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07/01/2008

C. G. Jung et le Faust de Goethe

   En ce début d'année je vais commencer un "feuilleton" alchimico-philosophique traitant de la relation de Jung avec la symbolique alchimique. J'aimerais que ceux qui ont un peu de courage aillent lire une introduction à ce sujet que j'avais écrite en Novembre 2006 : C.G.Jung et la chaîne d'or.(Cliquer sur le lien).

   La relation, consciente, de Jung à l'alchimie s'est faite d'une manière tardive. C'est , une fois de plus dans Ma vie, qu'il a décrit son cheminement vers ce qu'il considère comme le "pendant historique" de la psychologie des profondeurs. Je pense cependant que, comme pour sa relation avec Nietzche (un autre feuilleton prévu pour cette année 2008), ce lien avec l'univers des alchimistes existait d'une manière latente, bien avant les années trente, années où il commença un long travail de déchiffrage du sens des textes alchimiques qui le "tint en haleine plus de dix ans".

   La relation, indirecte, de Jung à l'alchimie, commence dès l'âge de seize ans à un moment de crise existentielle et spirituelle, quand sa mère, une personne très particulière, un peu effrayante, lui dit subitement cette simple phrase : "il faut que tu lises le Faust de Goethe". Cette lecture fut pour lui un moment miraculeux, un baume sur ses blessures d'adolescent tourmenté. Il trouvait là un homme qui prenait le diable au sérieux et qui voyait la puissance du mal qui enserrait le monde. Cela le changeait de son milieu de pasteurs où l'on ne parlait que du "bon "dieu. Le Faust faisait aussi allusion au grand mystère des Mères qui tourmentait beaucoup le jeune garçon. Le récit de la grande initiation finale demeura pour lui, à la limite de sa conscience, un événement merveilleux et mystérieux. Cette porte ouverte par Goethe le resta définitivement, contrairement à celle que Jung crut avoir claquée, vigoureusement et pour longtemps, sur l'angoissant Zarathoustra de Nierzsche. 

   Il ne se rendit pas compte, à cette époque, du côté alchimique d'une oeuvre au sujet de laquelle il écit dans une lettre de 1955, vers la fin de sa vie (Correspondance, T.IV, p. 65) :

    " La seconde partie du Faust m'a accompagné tout au long de mon existence, mais il y a seulement vingt ans que j'ai commencé à y voir un peu plus clair, surtout par la lecture des Noces Chymiques, livre que Goethe avait certes lu mais qu'il n'a pas mentionné - détail intéressant - parmi les ouvrages d'alchimie qu'il avait découvert pendant son séjour à Leipzig.  ...  il est vrai que goethe n'a à notre connaissance, utilisé qu'une littérature alchimique relativement tardive, et il m'a fallu étudier les ouvrages de l'Antiquité et du haut Moyen Âge pour me convaincre que le Faust dans ses deux partie, représentait un opus alchymicum dans le meilleur des termes.  "

   Il pense que le Faust est entièrement imprégné du mystère de la conjunctio, c'est à dire de la noce chymique. Ce ne sont d'ailleurs pas, à son avis, les ouvrages lus, oubliés ou non par goethe, qui ont fourni au Faust cet  arrière plan alchimique, mais des émergences du courant souterrain perdurant depuis Hermes Trismegiste, sous la forme de la chaîne d'or. Ces racines profondes lui semblent expliquer l'" effet de numinosité " produit par le Faust.  Le jeune Jung fut certainement sensible à cet effet de numinosité ; un lien intérieur fort, longtemps invisible, s'établit ainsi entre Jung et l'alchimie par l'intermédiaire d'un Goethe sont le Faust a été l'opus magnum, le grand oeuvre. 

(à suivre)

       Ariaga.
 

  
 

Commentaires

J'ai lu "le serpent vert de Goethe"...
Je ne pense pas que la spiritualité soit une affaire de seule essenciation. Il y faut un ingrédient, qui peut seulement être DONNE et non crée, sans lequel aucune noce n'aura lieu.
On peut approcher une ombre de synthèse, mais la réelle transmutation exige le recours sine que non à l'AUTRE.
Il y a échec certain dans la simple hypothèse (indémontrable !) qui quiquonque puisse se faire autre au moyen de son même, par lui-même. Pas plus que l'homme n'est l'auteur de son propre être, il n'est l'auteur de son meilleur...
Il y FAUT l'Autre. C'est à dire entre autre, l'humilité...
Sinon, le soi restera à jamais captif du moi...

Écrit par : joruri | 07/01/2008

Meilleurs voeux Ariaga pour cette nouvelle année 2008 !
En espérant que tes réflexions continuent d'alimenter longtemps ceux et celles qui te lisent.

B.


http://blog-carl-jung.blogspot.com/

Écrit par : B. | 07/01/2008

Ces longues chaines spirituelles fabriquées depuis moultes générations prennet-elles en considération les états antérieurs à l'humanité contemporaine ?

Par exemple, existe-t-il une survivance des anciennes frayeurs de nos ancêtres australopithèques ? Voire même des êtres cellulaires que nous fûmes jadis ?

Je me pose cette question, notamment au sujet des phobies inexplicables : par exemple, pourquoi des individus qui n'ont jamais vu de serpent en vrai sont si terrorisés dès leur première présence ? Sans même les connaitre physiquement auparavant ?

Écrit par : paradox | 07/01/2008

Et je parle de terreur incontrôlable qui apporte parfois de l'hystérie, pas simplement quelque révulsion de bonne aloi, si je puis dire, celle que l'on prend pour se donner un genre.

Écrit par : paradox | 07/01/2008

Ariaga.........misère... çà m'intéresse mais j'y comprends que couic.. tu peux me traduire çà en nounoune ?
bon, je vais qd mm aller lire ton article de 2006 ..
PS Julius Spier, le maître spirituel de Etty, avait ouvert son cabinet de chiropsychologie ou enfin l'inverse, psychochirologie, après une analyse de formation chez Jung
le monde est petit, non?

Écrit par : ambre | 07/01/2008

Le Futur de l'homme se trouve au bout d'un arc tendu à se rompre.
Pour trouver son Futur l'homme qui est en recherche favorise la tension qui prend des allures souvent d'explication.
La chaine doit être alors fixée à son extrémité antérieure sans quoi elle traine et se lamente sur un sol rocailleux et ingrat.
Mais elle doit aussi être tractée en son extrémité postérieure sans quoi comme un serpent elle s'enroule autour de l'homme.
Ce dernier, chargé de chaines, coule et se noie dans la pois d'un savoir inutile.

Un prêtre de mes amis m'a dit l'an passé:

"Dieu vient du futur !". Il peut être ce qui tracte la chaine, Dieu ou ce qui vous chante à l'oreille.

Bon feuilleton!

Écrit par : jean | 08/01/2008

Béotienne que je suis...peux-tu m'expliquer l'effet de numinosité?

Écrit par : muse | 08/01/2008

très intéressé pour suivre ces billets !!!!

MERCI

Écrit par : Lung Ta | 08/01/2008

Trés interressant comme blog que je trouve riche, agréable et bien organisé!!!
Honneur de l'inscrire dans ma topliste Panorama

http://everyoneweb.fr/topliste

Bonne continuation!!!

Amicalement Kamdou!

Écrit par : kamdou | 09/01/2008

lire je peux, et avec plaisir, commenter c'est pas facile, mes doigts sont toujours encore rétifs ! mais je suis là et te remercie pour tes mots ! Bonne journée Ariaga

Écrit par : marie.l | 09/01/2008

Ariaga, je crois que ton feuilleton va me passionner :-)

Je suppose que tu ne sera qu'à moitié surprise, si je te racontais que dernièrement souhaitant "me distraire" avec mes gouaches, je pris (par hasard) un certain tableau de jardin de J. Bosch , je sélectionnais (par hasard) un couple dans un joli bateau.

Ensuite à la médiathèque, je trouvais (par hasard) un fort joli livre d'art sur les symboles, l'alchimie, etc.. où je retrouvais "mon" couple présenté comme représentation du couple alchimique.

Quand je disais que Dieu avait le sens de l'humour !

Je t'embrasse

Écrit par : L'Arpenteuse | 09/01/2008

@ Muse, l'"effet de numinosité", termes souvent employés par Jung et que j'aime aussi car il tente de décrire l'indescriptible, vient du mot "numineux" crée par R. Otto. J'en ai déja parlé mais je crois que je ferai une petite note là dessus. Il s'agit, par dire les choses simplement, du sentiment d'un sacré écrasant qui fait trembler intérieurement tellement c'est fort.

@ Ambre, non, je ne traduirai pas en nunuche, ce serait faire injure à ton intelligence que je crois grande mais un peu paresseuse. Un seul terme est difficile et j'en donne l'explication à Muse ci dessus. Et puis il n'est pas nécessaire de tout comprendre immédiatement, laisse ton inconscient travailler.

Écrit par : ariaga | 09/01/2008

//En ce début d'année je vais commencer un "feuilleton" alchimico-philosophique traitant de la relation de Jung avec la symbolique alchimique.//

bonne chance! Le feuilleton me semble un bon choix, semblable à la méthode Assimil pour apprendre les langues, en fait, pourquoi pas? On pourrait concevoir "l'Assimil de Jung" et "l'Assimil de Freud" et "l'Assimil de Goethe" et "l'Assimil du Tarot" et faire un gros tas de fric qu'il faudrait ensuite gaspiller ingénieusement (sous peine de se perdre comme Faust) peut-être s'inspirant de Satie: achetant des chapeaux.

===

// La relation, consciente, de Jung à l'alchimie s'est faite d'une manière tardive.//

La mienne (si ça vous intéresse) s’est développée par l’étude du Tarot de O. Wirth.

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// Cette lecture fut pour lui un moment miraculeux, un baume sur ses blessures d'adolescent tourmenté.//

Cela semble merveilleusement banal : une lecture miraculeuse, un adolescent tourmenté.

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// Cela le changeait de son milieu de pasteurs où l'on ne parlait que du "bon "dieu.//

Ça me rappelle ma grand-mère qui ne pouvait jamais parler sans évoquer THE GOOD LORD. Il y en a donc au moins qui ne l’est pas, GOOD, pensais-je étant petit.

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// Le récit de la grande initiation finale demeura pour lui, à la limite de sa conscience, un événement merveilleux et mystérieux.//

La question se pose (je me la pose) de trouver une façon de continuer à vivre après avoir connu l’identification totale au grand Reste. « Soyons Shaman » me suis-je dit un jour, ce qui me convenait mieux que « Soyons Zen ».

===

// la forme de la chaîne d'or.//

Ça m’effraie toujours d’en voir au cou d’une connaissance. Une chaine ! En or ! Au cou ! Elle sépare la tête du corps, ce qui ne peut pas être « bon ». Mais c’est pratique, j’en conviens, cela peu importe l’époque.

===

// (à suivre)//
Ces mots me donnent beaucoup de mal.

Écrit par : r_i_d | 09/01/2008

@ r-i-d-, il ne faut pas que les mots (à suivre) te donnent du mal. Quand je parle de feuilleton où de à suivre c'est pour faire de l'humour contre moi même. J'en ris toute seule. Je réponds aussi à certaines agressions qui te sont étrangères. Une autre fois , dans un délai raisonnable, pour répondre à ceux qui me demandent de parler des oeuvres alchimiques de Jung et ton supplice prendra fin. Pour les chaînes d'or cela me fait le même effet que toi. Je signale à tous que sur ton blog tu as écrit aujourd'hui (je crois) un texte très beau avec un de tes dessin idem. Moi, ce visage au masque arraché me hante...

@ Joruri, absolument d'accord, sans l'autre avec ou sans majuscule on n'est rien.

@ Paradox, je pense que ces terreurs, comme tu le dis sont ancrées dans un fond biologique très puissant et relayées par la force de "l'archétype en soi" irreprésentable mais qui est inscrit dans nos cellules. Tout ceci n'est que pure spéculations...mais il est tellement agréable de spéculer et même de dire une chose et son contraire, je pense que tu dois me comprendre.

@Lung Ta, Tu sais il n'y en aura que trois ou quatre. Mais quand je parlerai de la relation Jung Nietzsche, cela sera dur de m'arrêter. Mon cher r-i-d-souffrira !

Écrit par : ariaga | 09/01/2008

@ Jean, merci pour ce texte où tu nous fait partager ton chemin spirituel. Intéressant cette phrase "dieu vient du futur". Ce que Jung appellerait une énantiodromie, un renversement des valeurs. Elle incite à la réflexion.

@ Marie.l, je compatis, plus que ne peux l'imaginer, à tes douleurs et je te remercie de faire l'effort de venir me lire.

@L'Arpenteuse, Je ne suis pas surprise du tout. Tu sais bien que je crois aux enchaînements d'une causalité très particulière qui s'appelle la synchronicité ! Tu t'es dirigée par ce chemin particulier vers le centre du mandala, le couple alchimique.

Écrit par : ariaga | 09/01/2008

Juste une chose chère Ariaga,

les spéculations que nous fabriquons ne sont cependant pas dénuées de sens ni de logique, je dirais même qu'elles découlent d'un sens et d'une logique particulière, et, bien qu'interprétation, c'est autour d'un même thème, comme l'eau d'une rivière qui suit son cours : en fait nous ne faisons qu'interpréter les tourbillons et autre volutes du courant principal (ce qui ne nous empêche pas de nous y intéresser aussi), en somme les causes à effets selon les moyens intellectuels dont nous disposons (ceux que l'on a hérités ou refroulés conjugués à ceux que l'on a cultivés, voire crées).

Et, oui, parfois, nous sommes amenés à dire le contraire, jusqu'à celui de nos propres convictions : en fonction du lieu et du temps, du ressenti, bref, en fonction des circonstances, parce que l'humain est aussi l'un des meilleurs organismes pour s'adapter à tant et tant de situations différentes, y compris aux bouleversements les plus radicaux.

Écrit par : paradox | 10/01/2008

@ Paradox, je pense, comme toi, que les facultés d'adaptation de l'humain sont énormes. Je me souviens de l'admiration de Jung pour les efforts que l'"homme" à du faire pour acquérir ce que nous appelons la conscience. Pour ce qui est de la contradiction, là aussi nous sommes sur la même longueur d'onde puisque toute cohose inclut son contraire.

Écrit par : ariaga | 11/01/2008