pour C. G. Jung ("Sur l'interprétation des rêves" p. 22, 23)

"Il n'est pas démontré que la suite réelle d'un premier rêve ne parvienne qu'ultérieurement à la conscience. La série qui nous paraît chronologique n'est pas la véritable série. Un nouveau thème peut très bien apparaître dans un rêve, avant de disparaître pour céder de nouveau la la place à un thème antérieur. La véritable configuration du rêve est radiale : les rêves rayonnent à partir d'un centre, et ne viennent qu'ensuite se soumettre à l'influence de notre perception du temps. Les rêves se subordonnent en réalité à un noyau central de signification."

Pour C. G. Jung, les rêves naissent dans un esprit qui n'est pas tout à fait humain et ressemblent plutôt à un "murmure de la nature" qu'à nos belles constructions logiques. Cette vision "radiale" de la chronologie onirique s'accompagne chez Jung d'une réflexion sur la causalité liée à la fois aux rêves et aux évènements de la vie courante. Il lui apparait que, dans certains cas, quand l'inconscient est particulièrement activé et le sujet très réceptif , on est conduit à postuler un facteur irréductible "par nature"à la causalité. Il faudrait alors admettre, écrit-il dans "Synchronicité et Paracelse"(p. 29)

"Que les évènements en général sont associés soit, directement en chaines causales soit, le cas échéant, par une sorte de lien transversal, de l'ordre du sens. "

A cette coïncidence d'évènements, reliés par hasard entre eux d'une manière significative, JC. G. Jung à donné le nom de "synchronicité". Mais, comme le disait Schéhérazade pour ne pas se faire étrangler ce sera une autre histoire que je vous raconterai un jour.

 

 

05/12/2006

L'ombre, éclairée par C.G. Jung

Celui qui parvient à revêtir son Moi d'une persona bien épaisse possède un bon système d'adaptation et de communication avec le monde extérieur. Il y a un prix à payer. 

Tout ce qui a été refusé, parce que non conforme avec l'image de soi que l'on s'efforçait, parfois douloureusement, de construire ; tout ce que certain appellent péché, d'autres partie inférieure de la personnalité ; tout ce que l'on refuse d'admettre en soi, tout cela "tombe", en quelque sorte, dans la partie non visible du Moi. Non visible, mais cependant très proche car il s'agit d'acquisitions de la vie individuelle.

Le premier travail de celui qui veut tenter une transformation par l'alchimie spirituelle (C.G.Jung dirait le début de l'analyse), est donc de rendre l'ombre consciente et, même si elle semble repoussante, de la regarder bien en face, puis d'accepter. Ceci est possible avec du courage et de la bonne volonté. Le problème est que nous avons tous tendance à faire des projections de notre ombre sur les Autres. Je vais donner un exemple : Une femme a plusieurs jeunes nièces. L'une d'elle, qu'elle aime beaucoup, a le don de l'exaspérer et elle la houspille sans cesse. C'est plus fort qu'elle, elle la voudrait parfaite. Un jour, le frère de cette femme lui dit : Je ne comprends pas pourquoi tu as ce comportement avec elle, tu devrais la préférer, elle te ressemble beaucoup." Cette femme a soudain compris : sa nièce avait des traits de caractère qui avaient été les siens autrefois et qui, pour plaire à son entourage, avaient été "mis à l'ombre". C'est le genre de prise de conscience qui fait progresser dans la connaissance de soi, prise de conscience que beaucoup refusent.

Il ne faut pas croire que l'ombre cache uniquement des choses négatives. Si l'on en croit C.G. Jung dans Aîon:

  " ...Si l'on admettait précédemment  que l'ombre humain était  la source de tout mal, on peut maintenant, si l'on y regarde de plus près, découvrir que l'homme inconscient, précisément l'ombre, n'est pas uniquement composé de tendances moralement répréhensibles, mais qu'il comporte aussi un certain nombre de bonnes qualités, des instincts normaux, des réactions appropriées, des perceptions réalistes, des impulsions créatrices, etc."

Il existe une zone encore plus éloignée de la conscience, celle où résident l'anima et l'animus . Mais de cela on ne peut parler qu'après avoir fait monter sur scène l'archétype. C'est encore une autre histoire...

  
 

04/12/2006

Etienne Perrot et la voie alchimique de nature

Extrait de "La voie de la transformation". Editeur : La Fontaine de Pierre.

"Nous sommes ici au coeur du problème, de notre problème : la voie alchimique est la voie de nature (via naturae), comme l'est aussi la voie junguienne qui en est le nouveau nom. Celui qui l'emprunte accepte de soumettre la nature qui est au fond de lui, son essence intime, pure et immortelle, à l'influence de la nature universelle, ressentie soit sous une forme invisible, soit à travers une pierre philosophale déjà achevée, à travers un homme ayant fait le chemin, afin de réaliser en lui la nature au sens de Grégoire de Nysse, c'est à dire l'éclosion et l'accomplissement de l'être échappant au temps, de la fleur d'or. C'est le sens de la maxime célèbre de Démocrite, ou, pour parler comme les érudits, du pseudo-Démocrite, l'un des principaux alchimistes grecs : "la nature réjouit la nature, la nature vainc la nature, la nature maîtrise la nature. " Jung, moderne alchimiste, fait écho à ce vieil auteur lorsqu'il dit : "Ce n'est pas moi qui me crée, j'adviens bien plutôt à moi même."...

...Cette voie est donc d'une divine simplicité. Mais Platon disait qu'on ne doit pas vouloir parvenir trop tôt à l'Un. C'est le sommet de la montagne dont la vue stimule les énergies et qui paraît tout proche alors que des heures, et peut-être des nuits de marche en séparent encore. La pierre est "chose simple", mais elle résume en elle la complexité de l'univers, elle est un monde en petit, un microcosme. Le chemin qui y mène est, à son image, simple dans son dessin général et complexe dans son déroulement, puisqu'il serpente constamment d'un opposé à l'autre. Il faut viser l'unité, mais sans rien sacrifier des contraires qui doivent être réintégrés en elle. L'esprit ne doit pas s'évader du corps, l'ascension au septième ciel n'est pas la réalisation de l'homme... (p. 184, 185)

 

02/12/2006

S. FREUD et C.G. JUNG sur le Rêve

Aujourd'hui, grande paresse. Déjeuner copieux, vin capiteux, on se sent plutôt dans le ressentir que dans le réfléchir. Je pense à C. G. Jung, dont je vais simplement vous donner deux citaitions extraites de "L"analyse des rêves"(Albin Michel). L'euphorie post agapes me pousse cependant à dire que Jung était un grand amateur des nourriture terrestres. Il aimait la bonne chère, les bons vins et les femmes jolies et intelligentes. Il est curieux que  ce grand défenseur de la Vie dans sa totalité, ait été, le plus souvent, aseptisé par ses biographes, à commencer par lui-même dans "ma vie". Ce n'est pas aujourd'hui que je vais commencer à briser les statues et je me contenterai de livrer ces quelques lignes sur la nature du rêve :

... C'est là un point où je me différencie de Freud. On ne peut pas dire que le symbole, dans un rêve, est une façade derrière laquelle on peut se cacher et dire ensuite ce que le rêve signifie. Le symbole est un fait...

...L'idée de Freud, c'est que le rêve est rationnel. Moi je dis qu'il est irrationnel, en ce sens qu'il se produit tout simplement. Un rêve surgit comme un animal. Je pourrais être assis au milieu de la forêt, et voici qu'apparaît un daim. L'idée de Freud, c'est que les rêves sont préarrangés et je ne suis pas du tout d'accord avec cette façon de voir.  (p. 148, 149)

 

26/11/2006

Le démon de la passion

M'interrogeant sur le côté quelque peu passionnel de certains de mes comportements, qui me fait craindre de rester sur la première marches , celle de la calcination, de l'escalier de la transformation alchimique spirituelle, je me suis souvenue d'une légende juive racontée par C.G.Jung dans le livre "l'analyse des rêves". La voici, dans le texte de Jung. 

"Une légende juive, à la fois belle et scandaleuse, raconte le mal démoniaque de la passion. Il y avait un vieil homme très sage et très pieux que Dieu aimait, parce qu'il était tellement bon et qu'il avait beaucoup médité sur les questions de la vie. Il avait compris que tout le mal de l'humanité avait sa source dans le démon de la passion. Alors il se prosterna devant le Seigneur et lui demanda de supprimer de la terre l'esprit malin de la passion. La piété du vieillard était tellement grande que le Seigneur accéda à sa demande. Et comme toujours, lorsqu'il avait accompli une grande action, le vieillard très pieux était empli de joie et selon son habitude se rendit ce soir-là dans sa belle roseraie pour humer le parfum de ses roses. La roseraie avait son apparence habituelle, mais quelque chose n'allait pas. Le  parfum n'était plus là, une substance manquait, comme lorsqu'on mange du pain sans sel. Peut-être était-il fatigué. Alors il prit sa coupe en or et la remplit avec un vieux vin merveilleux qu'il possédait dans sa cave et qui n'avait jamais eu le moindre défaut jusqu'à présent. Mais cette fois-ci le vin était fade. Cet homme sage possédait dans son harem une jeune épouse d'une grande beauté et, lors de la dernière visite, il s'aperçut que son baiser qui habituellement était comparable au parfum et au vin était cette fois sans saveur ! Alors il monta derechef sur son toit et dit au Seigneur combien il était triste, et qu'il craignait d'avoir fait une erreur en demandant de supprimer le démon de la passion. Il adressa alors au Seigneur la prière suivante : "Ne pourrais-Tu renvoyer sur terre l'esprit malin de la passion ?" En reconnaissance de sa grande piété, Dieu accéda à sa demande. Alors le vieillard goûta à tout à nouveau et, merveille, plus rien n'était fade, les roses avaient retrouvé leur parfum merveilleux et le baiser de sa femme fut plus suave que jamais."

    En ce Dimanche, que tous ceux qui ont peur d'aimer les joies de la vie soient rassurés. Leurs démons ne sont pas si mauvais...

23/11/2006

Le Yi King

Je voudrais simplement aujourd'hui vous donner envie, si  vous ne le connaissez pas, d'avoir en main et de consulter le Yi King, le lire des transformation. Il est traduit et préfacé de manière remarquable par Etienne PERROT. Editeur  : Librairie de Médicis. Les matins maussades où je ne sais pas trop que faire de mon corps et de mon esprit, je l'ouvre au hasard et j'y trouve souvent une réflexion, une intuition ou une coloration pour le reste de la journée. On pourrait dire grossièrement que c'est un livre de divination, mais il s'agit de bien plus que cela. Je ne saurais pas vous en parler aussi bien qu'Etienne Perrot. Pour vous donner un aperçu de l'importance de cet ouvrage très ancien je vous offre deux extraits de sa préface :

"Le plus ancien livre de la Chine en est aussi le plus moderne. Le Yi King offre à l'homme une clé intemporellement neuve pour pénétrer l'énigme de son destin. Il nous entraîne, au- delà de toute théologie comme de tout système philosophique, à un degré de profondeur limpide où l'oeil du coeur contemple l'évidence du vrai. L'unité est le fondement de l'univers. Mais, pour être fécond, le T'ai Ki (le Grand commencement) doit se sacrifier en se dédoublant car "à partir de ce qui est parfait, rien ne devient". Le monde ne nous révèle que le jeu des deux forces polaires, le mâle et la femelle, le plus et le moins, leurs épousailles et les dix mille êtres qui en sont les fruits. Le génial créateur des hexagrammes a su ramener cette variété sans limites à un schème mathématique enserrant la création comme un réseau, ou plutôt formant la trame qui le supporte et l'anime. ...

 

...Un savoir aussi ancien ne peut, on le comprend, s'exprimer en un langage conceptuel et logique. La vision du monde qu'il traduit est aux antipodes de celle de l'Occident. Notre science est analytique : elle isole soigneusement le phénomène étudié de son contexte ; celle de l'Orient est synthétique : elle apprend à tout embrasser d'un seul coup d'oeil et à lire les rapports. Dans l'immense symphonie du monde nous nous appliquons à écouter les différents instruments l'un après l'autre, nous interdisant par là de saisir le sens de la partition. Le sage chinois, au contraire, laisse monter à la fois tous les chants, ne négligeant pas la plus humble note de la timbale ou du triangle. Chaque être, chaque instant pris dans son intégralité est un visage du Tout, une facette de l'unité indescriptible."

Bien sur, C.G. Jung à porté un grand intérêt au Yi King. En particulier pour illustrer son concept de synchronicité. 

 

 

 

 

  

16/11/2006

L'hermétisme

Comme je vais certainement vous parler souvent de l'alchimie, ma deuxième passion après C.G. Jung, je crois nécessaire de proposer à la méditation un très beau texte intitulé "La table d'émeraude"et attribué au légendaire Hermès Trismégiste (trois fois le plus grand). Il y aurait eu trois Hermès successifs : l'un aurait vécu avant le déluge et fut un civilisateur de l'humanité, l'autre, plus tardivement, à Babylone comme médecin, mathématicien et philosophe. Le dernier Hermès, maître en sciences occultes serait celui qui transmit l'alchimie à l'humanité. D'où le terme hermétisme qui désigne les doctrines ésotériques des alchimistes et aussi le côté quelque peu "hermétique" de leurs écrits ...

C'est donc à ce "triple"Hermès que l'on attribue le texte suivant qui à été pour moi, et certainement pour beaucoup d'autres chercheurs de vérité, l'objet de nombreuses méditations et qui, surtout, justifie à mes yeux le nécessaire voyage de la terre vers le ciel mais aussi du ciel vers la terre notre mère à tous. Il existe de nombreuses versions mais j'aime beaucoup celle- ci par son côté "traditionnel". 

 

Il est vrai, certain et sans mensonge, que tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut ; et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas : pour accomplir le miracle d'une seule chose. De même que toutes choses tirent leur origine de la Chose Unique Seule, par la volonté et le verbe de l'Un, Seul et Unique qui l'a créée dans son Esprit, de même toutes les choses doivent leur existence à cet Un par ordre de la Nature et peuvent être améliorées par l'Harmonie avec cet Esprit.

 

Son Père est le Soleil, sa Mère la Lune, le vent le porte dans son sein et sa nourrice est la Terre. Cette Chose est le Père de tout ce qui est parfait dans le monde. Son pouvoir est le plus parfait. Lorsqu'elle a été changée en Terre, sépare la Terre du Feu, le subtil de l'épais, mais soigneusement et avec beaucoup d'intelligence et d'industrie. 

 

Elle monte de la Terre vers le Ciel et redescend, nouveau-né sur la Terre entraînant ainsi en elle la puissance du Supérieur et de l'Inférieur. Ainsi, la splendeur du monde entier sera tienne et toute obscurité te fuira.

 

C'est le plus puissant de tous les pouvoirs, l'Energie entre toutes les énergies, car il triomphe de toutes les choses subtiles et pénètre tout ce qui est solide. Car c'est ainsi que le monde fut créé et que sont réalisées des combinaisons rares et des merveilles de toutes sortes.

 

C'est pourquoi on m'appelle Hermès Trismegistus, car je me suis rendu maître des trois parties de la sagesse du monde entier. Ce que j'ai à dire sur le chef-d'oeuvre de l'art alchimique, l'OEuvre Solaire, est maintenant achevé.

 

 

13/11/2006

Les fidèles d'amour

Quand on vient jeter un coup d'oeil dans l'univers d'autrui, ce qui est le cas pour ceux qui se promènent sur les blogs, je pense qu'il est important de savoir comment est meublée leur maison et de tirer, au hasard, quelques livres hors des rayons de leur bibliothèque. En voici un avec lequel j'entretiens des relations ambigües. Depuis une dizaine d'années il me suit jusque dans les lieux les plus retirés et puis je l'oublie sous une pile pendant des mois. Je l'aime et il m'irrite. Je crois le comprendre et puis en l'ouvrant au hasard je tombe sur une phrase qui contredit tout ce que j'en pensais. Pourquoi commencer par celui-là alors qu'il y a tant d'ouvrages au sujet desquels j'ai une vision claire ? Parce que, justement, j'aime ce qui suscite des "émotions" contradictoires et me fait penser une chose et son contraire.

Le livre s'intitule : "Le jasmin des fidèles d'amour" de Rûzbêhân un soufi-poéte-penseur-visionnaire iranien du XII° siècle. La préface est d'Henry Corbin. L'éditeur Verdier, collection Islam spirituel. Le livre est difficile et demande à être dégusté à petites doses. Ce que je vous recommande c'est la longue préface. 

Il est dit dans cet ouvrage, que Dieu mène en ce monde les "Fidèles d'amour"(comparables aux fedeli d'amore, les compagnons de Dante) par des degrés qui vont de l'amour humain à l'amour divin. Qu'il ne s'agit que d'un seul et même amour. Ceci est très simplifié et correspond à mon "humeur" du moment. 

Quelques citations

A une femme qui conseillait à sa fille de cacher sa beauté sous un voile "O femme ! la beauté ne peut souffrir d'être séquestrée dans la solitude ; tout son désir est que l'amour se conjoigne à elle, car dans la prééternité la beauté et l'amour ont échangé le serment de ne jamais se séparer."

"Le secret de la divinité est dans l'humanité, sans que la divinité subisse le trouble et le dommage d'une incarnation. La beauté dans la créature humaine est le reflet de la beauté de la nature divine. Avec moi commence la Création ; en Dieu elle trouve sa consommation. "

"Tantôt c'est l'âme qui est ton symbole, et tantôt c'est toi qui es le symbole de l'âme.

L'âme est la terre où tu passes, et la terre où tu passes est l'âme de mon âme

Si aucun oeil n'a jamais vu la trace de la forme de l'âme

Voici que sur tes lèvres est visible le symbole de l'âme. "

 

Bonne lecture et bonne méditation si vous avez la chance de rencontrer ce livre.