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02/10/2008

La veuve

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Elle va souvent sur la grève

Elle regarde les flots grisâtres

Et quand la vague se dilate

Elle attend encore et encore

Que la mer délivre le corps

De son amour pas vraiment mort.

Et la vague déferle et avance

Vide

Pour mourir sur le sable

Changée en tache humide.

On lui dit, vous le portez dans votre coeur. Elle dit, mais où est son corps chaud, où est celle qui se tenait nue, les cheveux épars, devant lui tendu par le désir.

Où est le souffle brûlant sur la nuque, où sont les bras où sont les chuchotements, les enveloppements, les emboîtements, ce que nous n'avons pas fait, ce que nous n'avons pas dit.

Dans la profondeurs des étoffes

Où elle enfouit sa solitude

Monte une odeur de bois pourri

Au coeur des intimes ténèbres.

Ariaga

 

Commentaires

Tu écris bien Ariaga, j'aime bien tes mots...
merci de ton compliment sur mes piafs, ça me fait bien plaisir, j'aime bien de temps en temps jouer un peu avec les mots...j'ai réalisé ces clichés à Goteborg, en Suède.
bonne soirée à toi, bise.

Écrit par : le Pierrot | 02/10/2008

Non non, ton premier comm est bien passé, parfois ça demande un code, et parfois non, va comprendre...
merci des tes comm sympas...re bisou.

Écrit par : le Pierrot | 02/10/2008

Ce que les corps ressentent : les traces de la présence irremplaçable. Si ton texte me touche, cette mémoire du contact reste aussi. Corps et âmes mêlées...

Écrit par : guelum | 02/10/2008

Texte dur et émouvant !!! bises.

Écrit par : patriarch | 02/10/2008

comme c'est beau Ariaga, et tout nostalgique à la fois..

Écrit par : ambre | 02/10/2008

Une petite flambée dans la nuit à l'âtre, à l'être pour te réchauffer. Je t'embrasse Ariaga

Écrit par : lechantdupain | 02/10/2008

Très beau texte

Écrit par : Gabriel | 02/10/2008

Bien écrit, très émouvant ! Bonne fin de semaine.

Écrit par : TANETTEt | 03/10/2008

chère Ariaga,

j'espère qu'un jour tu vas penser à faire un recueil de tes poëmes(c'est peut être déja fait) que j'adores.
Ce qui me touche particulièrement je pense c'est à la fois la sensualité qui s'en dégage et la "justesse" des mots.

merci de ce tout ce que tu nous fais partager sur ce blog, chère amie.

je t'embrasse
marie

Écrit par : mariedumonde | 03/10/2008

et en plus tu choisis une femme de marin, qui attend que la mer lui rende son cher disparu pour pouvoir faire son deuil!

Écrit par : muse | 03/10/2008

douleur inextricable que ces mots tiraillent.
joli texte.

Écrit par : Kris | 03/10/2008

Quelle force et quelle sensibilité, très profond et très beau.
Reçois mon amitié chaleureuse.

Écrit par : patrick | 03/10/2008

Je reste en admiration devant tes textes qui restent si imagés et si bien écrits. Rendre rien que par des mots la vie et des émotions.

bises de danae

Écrit par : danae | 03/10/2008

@ Le Pierrot, moi aussi j'aime bien tes mots et encore plus tes images qui parlent encore mieux que les mots.

Écrit par : ariaga | 03/10/2008

@ Gabriel, trois mots et je suis ravie car ton avis m'est précieux.

Écrit par : ariaga | 03/10/2008

@ Muse, ce n'est pas par hasard que j'ai choisi une femme de marin. Ce poème est monté en moi alors que l'on recherchait en mer le pilote perdu de l'aeronavale victime de la collission entre deux avions de chasse de la marine. Et depuis mon enfance j'ai connu des femmes de marins pêcheurs qui n'ont plus jamais eu de nouvelles.

Écrit par : ariaga | 03/10/2008

Merci du compliment, ça me touche...
la dame qui tient mon nours, c'est une dame rencontrée en Laponie, sur un parking, comme ça, en juillet dernier.
Bon elle est pas très belle, mais bof, y avait de la couleur...
Bon week end à toi, bise.

Écrit par : le Pierrot | 03/10/2008

Très beau texte Ariaga, de matière mouvante et d'émouvante prière.

Écrit par : jean | 03/10/2008

C'est beau et ça me rappelle d'autres poésies que tu as écrites...j'aime

Écrit par : Aslé | 03/10/2008

Tant de beauté et de vérité dans les mots.... de douces larmes perlent et glissent sur mes joues.... MERCI...

Mille tendres baisers.

Écrit par : Mutti | 03/10/2008

De quoi est fait l'âme humaine qui ne sait accepter la mort sans la voir vraiment, sans la voir en face ? Espoir toujours enfoui qui dit s'il ne voit pas "non, ce n'est pas vrai, il reviendra" Processus étonnant qui ne peut se terminer que lorsque les yeux voient et confirment au vivant ce qu'il refuse. Parfois même, le toucher doit se joindre à la vue comme preuve ultime, quand voir ne suffit pas. Preuve que dans ce domaine là, l'intellect n'y a pas sa part et seul l'homme primitif avec ses cinq sens reste, se débattant avec l'absence jusqu'au répit par la vue...

Écrit par : Gicerilla | 04/10/2008

La mer recouvre de son linceul les cordages du passé ...
Corde d' amarrage,corde à pendre et cette interrogation ouverte apporte encore aux voyages qui s'offrent au monde des défunts et je ne sais plus si la veuve est de chair ou d' eau ... Ces mots me parlent au coeur ...

Écrit par : Kaïkan | 04/10/2008

puiser dans ses réserves l'energie...lumineuse que tes mots éclairent!
bises rêveuses

Écrit par : astrale | 04/10/2008

Sublime, sublime, c'est tout simplement sublime, Ariaga. Je te remercie, Ariaga. J'ai envie de commenter ce poème qui n'appelle pas de commentaire, tant il est beau par ces quelques mots : Moi, Chris-Tian, je suis la veuve de mes amours interdites de quand j'étais jeune. Merci, encore. Un excellent we à toi. Et je t'embrasse bien fort.

Écrit par : Chris-Tian Vidal | 04/10/2008

Guelum, oui, tout reste imprimé, a une mémoire, comme la mémoire de l'eau.

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

@ Patriarch, je suis contente que ce texte t'ai parlé, plus que d'autres qui ne sont pas ta "tasse de thé ". Je crois que c'est parce que c'est surtout le coeur qui ressens en toi.

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

@ Ambre, merci. Comme je te l'ai dit ailleurs j'ai écrit un texte sur les "perdus en mer" aux débuts de mon blog le 06/12/2006. Je mettrai ce texte prochainement dans le blogs extraits du laboratoire.

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

@ Tanette, merci, c'est l'émotion qui compte, le reste n'est que mots.

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

@ Mariedumonde, non je n'ai jamais pensé à faire un recueil de mes poèmes. Ils sont bien sur ce blog, à la disposition de tous et, je crois plus lus que dans un recueil qui resterai certainement confidentiel !

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

@ Lechantdupain, je regrette que les aléas de la vie t'empêchent de nourrir encore ton blog que j'aimais tant. heureusement il y a tes visites qui me réchauffent à défaut de la chaleur des étoiles.

Écrit par : ariaga | 04/10/2008

C'est bien triste cette histoire mais tu sais bien écrire. Si bien écrire. Bon week end.

Écrit par : elisabeth | 04/10/2008

Chris-tian me fait rire malgré tout, la dernière partie de son commentaire, je précise...

Écrit par : elisabeth | 04/10/2008

Bon dimanche Ariaga, à bientôt.

Écrit par : TANETTE | 05/10/2008

la corde, ...fil d'Ariane... fil à pendre, fil à prendre, fil à perdre ou à trouver, retrouver, fil à saisir, fil à desaissir, un fil à couper peut être comme on coupe en deux.
Mes amitiés

Écrit par : jlb | 05/10/2008

@ Danae, les mots ne sont que des outils mais quand ils font du bon travail cela fait plaisir.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Kris, tu as raison, la douleur est inextricable et, je crois aussi, inexprimable, on peut juste essayer.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Jean, j'aime que tu parles de "matière" car je crois que tout, même ce qui est impalpable et mouvant, est matériau à verser dans le vase.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Aslè, on voit qu'il y en a qui suivent...

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Gicerilla, tout à fait d'accord il y a des situations "primaires" où seules les tripes parlent et où l'intellect est complètement dépassé.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

C'est très fort comme texte, cela parle bien de l'attachement émotionnel et physique et du manque qu'il peut créer lorsque "l'objet" de l'attachement n'est pas/plus là

MERCI

Écrit par : Lung Ta | 05/10/2008

@ Lung Ta, je pense que l'"objet" de l'attachement ne disparait pas complètement. Une idée comme ça mais je le ressens ainsi.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

Non il ne disparait pas vraiment, c'est bien pour cela qu'il y a le manque, car il est toujours présent mais ne peut être "rencontré"
celui/celle qui arrive à sublimer l'objet de son amour, ne subit plus le manque, c'es t un peu le principe de la mystique qui cherche à se fondre ds qq chose de "plus grand" qui fait qu'il y a moins dépendances aux conditions matérielles

Y a t il un mystique ici présent qui pourrait nous répondre voir si cela fonctionne comme cela ? ;)

bises

Écrit par : Lung Ta | 05/10/2008

@ Astrale, on s'était un peu perdues de vue et je suis contente de te lire Je suis allée sur ton blog où tu m'as l'air pleine d'énergie...lumineuse.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Mutti, il ne faut pas pleurer ce n'est que poésie et tu as en toi tellement de beauté et d'art que quand je pense à toi c'est la joie qui vient pas les larmes.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Kaïkan, je reprends tes mots, ils sont tellement en écho " et je ne sais plus si la veuve est de chair ou d'eau". J'aurais bien aimé les écrire.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Elisabeth, moi aussi Chris -Tian m'a fait amicalement sourire...et merci pour un compliment qui, venant de toi a beaucoup de valeur.

Écrit par : ariaga | 05/10/2008

@ Chris-Tian Tu es trop indulgent. Et ce que tu dis dans ton commentaire, même si cela m'a fait sourire comme Elisabeth, un sourire plein d'amitié, dévoile la souffrance de ceux qui ne rentrent pas exactement dans le moule d'une société qui rejette la différence.

Écrit par : ariaga | 06/10/2008

@ Jib, ton oeil photographique voit au delà des mots...

Écrit par : ariaga | 06/10/2008

@ Lung-Ta , c'est quoi un mystique de nos jours ?

Écrit par : ariaga | 06/10/2008

@ Patrick, ton commentaire s'était glissé dans la faille spatio- temporelle , bien connue sur ce blog. Merci tu es un ami.

Écrit par : ariaga | 06/10/2008

de nos jours ou avant ou après pour moi un mystique, c'est un e personne qui sent que son ego, sa personnalité n'est pas la finalité mais qu'il y a moyen de contacter d'autres choses plus spacieuses encore

maintenant le rapport de cet ego à ce "plus", cet autre, va différer suivant les voies
et ce contact (océanique comme dirait Freud) est au delà des religions et des croyances en qq chose, il est "in-nommable"

ce n'est qu'une proposition de définition ;)

je t'embrasse

Écrit par : Lung Ta | 06/10/2008

@ Lung-Ta, elle me plait bien ta formulation et je n'ai rien de mieux à proposer. Merci.

Écrit par : ariaga | 06/10/2008

J'ai beaucoup aimé ton poème, à la fois si direct et si pudique. Les larmes sèches sont celles qui brulent le plus les yeux et le cœur, et l'attente un fer rouge qui jamais ne refroidit. Quant au souffle de l'aimée, il murmure toujours à l'oreille, tel l'harmattan sculptant les yardangs blancs comme l'os, dans le désert vide de l'absence.

Bises

èphême

Écrit par : èphême | 13/10/2008

@ èphême, merci pour ton commentaire si sensible et si poétique. Cela vaut le coup d'écrire pour susciter de tels mots.

Écrit par : ariaga | 14/10/2008

Je suis veuve de tant d'amours mortes. Que ton texte est beau, ma Douce.

Écrit par : Chris-Tian Vidal | 31/10/2008