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13/05/2016

Un rapt photographique

 

écriture,poésie,alchimie,photo,art,éphême

 Photo et texte Éphême

 

1 mai. Temps superbe, ballade imprévue avec gaufre au Jardin Massey. Nous rentrons paisibles vers les écuries d’Ariaga du côté des Haras, la virée est finie, ma sorcière de sœur vient de me redonner l’envie de créer, bloqué depuis des mois, en me confiant son appareil, et j’ai mitraillé tout mon saoul.

 Un éclair sans lumière me fige:

 Je ne prends pas cette image, c ‘est elle qui me prend, happé à tel point que je n’en fais qu’une, que je ne retouche en rien car elle est du monde des esprits. Je passe sans rien regarder ni penser à rien, je suis dans le rien, à côté de ce ruisselet entre deux buissons. Je fais deux mètres. Soudain retour en arrière en allumant l’appareil et un cadrage instantané que je n’ai pas voulu. 20 secondes. Je suis aspiré par une fraction d’éternité, bringuebalé dans la fusion des mondes. Noyaux bouillonnants de ma galaxie intérieure rongée de trous noirs, bulles d’acier dans leur laitier de soleil en fusion, imbibées de bave de crapauds mayas, de pustules des sorcières nordiques, de djinns carbonisés se cloquant dans la fournaise du désert, cette image du chaudron alchimique me prend à l’abordage, entortillé dans les grappins de ses phantasmes et mystères insondables.

 Et puis une fois dans la boîte, elle m’a lâché, curieusement serein.

Je sais qu’un bout d’univers m’a enveloppé, un de ces instants rares que seules peuvent donner les extases si semblables des prunelles de l’orgasme ou de la foi.

Je vous l’envoie. Puisse-t-elle vous apporter quelques éclats des Cosmos intérieurs.

Éphême

Commentaires

ARIAGA À TOUS, "ma sorcière de sœur" dit Éphême, je lui laisse la responsabilité de ces propos. En tous cas, après une période difficile sur le plan familial, je suis heureuse de voir que, grâce à une petite astuce de ma part, l'inspiration qui le fuyait depuis une bonne année, est revenue le visiter.

Écrit par : Ariaga | 13/05/2016

Il faut parfois de grands vides (d'inspiration) pour laisser la place au "plein" (d'inspiration sublime) grâce à l'étincelle (d'Ariaga). De deux êtres réunissant leurs esprits créateurs, l'ultime surgit avec fulgurance.

Écrit par : Francine | 13/05/2016

Merci FM d'avoir extrait de la gangue la pure lumière du gemme que j'aime
transparence intérieure, plus hanté de l'intérieur, la lumière passe à nouveau , il y a des vides pleins , ce sont plutôt des creux d'ailleurs où le relief manque, pas après des festins.
Ce n'est pas un orage d'acier mais puisque tu mitrailles je te titille, comme le shrapnel de service !
Ce chaudron en rafale, pas un caudron, mais sur les ailes du plaisir il nous met
le duo stimulant montre les bienfait de la grégarité, se rassembler c'est aussi se centrer, se positionner, se trouver, se retrouver
les moments éprouvants ne font qu'accroitre notre sensibilité au monde, après si nous imprimons sur la pellicule, tant mieux.

Écrit par : Thierry | 13/05/2016

Voilà un texte fichtrement bien écrit et qui met des mots sur ces expériences - rares mais intenses- et que racontent parfois les photographes dans leurs livres ! Oui bien sûr Ariaga, cela me parle…

Écrit par : Louis-Paul | 13/05/2016

Occulus pas occlus mais bien inclus, inclusif, pas exclusif mais presque
révélation instantanée qui ne fixe rien de bien sans intuition
on regrette l'absence d'écriture de FM qui possède en plus de ses talents
de peintre illustrateur, des trésors qu'il nous livre avec parcimonie
quel dommage, alors que cette reprise soit annonciatrice de lendemains qui chantent et nous enchantent !

Écrit par : Thierry | 13/05/2016

Un texte éblouissant pour une photo des plus déconcertantes... Si le cloaque quant à moi ne m'inspire guère, les propos d'Ephême me transportent. Merci pour ce moment intense.

Écrit par : Aloysia | 13/05/2016

le cloaque claque ad hoc sans trinquet ni sans phoque
et si bat la breloque de l'image qui surnage
c'est une belle prime en sorte pour ceux qui opinent

Écrit par : Thierry | 13/05/2016

il arrive qu'un miroir se tende à nous, à nous seul, pour nous montrer ce que les autres ne voient pas. Beau texte et belle image, j'ai pensé chaudron de sorcière, et l'étincelle de Francine m'a tiré l'oeil à son tour.
Je suis entourée de ce mot et je ne sais pas pourquoi.

Écrit par : la Mère Castor | 13/05/2016

C'est une surprenante photo qui attire. On peut imaginer toutes sortes de choses en la regardant. Merci pour ce petit tour avec Ephême. Bon week end à vous deux.

Écrit par : elisabeth | 13/05/2016

Un léger clapotis sur la surface verdâtre, un oeil sans pupille, une bave blanche mousseuse l'alien s'éveilla le fretin changea de suite fini la tranquillité Maître esox reprit son activité prédatrice .La blanchaille avait fui sous les herbiers.Immobile le requin d'eau douce attendait sa proie

Écrit par : lecracleur | 13/05/2016

Lorsque le diable sort de sa boite, ses sœurs se réjouissent... Vive la lumière d'Ephème !

Écrit par : Une autre sorcière | 13/05/2016

instant tanné sur le parchemin par le chemin de traverse
quand l'idée même confuse me meut et m'agit
rien ne sert de décrire il faut juste sentir
même confusément, confucéen pourquoi pas
les appâts qui se mirent ne nous mirent pas en déroute
ne passez pas votre chemin, passants, oyez !

Écrit par : Thierry | 14/05/2016

Vision cosmique, bouillonnement, comme dans certains rêves informes qui interrogent sur leur sens.
Un bonjour à la "sorcière de soeur"....toujours à son chaudron alchimique...
Un sourire aussi...

Écrit par : Hécate | 14/05/2016

J'aime beaucoup ce texte! Sauf que je n'avais pas fait attention à la précision du départ et que j'ai d'abord cru que c'est toi, Ariaga, qui écrivais. J'étais surprise de trouver une faute ("bloqué depuis des mois"). A la deuxième faute d'accord je me suis dit, c'est pas possible de la part d'Ariaga! :-)
Et j'ai relu depuis le début.............. ;-)
ça m'apprendra à aller trop vite!

Belle journée !

Écrit par : Ambre Neige | 15/05/2016

Un joli texte, riche de mots "bouillonnants". Pour la photo, je ne sais que dire mais je ressens les émotions qu'Ephême a du avoir en la captant.

Écrit par : Daniel | 15/05/2016

Heureuse de lire à nouveau Ephême. Styles complémentaires et dualité de talents. Quelle belle lecture, je me suis laissée bercer par vos mots.

Écrit par : Sedna | 15/05/2016

J'aime beaucoup, et ce texte, cette expérience, cette photo-témoin et ce blog !!!!

Écrit par : Nath | 16/05/2016

expérance comme une expérience au pays de l'espérance

bien sûr l''expert se rince...d'abord l’œil
mais ce bouillon de culture fait sauter à l’œil... les paramécies
à cette école de la rue, du trottoir et des cloaques
il y a au vent plus d'une bannière qui claque
nous ne sommes pas encore république bananière
celle dont on ne se fiche pas ...dans les circuits électriques
ah oui ce marigot dont sortent les crocodiles
monstres antédiluviens qui s'étripent à qui mieux mieux
ne pas confondre avec les coccolithes, rien de copro
mais une autre musique des sphères, pas si dures mais anciennes

FM nous propulse, mais les flagelles sont invisibles
et pour ce qui est des libelles on donne dans le risible
car on ne saurait touiller la mare à moins d'être inflexible

ordo ab chaos
la vie sort du caniveau
on n'est pas pressé
il suffit d'attendre

Écrit par : Thierry | 16/05/2016

C'est fou comme au delà des échelles
les infinis peuvent se connecter
miroir du grand au petit
microcosme / macrocosme
les modèles sont là , les extensions les tendent

Écrit par : Thierry | 16/05/2016

@ ARIAGA À TOUS, je vois que la résurrection de l'imaginaire de Éphême a eu du succès et je m'en réjouis. J'espère qu'il ne va pas retomber dans le fond du chaudron !

Écrit par : Ariaga | 16/05/2016

Grand merci à tous.Vous avez failli me faire rougir avec vos commentaires si gentils. Je suis ravis que certains plongent dans une certaine perplexité, c'est le but de cette note.... et de la suivante qui arrivera bientôt, migotant dans les méandres de mon petit ruisseau cérébral puis se distillant dans la cornue des doutes...
Pour information: L'idée de plonger dans les verrues de ma photo ne fait pas partie de mes phantasmes...

Écrit par : ÉPHÊME | 16/05/2016

Après l'ascension et la pentecôte, le retour d'Ephême nous comble
avant que les stades ne deviennent des chaudrons et que les ventes
d'écran plat ne s'envolent !
Il y a avait la mare au diable, et tu te plais à jouer au diablotin, alors si le carmin décore tes joues quoi de plus normal.
On espère avant de se délecter , moi je pensai à des yeux de bouillon
micelles m'étaient contés !
Bonne soirée à vous deux.

Écrit par : Thierry | 16/05/2016

Thierry, j'ai bien ri avec ton texte. Merci.

Écrit par : ÉPHÊME | 17/05/2016

Bonjour Ariaga, j'adore le cliché et surtout, surtout, la manière dont tu en parles ! Et que dire de cet instant ou tu fus comme aspiré par une fraction d’éternité au moment de presser sur le bouton "clic" . C'est chic et c'est une réussite !

Écrit par : Jerry OX | 17/05/2016

éclats bien reçus et appréciés.
bravo !
arielle

Écrit par : arielle textes et poésies | 17/05/2016

le rapt se dit mais pas en rap,
ce n'est pas une trappe pour un bal,
un wrap pour un déjeuner sur le pouce,
non dans ce cas niveau on se la coule...douce...amère
pas d'aménuité car la nuit les rêves berbères ne suffisent pas
à allumer des chants d'elles dans ces gargouillis de saumure
quand les talons claquent dans la flaque le tressautement marque
pourtant les étalons ne sont pas loin qui éclabousseraient bien plus
le rapt à tout va, à l'encan, à la volée
voilà un idéal pour une brise de vue

Écrit par : Thierry | 19/05/2016

Angéliques sont ces brins
qui dans les bulles verdoyantes
semblent tisser
un nid, un pont,
en frêle esquif qui esquive
mais ne retient rien
et dans l'émeraude de vos nuits
quand sourit la pierre de lune
et que s'amassent à la brune
les globules qui éclatent
en un paysage laiteux à souhait
l'êtes vous au parfum
à condition d'être au ras du sol
dans la fumure et les embruns
de la terre empruntés
dans l'humus sans tumulus
sans tumulte qui rend adulte
là où bloblote un jus d'infortune
où tout se termine sans cabine

Écrit par : Thierry | 20/05/2016

@ Jerry OX, tes compliments me flattent beaucoup pour le laboratoire mais texte et photos sont de mon frère Éphême et non de moi qui suis en ce moment une vraie taupe !

Écrit par : Ariaga | 20/05/2016