UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« 2019-06 | Page d'accueil | 2019-08 »

29/07/2019

Rolande Biès et la pratique de l'alchimie

alchimie,philosophie,spiritualité,rolande biès,c.g.jung,photo,ariaga

Photo Ariaga

Dans le cadre de notre réflexion estivale, une second texte de Rolande Biès extrait de ses "Lettres des amis de l’alchimie" . Ce texte est de Novembre 1995.

***

"L'Alchimie est un chemin d'éveil : en faire l'expérience ne sépare pas des activités quotidiennes mais les éclaire d'un jour nouveau.

Ce qui peut alerter notre curiosité, c'est que cette pratique est enseignée de mille et une manières aussi bien en Occident (voir les dix "échelons" de Saint Jean de la Croix) qu'en Orient (voir les dix "étapes", dans le différents bouddhismes : dans le Ch'an, ou Zen, le dressage du buffle, dans le Taoïsme, celui du cheval, dans le bouddhisme tibétain, celui de l'éléphant. Ces animaux représentent le mental, si difficile à domestiquer.

Dans l'Alchimie spirituelle, il s'agit aussi du dressage de l'être humain émotionnel tout entier, afin que celui-ci se spiritualise.

Bien entendu, il nous faudra passer par des métaphores afin d'obtenir cet éveil : les rêves nous y aideront avec élégance et grossièreté. Grâce à une vigilance constante, nous déposerons notre orgueil sur les rives du ruisseau de vie qui s'écoule sans cesse. Il s'agit bien d'une pratique.

Lorsque nous parlons des "étapes", nous voulons dire les diverses parties de nous-mêmes correspondant aux plans de conscience de notre corps, qui peuvent alors s'illuminer les uns après les autres pour faire finalement un "éveillé", c'est-à-dire un être VRAI, complet, réalisé, ayant mis en acte toutes ses possibilités, par opposition à un être apparent dont la majorité se contente. Nous verrons chaque étape en détail,, pour ne pas nous tenir aux "paroles gelées", comme dit Rabelais.

Mais comme entrée en matière, voici un rêve, court, qui indique le chemin à suivre à tel directeur de banque arrivé à un tournant de sa vie : "On lui disait qu'il était urgent de faire un emprunt à la banque Humo".

Cette banque n'existe pas ; il fut dont nécessaire de "travailler" sur le terme humo. Notre chercheur déduisit lui-même qu'il devait devenir beaucoup plus humble, plus près de la terre (humus), afin de continuer son chemin d'éveil. En en effet, il avait raison  cette prise de conscience lui permit d'obtenir une activité beaucoup plus en accord avec ses aspirations."

15/07/2019

Rolande Biès : Rêves, astrologie, alchimie

alchimie,philosophie,rêves,rolande biès,jung,ariaga,photo

Photo ÉPHÊME

En ce moment de l’été où beaucoup partent en vacances, je publie, comme chaque année, pour ceux qui sont contraints à rester.

Je vous propose de rendre hommage à Rolande Biès (1919-2012) en publiant quelques uns de ses textes extraits des Lettres aux amis de l'alchimie dont vous pouvez trouver l'intégralité dans Espace Francophone Jungien. Voici le premier qui est de Septembre 1995

***

"Les images qui arrivent dans nos rêves n'exigent pas une connaissance du monde, elles nous invitent à habiter le monde. Il ne s'agit pas d'un savoir, qui est avoir ; il s'agit d'être.

Comment ÊTRE totalement ? En pénétrant dans les couches profondes de notre psyché afin de ne faire qu'un avec l'inconnu qui habite en nous. Il ne s'agit pas de violer le secret de l'être, mais d'aider celui-ci à l'intégrer en l'épousant, en acceptant de combler ce creux ; c'est cela, le "creuset" alchimique. En devenant un rêveur de l'intime, nous marions en nous toutes les oppositions qui nous harcèlent. Plus nous refusons notre aspect terrestre, humain, humble, plus nous sommes déchirés au lieu d'être reliés à nous-mêmes avant de l'être aux autres.

Tout commence par une prise de conscience due à une épreuve. C'est le début de la quête, le point de départ de l’œuvre. La vie semble avoir perdu son sens, on est en "nigredo" ; Saturne en est le maître, représenté par le plomb. Puis un jour, une rencontre, un livre nous fait entrer dans un ordre nouveau, la volonté de l'ego faiblit, c'est Jupiter, représenté par l'étain gris (l'éteint), qui permet d'entrer dans l'espérance.

Mars, le dieu de la guerre, inaugure alors le combat contre soi-même ; il est froid, mais rouge si on le chauffe, comme le fer. On le nomme l'Aimant des Sages, celui qui attire le sage, car le sage est amour. L'épée, esprit de discrimination, entre dans la lutte contre le dragon de l'orgueil.

Puis, vient Vénus, le cuivre contenu dans le bronze et l'airain des cloches. Couvert de vert-de-gris, il a encore besoin d'être délivré de la cupidité et de l'envie.

Voilà les rapports existant entre astrologie et alchimie. L'astrologie est une projection dans le ciel : loin. L'alchimie est une projection sur la terre : proche. Sans oublier le Mercure, qui est double, puisqu'il est métal liquide : dieu ambigu, dont le caducée montre les deux serpents ennemis reliés entre eux.

Nous entrons là dans l’Œuvre au blanc, où la spiritualité domine la matière : c'est le Premier Travail.

Cela a déjà été dit. Mais quel nom donne-t-on à l'Alchimiste ? Le perroquet.