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03/07/2007

La faille spatio temporelle

     Aujourd'hui, sur le banc, déja entourée de quelques amis, je me dis qu'il est vraiment reposant de sortir du réel pour ne plus vivre que dans l'imaginaire. Je me sens comme dans un livre de Science fiction, Philip.K.Dick de préférence.
     Cette évasion de la prison du temps et de l'espace a des conséquences pratiques dans la vie " normale " du Laboratoire. En effet, j'ai mes petites habitudes qui sont vite devenues des contraintes auto infligées. Mon texte doit être " expédié "pour 17 Heures. En vertu de quel décret, je ne sais.
     Tout cela va changer pendant les "vacances dans la tête". C'est normal puisque l'espace et le temps n'existent plus. Un texte le matin ? l'après midi ? tard le soir ? pas du tout ? Je vais lézarder dans la faille spatio temporelle et comme on n'est pas obligé de bronzer idiots je vous offre les toutes premières lignes d'un livre de Clément Rosset, un philosophe vivant (eh oui ! cela existe ). Il s'agit de Le réel et son double (ed.Gallimard). J'aime beaucoup mais vous n'êtes pas obligés de lire...
     Rien de plus fragile que la faculté humaine d'admettre la réalité, d'accepter sans réserves l'impérieuse prérogative du réel. Cette faculté se trouve si souvent prise en défaut qu'il semble raisonnable d'imaginer qu'elle n'implique pas la reconnaissance d'un droit imprescriptible - celui du réel à être perçu - mais figure plutôt une sorte de tolérance, conditionnelle et provisoire. Tolérance que chacun peut suspendre à son gré, sitôt que les circonstances l'exigent : un peu comme les douanes qui peuvent décider du jour au lendemain que la bouteille d'alcool ou les dix paquets de cigarettes - " tolérés " jusqu'alors - ne passeront plus.  Si les voyageurs abusent de la complaisance des douanes, celles-ci font montre de fermeté et annulent tout droit de passage. De même, le réel n'est admis que sous certaines conditions et seulement jusqu'à un certain point : s'il abuse et se montre déplaisant, la tolérance est suspendue. Un arrêt de perception met alors la conscience à l'abri de tout spectacle indésirable. Quant au réel, s'il insiste et tient absolument à être perçu, il pourra toujours aller se faire voir ailleurs.
    Bon début de vacances dans la tête
        Ariaga.
 
    
 
 

Commentaires

Toi en lecture, moi en peinture ... en même temps - puisque le temps se plie à notre désir ;-) ... et le double, la tolérance, la légèreté de la vacance au rendez-vous ... Il fait bon sous ton arbre ;-)

Écrit par : Kaïkan | 03/07/2007

oui, belle vacance à toi, tout est là, à portée de main, de regard, de sensation, je t'embrasse

Écrit par : Ray | 03/07/2007

Excellent incipit de livre. Et excellent sujet. Je sens qu'il va bientôt faire partie de ma liste de lecture...

Bien à toi.

Écrit par : Nathanael | 04/07/2007

Réel de res pas rex

Écrit par : phyta | 04/07/2007

Bonjour Ariaga. La vacance n’est-elle pas une disposition à accueillir ce qui EST, un peu plus que d’habitude ? La tolérance de votre philosophe frise l’intolérable. De quel décret disposons nous pour décider, juger et censurer ce qui advient ? Quel est ce pouvoir imaginaire ? Quel est ce « multipass » du déni, cette justification du refus. Ne faut-il pas retourner la proposition et voir que c’est le Réel qui tolère notre mauvaise volonté à le reconnaître comme plus grand que nous et indéfiniment incontrôlable. C’est une question de point de vue. La perspective du banc est accueillante. Bises d’été mouillé.

Écrit par : djaipi | 04/07/2007

La discipline me permet d'avoir les vacances en permanence dans ma tête, surtout quand je tolère mes pensées à être ailleurs.

Écrit par : le_peintre | 04/07/2007

Comme d'habitude la synchronicité .. je n'avais pas encore lu cette note quand j'ai envoyé le mail.

Écrit par : cile | 04/07/2007

La faille spacio-temporelle, c'est tout simplement excellent comme expression !

Écrit par : yubai | 05/07/2007

@ Kaïkan C'est bien que tu aies vu un arbre à côté du banc, je vais en chercher un moi aussi.

@ Ray,vu ta capacité d'écriture et d'imaginaire tu ne dois pas avoir de mal à partir en vacances avec moi.

@ Djaipi, Clément Rosset, tel que je le connais n'aimerait pas que l'on dise qu'il est le philosophe de qui que ce soit. Ce n'est donc pas "mon"philosophe. C'est quelqu'un de très paradoxal (il plairait beaucoup à NeD) capable de dire une chose et son contraire. On ne peut donc juger de ses écrits à partir de quelques lignes qui me semblaient avoir leur place dans le monde de "non réel" qui s'installait sur ce banc. Pour ce qui est des bises mouillées je vous en fais de venteuses et trempées.

Écrit par : ariaga | 05/07/2007

@ le peintre, merci de venir me visiter sur mon banc, et d'y mettre la couleur.

@ Cile la synchronicité n'est pas toujours au niveau matériel. Bises.

@ Yubai, merci mais j'ai du lire cette expression quelque part dans un livre de S.F.

Écrit par : ariaga | 06/07/2007

je trouve fort présentable mais toutefois déjà testé sur le plan physique faisant planer comme sur celui de l'astral. Bien-sûr, il est autant de mesure que de démesure d'y songe dans ce cas de figure quand on se retrouve sur une plage, à la montagne somme toute détendu vers une fantaisie nouvelle. Le sommeil aussi permet ce phénomène grandissant de joie.

Écrit par : othello | 04/07/2012