09.07.2009
Arrivée des bateaux des internautes

Mariedumonde ses amples jupes gonflées par le vent de la marée montante guettait au bout de la jetée. Soudain elle a couru vers le banc où je reposais en rêvant d'amour et, toute essoufflée d'émotion elle m'a dit : "Je viens de regarder au loin sur l'horizon, un magnifique bâteau d'un autre temps, chargé, d'internautes de tous poils, qui voguent allègrement, la brise m'a apporté quelques voix et je peux te dire, qu'ils arrivent.....
j'ai entendu : "destination les bancs d'Ariaga, ohé matelot, hissez haut" Elle est pas belle la vie !"
Les vieux bateaux sont sortis de leurs cimetières, d'autres ont brisé les vitrines où ils étaient enfermés, d'autres ont quitté les bassins où on les contraignaient à tourner en rond. Ils ont traversé mers, nuages, murs de garages et viennent tous chargés de voyageurs de l'imaginaire vers le cercle de bancs. On entend claquer les voiles, hoqueter les vieux moteurs,souffler les rameurs et chanter les anciens matelots. A leur tête le magnifique bateau aperçu par Mariedumonde, un navire dont le nom est Amour.
Ceux là seront les premiers mais je pense que d'autres viendront par la terre où les airs ou par...
Ariaga
16:54 Publié dans amour, poésie, Vacances imaginaires | Lien permanent | Commentaires (32) | Envoyer cette note | Tags : écriture, voyage, rêve, blog, culture, photo, imaginaire
07.07.2009
Le cercle des bancs

Je crois, amis, que, cet été, à la place du train de bancs du voyage imaginaire de l'année dernière, nous allons former un cercle. C'est beau, pur, plein de signification symbolique. Qu'ai-je dit avec les mots signification symbolique ! Jung s'agite déjà en prononçant de grands mots du style, le cercle c'est la Totalité, le Soi, la grande image archétypale etc etc.....Du calme Carl Gustav, vous n'allez pas commencer à nous faire des cours de psychologie symbolique, nous sommes ici pour nous détendre et serions plus intéressés par le récit de vos amours ! Et puis pourquoi pas d'autres sens ? La perfection de la forme, la roue qui tourne , la danse circulaire et aussi la protection. J'aime particulièrement ce sens un peu magique. Le cercle que nous allons former sera un cercle protecteur de notre voyage surtout quand, telle une soucoupe volante, nous décollerons vers...
Chacun, pour former le cercle, pourra apporter son banc personnel, ou s'asseoir sur le banc des autres, ou ne faire que passer avec une petite phrase de commentaire. Mails acceptés. Je recueillerai les "perles" bien rondes dans mes notes.
Mon banc personnel, que je vous dévoile aujourd'hui, est placé sous le signe de l'amour, de l'eros. Je n'ai pas choisi, je me suis laissée porter par le message que des inconnus ont écrit sur ce banc. Je vais m'y asseoir avec mes amis intérieurs, présentés à la note précédente, et écouter ce qui se dit, et que j'appellerai les dits des bancs...
Ariaga
16:31 Publié dans amour, photo, Vacances imaginaires | Lien permanent | Commentaires (40) | Envoyer cette note | Tags : écriture, culture, voyage, nature, photo, vacances, rêve, jung
03.06.2009
Spirale de l'amour

Mon amour,
ma fleur d'or,
il fut un temps où tu enroulais mon corps dans les volutes de ton désir.
Il fut un temps où nos esprits partageaient le même vase sur l'athanor.
Quand le corps t'a trahi l'esprit est demeuré
brillant de force et de lumière
et maintenant
que le vase se vide doucement,
et maintenant
que je marche près de toi
sur le chemin d'acceptation
d'une spirale qui se défait,
et devient lentement
ligne droite,
mon amour s'élargit à l'infini
jusqu'aux limites de la vie
et chaque instant devient
goutte essentielle.
Ariaga
17:12 Publié dans amour, photo, poésie | Lien permanent | Commentaires (53) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, amour, photo, spiritualité, fleur, alchimie
23.05.2009
Rûzbehân et la mystique de l'amour

Je suis retournée, probablement pour apaiser mon chagrin, vers " Le Jasmin des Fidèles d'amour " de Rûzbehân un soufi-poéte-penseur-philosophe,visionnaire iranien du XII° siècle. La préface et la traduction sont de Henry Corbin. (Éditeur Verdier, collection Islam spirituel.) Il est dit dans cet ouvrage, que Dieu mène en ce monde les "Fidèles d'amour"(comparables aux fedeli d'amore, les compagnons de Dante) par des degrés qui vont de l'amour humain à l'amour divin. Qu'il ne s'agit que d'un seul et même amour. Ceci est très simplifié et correspond à mon "humeur" du moment. Je vous propose quelques citations :
" Le secret de la divinité est dans l'humanité, sans que la divinité subisse le trouble et le dommage d'une incarnation. La beauté dans la créature humaine est le reflet de la beauté de la nature divine. Avec moi commence la Création ; en Dieu elle trouve sa consommation. "
" Tantôt c'est l'âme qui est ton symbole, et tantôt c'est toi qui es le symbole de l'âme ...
Si aucun oeil n'a jamais vu la trace de la forme de l'âme
Voici que sur tes lèvres est visible le symbole de l'âme. "
Et la plus célébre sur ce qui est exigé des Fidèles d'amour :
" Tantôt elle est dans les pleurs, tantôt elle est dans les rires ; tantôt ardente de feu, tantôt vibrante de musique ; tantôt la substance même de l'argile humaine est consummée par le feu de l'amour et tantôt le luth de prééternité accompagne la psalmodie. Tantôt dans l'ivresse mentale, tantôt dans la lucidité, tantôt abolie à soi même. Tantôt dans l'angoisse, tantôt dans l'exultation ; tantôt dans la crainte, tantôt dans l'espoir ; tantôt dans la séparation, tantôt dans la réunion. Pas d'étape où faire halte quand elle est séparée ; pas même de séjour à demeure, lors de la réunion. Voilà ce qui est exigé d'un Fidèle d'amour que Dieu mène en ce monde par les degrés de l'amour à l'ascension de l'amour divin ; parce que dans les jardins de l'amour, il ne s'agit que d'un seul et même amour, et parce que c'est dans le livre de l'amour humain qu'il faut apprendre à lire la règle de l'amour divin. "
C'est beau n'est-ce-pas ?
Ariaga
15:09 Publié dans amour, Livres et citations, Philosophie | Lien permanent | Commentaires (37) | Envoyer cette note | Tags : écriture, culture, amour, philosophie, spiritualité, photo
20.05.2009
Il est parti, le chat...

Elle avait vingt ans, la modeste chatte de goutières qui était devenue reine en ma maison. Hier, fatiguée de s'accrocher à une vie qui devenait trop douloureuse, elle a choisi, après m'avoir offert un dernier regard de ses yeux d'or, de partir se reposer d'avoir donné tant d'amour. Ma plume est trop noyée de larmes pour que j'écrive à sa mémoire alors je reproduirai simplement quelques vers pris au hasard dans les poèmes de Baudelaire sur les chats.
" Elle endort les plus cruels maux
Et contient toutes les extases ;
Pour dire les plus longues phrases
Elle n'a pas besoin de mots ...
C'est l'esprit familier du lieu ;
Il juge, il préside, il inspire
Toutes choses dans son empire ;
Peut-être est-il fée, est-il Dieu ?
Quand mes yeux vers ce chat que j'aime,
Tirés comme par un aimant,
Se retournent docilement,
Et que je regarde en moi-même,
Je vois avec étonnement
Le feu de ses prunelles pâles,
Clairs fanaux, vivantes opales,
Qui me contemplent fixement. "
Il y a dans mon jardin un rhododendron mal exposé au nord, près de la poubelle. Depuis des années il fait juste des boutons . Il n'a jamais fleuri et ce n'est plus la saison. Ce matin, en ouvrant les volets, j'ai eu l'immense surprise de voir que pendant la nuit les boutons s'étaient ouverts. Comme l'aurait dit Etienne Perrot, merci Sainte Synchronicité.
Ariaga
10:57 Publié dans amour, poésie | Lien permanent | Commentaires (47) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, chat, amour, citations, nature, fleurs
15.12.2008
Sorcière !

Son ombre s'enfonce
Dans la Terre Mère
Soyez prudents
C'est une sorcière !
Cheveux brûlés
Par les fumées
De son chaudron
Plein de pensées ...
Corps insoumis
Souvent meurtri
Aux chevalets
De Vérité
Elle laboure
De mots d'amour
Le sol fertile
De l'inutile.
Ariaga
13:50 Publié dans amour, poésie | Lien permanent | Commentaires (29) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, nature, amour, alchimie, culture, photo
13.10.2008
Nouvelles du chat Grisou

Voici un portrait de Grisou, une difficile relation d'amour, dont je vous avais parlé cet été dans deux notes dont je vous donne les liens :Chats de bancs et La queue du chat.
Je vous avais décrit ce félin si sauvage, rendu un peu fou par une survie difficile dès son plus jeune âge. La nature est notre Mère, comme je l'écris souvent, mais il y a des mères cruelles. Physiquement il a grandi et grossi et une je lui trouve une belle apparence si on pense à l'état dans lequel je l'ai aperçu pour la première fois. Pour le contact, il a fait quelques modestes progrès et vient souvent le soir coller son museau contre la vitre de la cuisine. Il m'observe. La vitre est indispensable car ma présence physique réelle le fait fuir même si il sait très bien que c'est moi qui le nourrit. Il me fait penser aux prisonniers dans la caverne de Platon, il préfère le reflet à la réalité.

Voici une autre photo de lui, toujours derrière une vitre, en fin de soirée. Il semble méditer entre les chandeliers. Je l'ai trouvé très beau et, même si nous n'avons pas de contact physique, même si je pense ne jamais l'entendre miauler ou ronronner ou répondre au nom que je lui ai donné parce qu'il est tout gris, je l'aime ce chat. Cela fait du bien de donner sans espoir de "retour".
Ariaga
17:16 Publié dans amour, Nature | Lien permanent | Commentaires (69) | Envoyer cette note | Tags : écriture, nature, amour, animaux, chat, photo, blog
02.10.2008
La veuve

Elle va souvent sur la grève
Elle regarde les flots grisâtres
Et quand la vague se dilate
Elle attend encore et encore
Que la mer délivre le corps
De son amour pas vraiment mort.
Et la vague déferle et avance
Vide
Pour mourir sur le sable
Changée en tache humide.
On lui dit, vous le portez dans votre coeur. Elle dit, mais où est son corps chaud, où est celle qui se tenait nue, les cheveux épars, devant lui tendu par le désir.
Où est le souffle brûlant sur la nuque, où sont les bras où sont les chuchotements, les enveloppements, les emboîtements, ce que nous n'avons pas fait, ce que nous n'avons pas dit.
Dans la profondeurs des étoffes
Où elle enfouit sa solitude
Monte une odeur de bois pourri
Au coeur des intimes ténèbres.
Ariaga
17:12 Publié dans amour, poésie | Lien permanent | Commentaires (55) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, amour, nature, mer, photo
14.09.2008
Les quatrains de Rûmî
Un petit livre Les quatrains de Rûmî, illustré par les calligraphies de Hassan Massoudy (Albin Michel), exprime mieux que je saurais le faire mon " ressenti " du moment. Rûmî (1207 - 1273) que le monde de l'Islam appelle "notre Maître" est à la fois un grand penseur mystique et un merveilleux poète. Je vous propose ici quelques uns de ses quatrains.
"Il est bon de franchir
chaque jour une étape
Comme l'eau vive
qui ne stagne pas.
Hier s'est enfui, l'histoire d'hier
elle aussi est passée
Il convient aujourd'hui de conter
une histoire nouvelle.
**********
L'eau qui coule n'est pas lasse
des poissons
Et le poisson n'est pas las
de cette eau qui coule.
Ni l'âme ni le monde
ne sont las des amoureux
Ni l'amour n'est las
de l'âme et du monde.
**********
Au moment où mon essence
Se transformera en océan universel
La beauté des atomes
sera pour moi lumineuse.
C'est pourquoi je brûle comme la chandelle,
afin que, dans la voie de l'amour,
Tous les instants pour moi
Deviennent un seul instant.
**********
Je sais de ce Bien-Aimé
les qualités et les habitudes
Il est comme le feu,
et je suis comme l'huile
Par sa lumière subtile,
L'âme voit
Cette fumée autour de lui,
Je le sais, c'est moi.
*********
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17.08.2008
Construction du village de l'Amour

Comme un cordage enroulé,
une chaîne d'amitié, nous a servi à tirer, vers des lieux qu'ils ignoraient,
des hommes emprisonnés.
Ce boulet aux pieds, ce poids sur le coeur, tout ce qui les empêchait de voyager librement, est devenu ballon s'échappant aux vents de l'imaginaire.
Et quand ils sont revenus de leurs folles aventures, ils n'étaient plus solitaires. Un village s'était construit dans l'Athanor, un village aux reflets d'or, un village tout plein de bancs et de sons de cloches sonnant la liberté intérieure. Un village du nom d'AMOUR.
Ariaga
14:56 Publié dans amour, Vacances imaginaires | Lien permanent | Commentaires (39) | Envoyer cette note | Tags : écriture, poésie, voyage, amour, vacances, photo, blog


