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29/10/2007

Retour sur l'Alchimie Spirituelle

   Ce texte intitulé "l'Alchimie Spirituelle au quotidien" date de décembre 2006. Aujourd'hui, j'y ajouterais que dans le creuset que représente ce blog s'ajoute à ma propre évolution celle de ceux qui m'ont laissé des commentaires. Ils meurent, renaissent, sont pétris d'ombre ou de lumière. C'est aussi grâce à eux que j'évolue.
 

   "L'alchimiste, théoriquement chrétien, du Moyen-Âge était panthéiste et pensait que l'énergie de Dieu se manifeste du plus minuscule au plus immense et que la Nature est imprégnée de cette énergie divine. Il était aussi convaincu que l'homme participe de cette nature divine et que seul le mélange en lui de qualités opposées l'empêche d'être parfait. C'est pourquoi l'alchimiste "philosophe de la Nature"ne cherchait pas seulement à transformer la matière vulgaire en or, c'est lui même qu'il voulait faire évoluer. Cette recherche a fasciné C.G.Jung car elle illustrait son idée d'un processus d'individuation conduisant un être humain vers sa totalité, son unicité. Mais mon propos, aujourd'hui, n'est pas de vous décrire les règles où les processus, aussi poétiques et culinaires soient-elles, des phases du processus alchimique mais de situer l'alchimie spirituelle au quotidien.

   L'alchimiste, inlassablement, expérimentait sur une matière qu'il espérait voir se transmuter. Il en est de même pour nous. Chaque nuit, en rêves, chaque jour par l'action quotidienne, nous évoluons. Nous nous transformons ou, plutôt, nous nous laissons transformer. C'est là, à mon avis, qu'intervient l'alchimie spirituelle : ne pas subir, mais agir. Être son propre feu. Nous sommes un creuset, corps et esprit, et c'est à nous d'y accomplir le Grand Oeuvre. Il s'agit du travail de chacun mais je crois qu'il y a deux principes de base. 

   D'abord, admettre que nous avons un corps, que c'est un des matériaux de l'Oeuvre  et ne pas chercher à "s'échapper par le haut".  Ensuite, admettre notre "ombre" et les "nuits noires de notre âme". C'est à partir du plomb, et même du fumier, disent les alchimistes que l'on peut, par un lent travail de purification, et avec l'aide de Dieu, retrouver l'or originel.

   Si on sait recueillir ce qu'il y a de plus sombre en soi et le mettre dans le creuset, le travail peut commencer. Quand j'ai "accepté vie quotidienne"ce que certains appellent péché et moi défaut, je ne vais pas avoir de remords mais rechercher l'or de ce défaut, c'est à dire la qualité opposée. Par exemple, si je suis affreusement goinfre, je ne vais pas culpabiliser et avoir des remords. Je vais essayer de transmuter cette goinfrerie en la qualité d'être un "fin gourmet". Si je suis terriblement menteur, je vais transmuter cela en un talent de conteur.

   Tout cela demande beaucoup d'efforts, regardez comme, certains jours, mon creuset sur ce blog est rempli de matière sombre, mais j'essaie et j'essaierai encore. C'est cela, pour moi, l'Alchimie Spirituelle quotidien."

       Ariaga

 

Commentaires

Merci pour ces observations, c'est simplement dit et facile à comprendre.

Écrit par : le_peintre | 30/10/2007

qu'entends tu par"ne pas chercher à "s'échapper par le haut". "?

Écrit par : muse | 30/10/2007

ah ! Enfin un bon blog qui sort de l'ordinaire et qui a du contenu et de la tenue !
A bientôt de mes visites futures,

Écrit par : Libre Vent | 30/10/2007

L'expérimentation, une fois reconnue comme telle, me semble un processus permanent.

J'ai l'impression que cela ne prendra fin qu'avec ma propre fin. Cette perspective ne me décourage pas, au contraire. La vie vécue ainsi appelle à une attention de chaque instant.

C'est parfois dérageant, souvent fatiguant, mais c'est toujours passionnant. Ne serais-ce pas cela une vie vraiment "vécue" ?

Écrit par : L'Arpenteuse | 31/10/2007

Je reprends la question de muse...L'idée d'un coté obscur et d'un coté brillant est fameuse ! Par certains aspects, cela rappelle le "Deviens ce que tu es" de Nietzsche ?

Écrit par : yubai | 31/10/2007

@ Le Peintre, merci rien ne peut me faire plus plaisir que le mot "simple " à mon sujet. Je sais que parfois c'est difficile d'être simple mais j'essaie, même si je n'y parviens pas toujours. Je crois d'ailleurs que les grandes phrases et les mots compliqués habillent souvent un grand vide.

@ Muse, pour moi, chercher à s'échapper par le haut c'est refuser d'accepter son "incarnation" et trouver des tas de raisons soi-disant mystiques pour échapper à la vie ici et maintenant.

@ Libre vent, merci pour ta visite et pour le compliment. Je ne suis pas assez modeste pour y rester complètement insensible.

@L'Arpenteuse, j'aime ta définition de la vie vraiment vécue. Elle m'aide à répondre à Muse.

@ Yubai, le "deviens ce que tu es " de Nietzsche a beaucoup inspiré Jung et son processus d'individuation qui est un cheminement vers la totalité latente de l'être. Je compte dans l'avenir (mais il y a tellement à faire avant...) essayer de montrer sur le blog les liens entre la pensée de Nietzsche et de Jung.

Écrit par : ariaga | 02/11/2007

Très parlant. Je vais de ce pas y réfléchir dans mes pages...

Écrit par : Kerleane | 03/11/2007

Je ne suis pas coupable de ma nature. Je ne suis pas un condamné de droit commun.

Et même si je ne cherche pas à me transformer, à transmuter, même si je ne cherche pas à agir mais à laisser faire, je ne serai toujours pas coupable.

Je n'ai pas non plus de scrupule à jouir de ma nature.

Je suis un humain.

Je peux avoir honte de moi ou être fier, qu'importe, je peux vouloir aussi connaitre l'absolu, le rêver peut-être, qu'importe, qu'importe ce que je fais, qu'importe ce que je vaux, qu'importe les jugements de ma personne, ils ne peuvent entâmer ce que je suis, mais encore moins CE QUE JE VEUX ETRE.

Écrit par : paradox | 04/11/2007