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18/01/2010

Les prisonniers du temps

 

La corde du temps sur le sable.jpg

Le temps est un sujet qui semble vous intéresser, si j'en crois les riches commentaires sur la citation de la note précédente. Beaucoup de choses ont été dites, mieux que j'aurais su le faire. Je vais quand même tenter d'aborder le sujet, le plus simplement possible, au risque d'enfoncer des portes ouvertes. Je ne pense pas qu'une note suffira...

Il y a probablement autant d'idées du temps que d'individus, alors il faut faire un choix et j'en ai choisi trois qui me permettent de mettre un peu d'ordre dans mes idées : Le temps fictif, le temps-présent unique, et le temps de ce que C.G. Jung appelle la synchronicité. Le temps de la synchronicité est un temps à part, qui met en cause notre manière habituelle de penser la causalité, et dont je parlerai plus tard. Il me reste donc deux temps et je vais tenter de vous les faire ressentir par un exemple : Vous êtes le passager d'une voiture et vous regardez défiler le paysage. Si vous maintenez fixe votre regard, vous voyez sans cesse de nouveaux sites mais si vous fixez un objet immobile, un arbre, par exemple, qui défile par votre travers, c'est le même arbre que vous verrez avec un nouvel aspect et de nouveaux détails au fur et à mesure du défilement. Nous sommes les voyageurs de ce train, nous vivons intimement un temps et chronologiquement un autre temps ;  celui dont on nous parle dès l'enfance, celui qui borne notre horizon humain de la naissance à la mort. Nous en sommes prisonniers et tellement tributaires que nous en mourrons. Nous avons un certain degré de liberté vis à vis de l'espace mais nous ne pouvons jamais choisir notre place dans le temps.

Commençons par le temps que j'appelle fictif celui de la corde à laquelle nous nous accrochons pour avancer. Ce que je sais du monde me donne la certitude , sans laquelle il me serait bien difficile de vivre et d'agir, qu'un instant sera suivi d'un autre ; que le moment présent sera changé par les événements en un autre moment et cela pour la succession des temps que j'imagine. J'en déduis une suite linéaire, un axe des temps où tout est fixé nettement. Les intervalles entre les dates peuvent être représentés graphiquement et si un centimétre représente l'intervalle de temps entre 199O et 2000 , un autre centimètre figurera 2000 à 2010. Nous avons besoin d'ordre, c'est rassurant, sinon comment faire des projets dans le temps, prendre des décisions. Mais n'oublions pas que le fait de ranger ainsi d'une façon intelligible, historique, le déroulement des faits, cette extension de l'idée de temps sur l'axe du temps est une opération mentale. Notre regard parcourt cet axe des temps mais ce regard est celui d'un observateur presque étranger à nous-mêmes. Nous somme assis sur la berge et nous regardons couler le fleuve. La seule chose que nous pouvons vraiment ressentir est une succession de changements. C'est la mémoire qui relit pour nous le livre du temps passé et lui donne une sorte de réalité dans le présent. Il en est de même pour le futur. Nous imaginons des événements, nous faisons des prévisions, nous les projetons en quelque sorte sur l'écran de notre imagination en leur attribuant une espèce de réalité objective mais ce futur ne peut être atteint que d'une manière purement psychique. Ce temps des dates distinctes, ce temps, finalement abstrait, sur lequel nous fixons notre attention, ce livre dont nous lisons et relisons les pages est indispensable à notre vie "extérieure" mais nous avons un autre temps plus intérieur, plus intime et c'est celui dont je vous parlerai dans la prochaine note qui suivra celle- ci de très près car je ne pense pas que les deux notes peuvent être séparées sur l'axe du temps...

Ariaga

Commentaires

Vivre l’instant présent, c’est être présent à soi et au réel.
Nos esprits, en activité incessante entre nos impressions du passé et nos projets pour l’avenir, entre nos préjugés et nos appréhensions semblent s’opposer à une telle possibilité.

Dès lors, il ne s'agit pas de refuser la pensée du passé et du futur, puisqu'elle nous est essentielle pour penser et parler, mais de ne plus nous identifier entièrement à elle. Rien de l'existence humaine n'est refusé puisque tout a lieu dans le présent de la pensée ; la différence réside dans les conséquences que l'on tire de la perception des pensées

Le présent du passé, c'est la mémoire, le présent de l'avenir, c'est l'attente, le présent du présent, c'est la perception.

bon si je comprends bien je me suis égarée dans le temps, ce commentaire aurait dû figurer dans ton précédent message, tant pis !
de toutes façons celui ci me laisse sans voix, tu "m'épates" toujours autant, j'attends le suivant avec impatience !

chère Ariaga, je t'embrasse

Écrit par : mariedumonde | 18/01/2010

"Pareil" que Marie du monde : captivé quand je te lis, je reste suspendu à l'entre-deux de ta prochaine note. Prends le temps de l'écrire.
Et puis une autre fois encore, raconte nous la synchronicité... le temps enchanté ?

Écrit par : Arianil | 18/01/2010

Je reste dans le temps présent.....encore un peu !!!!

Bises;

Écrit par : patriarch | 19/01/2010

Si je peux me permettre, tu as fait là une belle analyse simplifiée du temps ... qui n'existe pas ... ou si peu ...
j'écris, je réfléchis à ce que j'écrirai ensuite, c'est déjà du passé ...
Très bon après-midi Ariaga, merci. Amitiés.

Écrit par : pseud | 19/01/2010

Le temps, parlons z'en ! j'an ai pas assez, faudrait que j'apprenne à en trouver, tu peux m'aider Ariaga, t'es un peu magicienne, toi, non ? bisou, bonne soirée...

Écrit par : le Pierrot | 19/01/2010

Il y a eu un thriller de Michael Crichton intitulé "Les prisonniers du temps". Bof, car Crichton, surdoué du bulbe, était hélas prisonnier de son image temporelle d'auteur de best-sellers, comme par exemple Bernard Werber chez nous.
Néanmoins "Les prisonniers du temps" est à l'origine d'une belle synchronicité, si l'on peut dire pour deux événements séparés par 532 ans, détaillée dans le billet "Rien que huit jours" de mon blog (oct 2008).

Écrit par : rémi | 20/01/2010

Pas le temps de vous lire, mais celui d' écouter...
amitiés
Noëlle

Écrit par : noëlle | 20/01/2010

Le temps est le fleuve qui façonne les galets, le temps est le glacier qui modèle la montagne, le temps range le miel que butine l’abeille, le temps gorge la pulpe sucré des fruits murs.
Amitié
Virginie

Écrit par : peau d'âme | 21/01/2010

jolie conclusion toute en humour :-)
à bientôt donc pour la suite
je t'embrasse

Écrit par : ambre | 21/01/2010

Je prends le temps de te faire un petit coucou, Ariaga, et je sais que dire aux amis qu'on les aime, ce n'est pas du temps perdu ! bisous.

Écrit par : danae | 21/01/2010

@ Mariedumonde, j'aime beaucoup ton idée : rien n'est refusé de l'existence humaine puisque tout a lieu dans le présent de la pensée. Des idées comme celle là tu peux les mettre où tu veux dans les commentaires, je les accepterai toujours !

Écrit par : ariaga | 22/01/2010

@ Arianil, j'aimerais bien raconter la synchronicité mais c'est une notion qui met en cause l'idée bien ancrée en nous de la causalité linéaire et je crois qu'il faudra un peu de repos aux lecteurs avant que j'aborde le sujet.

Écrit par : ariaga | 22/01/2010

@ Patriarch, je souhaite que l'horloge qui rythme notre vie, batte encore très longtemps pour toi et que,sur le calendrier tu coche encore beaucoup de jours, de mois, d'années.

Écrit par : ariaga | 22/01/2010

@ pseud, en effet très simplifiée mon analyse mais j'ai une grande méfiance envers le discours philosophique compliqué car il est parfois un habillage du vide de la pensée. Le temps n'existe pas ET existe et cela nous empêche de nous dissoudre comme fumée dans le vent.

Écrit par : ariaga | 22/01/2010

@ Le Pierrot, Magicienne, moi ! Il faudrait que je sois capable d'appliquer mes magies à moi même et je suis le plus souvent complètement perdue dans le temps...

Écrit par : ariaga | 23/01/2010

@ Rémi, J'ai retrouvé ton article (pas facile les fouilles dans les archives) que j'avais fort apprécié au moment de sa parution. Je l'ai relu et je suis toujours en admiration devant ton érudition et la manière que tu as de jongler avec les nombres et les symboles.

Écrit par : ariaga | 23/01/2010

@ Noëlle, j'ai du mal à comprendre ce commentaire car ici il y a a lire mais pas à écouter. Une voix intérieure peut-être ?

Écrit par : ariaga | 23/01/2010

@ Peau d'âme, comme c'est joli, poétique, sensible et tellement vrai ce qu tu nous contes là. Merci gentille amie.

Écrit par : ariaga | 23/01/2010

@ Ambre, merci pour l'humour, la suite est arrivée.

@ Dire aux amis qu'on les aime , non seulement ce n'est pas du temps perdu mais c'est du temps très bien placé car on reçoit encore plus d'amour en retour !

Écrit par : ariaga | 23/01/2010

Ariaga, Montpellier, c'est pour l'achat d'un appartement, pour moi...
et Lyon, chez des amis...bise du soir...

Écrit par : le Pierrot | 23/01/2010

Ariaga,

Bonjour,
n' y a t-il pas à travers une pensée qui s'exprime un être pensant ? Disons qu' il m' est vital d' écouter l' être à travers la pensée. Elle est ici généreux partage, talent d' un savoir fécond. Le temps extérieur est un temps qui me pèse, mais sans lui "je" ne peut exister. Tel un funambule
recherchant l' équilibre avec l' axe du temps on parcourt le présent.
Amitiés

Écrit par : Noëlle | 23/01/2010

Il me vient à l'idée de te soumettre ces trois phrases dont tu pourras peut-être tirer la substantifique moëlle (elle n'est pas de moi, et je ne la comprends pas toujours !) :
"le temps est un et éternel. Le passé, le présent et l'avenir coexistent. C'est la conscience seule qui se déplace..."
Un et Eternel, ça fait penser à Dieu, non ?

Écrit par : Guern' de Bé. | 24/01/2010

@ Noëlle, tu as raison, sans le temps "extérieur" nous sommes comme un corps sans squelette. j'aime bien la comparaison avec le funambule, elle me parle, surtout en ce moment.

Écrit par : ariaga | 28/01/2010

@ Guern' de Bé, je suis confuse, en ce moment je suis en plein blocage intellectuel et je n'ai pas la concentration nécessaire pour écrire quelque chose d' "intelligent" sur ces phrases. tu me pardonnes ?

Écrit par : ariaga | 28/01/2010

Bonjour Ariaga,
Ne serions nous pas plûtot comme un squelette sans corps ? Ce temps extérieur ne nous amène t-il pas à ressentir le monde réel à travers cette chair qui nous façonne, l' assise qui nous porte étant, elle, inscrite dans l' éternité du temps.
Que ton voyage soit beau, plein de belles rencontres. Sur ce rivage ci, le temps ne passe pas. Nous sommes toujours là et nous saurons attendre, ton retour Ariaga.

Écrit par : Noëlle | 02/02/2010

Bonjour Ariaga,
Ne serions nous pas plûtot comme un squelette sans corps ? Ce temps extérieur ne nous amène t-il pas à ressentir le monde réel à travers cette chair qui nous façonne, l' assise qui nous porte étant, elle, inscrite dans l' éternité du temps.
Que ton voyage soit beau, plein de belles rencontres. Sur ce rivage ci, le temps ne passe pas. Nous sommes toujours là et nous saurons attendre, ton retour Ariaga.

Écrit par : Noëlle | 02/02/2010