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07/11/2006

C.G. JUNG et la chaîne d'or

Tout d'abord, je viens de m'apercevoir que je parle de C.G.JUNG, comme si tout le monde savait qui il était. C'est souvent ainsi quand on est "amoureuse" de quelqu'un. Pour aujourd'hui je vais le situer dans le temps  : 1875-1961.

En alchimie, l'aurea catena ou chaîne d'or est la lignée des grands sages commençant par Hermès Trismegiste qui relie le ciel à la terre. C'est aussi l'enchaînement des états de la matière au cours du processus alchimique. Je pense que C.G. JUNG est un maillon de cette chaîne qui symbolise ceux qui n'ont pas eu peur d'entreprendre un dangereux voyage de découverte entre les deux pôles reliant la matière à la psyché. Il a toujours "ressenti " que l'homme n'est pas seulement fait de ses aspirations les plus élevées mais que, même s'il a perdu le vieil apendice caudal des sauriens, il conserve une solide chaîne accrochée à son esprit et le liant à la terre. De plus, son incessant questionnement, ses décénnies de patientes recherches, la mise en jeu de son "âme" au moment de son affrontement avec l'inconscient, tout ceci contribue à l'intégrer en tant que maillon de cette chaîne.

La terrible confrontation de C.G. JUNG avec l'Inconscient, vers la quarentaine, confrontation qui faillit lui faire perdre la raison, provoqua de longues et profondes répercussions. A partir de cette époque, pendant une vingtaine d'années, nombre de questions se posèrent à lui d'une manière obsédante. Une des plus obsédante était : "Où se trouvent mes prémisses, mes racines dans l'histoire ?" Il pensait que, sans antécédents historiques, ce qu'il avait retenu de ses expériences sur lui-même et de sa pratique avec ses patients resterait une série de cas isolés, sans aucune continuité permettant de fonder une théorie. 

De 1918 à 1926, il avait très sérieusement étudié les gnostiques qui lui semblaient avoir, à leur manière, rencontré l'inconscient profond. Ils avaient été confrontés, comme lui- même, à des re-présentations  exprimant le monde des instincts. Cependant il n'était pas satisfait car il pensait que ce qui nous est parvenu des gnostiques avait été transmis et souvent falsifié par les Pères de l'Eglise. De plus ces écrits étaient trop éloignés dans le temps et il avait l'impression que la chaîne était rompue. C'est pourquoi il lui fut, pendant longtemps,  impossible de trouver le lien entre la gnose et le présent. De plus, l'interprétation de ses propres rêves et de ceux de ses patients, surtout quand il s'agissait de séries de rêves, lui avait donné à penser que le symbolisme qu'ils véhiculaient etait trop fort, et aussi trop obscur, pour ne pas plonger ses racines très loin dans le temps. 

L'obstacle qui empéchait C.G.JUNG d'aller plus loin dans ses recherches était l'impossibilité de généraliser. Il avait besoin d'un outil d'interprétation fiable quand il interprétait des rêves. Il devait dépasser le stade des explications à partir de la vie courante ou refoulée du patient. La mythologie, l'histoire des religions, celle des sociétés, lui avaient fourni des éclaircissements. Pourtant, une difficulté surgissait au moment où il devait expliquer la présence dans ces rêves de symboles, à la fois "vivants" et très archaïques, se manifestant régulièrement, sous des déguisements divers, au cours de séries de rêves. 

La découverte des textes alchimiques, surtout quand leur sens apparut enfin à C.G.JUNG, (ceci est toute une histoire, pour une autre fois), fut une révélation : celle de la continuité d'une chaîne, passant par une gnose combattue et refoulée par l'Eglise, qui avait dans les rêves contemporains une présence très forte mais aussi très difficile à expliquer. Ce n'est qu'après un long décryptage des traités alchimiques que lui vint l'intuition d'avoir retrouvé le maillon perdu de la chaîne : L'alchimie du moyen âge, en tant que PHILOSOPHIE DE LA NATURE, était peut-être ce pont, qu'il recherchait tant, entre la gnose et la psychologie de l'inconscient. 

 

 

 

Commentaires

L'alchimie étant elle-même aussi difficile à décrypter que la gnose, a-t-il utilisé un autre "chaînon" pour relier cette connaissance à la psychologie moderne ?

Écrit par : Arianil | 08/11/2006

bon, là j'ai beaucoup mieux compris, mais alors il va qd mm falloir que je relise une petite dizaine de fois avant de commenter ..

Écrit par : ambre | 07/01/2008

Très intéressant. Merci d'avoir mis un lien vers ce texte, d'autant que je suis en pleine étude sur ce sujet (gnose) et effectivement comment ne pas chercher un rapport avec l'inconscient pour un psychanalyste. Moi qui n'en suis pas un, je cherche quand même un "rapport" pour tenter de découvrir une "clé". L'évangile de st-Thomas (gnostique), cite Jésus disant que "le royaume est intérieur aussi bien qu' extérieur" : le royaume semblant être "le lieu du Père", le Père pouvant être rapproché à l'inconscient, mais bien plutôt au Soi ... Quel serait ce pont ? Un langage ? De quelle forme ? Faut-il un pont ? Qu'est-ce qui fait que l'on ressente cette "distance-séparation" ? Est-ce un défaut de sens ? SI j'avais toutes ces réponses ... Je verrais l'alchimie comme un outil ... plutôt qu'un pont ... mais , j'attends avec impatience très prochains posts !

Écrit par : guelum | 08/01/2008

//fonder une théorie. //

Fondons une théorie vous et moi et quelques autres.
Comme une cloche,
en bronze.

Écrit par : r_i_d | 09/01/2008