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06/09/2007

Le serpent qui se mord la queue

   L'ouroboros, un des plus fameux symboles hermétiques, prend l'apparence d'un serpent ou d'un dragon, parfois d'un poulpe. Il dévore sa queue et c'est probablement , selon C. G. JUNG, un des plus anciens symbole pictural de l'alchimie que l'on connaisse par des documents. Vous en trouverez des représentations sur les sites spécialisés d'alchimie et certainement chez Djaipi, une véritable mine iconographique. Le Codex Marcianus, qui date du X° ou XI° siècle, en comprend une illustration avec la légende " l'Un, le Tout ". Jung écrit à la page 377 de Psychologie et alchimie :
     "Les alchimistes répètent sans cesse que l'opus naît de l'Un et ramène à l'Un, que c'est en quelque sorte un cercle semblable à un dragon qui se mord la queue. C'est pourquoi l'opus était souvent appelé circulare (circulaire) ou rota ( roue)."
   Jung donne en note un texte extrait du Rosarium qui est très démonstratif de l'idée que se faisaient les alchimistes d'une totalité sous-jacente à la multiplicité du réel :
     " Concentre  donc ton attention dans l'oeuvre de la nature, sans prétendre t'occuper tantôt de ceci, tantôt de cela, car notre science n'est pas pour s'accomplir dans la multiplicité des choses. Quelle que soit en effet la diversité des vocables, il s'agit pourtant toujours d'une seule et unique réalité, et c'est de cette réalité toujours la même...
Il ajoute cette phrase de Morenius citant l'empereur Héraclès :
     "Notre art procède à l'origine d'une racine unique, qui dans la suite se développe en une pluralité de choses, et qui retourne de nouveau à l'unité ".
   L'ouroboros, en tant que forte allégorie de la double nature du Mercurius (mercure) alchimique unissant en lui tous les opposés, se rattache à cette totalité. La représentation alchimique du serpent-dragon-hermaphrodite qui se dévore se féconde et s'auto-ressuscite est à la fois une image des contraires et un symbole de leur union.
       Ariaga
 
 
  

Commentaires

Sur mon banc de nage, penchée sur mes rames à tirer jusqu'à la douleur, essayant d'extirper du fond de mon moi les souvenirs anciens pour en faire le levain de demain, à la recherche de tous ces opposés, composantes inexorables de ma vie, je reviens vers le troupeau , ne croyant plus en grand chose...Tout ne serait-il que mensonges?

Écrit par : muse | 06/09/2007

Même si le ton est un peu désabusé, je suis ravie de te voir sortir de la Nuit Obscure, surtout sur un texte un peu difficile. Je t'embrasse.

Écrit par : ariaga | 06/09/2007

Je crois que l'ouroboros va rester hermétique pour mes pauvres neurones... :-)

Écrit par : aliscan | 06/09/2007

Symbole de vie incarnée dans son cycle, de renaissance et de continuité, le tout en un... ourobouros

Écrit par : Anna | 06/09/2007

Parfois, nous adoptons la façon de faire de l'ourobouros, en nous enfermant dans notre propre cercle, est-ce parce que l'on s'y sent bien, un peu comme un foetus dans le ventre maternel, ou bien pour nous protéger du monde extérieur...?
J'y vois une opposition entre le bien être et le mal être, entre la sérénité et l'inquiétude...! En fait un peu comme le Yin et le Yang… !

Écrit par : grainsdesel | 06/09/2007

ne faut-il pas toujours continuer à se battre, à y croire et à espérer... et tout n'est pas mensonges non...
bonne nuit ariaga !

Écrit par : marie.l | 06/09/2007

Hohé ! C’est djaipi du fond de la mine, chère Ariaga je suis désolé je n’ai pas d’Ouroboros en réserve, mais si vous insistez…
Plus sérieusement, votre billet est fort, et la valse de la dualité est un vrai sujet de méditation, musclé. Je sens que vous n’allez pas tarder à nous parler du Mysterium Conjunctionis
Bises chymiques

Écrit par : djaipi | 06/09/2007

il me semble qu'il manque un petit quelque chose sur l'ouroboros, c'est que c'est aussi le symbole de l'histoire qui se répète, des cycles auxquels on n'échappe pas, de l'humain qui tourne en rond...

Écrit par : merlin | 07/09/2007

Tourner en rond, les cycles quels qu'ils soient, le symbole de l'infini, le cercle sans fin que d'images du point de non-retour malgré l'inévitable retour aux sources.

Écrit par : Lhuna | 07/09/2007

Ariaga je t'enverrai un dessin de Loisel (je viens de relire la monographie sur lui datant de 1993) représentation non alchimique et non hermaphrodite mais qui se dévore quand même et qui peut toujours remonter le moral à ceux qui sortent dela Nuit Obscure ou qui seraient perdus face à l'Ouroboros
Un dessin que même Djapi n'a pas sur sa jonque (aux risques et périls de ceux qui le regardent ;-) )

Chaleureusement et avec humour

Écrit par : Lung Ta | 07/09/2007

Ouroboros : saṃsāra, (संसार terme sanskrit signifiant « ensemble de ce qui circule »),cercle vicieux,roue du Temps...

Difficile de réaliser l'union des opposés et donc l'unité !!
" 1 " est " 2 " n'est pas !

A+

Écrit par : Milko | 07/09/2007

Merci Ariaga!

Écrit par : Bona | 07/09/2007

Comme le disait mon "pays" Alphonse Allais :

"Tout est dans tout... Et inversement !"

;-)
Mulciber

Écrit par : Mulciber | 08/09/2007

J'ai pris un de es retard pour les réponses aux commentaires ! J'ai des excuses mais elles sont trop personnelles pour vous intéresser. Merci quand même à @ Aliscan, Anna, Grainsdesel, Marie.l, Djaipi, Merlin, Lhuna, Lung Ta, Milko, Bona et Mulciber. Je les embrasse tous et je vais essayer de repartir sur de bonnes bases...

Écrit par : ariaga | 09/09/2007

L'Ouroboros, Unité absolue de toutes choses, s'oppose à la dualité originelle, mâle et femelle, et surtout bien/mal. Il implique l'unité de ces principes. AInsi il est l'ordre total des choses, au dela de notre considération. Il est l'ordre du monde, à un niveau d'abstraction supérieure. L'Ouroboros est l'antilope se faisant dévorer. Il est l'Ordre de la Nature, le cycle, tous les cycles. Il est le Tout de l'univers.
Nous sommes les même poussières d'étoiles. Nous nous nourrissons de l'Univers, le régénérant en permanence à travers notre corps. Nous sommes lui. L'univers a un ordre où chaque chose est liée aux autres. Il suffit de regarder. La terre se renouvelle en permanence. Tous les animaux se mangent entre eux en un cycle infini. L'Ouroboros nous enseigne que la création n'est pas possible sans le chaos. La vie (du lion) sans la mort (de l'antilope). Il dépasse cette dualité, présente pour certains éléments, mais non pour tous. Ainsi l'ouroboros nous montre que chaque chose est cyclique, unie, immortelle. Un homme invoquant l'Ouroboros acceptera l'unité de son être avec l'environnement, les énergies qui le font vivre (température, rayons du soleil, combustion dans ses cellules de l'environnement ingéré et de l'air), l'intégration des cellules de l'environnement dans son corps. Les limites de l'individu s'estomperont, le monde sera en nous et nous serons en le monde.
Chaleur de la Terre, énergie de l'eau. Les énergies internes s'alimentent des énergies externes.
L'homme peut alors sentir l'agape de la nature, l'amour pour le monde entier. Amour de cet ordre pur. Rien n'est hasard.
Alors comment l'homme peut il retourner au béton et à la crasse, à la misère et à la solitude ? Au mépris de ses besoins ? Demain il ira prostituer ses battements de coeur qui ne joueront qu'une fois chacune des notes de sa partition. Une partition d'1 milliard de battement. Au dessus ces battements jouent faux, l'orchestre est fatigué. Même les cuivres ne jouent plus. Les reines de son orchestre ont cassé son entrain. Il sait qu'elles veulent qu'il ait une belle voiture pour les emmener faire du shopigne dans les hangars.
L'ouroboros te donne cette force lovée dans le sacrum.
Pour cela il faut déclarer son abnégation pour lui, sa reconnaissance comme étant soi, et soi étant lui. Il est vie, naissance, renaissance. Ainsi doit il être gravé entre l'entrée de la vie, de l'univers en toi à tes premiers jours (nombril) et ton cadeau à l'univers, la vie qui sortira de toi (sexe).
Nos sommes un, unissons nous. A bas le dieu Argent.
Vive la nature, vive la Vie. Protégeons les, le combat est rude, cessons de nous cacher les yeux, les oeillères du confort ont tellement inscrit cette passivité en vous. Manifestons notre refus de sa destruction. Oh pacha mama ouvre leurs les yeux. Chaque jour j'entends son corps crier, ses entrailles violées, souillées par le plastique et le pétrole de son sein. Nous la méprisons. Nous méprisons notre voisin. Si toi mon frère tu as compris l'Unité, Agis. Nous sommes elle. Ne les laissons pas nous détruire.

Écrit par : dimitri | 11/05/2008

@ Dimitri, je ne sais qui tu es, mais quand on reçoit un commentaire pareil de la part de quelqu'un qui a pris la peine de "fouiller" dans votre blog, on ne peut que dire grand merci.

Écrit par : ariaga | 12/05/2008