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« Présentation du Soi par C. G. Jung | Page d'accueil | Athanor de l'amour »

14/06/2007

Organisation et harmonie par le Soi

(suite et fin)
Aujourd'hui dernière note de cette petite "suite" pour terminer une première approche du Soi inspirée et "méditée" à partir de la pensée de C. G. Jung. Le Soi sera, bien sur, contemplé à la lumière d'autres éclairages, en particulier alchimiques et iconographiques mais un peu de repos et de réflexion seront nécessaires aux différentes étapes du voyage. 
 
   Le Soi junguien n'est pas seulement générateur de représentations de la totalité, comme on a pu le voir à la  lecture des deux citations de Jung, il est aussi, peut-être même surtout, une " forme surordonnée qui incarne la totalité humaine ", une unicité qui unit en elle tous les contraires. Cette totalité surordonnée est un ordre au dessus de l'ordre conscient. Un ordre naturel, différent de l'ordre du Moi, caractérisé par une unilatéralité qui est une tendance de l'individu à voir les choses sous un seul angle et à les ramener, chaque fois qu'il le peut, à un seul principe qu'il prend pour l'ordre universel. 
   La totalité surordonnée, comme l'appelle Jung, est nécessaire à l'intégration harmonieuse de ce qui apparait absurde au Moi.  Cette intégration harmonieuse s'effectue grâce au Soi organisateur  qui dirige un processus d'incessante transformation et adaptation.  Cette importante fonction du Soi comme lieu d'interaction et d'organisation, est clairement montrée par Jung qui parle de "l' énorme signification du Soi comme ordonnateur et organisateur de la personnalité " C'est aussi le Soi qui, en tant que principale dominante de l'inconscient collectif, oriente l'aspiration du conscient vers la totalité. Jung écrit (p. 53 du T.IV de la Correspondance) :
   " Je dirai ici que la résistance de l'âme cesse lorsque nous pouvons renoncer à être centrés sur le Moi, et que le Soi (conscience + inconscient) nous recueille dans sa plus vaste amplitude, où nous sommes alors " entiers " et du fait de notre relative totalité, proches de la Totalité véritable, c'est à dire de la divinité."
   La nature du Soi est d'être un lieu où l'opposition des contraires est suspendue et son but de proposer un programme permettant à chaque individu de s'adapter, dans la mesure du possible, aux circonstances. La visée du Soi est la Totalité et le processus qu'il va proposer, en particulier par l'intermédiaire des rêves sera l'individuation.
   Il est tout à fait essentiel que la relation entre le Soi et le moi reste harmonieuse. En effet, l'assimilation du Moi par le Soi, ou le fait que le Soi soit assimilé au Moi, conduisent tous deux à un état de déséquilibre et d'inflation. Quand le moi tend à se dissoudre dans l'océan de la totalité où réside le Soi, il perd tous ses repères dans l'espace et le temps, ce qui entraîne une " véritable catastrophe psychique ", aux dires de Jung. Le problème inverse survient quand l'importance accordée à la personnalité individuelle et au monde conscient prend de telles proportions que l'inflation du Moi ne peut être réduite que par une dose raisonnable d'ajouts de rêves, d'imaginations , bref, de contenus de l'inconscient. Dans tous le cas le remède que Jung préconise pour éviter les nombreux dangers d'assimilation (je dirais même de dévoration) est la modestie...
   L'expression symbolique du Soi est illimitée, mais on observe certaines fréquences. Il est souvent projeté sur des personnages qui ont de l'autorité et du prestige, ou sur des entités supra individuelles. Dans de nombreuses cultures et mythes, le représentant du Soi revêt l'aspect d'une divinité. Ce fait procure une explication plus valable que l'accusation faite à Jung de " mysticisme " (personnellement ce terme ne me dérange pas, mais cela déplaisait à Jung) au sujet de l'utilisation dans ses écrits de la même symbolique, qu'il fasse allusion au Soi ou à l'image de Dieu. Mais je pense que la relation entre le Soi, l'image de Dieu et la relation " personnelle " de Jung à la divinité restent à clarifier. 
       Ariaga
 

Commentaires

Oui pour un peu de repos et de réflexion... et de présence à soi.
Merci... Ariaga.

Écrit par : Marie Gabrielle | 14/06/2007

"La nature du Soi est d'être un lieu où l'opposition des contraires est suspendue et son but de proposer un programme permettant à chaque individu de s'adapter, dans la mesure du possible, aux circonstances. La visée du Soi est la Totalité et le processus qu'il va proposer, en particulier par l'intermédiaire des rêves sera l'individuation."

"Mais je pense que la relation entre le Soi, l'image de Dieu et la relation " personnelle " de Jung à la divinité restent à clarifier. "

Il se peut y rajouter la mienne et, s'il reste de la place vu le melon que cette remarque suppose de ma part, celle de nombre de nos semblables. J'ai dit semblables.

Écrit par : phyta | 15/06/2007

En fait (alors...), ce serait une sorte de fil à couper le beurre, dont user avec modération afin d'éviter d'en faire un batteur électrique, non ?

Écrit par : Marie Gabrielle | 15/06/2007

Pas mieux

Écrit par : phyta | 15/06/2007

très peu souvent sur la toile, je profiterai néanmoins de cette fin de semaine pour revenir lire tout du texte qui déjà en le parcourant me semble bien intéressant.
Bon week end !!

Écrit par : marie.l | 15/06/2007

Sur le Soi :

L’expérience du Soi
Cliquez pour agrandir

Caché au plus profond de l’inconscient, cœur du mandala intérieur, le Soi est porteur du projet de vie, porteur de ce qui relève du plus intime et de l’essentiel… C’est là ! … C’est au centre et ça irradie, … partout ! … Ça organise le monde tout autour de moi, et cela d’autant plus que je suis engagé dans l’aventure intérieure de l’individuation. Le Soi, c’est le maître de la transformation. Mais aussi, du fait qu’il est essence de la totalité, il est à la fois ombre et lumière.

Établir le dialogue entre le Moi et le Soi, et puis le nourrir pour l’entretenir est chose importante – importante, mais pas facile – car les deux protagonistes s’opposent par bien des points. Leurs relations sont empreintes d’enjeux de pouvoir, et, en même temps, l’un ne peut pas aller sans l’autre. Il y a une double dépendance. Très souvent, l’individuation se fait sur le mode du conflit, conflit mis en scène par le Soi lui-même, conflit qui déchire – qui écartèle devrais-je dire – véritable Passion !

Le Moi, de son côté, doit retrouver le sens de l’intériorité, il doit nourrir notre vie intérieure et prendre l’habitude d’aller s’abreuver à sa source, … là, tout au fond. Le chemin qui y conduit est un chemin de vérité – de vérité et d’authenticité – un chemin qui passe par le cœur. Un rêve récent vient de me rappeler que plus le Moi boit de l’eau à sa source, plus celle-ci se bonifie, et inversement, moins il en boit, plus l’eau se dégrade.

Et, … progressivement, … ce qui vient, c’est qu’on découvre que, bien plus qu’un concept limite, le Soi est une expérience, une expérience très sensible, une expérience empreinte de numinosité. Ainsi va l’aventure, et … finalement … une marche en avant se produit.

Source : www.merelle.net
Un forum est présent et j'invite à y prendre part pour partager. J'y suis présent et cela m'aide à avancer intérieurement. Tout cela par l'échange.

Réflexions sur le Soi :

xtrait de "Le polythéisme de l'âme" de James Hillman :

"Jung s'est il douté, dans sa façon d'insister sur l'unicité et la totalité, comme sa pensée pouvait être détournée par l'influence monothéiste de notre culture, et pouvait conduire ainsi à une nouvelle forme d'unilatéralité? L'imitatio Christi, en voie de disparition en tant que dogme et pratique, devient de ce fait un dogme psychologique qui canalise avec subtilité le flot vital des fantasmes individuels, dans ce vaisseau vieilli qu'on appelle maintenant la "totalité", et dont la croix typologique à huit branches devient peu à peu comme sainte par l'objectivisation scientifique.

Le contraste établi par Jung entre le chrétien et le polythéiste suggère une tension entre ces deux pôles dans son âme. Dans l'hommage qui fut rendu à l'enterrement de Jung, le pasteur qui officiait qualifia Jung d'hérétique."

" On peut être protestant ou herculéen, dionysien ou enfant mélancolique de Saturne, selon son propre centre archétypal qui gouverne son complexe dominant et son propre destin. Même les mythes peuvent changer au cours d'une vie, et l'âme à son propre rythme servir de nombreux dieux."

Bien à toi,

Alexandre

Écrit par : alexandre | 16/06/2007

Merci beaucoup à Alexandre pour son intervention. Particulièrement la dernière citation et "plus le Moi boit de l’eau à sa source, plus celle-ci se bonifie"...

Écrit par : Arianil | 17/06/2007

@ Alexandre, merci d'avoir par ton intervention participé activement au blog.@ Arianil t'a déjà dit tout le bien qu'il en pensait. Je te remercie surtout de m'avoir fait découvrir le site de Merelle. J'y ai passé un bon bout de temps ce qui explique mon peu de réponses aux commentaires.

Intéressant aussi le dialogue @Marie Gabrielle et @Phyta, bientôt je vais pouvoir à tous vous laisser la clef et partir en vacances. Un rêve!
@Marie.I si nous partions ensemble cueillir quelques fleurs ?

Écrit par : ariaga | 18/06/2007