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« Peur et curiosité de Jung envers Nietzsche | Page d'accueil | Analyse du cas Nietzsche par Jung »

24/01/2012

Jung, Nietzsche et la maladie

 

 

Lions ayant le mal de mer.jpg

Suite des deux notes précédentes.

Il existe, chez Nietzsche et chez Jung, une attitude à la fois semblable et différente vis-à vis de ce qu'ils appellent les "états valétudinaires ", pour faire simple la maladie. Nietzsche a principalement développé le sujet dans Ecce homo et dans sa correspondance et Jung dans Ma vie et aussi dans sa correspondance.

 Pour Nietzsche, le corps constitue un lieu d'élaboration où l'excès de santé, mais aussi la maladie, sont des stimulants de la création. La maladie lui était , en quelque sorte, indispensable et ses lettres recèlent un impressionnant catalogue de ses maux. C'était un refuge qui lui  permettait  d'échapper au quotidien et d'excuser certains comportements. Mais elle était aussi un moyen de ralentir l'excès de feu sous l'athanor, les dépenses d'énergie excessives qui empêchent l'évolution des forces créatrices.On se retrouve ici dans les perspectives alchimiques de la voie sèche et de la voie humide. Il me semble que ce passage de Ecce homo (p.56) le montre bien :

"La clarté et la belle humeur parfaite, voire l'exubérance de l'esprit que reflète l'oeuvre susmentionnée (il s'agissait du Voyageur et son ombre) se concilient chez moi, non seulement avec le plus profond affaiblissement physiologique, mais même avec un excès de souffrances. Au milieu même des tortures qu'inflige un mal de tête ininterrompu de trois jours, accompagné de pénibles vomissements de pituite, je bénéficiais d'une clarté de dialecticien par excellence et je méditais à fond de sang froid des questions pour lesquelles, dans des circonstances meilleures, je ne suis pas assez escaladeur, pas assez raffiné, pas assez froid.

  Il semblerait que chez des êtres comme Nietzsche, la recherche du sens et du dire de ce sens, mette la chair à l'épreuve comme si c'était au sein de cette "passion" que, comme dans le creuset des alchimistes, se produisait la "cuisson lente". 

Jung  est un peu de la même famille. Son enfance à été vécue sous le signe d'une relation très ambiguë avec des maladies réelles ou psychosomatiques. 

Pendant la petite enfance, une longue “absence” de sa mère provoque un eczéma généralisé. Un peu plus tard, il y a culbute dans un escalier, heurt violent contre le bord d’un poêle. Il manque tomber dans le Rhin du haut d’un pont ; à cela il faut ajouter des angoisses nocturnes. C’est à l’âge de douze ans qu’il fait, ce qu’il appelle lui-même dans Ma vie, une névrose. Il est renversé par un camarade et sa tête heurte le trottoir. Il anticipe la violence du choc et une pensée fulgure : “maintenant tu ne seras plus obligé d’aller à l’école !” Cette pensée est tombée dans l’inconscient, mais une somatisation s’est produite : chaque fois qu’il doit travailler, ou aller en classe, il tombe en syncope. Suit une période heureuse, pendant laquelle il est libre de faire tout ce qui lui plaît. Il faut une réflexion de son père, entendue par hasard, sur la lourde charge que va représenter un enfant handicapé, pour le tirer de cet état. Les crises disparaissent et il se rend compte que c’était lui qui avait “monté cette honteuse histoire”. Il devient, par la suite très consciencieux et très travailleur.
Ce comportement de fuite devant la vie ordinaire, cette manière de chercher refuge dans la maladie se retrouva alors qu'il avait près de soixante dix ans quand, à la suite d'une grave maladie qui l'avait plongé dans une espèce de coma rempli de visions, il mit trois semaines avant de se décider à retourner vers la réalité quotidienne. C'est l'instinct de vie et la nécessité de transmettre son expérience qui lui permirent d'émerger. De ces moments d'enseignements puisés dans un état proche de la mort, il revint avec de nouvelles forces et c'est après cette maladie que son travail et la puissance de sa pensée se révélèrent les plus fertiles. Il écrit dans une lettre de 1944 :

"En fin de compte, cette  maladie a été pour moi une expérience extrêmement précieuse, elle m'a donné l'occasion extrêmement rare de jeter un oeil derrière le voile. ".

 La maladie, probablement parce que elle diminue les défenses du conscient et relativise l'importance de problèmes souvent liés à l'image que l'on souhaite présenter à la société, peut donc, ainsi que l'ont ressenti et pensé Nietzsche et Jung, être un facteur de progression. Je nuance cette pensée, car il est des êtres qui souffrent tellement que je ne vois pas comment leurs souffrances seraient  positives. La maladie peut aussi, comme le montre le destin final de Nietzsche, être destructrice. Jung s'est penché, car cela le touchait personnellement, sur cette destruction dont il a tenté l'analyse. Ce sera, pour la prochaine note, l'analyse du cas Nietzsche par Jung.

 Ariaga

 À suivre bientôt.

Vous pourrez trouver sur mon autre blog une petite citation dont le titre est : La Torah est une braise.

Commentaires

Un texte qui m'est cher et chair, aller savoir pourquoi ? ;o)))


"C'est l'instinct de vie et la nécessité de transmettre son expérience qui lui permirent d'émerger."

La maladie peut être "instinct de vie" en ce sens qu'elle est le seul mode qui permet de s'en sortir, même si ce mode coûte cher/chair (encore une fois, désolé ;o)) mais sûrement pas par hasard ;o) )

"la nécessité de transmettre son expérience qui lui permirent d'émerger."

est une autre chose, une transmutation de cet instinct de vie d'un processus mortifère à un état vivifiant



"En fin de compte, cette  maladie a été pour moi une expérience extrêmement précieuse, elle m'a donné l'occasion extrêmement rare de jeter un oeil derrière le voile. ".

Lorsque j'ai été touché par une maladie qui est toujours présente, j'ai tout de suite senti qu'un jour je lui dirai "merci" , même s'il ma fallu entre 2 et 4 ans pour accepter ce qui était présent (cadeau ?). Passé deux ans je me suis rendu compte qu'elle m'évitait de m'user à lutter contre le "mur en béton" face auquel j'étais, en celà j'ai pu accepter et dire ce remerciement. Mais il me semble qu'il manque encore l'étape jungienne de type "transmission" ou autre
autre comme la diminution "[des] défenses du conscient et relativise l'importance de problèmes souvent liés à l'image que l'on souhaite présenter à la société, peut donc, ainsi que l'ont ressenti et pensé Nietzsche et Jung, être un facteur de progression"

c'est qq chose que j'entrevois régulièrement par exemple le processus d'acceptation de marcher avec une canne, il m'a fallu du temps pour l'accepter. Au début j'ai acheté une "canne siège" (cela fait moins "handicapé", un peu "promeneur / chasseur" http://goo.gl/KM0fL donc encore "actif") puis pour alléger le poids que cela représentait j'ai accepté d'avoir une canne plus classique (mais qui néanmoins représentait une "filiation" ayant appartenu à différent membre de ma famille, jusqu'à mon arrière grand-mère ! Quelle loyauté dans le handicap ;o)) )


alors tu as beau nuancer "car il est des êtres qui souffrent tellement que je ne vois pas comment leurs souffrances seraient  positives." on ne mesure la souffrance qu'à l'aulne de la sienne mais on ne peut, malgré toute empathie ou compassion, être dans la souffrance de l'autre, et je crois que cela est possible. On a pu lire que certaines expériences, des plus difficiles, comme la vie en camp de concentration ont aussi permise de révéler à certains êtres leur humanité quand leurs bourreaux ne voulaient les révéler que comme bêtes


merci pour ce texte

chaleureusement

Frédéric

Écrit par : Frédéric | 24/01/2012

@ Frédéric, je dois dire que j'ai eu une pensée pour toi en postant ce texte. Merci pour ton intervention.

Écrit par : ariaga | 24/01/2012

Chère Ariaga,

Ton post m’a aussitôt fait revenir trente ans en arrière. Alors que je souffrais d’une grave dépression. L’anxiété et la dépression sont fréquentes chez les autistes. Nos angoisses sont capables de nous placer dans des situations de point de non-retour, du moins, c’était dans mon cas. Je dis c’était parce qu’il est arrivé un jour (je demeurais encore chez mes parents) ils avaient réuni toute la famille à l’occasion d’une communion, et pour y venir de suite, je me pris à manger des dragées, et tu peux imaginer facilement ce qui est arrivé, aussitôt, lumière blanche et perte de connaissance. Je tombais dans le coma, malgré l’intervention de mon père. Tout le monde était affolé, les secours tardé, c’était un dimanche, et les minutes passaient, et toujours rien, ce n’est qu’au bout d’un certain temps par la simple respiration d’un parfum que je revenais enfin à moi. Le médecin, enfin sur les lieux, m’examina, et tout semblait normal, juste mes membres qui, je me rappelle bien, pesaient une tonne.
Ici, c’est maintenant que ton post me fit revenir aux jours qui suivirent mon accident. En effet, alors que je me soignais avec des tas de médicaments contre les angoisses, je ne voulus plus les prendre, car au fond de moi, il eut un grand et véritable changement, je découvrais alors un sentiment d’euphorie incroyable, une force nouvelle presque déplacée par rapport à ma fragile personne, un sentiment de profond bien-être, une paix que j’ai gardée durant toutes les années qui suivirent cet accident, qui, pourtant, m’avait fait plonger dans un état de mort d’où je ne pensais pas revenir, au souvenir de ma perte de conscience avec le monde. Ainsi, j’étais guéri des médicaments, mais pas de mon autisme qui demeura avec moi, mais je n’étais plus le même, je pouvais envisager de quitter mes parents avec l’assurance que je n’allais plus atteindre à ma personne jusqu’au jour où… mais cela est une autre histoire.

Merci de m’avoir lu, avec toute ma tendre sympathie, Jack le poétiste.

Écrit par : Le poétiste | 24/01/2012

@ Le poètiste, cher Jack je t'ai non seulement lu mais relu car ton témoignage apporte beaucoup au sujet du changement que peut apporter un épisode de maladie.

Écrit par : ariaga | 24/01/2012

Cuits sont donc dans le chaudron ceux qui se sont brûlé les ailes, et les souvenirs conditionnent bien des actes.

je me souviens que dans l'enfance les meilleurs moment que j'ai jamais passé étaient ceux quand j'étais malade et qu'on s'occupait plus et mieux de moi, autre regard et autre attention.

en ce moment handicapé temporaire je mesure encore tout ce que je dois
à ces moments cotonneux de rêve et d'évasion avant que de retourner à la vie ordinaire et assez morne. Pour autant c'est animé du désir de guérir
au plus vite mais dans de bonnes conditions que je me bats.

ces explications sur le refoulement et les similitudes en appelle d'autre sur les vomissements répétés dont j'étais l'objet et de maux de ventre terrible, la somatisation comme exutoire et défouloir mais aussi comme message codé du corps pour dire le désaccord et le rejet des positions autoritaires de parents stricts.

merci de ce bel éclarage.

Écrit par : Thierry | 24/01/2012

"La maladie est l'effort que fait la nature pour guérir l'homme.
Elle renferme l'or véritable qu'il n'a trouvé nulle part ailleurs."
Carl Gustav Jung

J'ai retrouvé cette citation, qui me paraît convenir au sujet... ;-)

Ma mère (qui est très âgée maintenant et qui n'a jamais, de près ou de loin, touché à la psychologie, disait qu'après chaque maladie (bénigne) d'un de ses enfants , elle remarquait que celui-ci avait évolué, qu'il avait "passé un cap"...C'était juste de l'observation, mais je crois qu'elle avait raison.

La maladie peut, dans certaines circonstances, être un "tremplin" pour atteindre (après un déséquilibre) un équilibre plus élevé.
Mais elle peut aussi, comme tu le dis, être destructrice, si le déséquilibre est trop important.

Pour en revenir à Jung, sa première maladie est une somatisation mi-inconsciente, mi-consciente qui lui permet de "fuir" l'école...mais comment juger ? Peut-être cette fuite et cette "échappée solitaire" était-elle précisément ce dont il avait besoin à ce moment-là...pour trouver le calme et le recul qui lui permettait d'"être avec lui-même"...La maladie est peut-être tombée à point nommé pour qu'il se ressource loin du conditionnement scolaire ? Seule une isolation trop prolongée serait devenue préjudiciable...et comme il s'est "repris", il n'en a pas subi les inconvénients. Il a "retrouvé" l'équilibre à temps !

Quant à l'épisode de "coma" de sa vieillesse, tout semble indiquer qu'il s'agissait d'un état très proche de la mort. On parlerait aujourd'hui de NDE (Near Death Experience). Après avoir expérimenté la béatitude et la liberté d'un esprit qui n'est plus "emprisonné" dans le corps...il a eu beaucoup de mal à revenir dans ce qu'il décrivait comme une "boîte" (la limitation à laquelle est soumis tout être incarné). Je ne parlerais pas de "fuite" dans ce cas-là. C'est plus une difficulté à revenir à la grisaille de la vie terrestre.

Que sa pensée et son travail aient été plus fertiles après cela, peut se comprendre : tous ceux qui ont expérimenté une telle expérience (frôler la mort et revenir) témoignent de ce que cela a bouleversé leur vie, leurs valeurs et leur conception du monde. Beaucoup disent ne plus jamais avoir été les mêmes ensuite...certains développent même des capacités qu'ils n'avaient pas auparavant.

En 1944, Jung a "jeté un oeil" derrière le voile, il a visité l'invisible et pour le reste de sa vie, il "sait".

Voilà comment je vois les choses.

Bonne soirée, Ariaga !

Écrit par : La Licorne | 24/01/2012

Je n'ai pas lu, mais, comme les petits enfants, j'ai bien aimé l'image.
Je reviendrai et je prendrai le temps de lire.

Écrit par : la Mère Castor | 25/01/2012

Encore une fois, ton texte est riche de tout...la maladie comme mise à nu de l'être.

Quels beaux témoignages que nous nos amis commentateurs nous dévoilent...

Merci à toi Ariaga, et à ceux qui ont fait durer le moment précieux d'une telle lecture.

Jean

Écrit par : Jean | 25/01/2012

Très beaux textes et récits de vie, quelle émotion à la lecture. Toujours ces incroyables coïncidences. Depuis plusieurs semaines, je suis bloquée pour des raisons de santé. Je vois apparaitre depuis 2 jours une lueur d’espoir... je m’accroche…Mais surtout cette maladie est arrivée à un moment de fuite en avant chez moi. C’est comme si mon corps avait hurlé un stop magistral et obligé ainsi tout mon être à me poser vraiment, à lâcher prise enfin. J’ai donc perdu le contrôle. C’est grisant mais aussi flippant parfois. On sent tous les possibles. Ces instants sont décisifs pour la suite. C’est d’ailleurs quand j’ai sincèrement décidé d’accueillir cette maladie que la douleur s’est allégée…
Aujourd’hui, je ne peux plus me mentir et dois m’armer de courage pour accepter le prix d’une réelle évolution. A mes yeux, l’équation ne se pose plus en bonheur ou malheur mais en cohérence de vie.

Écrit par : Annethé | 25/01/2012

@ Thierry, cuits et recuits dans le chaudron, c'est la famille nombreuse de ceux qui sont passés par de nombreuses épreuves. En alchimie on parle du "supplice" de la matière pendant les phases de transmutation. Je pense que cette comparaison te plaira.

Écrit par : ariaga | 25/01/2012

@ La Mère Castor, tu as bien vu pour l'image, je l'ai photographiée dans un très ancien livre pour enfants.Ils ont l'air d'avoir vraiment la nausée !

Écrit par : ariaga | 25/01/2012

Petit ajout: http://www.lesvoiesdelame.com/archives/2012/01/18/23188245.html

Écrit par : La Licorne | 25/01/2012

petit ajout :
http://www.lesvoiesdelame.com/archives/2012/01/18/23188245.html

Écrit par : La Licorne | 25/01/2012

@ la licorne, j'avais, en effet lu avec intérêt ce texte chez Daniel Genty, un lien que j'apprécie beaucoup.

Écrit par : ariaga | 25/01/2012

@ Jean, tu as une belle formule : "la maladie comme mise à nu de l'être", il est bien possible que je te l'emprunte un jour ! Je trouve en effet que ce texte, et aussi les précédents, a suscité des témoignages de valeur.

Écrit par : ariaga | 25/01/2012

Quelle belle inspiration tu as eu Ariaga avec cette séries de notes sur Jung et Nietzsche, plus on avance dans la lecture et plus cela devient intéressant et enrichissant . autant dans les notes que dans les commentaires.
La maladie peut être vécue comme une apocalypse intérieure :
http://youtu.be/QujN8HePvO0
http://youtu.be/3PLbuuke_Ys

Écrit par : Virginie | 25/01/2012

Une amie me disait hier soir qu’elle était désolée et révoltée de voir que les activités proposées aux personnes résidant dans les maisons de retraite qu’elle connaissait ne faisaient aucune place à la vie intérieure or, estimait-elle à juste raison sans doute, dans cette période de leur vie un appel et une ouverture nouvelle sur ce domaine sont tout à fait possibles pour ces personnes.
Jung parle ici de l’ouverture produite par une atteinte physique sur l’horizon spirituel ou psychique :

« .........songez par exemple à des gens qui ont de sérieux problèmes physiques, c'est-à-dire qui sont gravement malades, peut-être même mourants, des gens dont le corps est très sérieusement atteint. C'est pourtant le seul moment, dans la vie de ces personnes, où une sorte de processus spirituel ou psychique devient de l'ordre du possible. Et leur corps n'est absolument pas dans une condition favorable, bien au contraire. Vous voyez, certains êtres ont besoin d'être physiologiquement malades, par exemple, pour pouvoir comprendre quelque chose sur le plan psychologique. C'est uniquement quand ils sont malades ou qu'ils souffrent qu'ils sont prêts à comprendre certains liens psychologiques ou à percevoir un sens psychologique. Tant qu'ils sont normaux, ils sont ennuyeux comme les pierres, rien à signaler. Bien sûr, on dit toujours in corpore sano, mens sana : un esprit sain dans un corps sain. Oui, c'est une vérité générale ; mais n'oubliez pas la devise psychologique : « Rien n'est vrai, et même cela n'est pas tout à fait vrai. » Ainsi, voyez-vous, on peut être dans une forme merveilleuse sur le plan mental ou spirituel, et cela même si le corps ne suit pas. C'est le contraire qui peut se passer : celui qui est blessé peut soigner la blessure, et celui qui est handicapé dans son corps peut développer un art, un savoir-faire ou des idées que d'autres ne peuvent pas.
Ainsi, la vérité générale, banale, que vous pouvez lire dans le Reader's Digest par exemple [rires], c'est que vous devez avoir un corps sain et que, alors, tout est bien. Bien sûr, c'est généralement vrai, mais cette phrase est si atrocement banale qu'elle doit aussi être vraie quand on la retourne. À savoir : vous n'avez pas besoin d'un corps sain pour être mentalement sain ou même avancé, non. Mais il existe aussi une attitude insensée, celle qui consiste à négliger le corps, à dénigrer le corps. On ne devrait pas faire ce genre de bêtises, on devrait donner à chaque chose sa juste valeur................. » C.G.Jung - « Entretiens » - Éditions La Fontaine de Pierre

Écrit par : Amezeg | 25/01/2012

@ Annethé, la maladie qui stoppe la fuite en avant, voilà une constatation qui m'intéresse beaucoup. C'est vrai que le corps, probablement influencé par l'inconscient, dit parfois ce que notre esprit se refuse à accepter consciemment. Il ne faut pas oublier que la Nature est puissante.

Écrit par : ariaga | 25/01/2012

J'en rajoute une dernière :
http://www.youtube.com/watch?v=NGD-YHRxfsg&feature=player_embedded

Écrit par : Virginie | 25/01/2012

Arrêté dans mon élan je ne pouvait prévoir l'injonction qui appelait la conjonction, quand mon astre râle il n'est pas en perdition seulement il est aussi en quête d'absolu, de repères et veut se nourrir du meilleur, mais quand c'est le plus mauvais qui à répétition revient sans arrêt alors la machine corporelle se grippe d'elle même et sans parler de démission, la mission s'interrompt pour d'excellentes raisons, pourquoi continuer ainsi alors qu'il faut du repos, de l'amour et aussi l'impression de savoir où l'on va.
gros temps capitaine, et besoin de refaire un cap à la cape, mais sans mise à mort, admise dans la remise, l'enveloppe charnelle ne s'éternise pas, elle pourra reprendre un cours normal quand enfin seront là les fruits du temps et de la patience.

Écrit par : Thierry | 25/01/2012

Quel travail de recherche tu fais là !
Nietzsche s’est-il intéressé à Jung ?
Merci pour ce partage.

Écrit par : Miche | 26/01/2012

Coucou Ariaga,

J'ai un énorme problème....je t'aime toi.

Et j'en ai rien à faire de Jung et de tous les analystes.

Et je suis là ...à lire des pensums indigestes.

Je dois avoir un grain !

Pardon d'avoir osé m'exprimer.

Écrit par : *MeL* | 26/01/2012

Vraiment passionnante cette série. Tu réussis à rendre clair des choses pas toujours simples. Et les intervenants sont d'une richesse et d'une sincérité rares. Vivement la suite !!!

ÉPHÊME

Écrit par : ÉPHÊME | 26/01/2012

J'ai oublié de dire que j'avais apprécié l'illustration. Je vois Nietzsche dans le gros lion à crinière et le jeune Jung dans le lionceau appuyé sur son épaule... Qu'est-ce qu'ils sont malades les pauvres....

ÉPHÊME

Écrit par : ÉPHÊME | 26/01/2012

Bonjour *Mel*,

C'est un droit absolu que de ne pas apprécier philosophes, psychologues et autres "provocateurs de neurones" !

Pour autant, peut être aurais tu moins de peine en utilisant directement l'email pour communiquer avec Ariaga...ce qui t'éviterais le sas des pensums indigestes.

Jean

Écrit par : Jean | 26/01/2012

J'étais souvent malade quand j'étais écolière. J'étais peureuse, j'avais une peur bleue du monde extérieur. Chez moi c'était l'oasis, avec maman qui me "dodichait". Je me souviens aussi de certains états fiévreux et hypersensibles dans lesquels je me sentais vulnérable mais très sensitive, vivante.

Merci Ariaga pour ces articles qui me font connaître Nietzsche. Je n'ai pas eu le courage de lire "Ecce Homo" et "Ainsi parlait Zarathoustra", que je n'avais qu'entamés. Amitiés!

Écrit par : Michelle | 26/01/2012

@ Virginie merci pour tout ce que tu apportes au Laboratoire comme matériau à mettre dans l'athanor.

Écrit par : ariaga | 26/01/2012

@ Amezeg, elle a parfaitement raison ton amie. À moins d'être très diminué mentalement, c'est quand on se dirige vers la sortie qu'il faut préparer le départ. Merci pour cette citation qui est riche d'enseignement.

Écrit par : ariaga | 26/01/2012

@ Thierry, je trouve que tu as fait beaucoup de chemin ces derniers temps.

Écrit par : ariaga | 26/01/2012

@ Miche, cela me parait tout à fait improbable Nietzsche est mort quand Jung avait vingt cinq ans et je crois que depuis longtemps il il avait sombré ...

Écrit par : ariaga | 26/01/2012

Bonsoir amie,
un très beau texte avec des commentaires très riches
Quand les mots de peuvent sortir, les maux nous font signes.
J'ai lu un livre il y a un certain temps :
"Dis-moi où tu as mal, je te dirai pourquoi, très instructif (albin michel)
Douce soirée philosophique
Daniel

Écrit par : bichon39 | 26/01/2012

merci ariaga, tu crois ?
je suis un peu en lévitation et livré à moi même (jambes)
sans être délivré de tous ces souvenirs taraudant.
pas de tare aux dents, à moins de prendre le mors
la mort peu attendre même si je m'en raproche.
merci ariaga de tes paroles douces et sages, les progrès sont longs dans la réhabilitation et le temps est le plus sur allié à condition de l'avoir mis de son côté.

Écrit par : Thierry | 26/01/2012

La maladie crée une déchirure dans notre conscient qui peut s'avérer comme un révélateur (et donc être facteur de progrès) ou au contraire un inhibiteur de pensée (et dans ce cas conduire à une régression), le malade se repliant sur son mal qui occulte toute autre vision.
Certains individus seraient-ils prédisposés à la maladie ?

Écrit par : jeandler | 26/01/2012

ils n'auraient pas fait de bons tailleurs de vignes ces deux là,gestes repetitifs ,baissé, levé , penché mettre les tailles en andins.
bises . potierfou

Écrit par : lecracleur | 26/01/2012

et si cette perturbation spasmodique de notre enveloppe secouait suffisamment le cocotier et les boyaux de la tête , un vrai pas de côté, une nouvelle mise en perspective, une vraie expérimentation grandeur nature, de la souffrance, de la patience, de l'ennui, du rejet, des illusions, des espoirs déçus, et bien d'autres choses encore.
un murissement accéléré de nous même , on cherche parfois à oublier ce qui nous dole car sans être indolent la lenteur devient notre royaume, la douceur notre cour, et la recherche d'un nouvel équilibre se fait jour.
une excitation hors équilibre et un suivi temporel des oscillations et de leur amortissement, du ravaudage des liens, de la vérification des fausses certitudes, de la rude alerte qui traverse le corps.
l'esprit esseulé et soufflé, dé coordonné et pourtant allant vers l'unité.
et la peur et l'angoisse, des complications, des retards et des emmerdements pas recherchés, la part du risque consommée pas en quatre quart.

Écrit par : Thierry | 26/01/2012

La maladie , une douce mélancolie , un état étrange est souvent nécessaire aux artistes , à la création... une sorte de sublimation .

J'aime créer dans une agréable solitude

Bon vendredi Ariaga

Écrit par : Bruno | 27/01/2012

on ne peut pas généraliser et dire que tous les créateurs sont des malades, mais il y a des intermèdes qui favorisent l'accès à d'autres sphères.

Écrit par : Thierry | 27/01/2012

@ MEL, rien ne t'oblige à lire mes textes (je l'avais dit dans ma note d'introduction), un simple bonjour amical suffit à me faire plaisir.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ ÉPHÊME, merci pour ton appréciation. Je dois dire que ces images illustrant le "Train de plaisir des animaux", un livre qui appartenait déjà à mon père m'ont toujours enchantée et attendrie. Le livre est dans un triste état mais je le garde comme une précieux souvenir d'enfance.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ Michelle, le courage te viendra peut-être un jour. Ecce Homo est un peu rude mais le Zarathoustra, que l'on peut consommer à petites doses pendant des années est une merveille.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ Bichon 39, très bonne ta formule : "Quand les mots ne peuvent sortir, les maux nous font signe". Pour moi aussi les commentaires sont très enrichissants.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ Thierry, la mort étonnée, peut attendre si on la regarde dans les yeux et qu'on lui sourit ...

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

oui ariaga mais c'est pour ça que j'aime la philosophie et la philo se Sophie

Écrit par : Thierry | 27/01/2012

message pas pris, pas vu ?

Écrit par : Thierry | 27/01/2012

@ Jeandler, tu poses la question, certains individus seraient-ils prédisposés à la maladie ? Je te répondrai que je n'ai aucune réponse rationnelle et si certains lecteurs ont une idée je serais preneurs. Sur un plan plus mystique on peut penser au Karma mais là j'ouvre une porte sur l'inconnu.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ Lecracleur, ils sont trop malades pour être de quelque utilité que ce soit. Merci pour la visite alors que tu as beaucoup de travail.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

@ Bruno, la maladie une douce mélancolie mais tu es un peu là dans le spleen des romantiques ... il y en a de très douloureuses.

Écrit par : ariaga | 27/01/2012

Bonsoir Ariaga
Que penses tu de ce que propose l’évangile de Marie sur l'origine de la maladie dans cet extrait :
" L’Enseigneur dit : « Il n’y a pas de péché. C’est vous qui faites exister le péché Lorsque vous agissez conformément aux habitudes de votre nature adultère ; là est le péché. Voilà pourquoi le Bien est venu parmi vous ; Il a participé aux éléments de votre nature Afin de la ré-unir à ses racines. » Il continua et dit : « Voici pourquoi vous êtes malades et pourquoi vous mourrez : c’est la conséquence de vos actes ; vous faites ce qui vous éloigne… Comprenne qui pourra. »

traduction de jean yves Leloup copiée ici :
http://www.infologisme.com/art/EvangileMarie.html#1.4

Écrit par : Virginie | 27/01/2012

Sur les origines: avant Pasteur les microbes étaient inconnus et la biologie balbutiante. les épidémies et les conditions et facteurs les entretenant n'étaient pas cernées de près et les corrélations rares.
l'absence d'examen approfondi, la théorie du phlogistique, les méconnaissances notoires en matière d'anatomie avant Vésale et Servet
la pesanteur de la religion sur l'exploration du corps humain ont retardé la capacité d'avoir des tableaux cliniques clairs ou éclairés, des diagnostics sérieux posés, l'invention tardive du stéthoscope (laennec je crois), la capacité de voir des animalcules avec le microscope de van Loevenhok
l'absence d'un corpus descriptif fiable pour identifier dans un bestiaire ad hoc les agents infectieux par exemple , tout cela a relégué malgré galien mais avec averroés, la science médicale à des potions (qui s'agitent) , des emplois de simple ou de minerais sans vision plus globale qu'une expérimentation limitée.

il faudrait demander à Rabelais son avis !

Écrit par : Thierry | 27/01/2012

Que de témoignages ici dans les commentaires avant moi. Je pense qu'après la souffrance, si on en revient, on devient plus fort. Merci et bon week end à tous.

Écrit par : elisabeth | 28/01/2012

@ Thierry, intéressant ton rappel sur les microbes et l'évolution de la recherche. Demain je poste une nouvelle note.

Écrit par : ariaga | 28/01/2012

@ Élisabeth, la maladie est un sujet qui concerne tout le monde c'est pour cela qu'il y a des réactions. Demain j'espère poster la suite ...

Écrit par : ariaga | 28/01/2012

Trop cartésien sans doute mais aimant les liens de causalité (alité par une cause à déterminer pour ne pas être miné) je voulais rappeler sans mettre la chronologie et les dates quelques fait mais j'aurais pu en ajouter
n'ayant pas pu faire médecine j'ai un intérêt profond pour l'histoire des découvertes médicales et quelques idées à faire valoir loin des paroles célestes, car athée je suis, mais pas pressé de hâter le pas.
la maladie peut aussi être lié à un accident, aux infections nosocomiales
quand au psychosomatique il me semble si fréquent que comme pratiquant de sophrologie je considère que l'écoute de son corps et la recherche de relaxation pour trouver l'apaisement sans abaissement sont de nature à limiter les reports physique des tensions mentales qui envahissent le dos, le diaphragme, les articulations, faire circuler par tous les moyens de l'énergie et aussi secréter des endorphines reste à la portée de beaucoup , encore faut il le vouloir et savoir s'y prendre.
respect du corps, écoute du corps, soin du corps.

Écrit par : Thierry | 29/01/2012

Il me semblait avoir laissé un message, je te demandais si tu savais si Nietzsche avait eu connaissance des travaux de Jung ?
Intéressant ce travail que tu fais ici, partageant ta connaissance de Jung.
En ce qui concerne la maladie, il me semble bien que chacun de nous se doit de composer avec cette réalité de la folie humaine.
Se dire "non malade" n'a aucun sens pour moi.
Amicalement

Écrit par : Miche | 31/01/2012

@ Miche, je t'ai répondu plus haut (c'est complique de trouver les réponses quand il y a beaucoup de messages) pourquoi cela me semblait impossible, en particulier pour des raisons chronologiques. Tu as bien raison nous sommes tous un peu malades car personne n'est vraiment conforme au "modèle" de la perfection humaine. Merci pour tes participations.

Écrit par : ariaga | 31/01/2012

Dans ma différence sans indifférence mais mon besoin de repères je me trouve parfois partiellement "autiste" mais c'est de logique procédurale qu'il s'agit , sans doute un effet de l'éducation et un besoin de baliser, un besoin de sécurité face à l'inconnu, alors quand l'inconnu c'est moi, imprévisible c'est moi?
Le quart d'heure de folie....simple exutoire, pour défouler et canaliser (pas caraméliser)une énergie qui ne demande qu'à s'exprimer .
un peu parano sur es bords du fait de mon regard ultra sensoriel, je me sens concerné pas tant de choses, les autres m'attirent mais j'ai toujours peur qu'ils ne m'acceptent pas tel que je suis !

un grand malade je vous dis, mais au moins je le sais et je me soigne.

désolé de ses confessions...je ne me force pas.

Écrit par : Thierry | 31/01/2012

Bonjour, cela semble être une très belle histoire à voir, cela me donne envie de lire

Écrit par : Maladies | 08/02/2012

Mon blog est l'histoire de mes maux donc je n'ajouterai rien à cet article...la psychosomatique est une grande compagne de ma vie...

"L'homme est un apprenti la douleur est son maître et nul ne se connaît tant qu'il n'a pas souffert" disait je crois Musset.

"Se connaître": j'aurais tant aimé pouvoir le faire sans passer par la douleur mais est-ce vraiment possible ?
Lacan pensait qu'il était impossible qu'un "con" puisse se connaître, il ajoutait ainsi à la notion de douleur, l'intelligence.
Je me pose la question en regardant parfois autour de moi "un imbécile heureux"...

Je t'embrasse

Écrit par : Lmvie | 09/02/2012

@ Lmvie, je t'ai suffisamment lue pour croire que la douleur peut être créatrice.

Écrit par : ariaga | 09/02/2012