UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Nietzsche refoule les forces féminines | Page d'accueil | Le fil de lumière »

10/02/2012

Nietzsche,Jung et la mort de Dieu

philosophie,littérature,culture,société,écriture,nietzsche,jung

Photo Yann

Cette note , un peu longue, mais que vous pouvez lire à loisir car c'est la dernière de la série, fait suite aux cinq notes précédentes.

Pour en revenir à la “mort de Dieu” sujet iconoclaste qui fit la célébrité philosophique de Nietzsche, elle inspira Jung en tant que mort d’une certaine image de la divinité. La position  jungienne est originale, car elle met sérieusement en cause l’athéisme nietzschéen.
Selon Jung, Nietzsche n’a pas pu échapper à l’image de Dieu en lui. L’archétype divin a alors émergé sous la forme d'un Zarathoustra qui n'est pas une simple figure poétique. D’où le  “langage hiératique” du Zarathoustra car ce langage, exprimant ce qui est plus une confession involontaire qu’une oeuvre pensée, manifeste le “style” de cette représentation  archétypique.
 Nietzsche, selon cette vision jungienne, appartient à l’espèce des ”iconoclastes modernes” qui ont cru possible de renverser les tables de la loi, de détruire les anciennes valeurs. Ceux-là se sont retrouvés sans support, suspendus dans le vide. Les missionnaires, eux, détruisirent les idoles mais ils avaient pour les remplacer une représentation de ce qu’ils considéraient comme le véritable Dieu.
Intellectuellement, Nietzsche pensait pouvoir se passer de l’image de Dieu mais elle était vivante dans les profondeurs de son inconscient. Or, celui dont le “Dieu meurt” est “guetté par l’inflation dont il va devenir victime”. Jung explique cette théorie de la force de l’archétype divin appliquée au “cas Nietzsche” au cours d’un texte très explicite de Psychologie et religion (p.169,170) :     
“Nietzsche n’était pas athée, mais son Dieu était mort. La conséquence de cette mort de Dieu fut que Nietzsche lui-même se dissocia en deux et qu’il se sentit obligé de personnifier l’autre partie de lui-même tantôt en “Zarathoustra” tantôt, à d’autres époques, en “Dionysos”. Durant sa fatale maladie il signa ses lettres “Zagreus”, le Dionysos démembré des Thraces. La tragédie de Ainsi parlait Zarathoustra est que, son Dieu étant mort, Nietzsche devint un Dieu lui-même et cela advint précisément parce qu’il n’était pas athée.”

    Dieu dans l’homme se révèle ainsi comme un élément psychique extrêmement puissant. Il est quasiment impossible d’ériger contre cette force un rempart solide. On peut d’ailleurs ajouter que, si une force s’avère suffisante chez un être humain  pour résister à la puissance de l’archétype divin, il y a alors toutes les chances pour qu’elle devienne son Dieu. Dans cette optique l’homme n’est pas véritablement libre d’avoir ou non un Dieu. Le seul choix qui lui est laissé est la nature de ce Dieu.
    Nietzsche a mené un mené un long combat contre le Dieu de ses pères et surtout l’image chrétienne de ce Dieu, mais une partie de lui-même était à la recherche du divin. Selon Jung son athéïsme était d’ordre intellectuel alors que son tempérament était religieux. Ceci est confirmé par ces lignes des Racines de la conscience  :
“Qu’on relise avec attention dans un esprit de critique psychologique le Zarathoustra. Nietzsche a décrit, avec une logique rare et la passion d’un homme véritablement religieux, la psychologie de ce “surhomme“ dont le dieu est mort, de cet homme qui se brise …

    Jung ne s’est pas brisé mais il a partagé avec Nietzsche la nature paradoxale d’une double personnalité. L’une qui désire vivre et penser libre de tout présupposés “théologiques“. Celle-là se manifeste par le “Dieu est mort” de Nietzsche et l’affirmation souvent répétée de Jung de ne travailler qu’à partir de données empiriques, de s’en tenir à la psychologie pratique. L’autre personnalité est représentée par le côté “religieux” et le besoin refoulé d’un Dieu de Nietzsche. Dans le cas de Jung la concordance vient du fait que, si on observe attentivement son cheminement, on peut dire que la quête d’un dieu “acceptable”, correspondant à sa profonde et intime expérience de la divinité fut, pour cette seconde personnalité qu’il appelle le numéro 2, le moteur de toute une  existence. 

Pour conclure ces quelques notes sur la relation entre Jung et Nietzsche

Sur le plan philosophique, ce dont Jung remercie le plus Nietzsche, est de lui avoir montré l’exemple, en particulier dans le Zarathoustra, de la possibilité d’utiliser philosophiquement la source intuitive. Il a ainsi dépassé les limites du simple intellect ; à un point tel qu’il ne s’agit plus de philosophie, mais d’un acte artistique créateur. Il donna, selon lui, la preuve qu’il est possible de traiter des problèmes philosophiques en dehors de l’intellectualisme. Jung tenta de suivre ce cheminement, même s’il s’éloigna, lui aussi, parfois, de l’intuition pour la remplacer par l’érudition. Cela se produisit surtout dans la première partie de sa vie, et découlait de son besoin de pragmatisme et de son désir de prouver, de manière rationnelle, ce qu’il avait ressenti intuitivement.
    Nietzsche fut, pour Jung, un catalyseur et un appui. Il tint la place d’un modèle, très ambivalent, des erreurs à éviter, une sorte d’image de l’”Ombre”, mais aussi, paradoxalement, d’une voie à suivre, la voie des anciens alchimistes. Des forces, issues des profondeurs de son inconscient de Nietzsche l’avaient mis en résonance avec la phase de l’”Oeuvre au noir”. Son Moi conscient, trop fragile, calciné, morcellé, n’avait pas survécu. Mais  il avait eu le courage de tenter l'épreuve, en dépit de sa faiblesse physique et psychique. C’est pourquoi Jung le relie à une filiation allant des anciens alchimistes à Paracelse, qui fut le modèle du Faust de Goethe. Nietzsche, pensait-il, était “un homme faustien comme il en existe peu”. On peut lire dans Ma vie (p.220) :
“Je pense à la parole de Goethe : “Pousse hardiment la porte devant laquelle tous cherchent à s’esquiver ! “ Or, le deuxième Faust est plus qu’un simple essai littéraire. Il est un chaînon de l’Aurea catena, de cette chaîne d’or qui, depuis les débuts de l’alchimie philosophique et de la gnose jusqu’au Zarathoustra de Nietzsche, représentent un voyage de découvertes - le plus souvent impopulaire, ambigu et dangereux - vers l’autre pôle du monde.”

Nietzsche n’a pas cherché à esquiver le dangereux voyage et il fait bien partie de l’ “aurea catena” des alchimistes, cette chaîne d'or qui relie le ciel à la terre. 
Je pense que le maillon se prolonge jusqu’à Jung. Il a toujours “ressenti” que l’homme n’est pas seulement fait de ses aspirations les plus “célestes”, de ses idées les plus élevées, mais que, même s’il a perdu le vieil apendice caudal des sauriens, il conserve une solide “chaîne accrochée à sa psyché et le liant à la terre”. De plus, son incessant questionnement, ses décénnies de patientes recherches, la mise en jeu de son “âme”, au moment de son affrontement avec l’inconscient, et, surtout, le fait que l’alchimie fut son ultime appui dans la quête du sens, tout ceci contribue à  l’intégrer, avec Nietzsche, en tant que maillon de cette chaîne, qui continue son parcours souterrain, avec parfois de fulgurantes émergences. 

Ariaga

Vous pouvez lire sur mon autre blog une poésie intilulée Sur l'écriture, qui exprime un peu ce que je ressens après ces moments consacrés à une réflexion un peu "théorique".

 

 

Commentaires

Cette vision de l'humain global, et non pas seulement "céleste" (ou matériel) est riche et intéressante
Ce qui me questionne plus c'est la remise en cause de l'athéisme (de Nietzsche ici en particulier) me demandant s'il n'y a pas amalgame entre la notion de Dieu et celle de spiritualité. Et je pense à certains écrits (de différents niveaux) qui se sont basés sur ceux de Nietzsche pour parler d'une spiritualité athée justement.
Il a pu "tuer" l'idée, l'image, de Dieu en lui sans renier cette réalité plus "céleste", spirituelle, en lui, qu'elle soit nommée ou pas mais nous montrant un Zarathoustra mystique et un livre quasi biblique.
Bien sûr après on peut dire que cette notion de "spiritualité en soi" équivaut à une autre image de Dieu, mais c'est tout le pb de ce mot, qui ne veut rien dire ou/et tout dire.

merci pour ce travail, cet oeuvre, ces écrits

bises

Frédéric

Écrit par : Frédéric | 10/02/2012

Chère Ariaga,

Dans l'immédiat, je viens t'informer que j'ai répondu à ta question, celle qui concerne les robots...

Pour ta note, je reviendrai dès que possible, en attendant, je te souhaite une douce soirée, Jack le poétiste qui t'embrasse.

Écrit par : Jack le poétiste | 10/02/2012

Joséphine, tout en passant en coup de balais, te salue ainsi que ton écriture chère Ariaga ! Bises

Écrit par : joséphine | 10/02/2012

Pour un samedi, où l'on doit ne pas trop faire fonctionner son pauvre cerveau qui en a bavé toute la semaine, tu nous gâtes ! Je reviendrai lire plus en détail ta longue note... Bon week end.

Écrit par : elisabeth | 11/02/2012

Ici, je laisse Nietzsche et Jung aux bons soins de leur choix de croire ou de ne pas croire en Dieu. Cela est un vaste sujet et dans ma tête c'est un peu plus simple. J'imagine qu'il possédait d'immenses commodes pour ranger toutes leurs pensées et autres fouillis du genre qui cassent la tête, du moins la mienne qui, en fait, est plutôt réduite tant je me suis débarrassé des affaires qui l'ont meublée. J'aurai bien aimé donner un avis plus performant, mais quand son âme a été longtemps plongée dans le silence, il est juste de souffrir du manque de paroles. En espérant que celles-ci auront au moins l'opportunité d'avoir marqué mon passage en ton laboratoire d'alchimiste ?

Avec toute ma sincère sympathie, Jack le poétiste.

Écrit par : Jack le poétiste | 11/02/2012

P'tit coucou de fin de dimanche ariaga, bien occupé en ce moment, et demain travaux dans l'appartement, bise et bonne fin d'après midi...

Écrit par : le Pierrot | 12/02/2012

Chère Ariaga,

Ce que je ne comprends pas chez Nietzsche et Jung, c'est leur état d'âme. Étaient-ils à ce point troublés dans leur être et dans leur âme pour avoir autant de résonances mentales ou cherchaient-ils à prouver qu'il existe un moyen philosophique pour parvenir à la tranquillité de l'âme. Je suis quand même étonné, car j'estime que pour des personnages aussi érudits, la paix ne devait pas être loin d'eux, car de par mon expérience, j'estime qu'il n'est pas si difficile que cela d'y parvenir, à moins qu'il s'agisse d'autre chose ?

En toute naïveté et avec toute ma tendre sympathie, Jack le poétiste

Écrit par : Jack le poétiste | 12/02/2012

Le problème de Jung et de Nietzche, c'est d'abord me semble-t-il celui-là : "Que faire de le personnalité numéro 2" ?
Celle qui n'est pas la personnalité quotidienne, celle qui est "hors du temps et de l'espace" et qui est en contact avec un monde que l'être humain dit "ordinaire" ne connaît pas.

Tous les deux ont reconnu en eux cette deuxième personnalité. Elle a besoin de s'exprimer. Or, elle n'a pas "droit de cité" dans le monde de tous les jours...les gens autour d'eux ne sont pas prêt à accepter quelque chose de cet ordre...les médecins poseraient immédiatement l'étiquette de schizophrénie sur un phénomène de cet ordre (ou une autre étiquette, mais ça revient au même, on déclare "fou" celui qui dit entendre une voix en lui ou avoir accès à certaines choses qui dépassent la raison).

Nietzsche a choisi de l'exprimer au travers de ses livres ...c'est "Zarathoustra" qui parle...il donne la voix à cette deuxième personnalité de façon assez directe, quitte à passer pour un illuminé...ou un prophète. Cette voix énonce de grandes vérités...des vérités auxquelles la personnalité ordinaire de Nietzsche n'aurait sans doute jamais eu accès...car il faut bien comprendre et Jung le répète sans cesse, que les idées qui nous viennent ont leur existence propre, ce n'est pas nous qui les créons, elles "naissent" à travers nous. Ainsi, l'oeuvre de Nietzsche "naît à travers lui", mais il n'en est que le scribe, cette vérité vient de bien plus loin...elle passe à travers sa personnalité numéro deux, personnalité qui "parle en lui", "source intuitive"...

Quant à Jung, il a pleinement conscience de l'incongruité de se déclarer "prophète"...il craint une telle démarche et il craint aussi fortement, il faut bien le dire, pour sa réputation professionnelle, réputation qui est celle d'un homme de science (même si cette science est toute neuve) ...

D'un côté, il est pleinement convaincu de la force et de l'importance de ce qui "se dit" en lui de cette façon (contenu du Livre Rouge), d'un autre côté, il craint de perdre tous ses clients et toute sa respectabilité (personnalité numéro 1). C'est pour cela qu'il ne publiera jamais ses écrits les plus "illuminés"...il les gardera privés.

Mais il s'appuiera sur eux pour écrire ses livres, livres qu'il tentera de rendre les plus "rationnels" possibles...Ce faisant, il a eu le mérite, je crois, de "créer un pont" entre la raison et les "révélations intérieures"...ce qui pourra amener beaucoup de personnes réfractaires à l'irrationnel à se poser tout doucement les "bonnes questions"...mais, en même temps, il faut bien reconnaître qu'il "voile" l'origine réelle de ses connaissances, origine beaucoup plus "révélée" que construite par l'expérience et l'observation scientifique.

Personnellement, tout en admirant profondément Jung et son oeuvre, je crois qu'il ne faut pas jeter trop vite la pierre à Nietzsche...qui, reconnaissons-le, a assumé courageusement (du moins au début) sa deuxième personnalité. Que cela lui ait valu ensuite beaucoup de difficultés (intérieures et extérieures) était prévisible, étant donné le contexte...il a peut-être succombé à l'inflation...en tout cas, il n'a pas pu garder son "équilibre"...mais il a tenté quelque chose que peu de gens, avant lui, avaient tenté...Il a ouvert la voie. Reconnaissons-lui cela.

(si j'ai été trop "technique", Ariaga...tu me le dis !)
:-)

Bonne soirée à tous !

Écrit par : La Licorne | 12/02/2012

Je me répète mais tu as le talent de rendre accessible à tous des problématiques délicates, merci pour ça déjà.

Licorne,
je crois, aussi grâce à l'imposant travail que vient de nous livrer Ariaga, que les lecteurs de ce blog auront saisi la forte similarité de ces deux esprits et combien Nietzsche a inspiré et imprégné Jung...ce que tu soulignes fort bien d'ailleurs.
J'ai été sais de lire, dans le livre rouge, comment Jung écrit ouvertement comme prophète, je crois qu'il a franchi une ligne à un moment, dont il a su revenir.

Jack,
Qu'est ce que la sagesse ? et surtout est elle forcément liée à la sérénité ? je ne suis pas sûr...
De plus, la nature étant ainsi faite, nous ne sommes pas égaux face au besoin de notre être.


Amitiés,
Jean

Écrit par : Jean | 13/02/2012

@ la licorne et @ ariaga je me suis permis de mettre entrelacées de nouvelles réflexion entre bracket et pas dans le coma !


Le problème de Jung et de Nietzche, c'est d'abord me semble-t-il celui-là : "Que faire de la personnalité numéro 2" ? « notre double, le Mr Hyde (dans le parc) »
Celle qui n'est pas la personnalité quotidienne « mais suffisamment présente pour se rappeler à nos bons souvenirs » , celle qui est "hors du temps et de l'espace" « oui intérieure, intemporelle, une voix de la conscience qui va nous dicter et nous faire voir d’autres choses, je pense à Muhammad le prophète ! » et qui est en contact avec un monde que l'être humain dit "ordinaire" ne connaît pas.

Tous les deux ont reconnu en eux cette deuxième personnalité « pas alitée, prête à se mettre debout. » Elle a besoin de s'exprimer « il faut que ça sorte, effet soupape ! ». Or, elle n'a pas "droit de cité" dans le monde de tous les jours « bien trop dérangeante et bien trop libre pour ça ! »...les gens autour d'eux ne sont pas prêt à accepter quelque chose de cet ordre...les médecins poseraient immédiatement l'étiquette de schizophrénie sur un phénomène de cet ordre (ou une autre étiquette, mais ça revient au même, on déclare "fou" celui qui dit entendre une voix en lui ou avoir accès à certaines choses qui dépassent la raison « Intuition, émotions, spiritualité » ).

Nietzsche a choisi de l'exprimer au travers de ses livres ...c'est "Zarathoustra" qui parle « si Sarah tousse on est dans de beaux draps « !...il donne la voix à cette deuxième personnalité de façon assez directe, quitte à passer pour un illuminé...ou un prophète « c’est un procédé, un médiateur pour se décaler et mettre de la profondeur pour jouer sur de nouvelles bases. » Cette voix énonce de grandes vérités...des vérités auxquelles la personnalité ordinaire de Nietzsche n'aurait sans doute jamais eu accès...car il faut bien comprendre et Jung le répète sans cesse, que les idées qui nous viennent ont leur existence propre « c’est tout à fait vrai et ça reste un mystère absolu pour moi ! » , ce n'est pas nous qui les créons, elles "naissent" à travers nous « Nous cristallisons des choses déjà en nous, reformulons et puis rassemblons les morceaux, logique d’agrégation et d’association libre ». Ainsi, l'oeuvre de Nietzsche "naît à travers lui" « plus que par lui, mais passe par lui, » mais il n'en est que le scribe, cette vérité vient de bien plus loin...elle passe à travers sa personnalité numéro deux, personnalité qui "parle en lui", "source intuitive"...

Quant à Jung, il a pleinement conscience de l'incongruité de se déclarer "prophète" »prétention, regard dimension messianique » ...il craint une telle démarche et il craint aussi fortement, il faut bien le dire, pour sa réputation professionnelle, réputation qui est celle d'un homme de science (même si cette science est toute neuve) ... »il ne perd pas le nord et ne veut pas passer pour dérangé »

D'un côté, il est pleinement convaincu de la force et de l'importance de ce qui "se dit" en lui de cette façon (contenu du Livre Rouge), d'un autre côté, il craint de perdre tous ses clients et toute sa respectabilité (personnalité numéro 1). C'est pour cela qu'il ne publiera jamais ses écrits les plus "illuminés"...il les gardera privés » « il n’est pas le seul, dans ce dialogue avec nous même parfois c’est effrayant ce qu’on croit discerner ou découvrir ».

Mais il s'appuiera sur eux pour écrire ses livres, livres qu'il tentera de rendre les plus "rationnels" possibles...Ce faisant, il a eu le mérite, je crois, de "créer un pont" « explicatif et normatif pour que cela ne semble pas sortir du chapeau comme un lapin blanc » entre la raison et les "révélations intérieures"...ce qui pourra amener beaucoup de personnes réfractaires à l'irrationnel à se poser tout doucement les "bonnes questions"...mais, en même temps, il faut bien reconnaître qu'il "voile" l'origine réelle de ses connaissances « ça reste mystérieux et sujet à supputation ? », origine beaucoup plus "révélée" que construite par l'expérience et l'observation scientifique.

Personnellement, tout en admirant profondément Jung et son oeuvre, je crois qu'il ne faut pas jeter trop vite la pierre à Nietzsche...qui, reconnaissons-le, a assumé courageusement « quoiqu’il puisse lui en couter ? » (du moins au début) sa deuxième personnalité. Que cela lui ait valu ensuite beaucoup de difficultés (intérieures et extérieures) était prévisible, étant donné le contexte...il a peut-être succombé à l'inflation « il n’était pas gonflé de vanité mais d’un trop pleine de vérités à révéler au monde »...en tout cas, il n'a pas pu garder son "équilibre"...mais il a tenté quelque chose que peu de gens, avant lui, avaient tenté...Il a ouvert la voie. Reconnaissons-lui cela. « c’est un pionnier il est mort le pic à la main, la montagne d’interrogations est toujours là ! »

(si j'ai été trop "technique", Ariaga...tu me le dis !)
:-)

Écrit par : Thierry | 13/02/2012

@ La Licorne et @Thierry, si j'ai employé le mots "technique", c'est parce que je veux que le laboratoire garde le cap que j'avais indiqué dans mon "à propos" en haut à gauche du blog. Je n'ai pas honte de dire que c'est un blog de "vulgarisation" sur des sujets parfois difficiles. Je veux que tous puissent le lire, même ceux qui n'ont pas fait d'études. C'est un cap difficile à tenir, les années passant et parfois de vieux démons du langage des "spécialistes, me visitent ... je tente de les éloigner mais j'ai besoin d'aide ! Voilà ce que je voulais dire.

Écrit par : ariaga | 13/02/2012

Merci de ces précisions ariaga, mais pour moi ça va ce niveau de langage n'est pas trop soutenu même si je le soutiens complétement
je n'ai donc fait que de réagir et si j'avais trouvé trop abscons les notions développées, je n'aurais pas hésité à poser des questions

bises à tous depuis la clinique
je commence à béquiller, bref je bégaie ma marche

Écrit par : Thierry | 13/02/2012

ARIGA à TOUS , suite à des circonstances imprévues, rien de grave, je m'absente trois jours. Je sais que le Laboratoire vit très bien sans moi et je compte sur vous tous amis fidèles. A très bientôt.

Écrit par : ariaga | 13/02/2012

Cher Jean,

Donc, si je te saisis bien, la sérénité n'accompagne pas forcément la sagesse ?

Dans ce cas, ne peut-elle nous aider à la trouver plus facilement ?

En toute sympathie, Jack le poétiste

Écrit par : Jack le poétiste | 14/02/2012

Bonjour Ariaga,
En fait la mort de dieu est un phénomène très humain. Le dieu meurt et se renouvelle, c'est ce que vous appelez l'individuation. Ce qui est exceptionnel est l'échec de ce processus, et en cela Nietzsche en un est un grand exemple.
Vous avez grandement raison de souligner le rapport à la Terre et votre poème est très beau. Car lorsque le Dieu se renouvelle, la Déesse se renouvelle aussi. Le Dieu et la Déesse sont un.
Amicalement

Écrit par : phil4 | 14/02/2012

"Nietzsche n'était pas athé, mais son Dieu était mort"..Position délicate, surtout si l'on a quelques difficultés avec l'Éternel féminin. L'on comprend qu'il ait glissé vers la folie. Jung ayant de bien meilleures relations avec l'Eve qui donne la pomme de la connaissance, il pouvait s'équilibrer, et a su rester sur Terre.

ÉPHÊME

Écrit par : ÉPHÊME | 14/02/2012

Chère Ariaga,

Prends le repos nécessaire après tant d'énergie distillée parmi nous...

Jack,

Je n'ai pas de réponse définitive à vos questionnements et qui pourrait prétendre en avoir ?
Il est vrai que la sagesse peut s'assimiler à un alignement de l'Etre, qui s'accompagne souvent d'une certaine sérénité...

Amitiés,
Jean

Écrit par : Jean | 14/02/2012

A bientôt, Ariaga...

Écrit par : La Licorne | 15/02/2012

Chère Ariaga profite bien de ces trois jours pour reposer ton esprit qui fourmille de tant d'idées que je n'arrive plus à suivre , lol ! Je t'embrasse

Écrit par : danae | 15/02/2012

Bonjour Ariaga ,tu m'avais dit que tu aborderais Nietzsche et la religion dans le dernier volet .Ce que je lis donc .La société de son époque était fortement sous l'influence des vertus chrétiennes qui emprisonnent l'être ,Nietzsche va s'y opposer ."Quand on possède une vertu ,une vraie vertu ...on est victime de cette vertu " .
Quand à la santé défaillante de Nietzsche ,la syphilis n'a-t-elle pas participée à sa perte de raison ?...
Amicalement .

Écrit par : Hécate | 17/02/2012

@ Hécate, tu as parfaitement raison la syphilis de Nietzsche avait certainement précipité sa chute dans la déraison.J'ai aussi réfléchi aux névroses de Nietzsche,elles ont certainement été un plus. Je pense à ces paroles de Jung au sujet du grand physicien Pauli : "Heureusement qu'il était névrosé" !!! ...

Écrit par : ariaga | 17/02/2012

@ Phil 4, merci d'être venu me rendre visite, surtout avec un commentaire aussi intéressant (et un peu flatteur !)

Écrit par : ariaga | 17/02/2012

ARIAGA À TOUS, je reviens mais je dois dire que je suis un peu en panne d'inspiration. Le travail sur Jung et Nietzsche m'a emmenée un peu plus loin que je ne le pensais. Je croyais que le point de vue de Jung suffisait mais je me suis redue compte, en lisant les commentaires, que j'avais besoin, pour me faire MON opinion, de retourner vers Nietzsche qui n'est pas une de mes "spécialités". Beaucoup de mes lectures sont anciennes, sauf pour le Zarathoustra qui est un de mes livres de chevet. Cela m'a un peu chamboulée ...
Je vais reprendre le cours normal du blog mais doucement ...
Je vous embrasse tous.

Écrit par : ariaga | 17/02/2012

Cher Jean,

----------------------------------

Il me semble que les questionnements sont là pour cause de la présence en cet espace de votre commentaire, sinon, je vous avoue que je ne m'en pose aucunement, j'ai simplement voulu poursuivre et approfondir votre propos, sans penser que je pouvais vous mettre quelque peu dans une situation de controverse.

Avec toute ma sympathie, Jack le poétiste

Écrit par : Jack le poétiste | 17/02/2012

Alignement de l'être...face au néant
je devrais relire mes caciques
je me demande si la sagesse c'est de l'ordre ou de la liberté plus de la bienveillance plus du non engagement ou du non agir
le vecteur est moins monopolaire qu'il y parait
et sans être bipolaire ou bistable
on pourrait imaginer une boussole qui indique facilement le nord
et s'oriente mieux et bien
liberté radiale selon un axe centré, mais pas sasn trait
de l'humour et de l'amour pour aller de l'avant
quand au magnétisme entre les être j'essaie encore de le décortiquer avec la pshyco-morphologie
bises ariaga et désolé des changements d'éclairages pas rasant

Écrit par : Thierry | 17/02/2012

Sourire Ariaga avec tous ces grains de sable, je repasse pour te donner un nouveau coup de balai, faire le ménage quoi, avant de retourner ailleurs chez la rouge sur mon balai à étoiles, je t'embrasse bien fort

Écrit par : joséphine | 17/02/2012

Pour toi, Ariaga ;))
http://www.dailymotion.com/video/xj96ap_l-experience-de-nietzsche-par-yann-kassile_shortfilms

Écrit par : Kaïkan | 17/02/2012

Bonjour Ariaga,
Votre poème "Sur l'écriture" annonce tout à fait la panne d'inspiration actuelle,
Alors pour retrouver la flamme imaginons : Comment donner Corps au Verbe ? Nous pouvons poser la question.
Merci pour votre petit mot,
Phil4

Écrit par : phil4 | 18/02/2012

Il est des lectures qui bouleversent et nous prennent des jours et des nuits de réflexions profondes ! Bonne retraite ! Bon week end.

Écrit par : elisabeth | 18/02/2012

@ Phil 4, ta question m'interpelle fort et si tu le permets je l'utiliserai la prochaine fois que je me livrerai à des questions posées aux lecteurs.

Écrit par : ariaga | 18/02/2012

@ Élisabeth, merci d'être aussi patiente et fidèle ...

Écrit par : ariaga | 18/02/2012

@ Danae, trois jours ce n'était pas assez et mon esprit est à la fois bouillonnant et paresseux !

Écrit par : ariaga | 18/02/2012

Coucou du dimanche matin Ariaga, vais faire des photos de carnaval aujourd'hui, dans un village voisin, soleil et couleurs seront au rendez vous, ça c'est sûr, bises...

Écrit par : le Pierrot | 19/02/2012

@ Joséphine, c'est gentil de venir donner un coup de balais chez moi, j'en ai bien besoin ...

Écrit par : ariaga | 19/02/2012

ARIAGA À TOUS, revenant en arrière sur cette série je me rend compte combien les amis de ce blog ont participé. Sur la fin, le souffle m'a manqué et je n'ai pas assez dialogué mais le texte et vos participations restent inscrits ici et dans le cheminement spiralique qui est souvent le mien on y reviendra très probablement. maintenant il faut avancer ... Pour moi, c'est parfois difficile mais avec tous les participants du Laboratoire, au moins je ne recule pas ...

Écrit par : ariaga | 20/02/2012

Merci Ariaga de donner du temps au temps ni dans le sporadique ni dans le spasmodique ni dans le spa maudit, on était tous dans le bain, le grand bain des idées, moi ça me décape bien la face pas navrée et je suis enthousiaste sans tousser à la vérité à me confonter et me conforter, ces analyses m'ont revigoré presque autant que les nouvelles de la phlébite qui sont bonnes et pour laquelle les piqures sont finies...youpi!!!

du veut nous donner du fil à retordre, libre à toi, nous ne sommes par ury Geller mais ahuri sans galère je veux bien m'y essayer et si c'est du fer blanc peut être que j'y arriverait ;))

Écrit par : Thierry | 20/02/2012