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13/09/2013

C.G.JUNG sur la fin de l'analyse

 

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(Clic pour agrandir)

Parmi les lecteurs de ce blog, il est possible que certains aient entrepris, puis interrompue, une analyse, qu'elle soit jungienne ou non. En effet, c'est tout un processus, court ou long, qui peut s'arrêter pour diverses raisons car, même si on n'a pas le sentiment d'avoir atteint le but recherché, une fin peut toujours survenir à un stade quelconque de ce difficile travail sur soi.

C.G.Jung, dans Psychologie et Alchimie, propose différentes raisons à cette fin. Je vais vous les citer et peut-être retrouverez vous un des motifs qui vous a fait vous séparer, peut-être temporairement, de votre analyste.

" 1. après que le sujet à reçu un bon conseil ; 2. après qu'a eu lieu une confession plus ou moins complète, mais toutefois suffisante ; 3. après la reconnaissance et l'acceptation d'un contenu psychique jusqu'alors inconscient, bien qu'essentiel, et dont la prise de conscience donne un nouvel élan à l'activité et à la vie du sujet ; 4. après un détachement, obtenu grâce à un travail psychologique prolongé, d'avec la psyché de l'enfance ; 5 après la réalisation d'une nouvelle adaptation rationnelle à des conditions de vie peut-être difficiles ou exceptionnelles ; 6. après la disparition de symptômes douloureux ; 7 après un tournant positif de la destinée : examen, fiançailles, mariage, divorce, changement de profession, etc. ; après la redécouverte de l'appartenance à une confession religieuse, ou après une conversion ; 9. après que s'est esquissée l'édification d'une philosophie pratique de la vie ( " philosophie " au sens antique ! ). "

Jung ajoute, et je trouve cela très intéressant, que, même après cette fin de l'analyse, il est fréquent que la confrontation avec l'inconscient persévère et que des patients qui reviennent voir leur analyste après des années décrivent des métamorphoses aussi importantes que celle des patients qui ont poursuivi leur analyse. Cela donne à penser qu'il existe dans la psyché, comme le dit Jung, "un processus tendant vers un but final et, pour ainsi dire, indépendant des conditions extérieures".

Je dois dire que je trouve la possibilité d'existence de ce processus impressionnante et propice à de profondes réflexion ...

Ariaga

Commentaires

A mon humble avis, même si la fin est décidée, les processus d'analyses une fois mis en œuvre peuvent se ralentir car l'attention, l'urgence et le besoin sont moins grands, mais ils ne s'arrêtent vraiment jamais. L’œil est éveillé :) Bises Ariaga !

Écrit par : lechantdupain | 13/09/2013

Belle "photo-gamme " qui interroge mélodieusement la plongée dans les eaux de l'inconscient...

« Le Maître » ou « Dieu » ou « la Nature » ont placé dans le cœur de l’homme quelque chose de mystérieux, comme une étrange vibration, un son pour ainsi dire, qui se manifeste en harmonies spectrales pour peu qu’il soit éveillé par la mélodie d’un désir. Mais le carillon de maître Florian, formé de fines membranes, de cordes, de clochettes et de tuyaux, ne sommeille pas que dans le cœur de l’homme, dans l’attente du réveil  ; au plus profond de la terre aussi il palpite, il vibre, il aspire à l’appel du printemps, à la mélodie brûlante de l’été et du soleil. […] Appelez cela la « pulsion » que le Maître a placée dans tout ce qui vit, le miracle de la création dans son éternel renouvellement – ou bien appelez cela « sensualité », « concupiscence perverse » – c’est l’origine de tout le bien et de tout le mal, de la félicité et de la déception, du bonheur et de la misère, de la vie et de la mort  : c’est le divin et le diabolique8.


Franz Schreker, Das Spielwerk und die Prinzessin, préface de la partition, Universal-Edition, Wien (...)

Écrit par : Jacqueline W. | 13/09/2013

Le "processus" qui se déroule dans la psyché de chacun n'est-il pas tout simplement cet "élan vers notre identité véritable" (Soi) ?

Selon moi, cet élan fondamental est omniprésent ne dépend pas de l'analyse...même si celle-ci peut constituer un "catalyseur"...cet élan est là dès notre naissance et se poursuit , plus ou moins consciemment, tout au long de notre vie...

Nous pouvons le nier, l'occulter...ou le reconnaître et nous laisser "porter" par lui...mais de toute façon, il est là...
Il est le sous-bassement de toute existence et même sa raison d'être.

L'analyse n'est-elle pas seulement (et c'est énorme quand on y pense) , ce qui peut nous "remettre en contact" avec cet "élan de vie" ?

Je trouve sain qu'il y ait un moment où la personne se mette à parcourir son chemin (d'individuation), seule, sans aide extérieure...puisque, de toute façon, son chemin est unique et qu'elle seule peut le connaître et le reconnaître.

Écrit par : La Licorne | 14/09/2013

Bon jour Ariaga,
J'aime bien les marches dans le sens de la descente, c'est moins essoufflant !
Je te souhaite une belle journée et je t'embrasse.

Écrit par : danae | 14/09/2013

Une belle invitation à plonger dans les abysses du Moi...
Bonne fin de semaine lumineuse!

Écrit par : toobanal | 14/09/2013

je pense qu'une fois que le processus d'analyse est lancé, on ne peut pas régresser, on ne peut pas revenir en arrière. Si bien que même si on arrête l'analyse, ce qui avait été mis à jour pendant l'analyse est "acquis", connu, et la confrontation que le patient nourri de ces nouvelles données va avoir avec son inconscient continuera inévitablement d'être fructueuse. C'est pour ça sans doute que les métamorphoses se font, que l'on poursuive ou non l'analyse...
Bon week-end Ariaga, Bises

(j'aime beaucoup ta photo)

Écrit par : ambreneige | 14/09/2013

Dans le soi on ne s'abime jamais vraiment

Écrit par : Thierry | 14/09/2013

Jung : le nœud n’est pas dénoué mais tranché…

Dans une longue lettre datée du 10 octobre 1907, il entend entretenir Freud d’un
« esthétiquement beau » copiant exactement La dame de la mer d’Ibsen lui écrit-il. « La construction du drame, la façon dont le nœud est agencé sont identiques à Ibsen, mais la péripétie et le dénouement ne mènent pas à la libération de la libido, mais au crépuscule de l’autoérotiseme, où le vieux dragon s’empare à nouveau de toute la libido qui lui appartient ». Et il ajoute « le nœud n’est pas dénoué, mai tranché ». Puis il évoque le cas de sa patiente pour revenir finalement à un autre nœud, qui est le nœud du transfert…
Le transfert qu’elle fait sur lui, s’il a pour conséquence de modifier l’humeur de cette jeune femme déprimée, amène également
« l’irruption d’une violente excitation sexuelle »…
Tout de suite après, Jung dit vouloir passer à « autre chose » et fait appel à Freud : « J’aimerais vous demander votre conseil expérimenté dans « une autre affaire. »
Et il expose l’affaire : « Une dame guérie d’une névrose obsessionnelle fait de moi l’objet de ses fantasmes sexuels excessifs. Elle reconnaît mon rôle dans ses fantasmes comme maladif et aimerait par conséquent se détacher de moi et refouler ses fantasmes. »

Jung est perplexe : « Que faut-il faire ? Faut-il poursuivre le traitement, qui procure à la patiente, elle l’avoue elle-même, un plaisir voluptueux, ou faut-il la repousser ? »
Et il termine par cette question : « Ce cas vous est certainement familier jusqu’au dégoût; que faites-vous dans de tels cas ? »

Le retour de la libido grâce aux fantasmes sur la personne de l’analyste via le transfert ne nous paraît pas aussi éloigné que cela de ce qu’Ibsen amène dans son texte par le biais du travail d’écriture.

Françoise Decant / La Dame de la mer ou le désir de l’impossible

Extrait de L’Écriture chez Henrik Ibsen, de Françoise Decant, Éditions Érès, 2007, p131-140

in http://www.acte2deux.com/?p=3787

Écrit par : Jacqueline W. | 14/09/2013

Les marins se font ils moins de nœuds au cerveau ?

Écrit par : Thierry | 14/09/2013

@ Lechantdupain, en effet, le processus de l'analyse ne fait que réveiller ce qui est DÉJÀ LÀ. Et ce qui émerge fait partie d'une totalité psychique qui ne peut en aucun cas disparaître. Merci, pour ce commentaire.

Écrit par : ariaga | 14/09/2013

@ Jacqueline w. Merci pour ce titre de ma photo. Je n'en avais pas trouvé et ce "photo-gamme" me convient tout à fait. J'apprécie aussi la comparaison avec une vibration musicale dans notre coeur. Tu deviens très précieuse sur ce blog.

Écrit par : ariaga | 14/09/2013

@ la Licorne, en te lisant, je me dis que j'ai bien de la chance d'avoir des lecteurs qui me font des commentaires de cette qualité. Et je suis en harmonie avec ce que tu écris.

Écrit par : ariaga | 14/09/2013

@ Danae, oui, mais attention elles peuvent descendre vers des lieux bien étranges ...

Écrit par : ariaga | 14/09/2013

Analyse est un mot pour lequel j’ai toujours gardé une petite méfiance. L’analyse est la « résolution d’un tout en ses parties » dit le dictionnaire Littré. Cela me rappelle la dissection de la grenouille pour mieux apprendre, peut-être, qu’elle est morte...!! C’est toutefois un mot qu’il est difficile d’éviter, tant il est devenu commun pour désigner une exploration de la psyché individuelle.

Si cette exploration, cette découverte de la psyché, doit se poursuivre tout au long d’une vie, il faut qu’elle soit génératrice, toujours, d’une synthèse, d’un rassemblement constamment renouvelé, chaque "élément" mis à jour par l’exploration doit re-trouver place dans la personnalité individuelle, être ré-intégré et contribuer à vivifier l’ensemble, sous peine de ne travailler qu’à une déconstruction de l’être, à un découpage mortifère.

L’analyse, aussi longtemps qu’elle puisse se poursuivre au cours d’une vie, sera stérile si elle n’est pas accompagnée de la synthèse, de l’intégration effective de ce qui est mis en lumière par l’exploration intérieure. La présence d’un être ayant déjà accompli ce cheminement et cette synthèse jusqu’à un point où celui ou celle qu’il accompagne n’est pas encore parvenu-e est une aide précieuse, car l’échange "d’inconscient à inconscient" est largement aussi productif dans cette opération de synthèse que l’échange perçu consciemment. C’est un aspect que certaines approches "analytiques" ne prennent sans doute pas assez en compte. C’est le degré de réalisation, le "degré d’individuation" de l’accompagnant-e qui est déterminant dans cet échange, pas la somme de savoirs de toutes sortes qu’il-elle a pu glaner de-ci de-là et accumuler.

On ne peut sans doute quitter sans dommage la voie de l’individuation.
Et, je rejoins ici le point de vue de La Licorne, cette poussée à l’individuation présente en chacun de nous me semble être, comme l’a envisagé Jung, une disposition archétypique, innée, instinctive, qui tend à l’accomplissement du Soi à travers chaque créature humaine et à différents niveaux de l’être, du moins "évolué" au plus "évolué".
Ainsi, se poursuit-elle probablement, ouvertement et consciemment, ou secrètement et inconsciemment, d’un bout à l’autre d’une existence humaine.

Écrit par : Amezeg | 14/09/2013

Je crois bien effectivement que ce processus existe, car l'esprit est bien plus fort qu'on ne le croit.
Bon dimanche.

Écrit par : Bonheur du jour | 15/09/2013

De la voix intérieure à la voie intérieure, une information médicale intéressante à porter à votre connaissance.

Médecine
L'imagination peut changer notre perception visuelle et sensorielle

http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/73887.htm

Une étude menée par l'Institut Karolinska a montré que notre imagination peut influer sur notre vision du monde. Ce que nous pensons entendre ou voir "dans notre tête" peut changer notre perception réelle. L'étude qui a été publiée dans le Scientific Journal of Current Biology aborde d'un nouvel angle la problématique de psychologie et de neuroscience sur la manière dont le cerveau traite les informations issues des différents sens.

"On prend souvent les choses qu'on imagine et celles qu'on perçoit comme étant distinctes", affirme Christopher Berger, étudiant en doctorat au département de neuroscience et un des auteurs de l'étude. "Cependant, l'étude montre que notre imagination d'un son ou d'une forme change notre perception de notre milieu environnant, de la même façon que lorsque nous écoutons un son ou voyons une forme réellement. De manière spécifique, nous avons observé que ce que nous imaginons entendre peut changer notre perception visuelle de la réalité. Inversement, ce que nous imaginons voir peut changer ce que nous entendons réellement."

L'étude a pour objectif, de démontrer qu'une illusion affectant un sens (vision, audition, olfaction, somesthésie, goût) peut avoir une incidence sur un autre sens. Quatre-vingt-seize volontaires ont participé à cette étude. La première expérience touche le système sensoriel de la vision. Par une illusion optique, les volontaires ont l'illusion qu'il y a une collision entre deux objets. Au moment du croisement, ils ont donc l'impression d'entendre un son. Cette expérience montre que l'audition a été affectée par l'illusion optique. Lors d'une autre expérience, c'est la vision qui est affectée par l'illusion auditive.

Selon les scientifiques, les résultats de cette étude peuvent être utiles à la compréhension des mécanismes expliquant l'échec du cerveau dans la distinction entre pensée et réalité dans certains troubles psychiatriques comme la schizophrénie. D'autres régions du cerveau peuvent être étudiées à l'aide d'interfaces informatisées du cerveau, où l'imagination d'individus paralysés est utilisée pour piloter des dispositifs virtuels et artificiels. "C'est la première mise en place d'expérimentations en vue d'établir que les signaux sensoriels générés par l'imagination sont suffisants pour modifier la perception du monde réel" affirme le professeur Henrik Ehrsson, principal investigateur de l'étude.

Écrit par : Thierry | 15/09/2013

Thierry, il y a une expérience très simple et peu coûteuse, sans électronique et sans laboratoire de pointe, que chacun, sans être "schizophrène", a pu faire à l’occasion. Lorsque l’on est bien fatigué, à la tombée de la nuit ou en pleine nuit, au volant de sa voiture ou chez soi, on voit parfois un animal ou une autre créature juste au bord de la route ou perché-e sur la cheminée du séjour. Puis l’on progresse de quelques mètres ou dizaines de mètres sur la route, ou sur le chemin en sous-bois où l’on marchait, ou on tourne un peu la tête dans son fauteuil au séjour, ou encore la lumière du téléviseur devient plus vive et...soudain, l’animal ou l’étrange créature a disparu, laissant place à quelques branchages tombés sur la berme, au petit tas de bois mort posé au bord du sentier en sous-bois, ou au bouquet de fleurs séchées qui ornait la cheminée du séjour et que l’on avait momentanément "oublié". La représentation visuelle de l’étrange créature peut s’accompagner d’une représentation auditive du grattement de ses pattes ou d’une autre manifestation sonore imaginée, en effet.

On en conclut facilement que, lorsque la fatigue abaisse le seuil du niveau de conscience, l’imagination et l’inconscient s’invitent dans le jeu des perceptions. Ces chercheurs en neuroscience semblent nous apprendre très scientifiquement ce que beaucoup d’entre nous savaient déjà pour en avoir fait directement l’expérience...

Toutefois, leurs études très scientifiques seront peut-être utiles à L’ÉVOLUTION DU POINT DE VUE DES SCIENTIFIQUES sur la nature du psychisme et sur celle de la schizophrénie...

Écrit par : Amezeg | 15/09/2013

Il ne s'agit que d'une concomitance et puis je ne suis pas assez ou aussi pénétré que vous de l'analyse jungienne pour mêler ma voix au chapitre
c'est donc un détour (pas un tour facétieux) de l'esprit et puis il s'agissait moins de se dédoubler que d'écoute multiple et aussi de multi-factorialité mais je te rejoins totalement sur le fait et la conséquence de tels écrits ils sont de nature à convaincre ou du moins faire évoluer certains scientifiques dans leur approche et leur connaissance de la psyché, ce qui ne serait pas dommage.

Écrit par : Thierry | 15/09/2013

@ Jacqueline W. Quelle chance celle à laquelle l'analyse pourrait procurer un "plaisir voluptueux". La mienne m'a procuré beaucoup de larmes ...

Écrit par : ariaga | 15/09/2013

@ Bonheur du jour, tu as raison la psyché dans son entièreté à l'immense puissance d'une totalité.

Écrit par : ariaga | 15/09/2013

@ Thierry, les noeuds au cerveau c'est douloureux mais les noeuds au coeur cela l'est encore plus !

Écrit par : ariaga | 15/09/2013

@ Amezeg, tout simplement merci ...

Écrit par : ariaga | 15/09/2013

"il est possible que certains aient entrepris, puis interrompue, une analyse, qu'elle soit jungienne ou non."
Non, mais il serait sans doute nécessaire que j'en entame une, qu'elle soit jungienne ou non. ;)

Écrit par : aliscan | 15/09/2013

Bonsoir chère Ariaga, j'ai eu une consultation d'un psychanaliste une seule fois. Il pensait que j'avais assez bien résumé mon problème et qu'il restait éventuellement ouvert si besoin , mais il n'a pas estimé pouvoir apporter plus sinon la prise de médicaments temporairement pour passer le cap, au cas où....
Amitiés de l'aventurière au peignoir au dragon enchanté ....:)))

Écrit par : Hécate | 15/09/2013

Mais n'est ce pas une des raisons de ton blogue que de nous inviter à ces "réflexions"? Et grâce à la manière dont le fait, tu nous en donnes envie. Ainsi que celles et ceux qui écrivent en commentaire. Encore une des (bonnes) raisons de différencier les blogues des autres réseaux sociaux. Merci, amitiés.

Écrit par : Louis-Paul | 16/09/2013

Bonjour Amie,
Les Sages nous enseignent que la destinée spirituelle de chacun est telle une flèche décochée que rien ne peut détourner de sa cible... Bises et belle semaine, chère Ariaga

Écrit par : Phène | 16/09/2013

Les notes subtiles d'Ariaga font générer de fantastiques commentaires de la part d'internautes venus d'horizons divers, une riche incise que cet appel à l'ouverture d'esprit qui nous est ainsi offerte :
au fil des publications, les expériences du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle font office de révélateur de l'inconscient collectif...

Écrit par : Jacqueline W. | 16/09/2013

Chère amie,

J'arrive, comme d'habitude, sur le tard...la sagacité de tes lecteurs me surprendra toujours, et c'est une saine récompense pour les efforts que tu fournis sur ce blog.

L'essentiel a été dit...un grand mystère que la vie qui divise pour induire à la quête de l'unité (je pense au cycle Moi et de son outil la conscience, parti du Soi et qui se doit d'y retourner).

Un autre débat serait de bien distinguer l'individualisation de l'individuation...si nous devons tous accomplir la première, rares, très rares sont ceux conduit à la deuxième...qui n'est finalement qu'une succession de catastrophes.

Amitiés,
Jean

Écrit par : Jean | 16/09/2013

ARIAGA À TOUS, visite, pour trois jours d'un ami très stimulant sur le plan jungien alors vous comprendrez que je vous abandonne un peu ... Oui, je suis une grande égoïste !

Écrit par : ariaga | 16/09/2013

Merci Jean d'introduire ce qui n'est surement pas qu'un subtil distinguo
mais dans l'indivisible on cherche le visible et après on fait ce qu'on peut, preux dans la recherche et pas peureux des conséquences !
des fois j'ai plus l'impression d'être centrifugé mais pas jugé
mais bien que versé dans les questions d'éducation j'ai encore à parfaire ma culture de ce qui fait l'individu.
Parce que malgré la mitose équationnelle on ne fait toujours qu'un original et depuis le début.

Écrit par : Thierry | 16/09/2013

« Un autre débat serait de bien distinguer l'individualisation de l'individuation...si nous devons tous accomplir la première, rares, très rares sont ceux conduit à la deuxième...qui n'est finalement qu'une succession de catastrophes. »
a écrit Jean, et cette remarque me semble intéressante puisque je crois pour ma part, comme je l’ai dit à la fin de mon premier commentaire, que la poussée à l’individuation est présente en chacun de nous et s’accomplit, peu ou beaucoup selon les dispositions individuelles, en chacun de nous.

L’individuation est une succession d’épreuves qui peuvent représenter une succession de catastrophes pour "le petit moi" qui s’accroche à ses acquis et résiste à la transformation le conduisant à s’unir de plus en plus au Soi, à se mettre au service de la réalisation du/de Soi.
Si l’on en croit Jung s’exprimant à la fin de sa vie (années 1957 à 1959), riche de toute sa longue expérience, "le processus d’individuation est à la portée de chaque être"... :

LE PROCESSUS D'INDIVIDUATION DES ÊTRES QU'ON DIT ÊTRE SIMPLES
C.G. JUNG : Nous en venons maintenant à une autre question. Excusez-moi si je fume, mais, après ma mort, j'arrêterai ! [Rires.] C'est une question en allemand de M. Caracciolo :
« Comment le processus d'individuation se déploie-t-il chez des gens qui ne connaissent rien à la psychologie, chez des êtres qu'on dit être normaux ou, mieux encore, « simples »? Je présume que le processus d'individuation a également lieu chez eux et qu'il est alors un processus spontané et naturel. Peut-être que chez ces êtres ce processus se fait plutôt grâce à certaines expériences, attitudes et symboles d'ordre collectif ? »
On m'a souvent posé cette question, impliquant par là que le processus d'individuation serait plus ou moins un moyen thérapeutique que le médecin utilise pour libérer un patient d'une névrose. Ce n'est bien sûr absolument pas le cas. Le processus d'individuation est à la portée de chaque être. Quand vous mettez un gland en terre, un chêne va pousser et, quand un tigre met bas, le petit est de nouveau un tigre et non une salade. [Rires.] Le processus d'individuation est un événement naturel qui se déroule partout et, si vous voulez l'étudier dans sa simplicité naturelle, vous allez alors chez les primitifs et, là, vous voyez le processus d'individuation dans sa plus belle expression.......................................................................................................................................Je vous ai apporté ici un nouveau livre sur les Naskapis Indians du Labrador. L’idée qui les habite est que chacun d’eux a en lui le Great Man, c’est à dire le grand homme....................................................................................................................................... De manière intéressante, l'auteur dit que ce Great Man est de toute évidence le moi. Pour affirmer une telle bêtise, il est pratiquement sûr qu'il s'agit d'un scientist moderne, n'est-ce pas, car il ne peut pas encore faire la différence entre «Je suis » et « Cela est ». Ces primitifs disent très clairement : thé Great Man that is in everybody, le Grand Homme qui est en chacun (the square man, l’homo quadratus) et dont on reçoit les rêves. Ils ne disent pas que les rêves proviennent de moi mais de lui. Et ils disent the Great Man parce que chacun d'eux se sent small man [petit homme]........»

« C.G.Jung – Entretiens », Éditions La Fontaine de Pierre (2010)

(partie 1/2 - à suivre)

Écrit par : Amezeg | 16/09/2013

Suite – partie 2/2 : « C.G.Jung – Entretiens », chapitre Le processus d'individuation des êtres qu'on dit être simples) - Éditions La Fontaine de Pierre (2010)
« ......................................Ces gens sont-des Indiens, ils vont un peu plus loin que mes Noirs qui étaient trop primitifs. C'est un stade plus élevé, celui d'une représentation universelle : chaque être a un Grand Homme en lui, et c'est, de toute évidence, le Chên-jên de la philosophie chinoise, c'est un lien ancestral avec la Mongolie, avec les migrations des Indiens. Vous voyez par là que c'est le Grand Homme qui donne les rêves : voilà pourquoi il faut écouter les rêves. Et les rêves sont a deo missa, ils proviennent des dieux et sont par conséquent les véritables guides de la vie : ils sont des révélations. Ces Indiens très primitifs ont donc à cet égard une compréhension bien supérieure à la nôtre. Ils ne peuvent qu'être mal compris par la ridicule conscience de l'homme blanc, lui qui croit que c'est lui, lui seul, qui fait ses propres rêves, que c'est lui qui peut fabriquer ses rêves, que c'est lui qui fait que les cerises ont des queues, sinon elles n'en auraient pas. [Rires.] Alors, il n'y a qu'à regarder ce mandala — pouvez-vous faire circuler le livre ? — : c'est l'image du Grand Homme, c'est le mandala en huit parties. Aucun de ces Indiens n'imaginerait jamais que c'est le moi, mais il verrait que c'est le monde du Grand Homme, que c'est ainsi qu'est le Grand Homme. Il est un symbole.
Il est aussi possible d'étudier l'individuation par un autre biais, par exemple de manière historique - l'histoire des initiations, des mystères. Là, vous trouvez tout, tout y est : qu'ils soient grecs, égyptiens ou d'ailleurs, tous ces symboles sont au service d'un but, l'individuation, ils permettent d'entrer en contact avec le Grand Homme, avec le Grand Être, et de réaliser, d'accomplir sa vie. C'est le sens de l'imitatio Christi, c'est le sens des mystères d'Osiris par exemple. C'était aussi, à l'origine du moins, le sens des Mystères de Mithra, lui qui était un dieu soldat et avait l'étoffe et la nature du héros. C'est pourquoi c'était un toréador. Aujourd'hui encore vous pouvez voir ce symbole vivre dans les corridas.»
« C.G.Jung – Entretiens », Éditions La Fontaine de Pierre (2010)

Écrit par : Amezeg | 16/09/2013

je n'ai jamais osé franchir le pas...pourtant...
besos
tilk

Écrit par : tilk | 16/09/2013

Qu’est-ce donc que la vie ?..

Qu'est-ce donc que la vie des hommes ? Une image de la divinité
C'est sous le ciel que cheminent tous les terrestres : ils
Le contemplent. Et lisant, en quelque sorte, comme
Dans un écrit, les hommes imitent la richesse et
L'infini. Le simple ciel nu
Est-il donc riche ? Les nuages d'argent sont pareils
À des fleurs. Et de là-haut tombent en pluie
L'humide et la rosée. Mais quand l'azur
Est effacé, le bleu simple, voici paraître
Le mat du ciel (qui ressemble à du marbre) tel du minerai
Signe de la richesse

Friedrich Hölderlin

Poème traduit par Gustave Roud.



Hypérion le chant du destin

Vous les génies bienheureux,
vous vous promenez là-haut dans la lumière
et sur des sols tendres !
les souffles étincelants des Dieux
vous effleurent doucement
comme les doigts d'artistes
des saintes harpes.

Sans destin, comme les nourrissons endormis,
respirent ceux des cieux ;
Pudiquement protégé
dans les bourgeons discrets,
en eux poussent éternellement
l'esprit.
Et les yeux saints
se plongent dans la calme
éternelle vérité.

Mais à nous il n'est donné
aucun territoire où se reposer,
ils ploient, ils tombent
les hommes en souffrance
À tâtons allant d'une heure à l'autre,
Jetés dans les gouffres,
des siècles durant en bas dans l'Incertain


Friedrich Hölderlin

Écrit par : Jacqueline W. | 17/09/2013

Des commentaires très intéressants. J'avoue être un peu en marge du débat sur l'analyse, mais toutes les raisons évoquées pour se séparer de son analyste me semblent pertinentes.
J'aime beaucoup la photo, excellente illustration du propos..

Écrit par : ÉPHÊME | 17/09/2013

« Je trouve sain qu'il y ait un moment où la personne se mette à parcourir son chemin (d'individuation), seule, sans aide extérieure...puisque, de toute façon, son chemin est unique et qu'elle seule peut le connaître et le reconnaître. »
a écrit La Licorne dans son commentaire.

On peut toutefois ajouter que le Faiseur de rêves est un conseiller très précieux pour toute personne, car les rêves conduisent et guident la rêveuse ou le rêveur sur le chemin de l’individuation. Or nous sommes incapables de comprendre correctement un certain nombre de nos propres rêves parce les rêves nous montrent très souvent (toujours, dit Marie-Louise von Franz) ce que nous ignorons de nous-mêmes ; nous sommes limités dans la compréhension de nos rêves par ce qui est le point aveugle de notre vision. Nous ne pouvons pas voir ce qui est dans notre dos. Ainsi le recours au regard plus objectif d’un tiers "qualifié", au moins de temps en temps, même lorsque le travail est déjà très avancé et l’autonomie très grande, permet au rêveur ou à la rêveuse de bien se maintenir sur le chemin de sa propre individuation. Ce qui est très "sain"...

Et peut-être n’est-il pas juste de dire que c’est la personne qui connaît le chemin de sa propre individuation : c’est une autre instance psychique ou spirituelle, plus large que la petite personne qui le connaît. Il ne serait demandé à la "petite" personne que de reconnaître ce qui lui est proposé par cette plus large instance comme étant le chemin qu’elle, la petite personne, doit suivre pour permettre la réalisation du Soi à travers elle. Cette réalisation progressive est alors, pour chacun et chacune, le chemin de l’individuation.
La liberté de ce chemin est donc de se soumettre au plus grand que "moi", de se faire le serviteur du Soi. Ce qui, bien sûr, n’est pas toujours aussi facile à faire qu’à dire... :-)

Écrit par : Amezeg | 17/09/2013

je ne retrouve pas mon com
qui venait après celui DE le chant du pain
et avec lequel j'étais complètement d'accord

belle journée

Écrit par : jeanne | 18/09/2013

Oui tout cela est impressionnant! Je pense que la transformation, en tout, est un processus continu. Rien n'est figé, tout évolue. Rien n'est jamais acquis non plus.

Écrit par : Daniel | 18/09/2013

c'est comme une porte qui resterait ouverte ?
Je n'ai sans doute pas bien compris, le monde de la psychanalyse m'est parfaitement étranger, ce qui ne m'empêche pas de beaucoup aimer ce lieu.

Écrit par : la Mère Castor | 18/09/2013

ARIAGA À TOUS, je ne crois pas que j'arriverai à récupérer mon retrad sur les réponses aux commentaires. Il y en a pourtant de bien intéressants. Je vais commencer par la fin et remonter doucement la pente ...

Écrit par : ariaga | 18/09/2013

@ La Mère Castor, C'est tout à fait cela, une porte qui resterait ouverte. Une fois que la contact avec l'inconscient est réalisé (la porte ouverte) les informations données par cet inconscient continuent à passer la porte. Merci pour ta fidélité.

Écrit par : ariaga | 18/09/2013

@ Daniel, très juste. Pour ton retour sur ton blog après ton voyage tu nous a gâtés ...

Écrit par : ariaga | 18/09/2013

@ Jeanne, je suis allée dans mon administration et je n'ai pas retrouvé ton commentaire. Cela m'arrive souvent quand je vais en visite que mes mails disparaissent ...je sais que je suis allée sur ton blog mais je n'arrive pas à le retrouver. Si tu repasses par ici ce serait gentil de me donner l'adresse.

Écrit par : ariaga | 18/09/2013

@ AMEZEG,THIERRY, JACQUELINE W., je vous remercie vivement pour tout ce que vous apportez comme contributions sur ce blog qui grâce à vous et à quelques autres remplit sa fonction de "laboratoire", lieu de recherche.

Écrit par : ariaga | 18/09/2013

Coucou Ariaga, je passe te faire une bise !
Ici dans la jungle des mots tu n'es pas perdue comme dans ta chambre seule au Zaïre autrefois. J'imagine qu'il y avait peut-être une grosse araignée qui courait sur le mur, un serpent sous le lit ou un innocent lézard accroché aux rideaux !!! Gros bisous ma belle !

Écrit par : danae | 18/09/2013

La métamorphose en chemin pour devenir des caméléons et élargir notre champ de vision ?

Écrit par : Thierry | 18/09/2013

Chanson d’été

Il est temps de reposer les outils qui toute l’année
Nous servent en permanence, nous mettent en apnée
Il est bon d’apprécier cette saine vacance de l’esprit
Qui en repos met nos neurones on l’a compris.

Pourquoi rester plus longtemps endormi
A partir de ces rêves que l’on a bâtis
Pourquoi se prélasser sur les plages
Quand on a plus vraiment l’age.

Il n’y a pas d’heure ni de moment plus propice
Alors qu’il n’est pas encore temps pour l’auspice
Pour se poser de bonnes questions engageantes
Qui nous oscultreont de manière dérangeante.

Il faut sortir de la divine torpeur estivale
Sans chercher à aller à un quelconque festival
Se replonger dans un débat d’idées saines
Parce que ce n’est pas une période vaine.

Mettre en repos activités et pensées en sourdine
Au temps de griller au barbecue les sardines
Laisser sédimenter lentement les strates du temps
Et contempler comment nous décoiffe le vent.

Savourer les yeux fermés embruns et air de marée
Sans avoir besoin de toujours impeccablement se raser
Et quêter dans ce refuge d’exception la migration
Sans guetter du troupeau la transhumante effraction.

Alors se dire qu’on a rendez vous avec un coin de soi
Et prendre le temps de se chercher un bout de toit
Pour abriter l’espace d’un été une évasion féconde
Qui jamais ne se révêle si on n’y méle la faconde.

Écrit par : Thierry | 19/09/2013

@ ARIAGA À TOUS, je vous lis avec beaucoup d'intérêt mais je ne peux , en ce moment, répondre individuellement à tous les commentaires. CE n'est pas grave car CE SONT VOS ÉCRITS QUI SONT IMPORTANTS. Plus le temps passe, plus je me rends compte que je ne suis que un catalyseur, un relais ...

Écrit par : ariaga | 19/09/2013

Amezeg, je suis tout à fait d'accord avec ton dernier message : le rêveur est celui qui est le plus "aveugle" à son rêve...puisque le rêve parle précisément du "point aveugle" de la personnalité...mais ce que je voulais dire, c'est que le rêveur est aussi le seul qui peut dire "Euréka !, C'est ça !". Il est le seul à savoir si une interprétation "fait sens" pour lui...

Mon expérience personnelle avec les rêves, c'est que, seul, on ne progresse peut-être pas très vite...on a souvent "du mal", c'est vrai, à voir de quoi il retourne...mais si l'on prend son temps, les interprétations (d'un même rêve) peuvent s'affiner et devenir de plus en plus profondes...
Il m'arrive de revenir cent fois sur un même rêve et d'y trouver encore et encore de nouvelles "facettes", qui, sans se contredire, se complètent les unes les autres...il m'arrive aussi de comprendre un rêve des années après !
Et quand soudain, je "vois"...alors, c'est du "solide", je ne peux l'oublier !
Ce qui est acquis par soi-même est souvent bien plus "ancré" et "convaincant" que ce qui nous a été dit par quelqu'un d'autre...en fait, je crois en l'apprentissage laborieux, mais personnel...je suis comme ça !

Il ne s'agit pas de refuser systématiquement un autre point de vue ou de l'aide, ce qui serait "bête"...mais il s'agit d'apprendre le "dialogue intérieur" avec le Soi...ce que certains appellent le "dialogue avec l'Ange"...
Pour moi, ce dialogue ne passe pas forcément par une personne extérieure.
De même que je crois que le dialogue avec Dieu peut être "direct" et ne pas passer par un "clergé" ... !
mais cela est un autre débat...
(quoique, peut-être pas, finalement... ;-) )

Écrit par : La Licorne | 19/09/2013

"Pour moi, ce dialogue ne passe pas forcément par une personne extérieure."

Licorne,
Je te rejoins sur l'ensemble de ton commentaire au dessus...une nuance sur cette phrase cependant.
Dans la mesure où le seul véritable interprète du rêve est le rêveur lui-même, il n'y a fondamentalement pas besoin d'un autre pour ce travail, quant au processus de construction psychique, on voit qu'un cas extrême comme Jung a pu se passer de quelqu'un (d'accord, nous ne sommes pas tous Jung)...mais je crois qu'il ne faut pas confondre s'en remettre à quelqu'un avec accepter la contribution NECESSAIRE de l'autre.
Pour faire court, l'autre dévoile un pan "dissimulé" de nous que nous ne pouvons pas voir sans lui, et comme c'est par nos failles que nous devenons plus complets...je pense d'ailleurs que le transfert n'est ni plus ni moins qu'un catalyseur, un accélérateur d'un processus qui existe naturellement. Evidemment, certains analystes ont fini par ériger dogmes et dépendance de l'analysant, ce qui est une hérésie qu'aurait condamné radicalement Jung.

J'aime rappeler cette équation simple et efficace : "Moi + Toi = Soi"

Amitiés,
Jean

Écrit par : Jean | 20/09/2013

"Je voudrais clarifier ce que je comprends sous le mot Ange. Depuis que l’homme a acquis un certain degré de conscience il a connu cet être spirituel sous différents noms :

- au japon, c’est Kami,

- dans l’hindouisme, Deva ,

- dans l’ancien Iran, Daena ou Fravarti,

- dans la Grèce antique, Genios, et Socrate parlait de son Daimon,

- la tradition hébraïque le nomme Malach,

- la chrétienne Angelos ou Ange,

et un journaliste jungien m’a récemment demandé si ce n’était pas la projection de mon inconscient.


Toutes ces dénominations n’ont aucune importance.
Ce qui est capital est ceci :
comment cet être spirituel agit-il en moi ?
S’il m’aide
à devenir plus conscient de moi-même et de ma tâche sur terre;
à trouver mon indépendance, même face à lui;
à me sentir non seulement créature, mais aussi créateur;
à me délivrer de mon attachement au passé, mais aussi de ma peur du futur, et à vivre intensément l’instant présent;
à être responsable de moi-même autant que de l’univers entier;
alors c’est une force de l’Amour divin,
c’est mon pareil de lumière et moi je suis son pareil plus dense sur terre."

Gitta Mallasz
Le saut dans l'Inconnu,
Edition Aubier

extrait du site http://www.lesamisdegittamallasz.org/

Écrit par : Jacqueline W. | 20/09/2013

Comme il y a l'encensoir il y a le decrescendo, ce n'est pas l'extinction
et si la voie n'est pas toute trouvée ou trouée, la percée peut s'effectuer.
On a tous besoin d'un toit mais tous les médiateurs ne sont pas charpentiers ou couvreurs.
Merci à Jacqueline W , l'ange ressort du lot et fixer le présent n'est pas indécent.

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

« Il ne s'agit pas de refuser systématiquement un autre point de vue ou de l'aide, ce qui serait "bête"...mais il s'agit d'apprendre le "dialogue intérieur" avec le Soi...ce que certains appellent le "dialogue avec l'Ange"... » dis-tu, La Licorne.

Oui, il est bon que chacun développe le dialogue intérieur avec le Soi. Mais le dialogue intérieur avec le Soi ne nous apprend-il pas un peu plus chaque jour que le Soi est également présent « en l’autre que moi » et peut s’exprimer également à travers lui/elle ? Ainsi, la parole du Soi, expression de la Totalité, qu’elle s’exprime en l’autre ou qu’elle s’exprime en moi, est toujours la parole du Soi. Dois-je attendre, voire exiger, que la parole du Soi ne passe que par MON dialogue intérieur avec Lui ? Ne serait-ce pas alors confondre un tant soit peu le Soi avec le moi ? Le Soi me parle parfois à travers d’autres que moi, d’autant plus sûrement que ces autres ont déjà établi une relation confiante et féconde avec le Soi, qu’ils se sont ouverts à son regard et à sa parole.

Le sens ou le message d’un rêve peut ne pas être perçu par le rêveur parce que le moi du rêveur résiste à le comprendre et à l’accepter. Ce n’est pas rare !! La subjectivité du moi limité et souvent réticent à la transformation ou/et au lâcher-prise s’interpose, et le regard porté sur le rêve manque alors grandement d’objectivité. Un tiers accompagnant suffisamment relié à sa propre profondeur, relié au Soi, peut alors voir ce que le rêveur ne voit pas (ne peut ou ne veut pas voir ou reconnaître et accepter) et exprimer ainsi le point de vue du Soi adressé par le rêve au rêveur à travers l’accompagnant (l’interprète de rêves). Cette parole du Soi sera entendue ou ne sera pas entendue par le rêveur, décliquera (Eurêka) ou ne décliquera pas selon la capacité d’accueil du rêveur à la parole du Soi D’OÙ QU’ELLE PROVIENNE.

L’individuation est également un chemin d’humilité, ce que la formule de Jean, "Moi + Toi= Soi", peut contribuer à nous rappeler. Et l’on pourrait sans doute l’écrire aussi : moi + tous les "toi" = Soi

Écrit par : Amezeg | 20/09/2013

et le dialogue avec la bête dans tout ça ? Quand conjure t-on ses démons ?
je sais que c'est une autre étymologie que Daimon.

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

Merci Thierry de poser justement cette humaine interrogation,
qui interroge le coeur même de l'être humain dans "son positionnement crucial".

L'homme n'est ni ange, ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l'ange fait la bête. Pensées,
Blaise Pascal.

Si notre seul libre arbitre est celui de l'état de conscience qui nous fera dire non à "l'ange mal", nous ne sommes pas libres
de vouloir, mais seulement libres de refuser,
quel chemin périlleux, douloureux, semés d'embûches, que celui qui nous mènera sur le chemin de l'humanité...

Écrit par : Jacqueline W. | 20/09/2013

« Tu ne sais rien de la sagesse tant que tu n'as pas fait l'épreuve des ténèbres, qui te retranchent d'un chacun, sans recours et sans bruit. »

Hermann Hesse

Écrit par : Jacqueline W. | 20/09/2013

« Si le démon vient,
Donne-lui vingt coups de bâton.
Si Bouddha vient,
donne-lui vingt coups de bâton. »

Maître Taisen Deshimaru Roshi

(dans : Shodoka - Le chant de l’immédiat satori, Éditions Zen-Retz 1978)

Écrit par : Amezeg | 20/09/2013

si je n'ai jamais rencontré le démon , du moins ais-je pu imaginer certaines de ses manifestations, entre crédulité et "ascendances" ,
pas émondé je ne fus point mis à l'amende mais, au delà des demandes,
je reçus des impressions négatives sous l'emprise négative d'un esprit
sans doute trop faible en de rares circonstance , il faut dire que le château du diable recèle ses esprits comme celui du petit Rochefort.

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

Démon nucléaire :
Qu’aurions-nous fait à la place de Naoto Matsumura ? Qu’aurions-nous fait, et surtout, que ferons-nous ?

Antonio Pagnotta vient d’écrire et de publier un livre remarquable sur Fukushima, « Le dernier homme de Fukushima » où il raconte comment il a réussi à rencontrer un homme hors du commun, Naoto Matsumura : cet agriculteur a refusé d’évacuer la zone interdite en mars 2011 pour rester sur sa terre natale et nourrir les animaux abandonnés des hommes.
Il vit désormais seul dans sa ferme, tel un ermite, et s’est donné pour mission de venir en aide aux animaux domestiques, les siens mais aussi ceux de ses compatriotes évacués. Mais il connaît le prix du sacrifice :
« Je suis un homme césium. Je le sais depuis que j’ai fait une spectrométrie du corps entier en octobre 2011.
Je suis un hibakusha, un irradié. Je pisse et chie le césium. Je dors et mange dans la radioactivité ».

extrait du site : Fukushima 福島第一
http://fukushima.over-blog.fr/le-dernier-homme-de-fukushima

Écrit par : Jacqueline W. | 20/09/2013

Pluie noire

Il y avait eu la pluie noire après Hiroshima
Celle dont les retombées étaient bien visibles
Après la boule de feu qui avait embrasé le ciel
C’était l’enfer qu’avaient connu
Ceux dont les corps tordus
Disaient toutes les souffrances immédiates
Mais il y avait d’autres risques à venir
Les bébés mal-formés
Et les cancers pas que cutanés
Alors oui tandis que le ciel sombre
Déversait sur cette armée d’ombres
De nouveaux ferments de malheur
Égrenant inexorablement
Le décompte d’une destinée profanée
On aurait à penser longtemps
Que les hommes comme les fleurs fanées
Tous leurs pleurs rentrés

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

Hiroshima est partout...
L’objectif d’une telle action est de faire prendre conscience à l’humanité de la terrible menace suspendue au-dessus d’elle, car, dit Anders, avec le développement de la technique, c’est l’incapacité à imaginer les conséquences d’une guerre atomique qui caractérise notre époque, d’où la nécessité d’une nouvelle éducation, « éducation de l’imagination » que l’auteur des « Commandements de l’âge atomique » appelle de ses vœux : « Ta tâche consiste donc à réduire l’espace qui existe entre tes deux facultés : celle de faire des choses et celle de les imaginer ; à combler le vide qui les sépare ; en d’autres termes, il te faut de toutes tes forces augmenter la capacité de ton imagination (et celle, encore plus réduite, de tes émotions) jusqu’à ce que ton imagination et ton émotion soient capables de prendre conscience de la monstruosité de tes actes ; jusqu’à ce que tu sois capable de saisir et de concevoir, d’accepter ou de rejeter – bref : ta tâche consiste à élargir ta conscience morale ».
extrait du site Günther Anders et le nihilisme de l’âge atomique

http://www.larevuedesressources.org/gunther-anders-et-le-nihilisme-de-l-age-atomique,1139.html

Écrit par : Jacqueline W. | 20/09/2013

Nous vivons de plus en plus coupés de notre nature instinctive profonde, nous vivons de plus en plus dans la hauteur de notre « tête pensante » et des techniques qu’elle produit et met en œuvre aveuglément. Cette tête pensante, cet intellect trop envahissant, nous conduit à faire ce qui peut nous détruire parce que des parts esentielles de la nature en nous et hors de nous (c’est en somme la même chose) ne sont pas respectées. Nos animaux, nos instincts viscéraux profonds (c’est aussi la même chose), ne sont plus respectés ni nourris et cela nous conduit vers de grandes catastrophes.
« Coupez la tête, remplissez les ventres ! » disait déjà l’antique sagesse taoïste », c’est à dire conservez le lien avec la nature viscérale/instinctive profonde et cultivez-le, ne vous perdez pas dans les hauteurs de la tête. Cette sagesse n’a pas été assez entendue. La façon dont nous traitons les animaux et toute la nature extérieure reflète la façon dont nous traitons notre propre animalité et notre nature instinctive intérieure.
Maoto Matsumura a sûrement intensément perçu qu’il en était ainsi. Sa compassion pour les animaux vivant autour de lui et le secours qu’il leur apporte sont aussi, je crois, compassion et secours qu’il souhaite apporter à l’animalité et à la nature instinctives en l’homme, qu’il se le dise ainsi consciemment ou pas (je n’ai pas lu le livre d’Antonio Pagnotta). Car il a perçu que c’est le seul vrai remède à notre folie technologique destructrice. Et son choix lui est peut-être inspiré par le Soi, allant jusqu’au sacrifice de sa propre vie (?).

Écrit par : Amezeg | 20/09/2013

Erratum :"... des parts eSSentielles de la nature en nous..."

Écrit par : Amezeg | 20/09/2013

C’est le côté masculin de l’être (ce côté existe aussi chez les femmes) qui pousse toujours ainsi la vapeur en direction de conquêtes extérieures toujours plus « brillantes », jusqu’à lancer la machine dans le mur où elle s’écrase avec pertes et fracas.
Il nous faut développer, hommes et femmes, le côté féminin de l’être qui ne cherche pas à conquérir sans cesse le monde extérieur au mépris des réalités intérieures et naturelles.
Lao Tseu enseignait déjà il y a 2500 ans que le sage savait se faire vallée, coupe qui reçoit, etc...que le sage cultivait le féminin de l’être et pas seulement le masculin. C’est aujourd’hui une urgence et peut-être un grand mouvement qui s’amorce, sans qu’on le perçoive encore suffisamment.

Un sujet largement traité en ce moment par La Licorne, sur son blog Fabulo.

Écrit par : Amezeg | 20/09/2013

Comment les hibakushas de Fukushima sont ils traités ? je pense notamment aux équipe d'interventions des dé-contaminateurs qui ont été en première ligne sur le site des centrales, mais bien sur aussi aux habitants de la première zone qui ont été confinés et ne peuvent sortir du périmètre.

Hiroshima et Nagasaki furent des expériences terribles pour les précédentes victimes d'une nature certes différente qui furent sacrifiées et ignorées comme si elles renfermaient toute la honte de la situation mais aussi de l'engrenage qui avait conduit là , à travers leurs stigmates.
C'est du moins la lecture que j'en fait!

Les liquidateurs nippons sont volontaires mais jusqu'où ?
Quel sera leur suivi médical, leur statut et leur place dans la société ?

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

Merci à Amezeg pour son incise sur la cérébralité.

Écrit par : Thierry | 20/09/2013

Bonsoir chère Ariaga,
Te sachant fatiguée, je t'envoie une amicale pensée... Profite de ce WE qui je crois sera ensoleillé pour bien te reposer. Bises de Cœur à Cœur, douce âmie

Écrit par : Phène | 20/09/2013

Pour Jacqueline, Jean , Amezeg...(entre autres) :

http://www.youtube.com/watch?v=a4OcJn3KxoA

Bon week-end !

Écrit par : La Licorne | 21/09/2013

Pourquoi est-ce que je reviens à cet Ange (de Gitta Mallasz) ?

Parce que ce qu'a vécu Gitta (avec ses trois amis, dont deux femmes), est une expérience DIRECTE du Maître intérieur, de l'Esprit, du Soi, du Soi supérieur...appelez-le comme vous voulez, cela ne change rien...il s'agit en fin de compte de la part de lumière de chaque être, de sa part supérieure et immortelle.

On n'est plus là dans les discours sur le Soi, dans les équations (MOI+ TOI= SOI), dans l'intellect ou la cérébralité, dans une image floue et fourre-tout, on est là dans le contact DIRECT avec le coeur du coeur de l'être.
Et c'est très fort !

C'est une expérience "vivante"..."vécue"...

Gitta décrit cela comme une expérience naturelle et accessible à chacun...
Elle a toujours insisté sur le fait que ce n'était pas une expérience exceptionnelle et non reproductible mais elle disait que chacun pouvait trouver ce contact DIRECT.

Écrit par : La Licorne | 21/09/2013

Qui, si je criais, m’entendrait donc, d’entre
les ordres des anges ? et supposé même que l’un d’eux
me prît soudain contre son cœur, je périrais
de son trop de présence.
Car le beau n’est rien
que ce commencement du Terrible que nous supportons encore,
et si nous l’admirons, c’est qu’il dédaigne, indifférent,
de nous détruire. Tout ange est terrifiant.
Du coup, je me contiens, je ravale le cri d’appel
d’obscurs sanglots. À qui, hélas, pouvons-nous
recourir ? Ni aux anges, ni aux hommes,
et les bêtes sagaces, flairent bien
que nous ne sommes pas vraiment en confiance
dans le monde expliqué. Tout juste s’il nous reste
un arbre ou l’autre sur la pente, à revoir
jour après jour ; s’il nous reste la route d’hier
et quelque fidèle habitude, trop choyée,
qui, de se plaire auprès de nous, ne repart plus.
Et j’oubliais : la nuit, quand le vent chargé d’espaces
tire sur notre face – à qui manquerait-elle, la nuit désirée,
doucement décevante – peine et menace
pour le cœur solitaire. Est-elle aux amants plus légère ?
Ah, ils ne savent que s’entre-cacher leur sort.
L’ignores-tu encore ? Que tes bras ajoutent leur vide
aux espaces par nous respirés, et les oiseaux peut-être
éprouveront l’air élargi d’un plus intime vol.


R. M. Rilke, Les élégies de Duino,
traduction et postface de Philippe Jaccottet,
La Dogana, 2008, p. 9 et 11.

extrait du site http://poezibao.typepad.com/poezibao/2009/02/anthologie-permanente-rainer-maria-rilke-cinq-traductions-compar%C3%A9es.html

Écrit par : Jacqueline W. | 21/09/2013

La Licorne, l’expérience directe, vivante, vécue, dont tu parles, est essentielle mais n’est pas suffisante si elle n’est pas "transformée en terre" ou "mise à la terre", si elle n’est pas assez intégrée, pas assez "faite corps et chair". L’inflation peut alors s’emparer de toute l’affaire et celle-ci est synonyme d’une récupération par le petit moi "exalté", récupération qui peut conduire ce petit moi à tenir à ce propos des "discours" eux-mêmes "exaltés".

Étienne Perrot, dans son ouvrage intitulé " Des étoiles et des pierres", a parlé de " Dialogues avec l’ange" :

« Ce livre ne porte pas de nom d'auteur. Et pour cause : il se donne littéralement comme dicté par «l'Ange». Certes, de telles communications ne sont pas faîtes pour nous surprendre : quiconque entre dans notre voie alchimique peut fort bien l'expérimenter, même si, le plus souvent, une telle aventure n'a, du moins au début, rien de particulièrement agréable. Il ne s'agit somme toute de « rien d'autre que » le phénomène décrit par Jung sous le nom d'«imagination active». Jung appelle ainsi les communications reçues de l'inconscient à l'état de veille et vécues en pleine conscience, dans une sorte d'état de dédouble¬ment entre le sujet passif du phénomène et l'observateur conscient (donc actif) qui lui est associé. Les entretiens avec le vieillard ailé Philémon qu'il lui arrivait, nous dit-il, de poursuivre comme avec un être concret en allant et venant dans son jardin auprès de son interlocuteur auraient pu, s'il les avait publiés, porter ce titre provocant et décisif de Dialogues avec l'ange. Dans l'un et l'autre cas ces dialogues sont des communica¬tions du Soi, des instructions reçues du Maître intérieur.
Dans la divulgation d'une telle expérience, deux attitudes sont possibles, comme nous venons de le voir :
— D'une part celle qui consiste à l'humaniser, à la classer et à en faire accepter le caractère transcendant et redoutable, à l’élaborer en prenant du recul par rapport à elle et en la présentant en des termes qui se veulent «scientifiques ». Ce fut l’attitude de Jung. Elle a pour but ce qu'il appelle « l'intégration » de l'incons¬cient.
— D'autre part, celle qui écarte toute précaution pour livrer le phénomène dans son étrangeté inhumaine, « surnaturelle », et à lui laisser la totalité de son impact. C'est la conduite « prophéti¬que », celle adoptée en l'occurrence par le scribe de « l'Ange ». Nous verrons dans la troisième partie de cette étude, la manière dont les deux positions peuvent s'harmoniser pour permettre une intégration, une incarnation plus plénière que celle opérée par l'attitude psychologique. »
Étienne Perrot, « Des étoiles et des pierres », chapitre V : Réponse à l’ange - Éditions La Fontaine de Pierre 1983

Partie 1/2 (ou 1/3) – à suivre...

Écrit par : Amezeg | 21/09/2013

Suite 2/3 – Solve, coagula - De l’ivresse à la sobriété retrouvée :

« ..............Une tâche reste toutefois à accomplir : elle consistera à aider le lecteur * à faire sienne cette lumière. Et c'est ici que la voie de Jung retrouve pour nous tout son prix et nous aide à vivre humainement des énergies surhumaines. Nous avons rappelé plus haut que l'œuvre intérieure comprenait deux aspects contrastés : une déstructuration et une édification. Le choc du langage prophétique, épée de lumière qui nous atteint en notre centre, provoque une sorte d'éclatement. C'est le contact avec l'archétype. Il entraîne l'envahissement de la conscience du moi par une énergie qui en excède la capacité. Même si, dans le cas présent, le langage tenu par l'instructeur est destiné à la construction de l'homme nouveau, l'être auquel il s'adresse a du mal, dans un premier temps, à s'élargir à la dimension qui lui est offerte. Il en résultera à l'occasion un malaise, un trouble, un déséquilibre. La phase ultime de l'œuvre restera à accomplir : celle qui ramènera cette force puissante dans les limites de l'individu. Après le solve alchimique, le coagula réalisera la solidification, la matérialisation de l'esprit, la pierre de sagesse. Pour utiliser une autre image alchimique, nous dirons qu'à la production de la couleur rouge, qui est celle de la vie dans tout son dynamisme d'amour, devra succéder celle du grenat qui est le rouge diminué et, mieux encore, celle du violet, union du rouge et du bleu. La pierre violette est l'améthyste. Son nom signifie « sans ivresse ». Il est un temps pour s'abandonner à l'ivresse de l'esprit, il est un autre temps pour permettre à l'énergie qui nous a exaltés de devenir en nous chair et sang, d'imprégner notre corps qu'elle vivifie et rénove, nous procurant calme sagesse, sobriété — jusqu'à la nouvelle irruption de l'Ange. »
Étienne Perrot, « Des étoiles et des pierres », chapitre V : Réponse à l’ange - Éditions La Fontaine de Pierre 1983

* l’alchimiste, l’être en chemin vers lui-même (Amezeg)

Écrit par : Amezeg | 21/09/2013

Suite et fin 3/3 – « L’intégration de l’Ange » :

« Je me suis délibérément borné à la description d'un mouve¬ment, en ayant conscience de n'avoir fait qu'effleurer son mystère. Ces brèves indications auront atteint leur but si elles aident ceux qui sont sollicités par une pareille démarche à éclairer leur chemin. Je laisse à d'autres le soin d'étudier les différents aspects de l'enseignement et de montrer le cas échéant les variétés que peut revêtir, selon les circonstances et les per¬sonnes, la présentation de l'unique « voie de vérité », celle qui achemine l'individu vers son essence divine. Cette diversité correspond à ce que nous enseigne la pratique quotidienne de la voie alchimique de Jung et nous place dans la certitude apai¬sante que, pour qui est orienté vers son centre divin et en garde résolument la direction, tous les chemins mènent à Rome.
,
POST-SCRIPTUM. Une personne très simple, longtemps conseillée par une présence mystérieuse qu'elle appelait « la voix », me disait tout récemment : «Je ne l'entends presque plus. Il me semble que c'est parce que je me suis rapprochée de son monde. Elle est devenue en quelque sorte une partie de moi. » On ne saurait fournir meilleure illustration de l'intégration du Soi, de l'intégration de l'Ange. »
Étienne Perrot, « Des étoiles et des pierres », chapitre V : Réponse à l’ange

Écrit par : Amezeg | 21/09/2013

J'ai arrêté l'analyse après la reconnaissance et l'acceptation d'un contenu psychique jusqu'alors inconscient et dont la prise de conscience m'a donné un nouvel élan dans la vie. J'ai pu me confesser sans être jugée. Cela a été très important pour moi.
Je vais essayer de lire tous les commentaires mais c'est long... je te comprends Ariaga, c'est tellement riche. Bon week end.

Écrit par : elisabeth | 21/09/2013

Amezeg, si tu me rencontrais "pour de vrai", tu verrais que je n'ai rien d'une exaltée et que je mène une vie on ne peut plus ordinaire, simple, proche de la nature, avec un métier, un mari, une fille, un jardin...des amis et des occupations on ne peut plus terre à terre !
Au quotidien, je n'ai pas trop le profil de "l'illuminée" !

Mais je sais que , dès qu'on aborde le sujet du Soi, on suscite ce genre de remarque...
Pas le temps de faire de grands discours sur le sujet, pas envie non plus, en fait...d'autant plus que, finalement, nous sommes d'accord sur la nécessité de l'"intégration"...et de l'enracinement.

Je partagerai juste ce texte de Nelson Mandela qui me paraît répondre mieux que moi à la question :

Notre peur la plus profonde, c'est d'être puissant au-delà de toute mesure.
C'est notre lumière, et non pas notre ombre, qui nous effraie le plus.
Nous nous demandons :
«Qui suis-je pour être brillant, talentueux et génial ?» 
Mais la vraie question devrait dire :
«Qui êtes-vous pour ne pas l'être?»
Vous êtes un enfant de Dieu.
Rester jouer dans votre école maternelle
n'offre aucun service au monde d'aujourd'hui.
Il n'y a rien de saint ou d'illuminé à vous rétrécir
et à vous cacher pour ne pas insécuriser votre entourage.
Nous sommes nés pour manifester
la gloire de Dieu qui est en nous.
Ce n'est pas limité à certains, c'est en nous tous.
Quand nous laissons briller notre lumière,
les autres ressentent inconsciemment
la permission de faire de même.
Quand nous nous libérons de notre propre peur,
notre présence libère automatiquement les autres».

Écrit par : La Licorne | 21/09/2013

« Au quotidien, je n'ai pas trop le profil de "l'illuminée" ! »

Je m’en doutais bien (et même plus que cela), La Licorne, et je ne crois pas t’avoir traitée " d’illuminée"... ;-) et puis, je ne conseillerais peut-être pas de visiter le blog d’une personne que je sentirais ou imaginerais ainsi "illuminée".

Nous sommes donc d’accord sur la nécessité de la bonne intégration des expériences dites trancendantes et sur la prudence vis à vis d’une inflation ou d’un enthousiasme excessif, même résiduels à long terme, qui pourraient empêcher de réaliser pleinement cette intégration (car cela peut parfois prendre pas mal de temps, des années)
J’ai lu hier, dans une interview de Gitta Mallasz, ces quelques lignes qui m’ont semblé intéressantes et que je mets facilement en rapport avec le point de vue d’Étienne Perrot sur le sujet :
« N. C. : Est-ce que vous pratiquez une autre discipline spirituelle ?
G. M. : Non, l'Ange m'a dit au contraire :
"Je te dispense de toute forme.
"Marche sur ton propre chemin
"Tout le reste est égarement.
C'est ma voie individuelle. Il se peut cependant que pour d'autres la forme soit "chemin", à condition qu'elle contienne la possibilité d'être dépassée. »
Voir ici :
http://www.cles.com/enquetes/article/gitta-mallasz-l-emerveillement-ordinaire/page/0/2

Écrit par : Amezeg | 21/09/2013

Amezeg, il me semble Etienne Perrot a raison en disant que Jung a eu ses propres "dialogues avec l'Ange" sous la forme des dialogues avec Philémon.

Il a raison aussi quand il dit qu'il y a deux façons d'aborder la chose : une façon "psychologique" ou "scientifique" et une façon "prophétique"...

Pour différentes raisons qu'on peut comprendre, il a choisi la façon scientifique...(quoique, à la fin de sa vie, il s'ouvre de plus en plus à la façon prophétique).

J'ai déjà eu de (très) longues discussions sur ce sujet (le guide intérieur ou le maître intérieur ou l'Ange), ailleurs qu'ici...et je pourrais tenir des semaines sur le sujet...je vais essayer de faire très court :

- je crois que la façon purement psychologique d'aborder la chose, même si on peut la défendre , présente des "lacunes" (elle enferme dans des "concepts" une expérience qui est avant tout quelque chose de "vivant", d'unique et qui ne peut être enfermé dans des abstractions )

- je crois aussi que nous vivons à une époque où nous est demandée une approche moins "scientifique"...plus "prophétique"...qu'il nous est demandé de reconnaître le "surnaturel" (qui n'est, en fait que du "très naturel" mais non encore reconnu, tout comme le sur-humain est de l'humain mais non encore reconnu...)

- en fait, il nous est de plus en plus demandé un cheminement personnel, une approche directe de nos profondeurs (ou de nos hauteurs !), ce qui suppose de quitter les chemins institutionnels (qu'ils soient religieux, psychologiques, scientifiques ou autres...), de quitter les théories et les dogmes pour nous confronter à l'expérience dans toute sa nudité...et trouver la voie qui nous est propre...et qui nous mène à la rencontre avec notre "essence divine".
Cela comporte évidemment quelques dangers, comme toute expérience vitale...

Et oui, tous les chemins mènent à Rome (ou au Soi), à condition qu'ils correspondent à notre unicité...à condition que nous marchions sur NOTRE chemin...et non plus sur les autoroutes du Passé...qu'on nous a présentées, à tort, comme incontournables...

Ce que Gitta Mallasz appelle, je crois, "Le saut dans l'inconnu"...

Et merci, Amezeg, de conseiller la visite de mon blog Fabulo...il est vrai que les sujets que je traite depuis plusieurs semaines me tiennent particulièrement à coeur...

Écrit par : La Licorne | 21/09/2013

Le livre "Dialogues avec l'Ange"
est accessible en ligne ici (gratuitement) :
http://sd-2.archive-host.com/membres/up/66497693963381614/Dialogues_avec_lAnge.pdf

Écrit par : La Licorne | 21/09/2013

Licorne,

Ecrire d'expérience, c'est encore écrire...

Dommage que tu ne vois pas ce que masquent les mots parfois :
http://merelle.net/accueil/billet16.php

Jean

Écrit par : Jean | 22/09/2013

Jean,

cette équation Moi+Toi= Soi m'a immédiatement rappelé Mérelle et ce billet, que je connais quasiment "par coeur"...

Ce billet de Mérelle venait du coeur...mais je crois qu'il ne mérite pas de déboucher sur des "triturations intellectuelles"...c'est pourquoi je laisserai cette équation "telle quelle"...

Tu vois, Jean, depuis six mois, je cherche désespérément , sur ton forum, l'expérience vécue...et je dois dire que je n'en trouve aucune , même à l'état de "trace"...
Désolée !

Tu as raison, les mots ne suffisent pas...

Chacun son chemin...

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

P-S : Tu peux bien sûr mettre ceci sur le compte des "frottements" entre le "Moi" et le "Toi" qui font jaillir la lumière du "Soi" ! ;-)

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Licorne,

Je ne saisis pas pourquoi tu évoques, négativement, mon forum puisque tu as choisi de t'en retirer depuis en effet 6 mois...ce n'est pas constructif.

J'avais entamé une réponse assez nourrie mais je considère, finalement, que tout ce qui pouvait être dit sur le sujet a été évoqué avant ton départ.

Jean

Écrit par : Jean | 22/09/2013

« Ce que Gitta Mallasz appelle, je crois, "Le saut dans l'inconnu"... », dis-tu, La Licorne.

C’est bien souvent après que ce soit produit pour elles un ou des sauts dans l’inconnu que des personnes ressentent la nécessité de se relier à d’autres personnes ayant elles-mêmes fait l’expérience de cet inconnu afin de bien fixer la nouveauté et de poursuivre leur évolution. Ces personnes marchent alors, toutes, sur leur propre chemin et l’échange qu’elles ont entre elles n’a finalement pour but que d’aider chacune d’elles à poursuivre véritablement son propre chemin. C’est, par exemple, ce qui a été proposé par Étienne et Francine Perrot, fondateurs de La Fontaine de Pierre, aux personnes qui venaient vers eux, dans la continuation de l’œuvre de Jung, en particulier du Jung alchimique et et "prophétique".

Bien que je partage avec toi une grande méfiance vis à vis de l’étouffement de l’expérience vécue par un intellect trop envahissant ou même de l’obstacle que celui-ci peut mettre à l’avènement de cette expérience, je ne soupçonne pas toute personne qui passe par des voies traditionnelles éprouvées de tomber toutes entière dans les dogmes et les théories.
Je trouve que ton rejet, du moins tel que tu viens de l’exprimer ici, est excessif et sans nuances.
Les dix articles que tu as consacrés au songe de Descartes sur ton blog "De grands rêves à partager", en étayant largement ton propos de l’étude que Marie-Louise von Franz a elle-même consacré à ce rêve, font-ils de toi une femme approchant la réalité transcendante de façon trop intellectuelle, théorique et dogmatique, évoquant le divin en l’homme sans en avoir toi-même fait l’expérience ?

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

Excuse-moi, jean, mais je ne saisis pas non plus tes remarques (pas très positives, non plus) :

"Ecrire d'expérience, c'est encore écrire..." ?
Dommage que tu ne vois pas ce que masquent les mots parfois..."

Et puis sur ce sujet, évoquer Mérelle, forum jungien auquel tu n'as jamais participé, est plus que maladroit...car, malgré ses défauts, ce forum était un endroit où les gens "mettaient leurs tripes"...et se laissaient interpeller par l'autre, justement...

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Amezeg, je crois que tu m'as suffisamment lue, ici ou là, pour savoir que
je connais bien la "théorie" et que je ne la rejette pas, que je m'y réfère souvent...
Ce qui est productif, c'est d'articuler expérience et théorie...et de ne pas se limiter à l'une ou à l'autre...
Mais une théorie, quelle qu'elle soit, est toujours un condensé du Passé.

Et ce dont je suis persuadée...c'est que nous vivons une époque de transition...nous allons, dans tous les domaines, vers du "tout nouveau" (saut dans l'inconnu)...et que s'accrocher trop longtemps aux "anciennes visions du monde", aux anciennes théories, quelles qu'elles soient, peut nous empêcher d'accueillir ce "tout nouveau"...

Il nous est sans doute demandé de construire de nouvelles façons de voir, de nouvelles logiques, de nouvelles théories...nous les construirons ENSEMBLE, c'est sûr...après que chacun ait fait un cheminement personnel , une plongée vers ses propres profondeurs et puisse apporter quelque chose de neuf à la collectivité...

Mes rêves personnels et les synchronicités que je vis me conduisent sans arrêt vers ce NOUVEAU, cet INCONNU, que j'essaie, comme je peux, de partager sur internet.
J'y parviens parfois difficilement, je ne me sens pas toujours comprise...et je réagis parfois brusquement quand je vois qu'on me renvoie sans arrêt à la figure le "dûment répertorié", bref l'orthodoxie...

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Comme tu le sais, La Licorne, la voie des rêves est une voie traditionnelle éprouvée, et certains points de repère sur cette voie ont été découverts et notés par celles et ceux qui l’ont suivie et explorée. Ces points de repère sont du passé puisque découverts par nos prédécesseurs, mais ils ont toujours d’actualité, ils sont (relativement) intemporels et méritent d’être pris en considération aujourd’hui encore pour découvrir le nouveau et l’inconnu qui veulent se révéler à nous à travers les rêves. Ces connaissances et ces repères du passé ne s’opposent pas inévitablement à l’émergence et à l’accueil de la nouveauté. Ils peuvent au contraire en faciliter la découverte et la bonne prise en compte. Ces points de repère ne sont pas de la théorie abstraite, ils sont les fruits d’observations concrètes et d’une pratique tout aussi concrète, bien qu’ils soient "du passé".
L’obstacle à la nouveauté n’est donc pas ce que le passé nous propose, l’obstacle peut naître de notre incapacité à actualiser les données du passé, à voir de quelle façon elles nous permettent de saisir la nouveauté qui s’offre et d’en accoucher [même les hommes... ;-) ]

Tout cela me rappelle l’hexagramme 26 du Yi King *, Ta Ch'ou / Le pouvoir d'Apprivoisement du Grand. Le texte associé à l’Image est le suivant :

Le ciel au milieu de la montagne :
Image du POUVOIR D'APPRIVOISEMENT DU GRAND.
Ainsi l'homme noble apprend à connaître un grand nombre de paroles de l'antiquité et d'actions du passé, pour affermir par là son caractère.
Le ciel au milieu de la montagne évoque des trésors cachés. Ainsi les paroles et les actions du passé renferment un trésor caché qui peut être employé à affermir et à élever le caractère. Telle est la manière correcte d'étudier : non se limiter au savoir historique, mais faire constamment de l'histoire une réalité actuelle en utilisant ses données.

* Il a 3000ans et plus... ! :D))

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

Je suis contente que tu évoques le Yi King, Amezeg...

Car ce que le Yi King dit, avant tout, c'est que ce qui est vrai à un moment...ne l'est plus forcément à l'instant suivant ! :-)

Sans tout jeter "d'un coup", il faut parfois savoir mettre en doute...même les méthodes "éprouvées"...et les points de repère sont faits pour servir...un temps !

C'est à chacun de voir à quel rythme il peut "lâcher" les siens...sans sombrer totalement...

...ça s'appelle un "changement de paradigme"...et ça consiste en gros, à voir...le sol se dérober sous ses pieds ...
C'est fortement déstabilisant, mais c'est ce que nous vivons ou sommes appelés à vivre très prochainement...

Là, je parle d'expérience...mais Jean me dira peut-être que parler d'expérience, c'est encore parler... :-))

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

« Car ce que le Yi King dit, avant tout, c'est que ce qui est vrai à un moment...ne l'est plus forcément à l'instant suivant ! :-) »

« L’immuable c’est la transformation et la transformation c’est l’immuable » est le message fondamental du Yi King. Mais ce n’est pas dire que tout repère soit sans intérêt au fil du temps... à moins de vouloir le lui faire dire, La Licorne...

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

On est bien d'accord, Amezeg ...

Le Yi King et ses hexagrammes indiquent la transformation perpétuelle de tout ce qui existe...et non l'absence de tout repère...mais je ne dis pas que nous devons vivre dans l'absence de tout repère, je dis que nous sommes à un moment crucial où tous nos repères changent et que nous devons en établir de nouveaux...
Dans ce grand chambardement, la presque totalité des repères anciens doit être abandonnée, parce que nous allons vers de nouvelles définitions du monde, de l'être humain et de ce que nous appelons la "réalité"...

"Dialogues avec l'Ange" est un des livres qui insiste le plus sur cette nécessité de laisser l'ancien, afin d'aborder les rives du "Nouveau"...

"Ce qui était bon jusqu'à présent n'est plus rien...",
"...Sur le chemin, n'emportez rien d'ancien avec vous",
"Cherche le tout nouveau, ne crains pas de rester sans vêtement tu ne peux t'habiller de neuf si tu n'ôtes pas l'ancien",
"le petit Nouveau en toi est capable de changer tout. Tout. Il va apparaître en tout, partout. Il ôtera le goût de l'ancien. Tu éprouveras du dégoût pour l'ancien"...etc.

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

La Licorne,

Cette citation de "Dialogues avec l’ange" trouve sans doute son équivalent dans des textes bien plus anciens, alchimiques ou autres, dans d’autres traditions mystiques ou religieuses à travers le monde et à travers le temps... Il ne faut pas perdre de vue, ainsi que l’a rappelé Marie-Louise von Franz à propos de de l’imagination active et des phénomènes ou relations de cet ordre avec le monde archétypique, que les voix de ce monde emploient l’emphase, l’allégorie, etc., que c’est le langage naturel de cette profondeur en nous. On pourrait presque qualifier ce langage "d’inflationniste" au regard du risque d’inflation qu’il induit chez/pour celui ou celle qui le reçoit.
Il y a une certaine transposition* à faire dans un langage plus ordinaire, plus simple, ce qui n’exclut pas, certes, que des choses vraiment révolutionnaires, bouleversant les ordres établis puissent être annoncées à des individus ayant, parfois, une authentique portée collective ou une intention à l’adresse de la collectivité. Prudence toutefois, dit le (trop ?) prudent... ;-)

* Toute la difficulté et toute la justesse de cette transpossition consistent, sans doute à trouver la bonne mesure : ni trop, ni trop
peu...

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

Le langage de ce livre est clairement un langage non ordinaire, qu'on peut qualifier d'emphatique...
Tout comme le langage du Livre Rouge d'ailleurs...
J'ai relu ce livre des Dialogues au moins dix fois ( à différentes périodes) avant de m'y "habituer"...et d'y voir plus clair.

Ce qui se dit là vient d'un lieu plus "élevé" que celui où nous nous trouvons en temps ordinaire...et certes, il peut peut-être, chez certains, paraître inflationniste ou inciter à l'inflation...

Mais faut-il pour autant en avoir peur ?

Quand quelque chose est "trop élevé" par rapport au stade où nous en sommes, ne faut-il pas plutôt s'en approcher progressivement, marche après marche...et se donner les moyens d'élever soi-même sa conscience ...sans hâte et ...prudemment...(comme tu le dis) ?

N'est-ce pas ce qu'a fait Jung qui a mis des années à comprendre ce qui lui avait été "donné" dans le Livre Rouge ?

Juste une dernière précision : pour moi (et là, je ne pense pas comme Etienne Perrot), il ne s'agit pas là , à proprement parler, d'imagination active (même s'il y a, bien sûr, quand même des points communs avec l'IA). Il s'agit d'un dialogue avec son "Maître intérieur".

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Si ça intéresse quelqu'un, voici une très bonne émission radio sur France Culture qui traite des Dialogues avec l'Ange :

http://ad-dialoguesange.org/medias/les-dialogues-avec-lange-sur-france-culture-dans-les-racines-du-ciel/rance Culture

C'est Marguerite Kardos qui parle...dans "Les racines du ciel".

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Si la prudence est bien là et que l’inflation n’y est pas, ou "ne s’y attarde pas", alors il est sûrement très bon d’en approcher et de se mettre à l’écoute de ces enseignements issus de la profondeur intérieure, en effet.

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

Le lien précédent ne marchant pas, je fais une nouvelle tentative :

http://ad-dialoguesange.org/medias/les-dialogues-avec-lange-sur-france-culture-dans-les-racines-du-ciel/

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Je m’étais bien dit en lisant ton premier lien proposé, La Licorne, que « rance culture » ne devait sans doute pas propager le parfum de la nouveauté à cultiver qui te tient à cœur... ;-))

Merci pour ce deuxième lien "plus alléchant" !

Écrit par : Amezeg | 22/09/2013

:-))
Rien de "rance", j'espère...là-dedans...
Dans le lien, je préfère le mot "lange", c'est plus en rapport avec le "tout neuf, tout nouveau"... :-)

Écrit par : La Licorne | 22/09/2013

Non, rien de rance là-dedans, c'est juste le plaisir du sourire ou du rire ensemble...
Mais dis-moi, les langes ne sont-ils pas des souvenirs d’un passé révolu ? Ou seraient-ils remis au goût du jour par les écologistes responsables ?

Écrit par : Amezeg | 23/09/2013

Licorne,

"Ecrire l'expérience, c'est encore écrire" signifie, ou voulait signifier puisque les mots sont traîtres, qu'on ne pourra jamais rendre justice à une expérience intérieure en la décrivant ou l'évoquant...l'intériorité perd sa substance vitale en s'extériorisant.

Mérelle était en effet une telle "sortie de tripes" que cela s'est terminé en boucherie (moi aussi j'aime sourire) qui a laissé des séquelles encore brûlant aujourd'hui pour plusieurs personnes...permet moi donc d'être prudent sur cet aspect.

Amezeg,
J'aime ce que tu évoques, finalement constaté par Jung, sur ces sources hors du temps et de l'espace qui prennent diverses formes au cours de l'évolution (formes qui subissent des transformations continuelles pour être "adaptées au rôle qui leur incombe").

Jean

Écrit par : Jean | 23/09/2013

Tous les hommes, jusqu'à un certain degré, peuvent méditer ; bien peu sont inspirés. Spiritus flat ubi vult. Dans la méditation, l'esprit agit ; dans l'inspiration, il obéit ; parce que la première est en l'homme, tandis que la seconde vient de plus haut. Celui qui nous donne cette force est plus fort que nous. Ces deux opérations de la pensée se lient intimement dans l'âme du poète. Le poète appelle l'inspiration par la méditation, comme les prophètes s'élevaient à l'extase par la prière. Pour que la muse se révèle à lui, il faut qu'il ait en quelque sorte dépouillé toute son existence matérielle dans le calme, dans le silence et dans le recueillement.

Victor Hugo

Littérature et philosophie mêlées
1834
http://fr.wikisource.org/wiki/Litt%C3%A9rature_et_philosophie_m%C3%AAl%C3%A9es

Écrit par : Jacqueline W. | 23/09/2013

non 1834 mais 1824...!

Si l'on s'accoutumait à considérer les compositions littéraires sous ce point de vue, la critique prendrait probablement une direction nouvelle ; car il est certain que le véritable poëte, s'il est maître du choix de ses méditations, ne l'est nullement de la nature de ses inspirations. Son génie, qu'il a reçu et qu'il n'a point acquis, le domine le plus souvent ; et il serait singulier et peut-être vrai de dire que l'on est parfois étranger comme homme à ce que l'on a écrit comme poëte. Cette idée paraîtra sans doute paradoxale au premier aperçu. C'est pourtant une question, de savoir jusqu'à quel point le chant appartient à la voix, et la poésie au poëte.
(...)
Si jamais composition littéraire a profondément porté l'empreinte ineffaçable de la méditation et de l'inspiration, c'est le Paradis perdu. Une idée morale, qui touche à la fois aux deux natures de l'homme ; une leçon terrible donnée en vers sublimes ; une des plus hautes vérités de la religion et de la philosophie, développée dans une des plus belles fictions de la poésie ; l'échelle entière de la création parcourue depuis le degré le plus élevé jusqu'au degré le plus bas ; une action qui commence par Jésus et se termine par Satan ; Ève entraînée par la curiosité, la compassion et l'imprudence, jusqu'à la perdition ; la première femme en contact avec le premier démon ; voilà ce que présente l'oeuvre de Milton ; drame simple et immense, dont tous les ressorts sont des sentiments ; tableau magique qui fait graduellement succéder à toutes les teintes de lumière toutes les nuances de ténèbres ; poëme singulier, qui charme et qui effraye!

Vicror Hugo

Littérature et philosophie mêlées/Idées au hasard

http://fr.wikisource.org/wiki/Litt%C3%A9rature_et_philosophie_m%C3%AAl%C3%A9es/Id%C3%A9es_au_hasard

Écrit par : Jacqueline W. | 23/09/2013

Jean, concernant les mots, je suis bien d'accord qu'ils sont insuffisants pour traduire l'expérience intérieure, mais c'est tout ce que nous avons...
(avec l'art...et c'est pourquoi, dans mes blogs, j'utilise autant les images et les photos qui souvent disent "plus que mille mots" ).

Concernant "Mérelle", ce fut effectivement un mélange du meilleur et du pire...qui a laissé des "brûlures" mais aussi des souvenirs inoubliables...à ceux qui y ont participé...ce fut une expérience assez "intense"...qu'on ne peut décrire à qui ne l'a pas vécue...

Jacqueline, j'aime que tu cites Victor Hugo, car si poète fut un jour inspiré par "plus grand que lui", c'est bien Hugo.

Cet homme fut étonnant par bien des aspects...
Quelqu'un a-t-il lu "Les tables tournantes de Jersey" ?

Écrit par : La Licorne | 23/09/2013