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« Le Roi des Contes | Page d'accueil | Marie-Louise von Franz et le conte »

31/08/2013

Le départ de l'oublié de Marqueyssac

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Portrait d'Éphême, dit l'Oublié de Marqueyssac par Éphême le jeune

Avant de passer le mois d'Aout avec la Conteuse, nous avons commencé les voyages imaginaires de l'Été par des récits de ÉPHÊME. Il s'agissait des terribles aventures de celui qui s'est révélé être son ancêtre,  pour ceux qui veulent bien y croire ! j'ai des doutes ... Afin de clore ces vacances imaginaires du Laboratoire je publie un texte qu'il m'a envoyé. ARIAGA.

***

"Mes vacances paisibles furent pulvérisées d’un coup,  par mon maudit portable.  Ma vieille copine la Gaillarde Conteuse m’appelait  désemparée: Au secours ! ! Arrive vite ! J’ai un sacré problème métaphysique avec mon conte en chantier estival !

                  Je débarquai donc en courant à notre rendez vous, un château branlant vu par un Hugo délirant , ennemi de la théorie de l’attraction des cors. Mon adorable conteuse- fée était déstabilisée par un événement fou, une  histoire incohérente,  même pour une digne conteuse de vieille lignée aristocratique aidée pourtant par la flamboyante Hécate. Venait de débarquer dans son conte un illuminé totalement déjanté, parlant un truc bizarre entre le vieux québécois et un latin de cuisine. J’avais mis cet Ephême de Ganleveker dans un sacré pétrin dans un de mes contes, alors qu’il lutinait une de ses amies. Et bonne âme, J'avais voulu l’aider, car je semblais avoir des gènes de cet énergumène.  Quelques formules magiques et, hop, je me retrouvais avec, à mes côtés, un géniteur qui  avait tapé la belote avec Montaigne, et prétendait régenter le conte de ma belle amie qui n’avait besoin de personne pour mener son tapis. Maligne, la gaillarde organisa une partie de carte pour savoir lequel d’entre nous partirai en premier.
C’était à moi de jouer. Le destin… ou les fées? Je jetais une carte au hasard, une étrange fée me sourit sur le fond blanc dans son court envol vers le tapis. Et l’ancêtre  m’embrassa alors, les larmes aux yeux.
Étais-ce sa mie qui attendait depuis des siècles sur ce morceau de carton ? Je ne sais. Après le plus beau regard que puisse donner une vie à une autre vie, il s’engouffra avec sa carte et disparut dans le trou tourbillonnant vers l’éther du roi, délivré... Il ne restaient que quelques toiles d’araignées, et des milliers de toutes petites chouettes chevêches, ruisselantes de larmes de rire qui se gaussaient de moi. Réalité, tu es féroce.

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                        Autre portrait de l'ancêtre par le même (agrandir)

 Je me croyais tranquille mais peu de temps après, un petit grattement à ma porte me fit dégringoler de mes rêves. Le vieil Ephême, encore plus rabougri, était venu me demander un dernier service …  l’Oubli. Un très ancien  grimoire me donna une piste.

Je l’emportais délicatement au vieux cairn de Barnénez, à minuit, avec la complicité du tapis venu exceptionnellement à mon secours. Ephême le vieux choisit une des onze chambres mégalithiques, celle avec un si beau tholos, s’assit, et me demanda simplement de partir.

La lune disparut. De chaque couloir naquit une légère phosphorescence bleue, volutes d’écharpes infimes qui s’insinuèrent en doux feu-follets  dans le tholos où attendaient notre vieille connaissance. Il n’y eu rien d’autre. Je retournais dans le tholos le lendemain. Seul un infime brouillard lumineux nimbait la sortie, éclatante de vie solaire.

Voici, Pour les Voyageurs de l'Imaginaire et pour mon amie la Grande Conteuse du Tapis et autres lieux,  la très véridique histoire de ce qui est arrivé.

ÉPHÊME

Commentaires

Et bien voilà une histoire édifiante digne du talent du grand Ephême ! Tout est bien qui finit bien après tant d'incertitudes et de mondes étranges. Et j'imagine Ephême se lissant les moustaches, apparemment un attribut des hommes de la famille, songeur sur la destinée humaine et décidé à ne plus s'en laisser conter, sauf si par hasard, une gaillarde passait par là...

Écrit par : lechantdupain | 31/08/2013

Comme un merveilleux voyage dans l'ancestral... :
au pays lointain de l'imaginaire, nos rendez-vous avec les souvenirs intimes, esquissés de tholos en tholos...


" un tholos de cyprès enflammés

rayés par la pluie

oblique

ils brûle en moi comme le cierge noir

*

à la date

zugedacht

juillet

inoubliable

*

ta mère

ton père

bouleversant

au bord de

la tombe, une petite

caresse

*

tes tendres pieds nus marcheront sur du verre

et le fouet rougira tes frêles épaules

et je brûlerai pour toi le cierge noir

mais il me sera défendu de prier

*

qu’un tholos de paroles disséminées au vent

poèmes

sus par cœur oubliés »



Éblouissements, Martine Broda, Flammarion, 2009.
in
http://www.liminaire.fr/ateliers-d-ecriture-5/article/martine-broda-eblouissements

Écrit par : Jacqueline W. | 01/09/2013

Bonjour Ephême, j'adore la photo de ton ancêtre avec ses petits yeux ronds interrogateurs et sa belle moustache !
Et si je visite un jour le cairn de Barnenez, je penserai à lui même si son souhait est qu'on l'oublie ! Merci et bon week end à toi sans oublier notre belle Ariaga.

Écrit par : danae | 01/09/2013

Un Temple d'Oubli pour l'Oublié ? ...Une fois qu'on a réveillé ce qui dormait depuis longtemps l'oubli ne viendra pas de si tôt à ceux et celles qui ont partagé ces palpitantes heures...A l'heure où se lève la lune brouillée par les nuées comme de discrètes larmes sur sa face livide, un rien de nostalgie passera dans l'air...Une carte Ephême celle du Temps, celle du Tendre ?...Tout jeu à sa fin de partie...Partir c'est mourir un peu...

Écrit par : Hécate | 01/09/2013

Lechantdupain, merci pour le commentaire, mais une précision..., je n'ai pas de moustaches aussi étendues.

Écrit par : EPHÊME | 01/09/2013

Merci Jacqueline W pour ce superbe poème, bien dans l'ambiance de cet été.

Écrit par : EPHÊME | 01/09/2013

au fou!!!!!



amitié
tilk

Écrit par : tilk | 01/09/2013

Comme pour Lechantdupain, mes moustaches ne sont sont pas aussi flamboyantes. Et à Barnenez, pense aussi à Ariaga, pour qui le lieu est aussi magique.

Écrit par : EPHÊME | 01/09/2013

Hécate, ton commentaire est aussi magique que ton peignoir capable de foudroyer les vilains faunes souterrains. Merci pour ta collaboration malicieuse pendant cette aventure estivale.

Écrit par : EPHÊME | 01/09/2013

tilk, merci de me placer dans la nef des fous.

Amitiés

Écrit par : EPHÊME | 01/09/2013

@ Danae, c'est vrai que le cairn de Barnenez donne des frissons quand on pense à son ancienneté et à tout ce qui a du s'y passer.

Écrit par : ariaga | 02/09/2013

@ Tilk, n'est pas fou qui veut !

Écrit par : ariaga | 02/09/2013

C'est un concours de plume au laboratoire depuis quelques semaines, j'adore !

Et cette bouille de l'ancêtre, on ne peut que fondre.

Bises amicales à toute la troupe d'Ariaga,
Jean

Écrit par : Jean | 02/09/2013

@ Jacqueline W. tes citations, toujours choisies avec art, sont un véritable apport au Laboratoire. Merci.

Écrit par : ariaga | 02/09/2013

@ Jean, me voilà en chef de troupe, cela évoque la danse ou le théâtre et je m'imagine en train de danser, chanter, dire, avec tous les amis du Laboratoire. Une image qui me plait bien.

Écrit par : ariaga | 02/09/2013

Danae, je viens de me rendre compte que j'ai oublié de mettre ton nom en te répondant juste après le "au fou" de Tilk. Mille excuses. et toutes mes amitiés.
EPHÊME

Écrit par : EPHÊME | 03/09/2013

Jean, merci pour le commentaire. Et cet ancêtre est un vrai breton, un peu sanguin, mais au fond bonne pâte… Amitiés

Écrit par : EPHÊME | 03/09/2013

Au début j'ai pensé au jeu des patates que l'on habillait enfants
de postiches mais je ne l'ai pas trouvé potiches mais bien fortiche
au point que l'on s'en entiche ...facilement

Écrit par : Thierry | 03/09/2013

Adieu, sire Ephême de Ganleveker ! Votre émouvante départie me semble être l’accomplissement d’un destin inscrit, en langue bretonne, dans votre honorable patronyme, car Ephême (de) Gant-leve-ker/kaer peut, ou même doit s’entendre comme « Ephême à la belle retraite. »

Ce départ tholosmythique ne saurait nous laisser de marbre et pas un des voyageurs ne jettera la pierre à celui qui, comble de misère, est venu quémander l’Oubli de l’oubliette où longtemps il croupit loin de toute croupe réconfortante, loin de toute bacchanale, tandis que se défrisaient peu à peu ses fières et somptueuses bacchantes.

Qu’on me pardonne toutefois un petit soupçon sacrilège et lèse-seigneurie... : non loin de Barnenez, sur une roche insulaire de la baie de Morlaix, se dresse le château du Taureau.
N’y verra-t-on jamais une ombre moustachue rôder silencieusement par les nuits de lune rousse...?

Kenavo, sire Ephême !

Écrit par : Amezeg | 03/09/2013

Je ne pensais pas Ephême miné par la psycho gênée au logis

Écrit par : Thierry | 03/09/2013

Il a l'air bien sympathique cet ancêtre; sa descendance lui ressemble-t-elle ?... Bien à Vous, âmis

Écrit par : Phène | 03/09/2013

Sire Amezeg, , ce n'est pas une hypothèse, mais un fait établi. Je l'y ai aperçu sur le le chemin de ronde...et il m'a même fait un bonjour de la main, foi de fils de marins depuis des générations, moi dont le père disait :" nous, on navigue sur l'eau, et il paraît qu'il y a même des gens qui en boivent".

Écrit par : EPHÊME | 03/09/2013

Thierry, nous avons tous des vices cachés....

Écrit par : EPHÊME | 03/09/2013

Phène, elle est même plus raffinée et à la peau plus douce, les rasoirs ayant fait de notables progrès depuis le XVI° siècle. Amitiés !

Écrit par : EPHÊME | 03/09/2013

Sire EPHÊME, lorsqu’autrefois notre vaillante caravelle tira quelques joyeux bords dans les parages de cet îlot fortifié, seuls quelques goélands braillards, mal embecqués, nous saluèrent sans aménité dans un sous-dialecte bâtard d’entre Trégor et Léon.
Peu après, une escale bienvenue à l’estaminet du petit hâvre du Dourduff nous réconcilia promptement avec les deux dialectes, que nous ne tentâmes toutefois pas d’articuler, encore moins de transcrire sans coquilles dans cet environnement jonché de nacre et de bois goudronnés.

Écrit par : Amezeg | 04/09/2013

Sire Amezeg, je vois que tu as peut-être usé tes fonds de culotte dans cette épique école de voile sise dans ce château un peu délabré en ces temps. Le Dourduff en mer a en effet un fort sympathique estaminet, propre à réchauffer les mousses frigorifiés. En ces temps anciens il devait être assez sombre et enfumé... Par contre les goélands sont partout braillards et mal embouchés, sur toutes les mers du monde.
Amitiés.
Kenavo.

Écrit par : EPHÊME | 04/09/2013

On se croirait passés au delà du miroir ! Mais les notes sont légères et j'aime cette façon de conter. Même si parfois on peut avoir la chair de poule. Merci !

Écrit par : elisabeth | 04/09/2013

Les contes sont fait pour donner la chair de poule aux enfants, elisabeth, en même temps que pour les faire passer de l'autre côté du miroir et les instruire sans le dire. Merci pour le commentaire.

Écrit par : EPHÊME | 05/09/2013

L'Oubli départ ,

Hormis les fées de surprise , être le rouet du destin ,
sans oublier la faim , de mie par l'entremise ,
mît carte sur table l'exquise , excusez du dessein ,
en toute bonne pâte l'ancien , sur ce conte thésaurise.
~
Amitiés sur le tapis

Écrit par : NéO~ | 24/11/2013

Merci pour le commentaire, malicieusement rimé.
Amitiés

Écrit par : ÉPHÊME | 25/11/2013

De rien c'est naturel , ma muse sans malice sème ,
as tu un site ÉPHÊME ? une longueur d'onde réelle ?
en l'Athanor sous ciel , je n'ai point vue ta gemme ,
pour couronner ce dilemme , comment voir ta part belle.
~
En attendant d'autres nouvelles , j'oubliais mes Amitiés

Écrit par : NéO~ | 25/11/2013

Non, je n'ai pas de site. C'est pour moi bien trop de travail, et je n'en admire que plus les gens comme toi ou Ariaga. Du coup, je fais mon "coucou" dans le nid du Laboratoire, qui me permet de m'amuser (beaucoup) de temps en temps.
Amitiés.

Écrit par : ÉPHÊME | 26/11/2013

Merci à toi pour ce coucou au vol , à l'un de ses jours porteurs ;)
~
D'idées fortes Laborieuses ;)

Écrit par : NéO~ | 26/11/2013

tu passes parfois sur ma page et le jl n'est pas là il poste comme çà à l'improviste et ne visite presque plus ses admirateurs faut dire qu'avec la taille des ceps les soirées sont courtes avec la fatigue , une fois la soupe avalée morphée m'accueille dans ses bras

Écrit par : lecracleur | 16/02/2014