UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Rêve de bancs (bis,10) | Page d'accueil | Un félin dans l'athanor (bis,12) »

16/08/2015

Voyages de bancs (bis,11)

 

   Le modeste petit banc faisant face à la mer d'où est parti le voyage du laboratoire du rêve et de l'alchimie spirituelle vers les pays de l'imaginaire s'est transformé en un train de bancs, puis en bancs sur tapis volants, puis en...je ne maîtrise plus rien, les bancs ont pris le pouvoir, ils montent, ils descendent, ils se pétrifient, s'ornementent, ils parlent, ils frappent aux porte. Ce matin il en est venu un, de très loin, c'était un banc-chaise, et comme je le pensais fatigué par ce long voyage j'ai décidé de le coucher ici pour qu'il se repose. Il était voituré par Chris-Tian Vidal  (lien avec son blog) et comme il parlait une langue étrangère Chris-Tian lui a prêté ses mots . Chris-Tian est l'auteur d'un petit (par la taille) livre intitulé Carnets D'Asies qui a sa place sur le banc car il s'agit d'un voyage initiatique guidé par le Tao et la psychanalyse. Si vous voulez en savoir plus allez sur le blog de Chris-Tian. Et maintenant accueillons le voyageur. Ariaga.

HPIM4277_2.jpg

                           Photo et texte Chris-Tian Vidal

   "Bonjour, lecteurs de notre alchimiste. En fait, c'est pas tout à fait un banc. C'est un banc, oui mais à ses côtés, il y a deux chaises dont une chaise-poète. Cette chaise-là m'a tenu compagnie, l'été passé, en Mongolie. Ensemble nous avons contemplé, pendant de longues heures, la perle bleue des nomades, le lac Hüsgül, le petit frère du lac Baïkal, appartenant jadis à la Mongolie. On a entendu la tristesse de Hüsgül dépossédé de son grand frère Baïkal. Une tristesse freudienne de la perte. Ensemble, nous avons rêvé et d'autres à côté de nous sont venus s'asseoir. Tous, nous avons parlé le langage oublié, c'est-à-dire le langage des humains. Tant des nôtres l'ont perdu et c'est ce qui crée toutes ces détresses humaines. Alors, face au lac, j'ai lu des poèmes de François Cheng et de René Char. Ainsi, cette chaise-poète a appris la langue et la poésie françaises. Puis, je lui ai promis de revenir en été 2008 et de vilains ennuis de santé m'en empêchent. Elle a d'abord pensé que je n'étais pas un homme de parole puis elle su, comme le savent tous les bancs et toutes les chaises érudits. On m'a ensuite dit que la chaise récitait des poèmes et les nomades mongols ont été chargés de lui dire que je ne viendrais pas cette année. Elle en avait déjà eu la prescience, bien sûr. La chaise-poète en a pris son parti et elle entonne  ces vers à ceux qui prennent le temps de la contemplation; elle récite ces vers de René Char, et elle pense à moi et je pense à elle :

"A trop attendre,
On perd sa foi.

Celui qui part
N'est point menteur

Ah! le voyage
Petite source."

J'ai appris depuis peu, à travers un long chant mongol parti des steppes et parvenu à Toulouse, à mes oreilles, toujours à l'affut des bruits du monde  que la chaise-poète prenait son banc et son autre chaise et quittaient ensemble Hüsgül pour rencontrer le banc de l'alchimiste française Ariaga. Cette chaise-poète aime aussi la psychanalyse et depuis près d'un an d'attente, elle ne manquera pas d'en conter sur le banc de l'alchimiste Ariaga.

Voilà des instruments de pause-voyageurs, en partance pour le laboratoire-alchimiste, sans doute influencés par René Char...

Que tous les bancs du monde chez Ariaga viennent se retrouver et brisent ainsi les solitudes estivales de ceux qui restent sur place et de leurs petites sources donnent naissance à un malin petit lac limpide et rigoleur.

Après le banc de Noël, voilà une chaise mongole qui déclame en longues chansons mongoles les aphorismes des poètes français qu'elle a appris l'an passé.

Pouvez-vous lui offrir une petite place sur ce blog-ami ? Elle est généreuse, elle n'arrive point seule et ensemble nous pourrons tous nous asseoir, entendre la poésie, goûter à la beauté des choses, alors qu'à l'autre bout du monde nos frères mongols chantent encore le chant de la Terre et du départ et qu'ils le font accoucher du fond de leurs entrailles, les larmes aux yeux.

Merci pour eux.

Commentaires

Le banc et l'arrière banc étaient convoqués, oh pas au tribunal des flagrants délits , pour excès de vitesse, mais pour surcharge ...d'arrière trains . Ainsi après avoir plongé, au plus profond, de l'histoire des bancs, on peut rêver aux chaises à porteur d'antan.

Le mongol lit il mieux allongé sur le banc l'histoire du monde et celle de temudjin , pas un djinn celui là mais né avec une boule de sang dans le point , prémonitoire de grand destin et de futures victoires. Il prendra pékin où s'entassait déjà pas mal de pékins peu de temps après Bouvines!

Kubilai son petit fils jubila lui qu'omnubilait l'avancée vers l'ouest, step by step, mais steppes tout court sur des chevaux court de pattes que les pieds des guerriers en trainaient presque à terre.

Fresque que ces hommes montés et ces yourtes démontées, ces marées de chevaux (on dix que mille piétinèrent des jours la tombe de Gengis, le grand khan, détruisant les traces du campement à jamais avant que ne décampent les hommes aux arcs réflexes et qui n'en manquaient pas, pour couper des tête notamment.

Peut on dire à René, un des rois de la poésie contemporaine, "arrête ton char !", en pensant que son esprit de résistance puisse être annihilé d'un seul coup, lui le battant, qui ouvre tant de fenêtres ?

Écrit par : Thierry | 16/08/2015

Le banc et l'arrière banc étaient convoqués, oh pas au tribunal des flagrants délits , pour excès de vitesse, mais pour surcharge ...d'arrière trains . Ainsi après avoir plongé, au plus profond, de l'histoire des bancs, on peut rêver aux chaises à porteur d'antan.

Le mongol lit il mieux allongé sur le banc l'histoire du monde et celle de temudjin , pas un djinn celui là mais né avec une boule de sang dans le point , prémonitoire de grand destin et de futures victoires. Il prendra pékin où s'entassait déjà pas mal de pékins peu de temps après Bouvines!

Kubilai son petit fils jubila lui qu'omnubilait l'avancée vers l'ouest, step by step, mais steppes tout court sur des chevaux court de pattes que les pieds des guerriers en trainaient presque à terre.

Fresque que ces hommes montés et ces yourtes démontées, ces marées de chevaux (on dix que mille piétinèrent des jours la tombe de Gengis, le grand khan, détruisant les traces du campement à jamais avant que ne décampent les hommes aux arcs réflexes et qui n'en manquaient pas, pour couper des tête notamment.

Peut on dire à René, un des rois de la poésie contemporaine, "arrête ton char !", en pensant que son esprit de résistance puisse être annihilé d'un seul coup, lui le battant, qui ouvre tant de fenêtres ?

Écrit par : Thierry | 16/08/2015

correctif pas coercitif mais tiré...par les cheveux dans un hasard surprenant!

Il fallait lire dans le poing , pour Temudjin, quelle erreur!

Mais le point grossit qui devint un empire, le plus grand jamais fondé sans doute, mais pas sans mal.

Les kazakhes qui n'ont pas l'habitude de tourner casaques même face aux cosaques du grand ataman, mais aussi d'autres peuples chassent encore avec des aigles, dans l’Altaï.

me revient encore en mémoire ce livre "le milieu des empires" .

Il y a d'autres lacs d'altitudes poissonneux ; on dit qu'il y en a 20000 dans le massif de l’Altaï. Favorable à des haltes salvatrices et reconstituantes.

Trois son particulièrement cité, dans l’Altaï mongol

Le lac Teletskoïe, littéralement le « lac doré »,

Lacs Moultinskie -

Le lac Kuyguk

j'ai pu voir de magnifiques reportages sur l'autre flanc du côté ex soviétique avec le lac markakol si sauvage et protégé, oh pas une mer intérieure comme le Baïkal mais tout de même.

enfin il y a des histoires tristes comme celle de la malédiction d'une princesse aux restes retrouvés. http://fr.sputniknews.com/french.ruvr.ru/2014_12_07/Malediction-de-la-princesse-d-Altai-6308/?slide-1

Écrit par : Thierry | 16/08/2015

ARIAGA À TOUS, les déménageurs vont arriver et je vais plonger dans l'obscurité informatique pour un petit moment. Merci à tous ceux qui vont "vivre" la Laboratoire. Je vous embrasse amis connus et inconnus.

Écrit par : Ariaga | 17/08/2015

Gros bisous Ariaga, on pense à toi !!

Merci pour ce très beau texte dont l'auteur tient en effet un blog "indéchiffrable" pour mes yeux...

Et quant à vous, Thierry, salut, dont la plume de platine vole à travers les pages enchantées du net !

Écrit par : Aloysia | 17/08/2015

Avec leurs bras, avec leurs yeux, en salopette
il va falloir que cela pète si elle n'est pas prête
dans des cartons, la confection, et les onctions
et puis aussi la ponction, mais on verra à l'arrivée
la sanction

Ariaga le lien avec l'auteur nous donne des idéogrammes
et des maux de tête à la tonne

parfois la plume patine, ce n'est pas ma mère l'oie
mais dans le sud ouest on badigeonne les pastis
de sa graisse , c'est gouteux et si ...

pas de jeux avec le je , pas de vous non plus
mais la découverte d'un blog
quand la curiosité enfin vous pousse

Écrit par : Thierry | 17/08/2015

Les routes que bancs traversent ne sont pas des obstacles , tout au plus des carrefours de rencontres sur la route de la soie, sur la route de soi.
La rupture du train de banc, à supposer qu'ils se comportent comme des chenilles processionnaires ne provoquera pas la banqueroute mais...la débandade.

Un enfant s'exclamant auprès de son père "oh des bancs Dad ! " surpris d'en voir tant n'est assurément pas un habitué des bancs de morues.

Les rumeurs de l'arrivée des bancs les précédent souvent bien longtemps à l'avance.

Les chaluts des terre neuvas pouvaient bien se tendre alors dans les courants empoissonnés pour ramener le fruit tant convoité.

La brandade de morue pourrait fermer le ban mais de là à s'asseoir sur un tel plat qui bien préparé est si délicieux.

Écrit par : Thierry | 17/08/2015

Le banc voguait vers Tarbes , il avait pris des chemins détournés, longé la côte depuis l'île de ré et s'était aventuré dans l'estuaire de la gironde repaire des esturgeons d'aquitaine puis après s'être acquitté des taxes vers Langon avait marché vers la Garonne jusqu'à passer le pont canal à Agen avant que de se nourrir de souvenirs à Montauban, où personne n'était monté.

C'est à Toulouse que la halte avait été la plus grande , bien sûr il eut été plus direct de prendre la direction de Pau et de couper soit par les Landes ou par le Gers, mais sans houppelande point d'allure de berger, et puis les douces collines du Gers pouvaient donner le mal des transports à la longue.

La remontée vers saint Gaudens puis le plateau de Lannemezan n'avaient pas été des parties de plaisir pourtant en arrivant à Tarbes et ses champs de haricots le banc s'ébroua sans ruer pour autant.

Ainsi s'achevait depuis la Rochelle se nouveau déménagement vers le piémont Pyrénéens et les forges de Pyrène.

Ariaga touchait à son but, transportée d'aise.

Écrit par : Thierry | 18/08/2015

Cinq jours que tu es partie dans ta nouvelle ville. Elle est magnifique cette histoire de la chaise poètes. Le blog de Chris-tian, lui, ne fonctionne plus depuis quelques années. Mais cela ne fait rien, nous pouvons le retrouver ailleurs. Bon déménagement Ariaga.

Écrit par : elisabeth | 22/08/2015

Bon jour chère Ariaga,
Je découvre ce texte de notre ami Chris-Tian que je n'avais jamais vu, alors je te remercie , j'aime beaucoup ses écrits où il y a toujours une part de rêve ! Merci Ariaga et j'espère que tu t'en sors avec ton déménagement.

Écrit par : danae | 23/08/2015