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18/08/2017

Emma Jung : Animus et Anima

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La femme de C.G.Jung, Emma Jung, ne s'est pas contentée de lui apporter l'aisance financière et d'élever leurs cinq enfants. Elle fut aussi associée aux recherches de Jung et à ses activités. Elle a écrit un ouvrage remarquable intitulé La légende du Graal  (Albin Michel). Il a été publié à titre posthume par Marie-Louise von Franz. De son vivant elle faisait des conférences à partir desquelles a été publié un livre : Animus et Anima (ed. La fontaine de Pierre). Dans l'introduction à cet ouvrage elle donne une définition très claire de ces concepts d'animus et anima qui, je le pense, peut être utile à ceux qui ne sont pas des lecteurs "éclairés" de Jung.

Voici un extrait où j'ai mis en caractères gras ce qui me semble essentiel. 

Après avoir parlé des représentations universelles et intemporelles que Jung nomme archétypes et qui sont devenues des concepts elle écrit :

" Jung a nommé ces deux figures - l'une masculine et l'autre féminine - l'animus et l'anima. Par ces termes il entend un complexe fonctionnel dont le comportement compense la personnalité extérieure ; c'est en quelque sorte une personnalité intérieure dont les attributs sont précisément ceux qui font défaut à la personnalité extérieure consciente et manifeste. Ce sont des attributs féminins chez l'homme et masculin chez la femme qui, normalement et dans une certaine mesure, sont toujours présents mais ne trouvent pas leur place chez les êtres tournés vers l'extérieur, car ils gênent leur adaptation sociale ou l'image idéale qu'ils se font d'eux-mêmes.

Le caractère de ces deux figures n'est toutefois pas uniquement déterminé par les particularités de l'autre sexe, il est aussi conditionné par l'expérience que chacun fait, au cours de sa vie, des représentants du sexe opposé, ainsi que par l'image collective du masculin héritée par la femme et du féminin par l'homme. Ces trois facteurs s’agrègent pour former un ensemble qui n'est pas uniquement une image ou une expérience vécue, mais plutôt une sorte d'entité dont les activités ne sont pas coordonnées de façon organique avec les autres fonctions psychiques. Cette entité suit ses propres lois et intervient dans la vie de l'individu concerné à la manière d'un élément étranger, parfois utile, parfois indésirable, voire destructeur. ..."

Après avoir beaucoup lu Jung, voici ce que j'ai lu de plus simple et de plus juste sur l'animus et l'anima. Évidemment, ensuite si on fouille l’œuvre de Carl Gustav cela devient plus compliqué ... Merci Emma.

Ariaga

 

 

 

 


17/09/2016

C.G.Jung, citation sur l'ombre

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" Vous allez sans doute secouer la tête avec incrédulité, si je me hasarde à remarquer que je n'aurais probablement guère été en mesure de formuler le concept d'ombre si l'existence de l'ombre n'avait été une expérience majeure de ma vie, faite non seulement sur les autres mais aussi sur moi-même. ...

Mon ombre est, de fait, tellement grande qu'il m'était impossible de ne pas en tenir compte dans mon projet d'existence, et que je devais même la considérer comme une partie essentielle de ma personnalité, tirer de cette vérité reconnue les conséquences et en assumer la responsabilité. J'ai du reconnaître, à travers beaucoup d'expériences amères, que le péché que l'on croit que l'on est, on peut le regretter, certes, mais non le supprimer. Je ne crois pas au tigre qui s'est converti une fois pour toutes au végétarisme et ne mange plus que des pommes. ma consolation a toujours été ce Paul qui ne tenait pas pour en dessous de sa dignité d'avouer qu'il portait une écharde dans sa chair.

Mon péché est devenu pour moi ma tâche la plus chère. Je ne m'en décharge sur personne pour ensuite me prendre pour un sauveur qui sait toujours ce qui est bon pour autrui."

Lettre de C.G.JUNG du 9 novembre 1955.

 

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12/09/2016

Quelques citations de C.G.Jung

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Pierres sur la mer, Ariaga.

Tout s'est bien passé pour ma première opération et je remercie ceux qui, par divers moyens, m'ont témoigné leur sympathie. En attendant la seconde, et les soins pré-opératoires, je profite d'un petit créneau, avant  une nouvelle interdiction d'utiliser l'ordinateur, pour préparer quelques citations de Jung. Ainsi, le Laboratoire ne sera pas complètement déserté et l'esprit de mon très cher Carl Gustav y maintiendra un souffle de vie de la pensée. Je vous embrasse tous amis connus et inconnus. Ariaga.

Voici la première citation :

"On confond en général la connaissance de soi avec la connaissance de son moi conscient que l'on tient pour sa personnalité. Quiconque dispose tant soi peu de conscience de son moi croit naturellement , avec la plus grande assurance, se connaître. Or, le moi ne connait que ses propres contenus ; il ignore tout de l'inconscient et de ses teneurs. L'individu mesure en général la connaissance qu'il a de lui-même à la moyenne de connaissance de soi qu'il rencontre chez les êtres qui constituent son environnement social et non aux données psychiques réelles qui pour la plus grande part lui sont cachées. "

C.G.JUNG, Présent et avenir,p.13.

13/09/2013

C.G.JUNG sur la fin de l'analyse

 

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(Clic pour agrandir)

Parmi les lecteurs de ce blog, il est possible que certains aient entrepris, puis interrompue, une analyse, qu'elle soit jungienne ou non. En effet, c'est tout un processus, court ou long, qui peut s'arrêter pour diverses raisons car, même si on n'a pas le sentiment d'avoir atteint le but recherché, une fin peut toujours survenir à un stade quelconque de ce difficile travail sur soi.

C.G.Jung, dans Psychologie et Alchimie, propose différentes raisons à cette fin. Je vais vous les citer et peut-être retrouverez vous un des motifs qui vous a fait vous séparer, peut-être temporairement, de votre analyste.

" 1. après que le sujet à reçu un bon conseil ; 2. après qu'a eu lieu une confession plus ou moins complète, mais toutefois suffisante ; 3. après la reconnaissance et l'acceptation d'un contenu psychique jusqu'alors inconscient, bien qu'essentiel, et dont la prise de conscience donne un nouvel élan à l'activité et à la vie du sujet ; 4. après un détachement, obtenu grâce à un travail psychologique prolongé, d'avec la psyché de l'enfance ; 5 après la réalisation d'une nouvelle adaptation rationnelle à des conditions de vie peut-être difficiles ou exceptionnelles ; 6. après la disparition de symptômes douloureux ; 7 après un tournant positif de la destinée : examen, fiançailles, mariage, divorce, changement de profession, etc. ; après la redécouverte de l'appartenance à une confession religieuse, ou après une conversion ; 9. après que s'est esquissée l'édification d'une philosophie pratique de la vie ( " philosophie " au sens antique ! ). "

Jung ajoute, et je trouve cela très intéressant, que, même après cette fin de l'analyse, il est fréquent que la confrontation avec l'inconscient persévère et que des patients qui reviennent voir leur analyste après des années décrivent des métamorphoses aussi importantes que celle des patients qui ont poursuivi leur analyse. Cela donne à penser qu'il existe dans la psyché, comme le dit Jung, "un processus tendant vers un but final et, pour ainsi dire, indépendant des conditions extérieures".

Je dois dire que je trouve la possibilité d'existence de ce processus impressionnante et propice à de profondes réflexion ...

Ariaga

21/10/2012

Les artères de l'inconscient

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Photos ÉPHÊME et son clone.

Les habitués du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle connaissent bien ÉPHÊME. Il n'a pas de blog mais il nous fait assez souvent profiter de ses talent pour l'écriture, la peinture et la photographie. Ce qu'il nous propose aujourd'hui me semble être tout à fait en harmonie avec la psychologie des profondeurs de C.G.Jung. C'est le spéléologue qui nous interroge ... Jung, quand il a fait sa grande plongée dans l'inconscient le plus profond, n'a t-il pas lui aussi cherché des réponses ? Ariaga.

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    Il fait si calme que j’entends les anges dormir. Je me sens envahi de cette paix que procure la matrice de la terre, dans ces gouffres et galeries polis par l’eau têtue ciselant ses cupules douces comme le plus intime de la femme.

            J’aurais bien aimé pouvoir mener notre malicieux Carl Gustav au sommet de cette béance suspendu dans le vide, avec sa suite d’ébène s’ouvrant sur un néant mystérieux si attirant. Qu’en aurait-il pensé, comme de cette âme venue de la lumière  pour interroger l’obscurité de cette roche miroitante des souvenirs des caresses des flots aveugles ? Je subodore qu’il aurait vibré avec cette force gigantesque irradiée par les milliards de tonnes d’anciennes vies qui se sont déposées délicatement au fond des mers pour former ces calcaires obstinés, habités d’une foule d’esprits.

 

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 Mais vous, compagnons de l’Evasion, amis du Laboratoire ou curieux de passage, que ressentez vous à l'idée de plonger dans cet univers minéral des profondeurs ? Venez vite me le dire, et je tenterai de cheminer avec vous dans ce noir phosphorescent.

ÉPHÊME

10/04/2007

C. G. JUNG et la fonction transcendante

Dans ma petite boite à outils, intitulée Jung et la psychologie des profondeurs : liste des notes déjà publiées destinée à ceux qui me suivent dans ma recherche d'une progression vers un élargissement de la conscience, en suivant les pas de Jung, j'avais oublié un concept important : la fonction transcendante. Je ne ferai, aujourd'hui, que survoler le sujet qui demanderait de nombreuses pages pour être convenablement traité mais, en cette période pascale, je ne veux pas vous faire souffrir ! 

Le cheminement vers la totalité psychique nécessite une ouverture de la frontière conscient-inconscient et cette ouverture n'est pas sans danger. Elle engendre fréquemment des désordres dus à la situation d'unilatéralité provoquée par la prédominance de l'une des polarités. Les plus graves conséquences surviennent si le potentiel énergétique de l'inconscient est trop puissant. Il est essentiel que les forces de cohésion qui structurent et garantissent la stabilité de l'organisation du Moi conscient demeurent intactes.

Jung a déterminé une fonction (à ne pas confondre avec les quatre fonctions psychiques) susceptible de maintenir l'équilibre et d'aider à la progression de la coopération entre les pôles opposés, conscient-inconscient.  Dans l'Âme et le Soi (p.157) il décrit ainsi cette fonction :" La tendance de l'inconscient et celle du conscient sont en fait deux facteurs qui constituent la fonction transcendante. On l'appelle transcendante parce qu'elle permet le passage organique d'une attitude à une autre, c'est à dire sans perte de l'inconscient."

Cette fonction, surtout importante au niveau de l'enseignement donné par les rêves, l ' "'expression la plus aisément accessible des processus inconscients",  est un moteur d'évolution. Elle induit une sorte d'acceptation consciente des contenus de l'inconscient qui est à l'origine de modifications réciproques, issues de la relation conscient-inconscient.  

La fonction transcendante permet un passage , constructif, d'une attitude de méfiance envers l'inconnu, à la reconnaissance du côté compensateur, enrichissant, des contenus de l'inconscient véhiculés par les rêves, visions et imaginations. Une confrontation des points de vue, et l'accord sur ce que Jung appelle une "base moyenne", rendent possible une progression, en quelque sorte motorisée par une tension énergétique, progression au cours de laquelle chacun des points de vue, souvent opposés, de l'inconscient et du conscient, peuvent se conjuguer, tout en conservant leur valeur propre.

La présence d'un analyste est utile pour "médiatiser la fonction transcendante" du rêveur, en l'aidant à interpréter l'expression symbolique du discours du rêve, et surtout en l'accompagnant dans son cheminement vers une réunion du conscient et de l'inconscient, génératrice d'une nouvelle attitude, à la fois sur le plan psychique et sur le plan de la réalisation pratique. L'autonomie et l'organisation du Moi, centre de la conscience, doivent être protégés alors que la persona, son habillement extérieur, peut subir, sans trop de dommages, de profondes transformations. Je pense, cependant, en espérant que Jung me pardonnera, qu'un observateur attentif et prudent de ses propres rêves peut aussi progresser en contemplant ces rêves et en essayant de coopérer avec l'inconscient. Mais il est certain qu'il aura toujours tendance à laisser les préjugés de son Moi prendre le dessus. 

 

 

01/10/2006

Représentation symbolique

Pour continuer la réflexion sur la RE- présentation...
Les rêves sont une possibilité de contact avec une région étrange où se parle une langue incompréhensible. L'inconscient, cet Autre qui ne peut se présenter lui-même, délégue des ambassadeurs. Ces représentants symboliques vont donner une sorte de représentation théatrale. En effet, dans la plupart des rêves, on retrouve une certaine structure évoquant les différents actes d'une pièce de théâtre avec décors, dialogues et personnages amis ou ennemis. Le rêveur est spectateur ou acteur. Les scènes peuvent être surprenantes et défier les règles de la logique, mais les matériaux sont re-connus même si le sens de la représentation est confus.
La représentation est action quand les images sont décodées puis matérialisées. Jung, par exemple, a éprouvé le besoin de poétiser, dessiner, sculpter, bâtir la tour de Bollingen à des périodes de sa vie où il était assailli par des rêves et des visions. Il écrit dans Ma Vie :"Je devais en quelque sorte, représenter dans la pierre mes pensées les plus intimes et mon propre savoir … ."Il faisait oeuvre artistique en passant de l'immatériel au réalisé. En effet, la véritable démarche artistique se traduit par un acte personnel fort. L'artiste s'empare d'images imposées au Moi par l'Inconscient pour en faire un acte créateur qui n'est pas un RE mais une présentation originale.
Quand je pense à l'artiste et à la représentation je vois "présent" au centre du mot. L'artiste inspiré a reçu un don, celui de présenter aux autres quelque chose de nouveau qu'ils n'ont pas la chance de percevoir.

Ariaga

29/09/2006

Représentation = RE présentation

Aujourd'hui, il va falloir se décider à réfléchir un peu. C'est difficile quand on préfère la poésie à la philosophie, mais la méditation sur le sens des mots et des choses est indispensable si on veut remplir l'athanor du laboratoire.
Quand je pense à ce qu'est la représentation, c'est le Re qui me semble le plus important. Le re de re-produire, re-mémorer, re -connaître, re-voir, re-commencer. Ils sont tous là, et sans doute bien d'autres. Il faudrait le demander à Edgard Morin.
Celui qui n'a pas le RE du déjà connu, déjà identifié est un "absolument autre", qui ne peut se présenter directement car il est un étranger, un innommé, parlant une langue incompréhensible. Or, les possibilités de compréhension de l'esprit humain se limitent à une reconnaissance d'éléments déja appris et connus, même s'ils ne font pas partie de la mémoire consciente.
Généralement nos représentations sont une sorte de brassage de métériaux qui sont déjà là, plus ou moins bien identifiés. Mais, si on a le courage, comme le fit Jung, de descendre dans les profondeurs de la psyché, alors, c'est une autre histoire... pour une autre fois.

Ariaga