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08/11/2013

Le chrétien et l'âme

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Choix, par Ariaga,  de Citations de Psychologie et Alchimie de C.G.Jung. Les caractères gras sont des ajouts.

"Une attitude dans laquelle la projection religieuse est exclusive et poussée à l'extrême peut dépouiller l'âme de ses valeurs, de sorte que celle-ci souffre d'inanition, n'est plus en état de se développer et reste embourbée dans un état inconscient." (p.13)

***

"L'âme est à Dieu ce que l’œil est au soleil. Comme notre conscience n'englobe pas l'âme, il est ridicule de parler des choses de l'âme sur un ton protecteur ou péjoratif. Le chrétien croyant lui-même ignore les voies secrètes de Dieu, il doit s'en remettre à lui quand à savoir s'il va agir sur l'homme de l'extérieur ou de l'intérieur, à travers son âme."(p.13)

***

"...il  peut fort bien se produire qu'un chrétien croyant à toutes les figures sacrées demeure sous-développé et inchangé au plus profond de son âme, parce qu'il a " tout Dieu dehors " et qu'il ne le rencontre pas dans son âme."(p.15)

***

"La civilisation chrétienne s'est révélée creuse à un degré terrifiant : elle n'est qu'un vernis extérieur ; l'homme intérieur est resté  à l'écart et, par conséquent, inchangé. L'état de son âme ne correspond pas à la croyance qu'il professe. Le développement du chrétien en son âme n'est pas allé de pair avec son évolution extérieure. Extérieurement tout est bien là, en images et en mots, dans l'Église et dans la Bible. Mais tout cela fait défaut au-dedans. A l'intérieur, ce sont les dieux archaïques qui règnent plus que jamais, c'est à dire que, du fait du manque de culture de l'âme, ce qui correspond intérieurement à l'image extérieure de Dieu est resté en jachère et, par conséquent, dans le paganisme. L'éducation chrétienne a fait tout ce qui était humainement possible, mais cela n'a pas suffi.Trop peu d'êtres ont vécu l'image divine comme étant la propriété la plus intime de leur âme."(p.15)

À suivre ...

Commentaires

Ma formation d'historien m'oblige à dire que JUNG est, pour un immense %, complètement dans le vrai. Les oripeaux extérieurs du Chrétien ne sont parfois (et même souvent) que les paravents dissimulant un désert intérieur insondable. J'ai eu la chance de connaître de prodigieux croyants, illuminant le monde autour d’eux, mais dans l’ensemble le monde bourgeois s'est caché derrière la foi pour commettre les pires turpitudes. Le Chrétien n'est d'ailleurs pas le seul Tartuffe : parmi tous les Gens du Livre ils sont légions, barricadés derrière leurs pieux versets qui les lobotomisent complètement.

Écrit par : ÉPHÊME | 08/11/2013

L’Ecclé­siaste enseigne la vanitas de l’existence, pleine d’illusions, éphémère séjour où aucun plaisir ne peut combler la soif d’absolu.
« Nous travaillons incessamment à embellir et conserver notre être imaginaire, et négligeons le véritable »

in La pensée sapientielle de Pascal
http://leportique.revues.org/1281

Écrit par : Jacqueline W. | 08/11/2013

Le troisième ordre, l’ordre surnaturel, l’ordre du cœur est un ordre de l’esprit. S’élever au troisième ordre revient à devenir veilleur. « Jésus sera en agonie jusqu’à la fin du monde. Il ne faut pas dormir pendant ce temps-là » (fr. 553 B/749 S). Veiller, telle est la juste attitude de l’esprit. Le Mystère de Jésus, qui représente à nos yeux comme la conclusion secrète des Pensées, invite à une sagesse de veilleur. Dans les épreuves tragiques de la condition humaine, dormir reviendrait à laisser triompher les ténèbres. Les Pensées au contraire veulent susciter un homme de la veille, qui allume une lampe et se tient à l’écoute de la Parole. La sagesse de veilleur est une sagesse biblique, évangélique 90. Il faut se tenir en silence, à l’écart des bruits qui font oublier l’essentiel, et écouter, écouter la voix lointaine de l’ailleurs. L’expérience de l’esprit comprend la temporalité dans le mystère de l’éternité 91. Cette sagesse de veil­leur apparaît aussi bien comme une sagesse de l’enfance. « La Sa­gesse nous envoie à l’enfance » (fr. 271 B/116 S) 92. La sagesse de l’enfance brille humblement comme une sagesse de l’esprit 93. L’esprit d’enfance, mis en avant par l’Écriture, purifie le regard et sait reconnaître l’amour du divin. L’expérience de l’esprit oriente vers la beauté, la paix et la vérité. L’esprit élève l’existence à un amour universel, y compris de l’ennemi. Le vieil homme, l’homme de péché dont parle saint Paul, doit se transformer intérieurement, devenir un homme nouveau afin de chanter sans fin le « cantique nouveau », « ce chant qui part de l’esprit nouveau de la charité » 94.

in

http://leportique.revues.org/1281

Écrit par : Jacqueline W. | 08/11/2013

Le troisième ordre est ordre du cœur, de l’esprit et du mystère. Dans un monde obscur, l’homme doit toujours chercher les signes de la présence, reconnaître la voix du mystère. Un Dieu qui se voile et se dévoile ne s’impose pas mais s’offre doucement à la li­berté de l’homme. Au cœur de l’interprétation pascalienne de l’Écriture, il y a un Dieu caché, un Verbe voilé. L’apologétique des Pensées prend sa source dans un mysticisme biblique. Le combat contre l’athéisme naît d’une passion mystique. Le lyrisme mystique représente le véritable horizon des Pensées. Pascal est incontesta­blement de Port-Royal par sa théologie mais par son mysticisme ardent, son témoignage bouleversant, il est au-delà, il n’est plus de Port-Royal.
Son expérience du mystère a culminé dans la mys­tique. Ami de la sagesse, de la beauté et de la vérité, interprète de l’Écriture, Pascal fut à la fois, comme le souligne Jean Steinmann, « philosophe », « poète » et « mystique » 104.
in
http://leportique.revues.org/1281

Écrit par : Jacqueline W. | 08/11/2013

"La maison des solitaires qui subsiste en entier avec ses dépendances, n’a subi que les modifications nécessaires pour en faire une bonne ferme : on y montrait encore, il y a quatre ans, les débris d’une machine inventée par Pascal, au moyen de laquelle un enfant de douze ans pouvait facilement tirer d’un puits de 54 mètres (27 toises de profondeur) un volume d’eau pesant au moins 13 myriagrammes (environ 270 litres) sans compter le poids du sceau [sic]. Cette machine que j’avais remarquée dans mes premiers voyages, n’existe plus, et le puits est comblé".
Henri Grégoire, Les ruines de Port-Royal des Champs en 1809. p. 64. (Édition de 1809)

in http://www.bib-port-royal.com/Discussions/disc2.html

Écrit par : Jacqueline W. | 08/11/2013

« Il n'y a rien qui remplace l'esprit, et celui qui cherche un rite... bon, c'est simplement un décorum qui montre que cet être ne peut pas exister ni fonctionner s'il n'est pas soutenu. C'est comme un enfant qui dit : « Je ne peux pas marcher si ma mère ne me porte pas. » Voilà, ce n'est pas une fonction qu'il assume lui-même, c'est une paralysie.
Les rites traditionnels ne nous aident pas à rester en contact avec le Soi - tel que nous l'entendons. Ils nous aident à rester en contact avec une idée, une idée symbolique que nous déclarons avoir été une idée du Soi. Par exemple, nous disons que, d'une certaine manière, le Christ est une idée de l'homo maximus, de l’anthropos, du filius hominis. C'est un symbole du Soi. Mais, dans la mesure où nous pensons que le Christ exprime bien le Soi, le rite devient la pire tentation, il vous fait perdre votre relation au Soi. Par exemple, si vous êtes un peu sensible et si vous assistez à une très belle messe, vous entrez dans ce beau rite et vous vous perdez, vous vous dissolvez dans cette belle forme ; mais cela ne vous aide pas à rester en contact avec vous-même. Rester proche du Soi est une expérience intime et individuelle, et c'est une activité intime et individuelle. Un effort, quel qu'il soit, même s'il s'agit de quelque chose de très spirituel, va tout simplement être un obstacle qui vous empêchera de comprendre ou de devenir conscient de la relation que vous avez avec le Soi. À cet égard, le Soi est quelque chose de très petit, minuscule, et très tendre, il ne peut pas être dérangé par des influences extérieures. Ainsi, voyez-vous, un homme tout seul - sans Église, ni eau bénite, ni communion - qui serait complètement perdu, un tel homme n'a pas de relation avec le Soi. La relation au Soi est en tout premier lieu une expérience solitaire et ce n'est que dans la mesure où vous trouvez des gens qui vous comprennent ou qui vivent une expérience similaire que vous n'êtes pas isolé. Mais aller à l'église ou suivre certains rites pour avoir ce sentiment ne vous aide pas parce que vous ne l'aurez pas.»
C.G.Jung, "Entretiens", chapitre : Les rites –Éditions La Fontaine de Pierre

Écrit par : Amezeg | 08/11/2013

l'oeil est au soleil ne le regarde pas trop il t'aveuglera.
l'âme a besoin de lumière divine pour resplendir

Écrit par : lecracleur | 08/11/2013

Nous pouvons - à notre époque - me semble-il dépasser cette notion de "chrétienté" lorsque l’on évoque toutes les dérives en son nom et l’étendre à l’ensemble des grandes religions. C’est pourquoi je préfère quant à moi parler de spiritualité quand j’évoque Dieu.
« Cette idée selon laquelle nous avons à renaître par une régénération spirituelle est présente dans quasiment toutes les traditions religieuses de l’humanité, même celles qui ne font aucune référence en un Dieu personnel et en sa grâce. » écrit Frédéric Renoir.
Amitiés Ariaga

Écrit par : Louis-Paul | 08/11/2013

@ ÉPHÊME, j'aime ton commentaire car il n'oublie pas de parler des "prodigieux croyants".

Écrit par : ariaga | 08/11/2013

« Le vase comprend pour vous, VOUS ne comprenez pas. » (Jung) :

« Vous voyez, c'est très sérieux. Par exemple, j'ai eu un collègue, il était professeur, un médecin comme moi, et il m'a demandé un jour : « Dites-moi, qu'appelleriez-vous une névrose ?» Bien sûr, j'ai fait attention à ne pas lui répondre : « Pourquoi cher¬chez-vous à le savoir ? » Je lui ai expliqué soigneusement ce qu'était une névrose. Il a réfléchi un moment puis m'a dit : « Bon, s'il en est ainsi, alors près des deux tiers de ma clientèle est névrosée. » Je lui ai alors dit : « Très probablement, oui. »
II m'a ensuite dit : « Je ne vois pas pourquoi vous êtes aussi intéressé par la psychologie et pourquoi vous prenez tant et tant de peine à comprendre ces choses-là. Vous voyez, quand j'ai des ennuis ou si j'ai un problème, je demande à mon Père confesseur. Il ne connaît peut-être pas la solution : il demande alors à l'évêque et, si l'évêque n'a pas de solution, il écrit à Rome. Là, depuis deux mille ans, les hommes les plus intelligents sont assemblés et ont résolu ces problèmes il y a longtemps. [Rires.] Pourquoi vous intéressez-vous à l'esprit humain ? Tout est déjà fait et est maintenant mis en forme, Roma locuta causa finita [Rome a parlé, l'affaire est close]. » C'est ça le rite, c'est ça la vie rituelle.
Ce genre d'homme, voyez-vous, n'a pas un semblant d'intérêt, il ne voit rien, il est complètement aveugle. Si le hasard nous avait réunis - et c'est un bon type -, j'aurais été un de ses amis. J'aurais été comme un éléphant dans un magasin de porcelaine pour lui. Il n'aurait rien compris du tout et je l'aurais tenu comme un sac de pommes de terre. Parce que ce genre d'homme ne signifie absolument rien pour moi. C'est un handicap sérieux quand vous vivez de manière cérémoniale ou rituelle. Le vase comprend pour vous, vous ne comprenez pas. »
C.G.Jung, "Entretiens", chapitre : Les rites –Éditions La Fontaine de Pierre

Écrit par : Amezeg | 08/11/2013

@ Jacqueline W. merci d'introduire la pensée de Pascal dans ce débat où elle a toute sa place.

Écrit par : ariaga | 08/11/2013

@ Amezeg, les extraits des entretiens de Jung m'intéressent beaucoup. ils sont très clairs et d'un abord plus facile que Psychologie et Alchimie. Grand Merci.

Écrit par : ariaga | 08/11/2013

Les deux dernières phrases sont très intéressantes ! Et les commentaires au-dessus du mien également. Très enrichissant Ariaga. Merci beaucoup.

Écrit par : elisabeth | 08/11/2013

L'extrait proposé est très intéressant ainsi que les citations dans les commentaires...
Maintenant que nous sommes au 21ème siècle, siècle plus ou moins "déchristianisé"...peut-être peut-on prendre encore plus de recul et se demander si les religions (dont la religion chrétienne) n'ont pas eu finalement, comme principal résultat ... d'éloigner l'homme de lui-même, de sa profondeur et de sa vérité...
En amenant l'être humain à "adorer" une figure extérieure, n'ont-elles pas été des entreprises de "détournement"...qui ont empêché l'être de se connaître et de se développer...????

Satprem (que je lis en ce moment) disait , et je trouve ça très juste :
"Ce n'est pas adorer qu'il faut, c'est devenir. C'est la paresse de devenir qui fait qu'on adore !"

Ce n'est pas nécessaire de rencontrer un maître, ni qui que ce soit.
Il n'y a qu'à promener dans sa vie son besoin d'être, son feu d'être. Ce besoin, c'est le guru en personne, c'est le Divin au fond de soi, c'est la Lumière même au fond de soi-même.

Qu'a-t-on besoin d'aller écouter la bonne parole de celui-ci ou de celui-là ?
Si l'on a l'occasion de ren­contrer des êtres ou des livres qui ont une puissance, une réalité pour nous, qui nous ouvrent une fenêtre un moment, c'est parfait.
Mais pourquoi s'arrêter éternellement à une fenêtre particulière, à un homme particulier? Ces êtres et ces livres sont simplement des prétextes pour déclencher en nous l'aspiration vers le réel.
Mais si ce feu n'est pas allumé dedans, vous pouvez déverser des tonnes de bonne parole, ça ne servira à rien."

En voyant les "horreurs" commises au siècle dernier et aujourd'hui encore, on peut se demander , en effet, si les "tonnes de bonne parole" déversées par les "bons pasteurs" ont servi à quelque chose...
Et on peut se demander aussi si les "bons pasteurs" n'étaient pas, tout compte fait, très bien nommés : des conducteurs de...moutons...!

P-S : Pour ceux qui trouveraient mes paroles un peu "dures" , je tiens à préciser que je suis une fervente lectrice de l'Evangile...et que je ne rejette absolument pas le message chrétien, mais plutôt l'institution et la "religion" qui dit s'en occuper...
Je ne pense pas que Jésus est venu fonder une "religion", mais plutôt qu'il est venu pour "délivrer" l'homme de ses chaînes...et que son message a été bien déformé...

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

Je continue un peu sur ce sujet...
Amezeg citait ceci (de Jung) :
"Les rites traditionnels ne nous aident pas à rester en contact avec le Soi - tel que nous l'entendons. Ils nous aident à rester en contact avec une idée, une idée symbolique que nous déclarons avoir été une idée du Soi. Par exemple, nous disons que, d'une certaine manière, le Christ est une idée de l'homo maximus, de l’anthropos, du filius hominis. C'est un symbole du Soi. Mais, dans la mesure où nous pensons que le Christ exprime bien le Soi, le rite devient la pire tentation, il vous fait perdre votre relation au Soi."

Marie-Louise Von Franz, dans "Alchimie et imagination active" dit, p 35 :

"Jung aborde...un autre problème qui est la manière dont le christianisme découragea, à partir d'un certain degré de développement (comme c'est encore le cas dans une certaine mesure), toute vie intérieure personnelle et toute tentative de certains pour se fier à leur propre connaissance psychologique intérieure et à tout ce que leur âme objective pouvait leur dire et que le clergé considère comme purement subjectif.
On enseignait aux fidèles qu'il leur suffisait de croire en la figure historique de jésus et à l'enseignement dogmatique de l'Eglise. C'est ainsi que l'Eglise exprime la vérité de l'âme, mais sous une forme projetée."

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

« Ce n'est pas nécessaire de rencontrer un maître, ni qui que ce soit.
Il n'y a qu'à promener dans sa vie son besoin d'être, son feu d'être. Ce besoin, c'est le guru en personne, c'est le Divin au fond de soi, c'est la Lumière même au fond de soi-même. », affirmes-tu, La Licorne.

Toutefois, le Divin, le fond de soi-même, est-il toujours exactement, et uniquement, là où nous pensons qu’il se trouve ? N’est-il pas parfois également, pour certains d’entre nous, "dans" un interlocuteur que la vie met sur notre chemin ?
Voici une petite histoire (que l’on peut lire ici http://supervielle.univers.free.fr/ramakrishna.htm ) :

« L'ELEPHANT ET LE SOT
Un certain gourou enseignait à son disciple que toute chose créée était Vishnou (Dieu). Et son disciple le prit au mot. Un jour il rencontra un éléphant dans la rue. L'animal s'avançait vers lui et le cornac criait: « Ecarte-toi, écarte-toi !» Le disciple raisonna dans son esprit : «Pourquoi m'écarterais-je ? Je suis Vishnou, l'éléphant aussi ; quelle crainte Vishnou peut-il avoir de Soi-même ?» Dans cette pensée il ne bougea pas. Finalement l'éléphant le souleva avec sa trompe et le jeta au loin. Il fut grièvement blessé, et, quand il retourna chez son maître, il lui raconta toute l'aventure. Le gourou dit: « C'est bien, mon fils. Tu es bien Vishnou et l'éléphant l'est aussi. Mais pourquoi n'avoir pas écouté les avertissements du cornac Vishnou qui te demandait de t'écarter ? »

Écrit par : Amezeg | 08/11/2013

...pour résumer,, je dirais que l'Eglise offre à ses fidèles une "projection figée du Soi" sous la forme de la figure historique et adorée de Jésus ( figure largement "reconstruite" et déformée, soit dit en passant) et que cette figure étant "figée", une fois pour toutes...elle interdit le contact toujours renouvelé, la relation vivante et imprévue avec son propre Soi...

Rien ne vient de soi-même , de son ressenti subjectif, de ses intuitions, de ses rêves...etc...
Rien de "divin" ou de "sacré" n'est plus "livré au présent", dans l'aujourd'hui...
Le "sacré" se trouve entièrement "enfermé" dans le "passé" et dans le ressassement de ce qui a été dit ou fait par une figure "indépassable" et plus ou moins "inimitable"...par qui "tout a été fait"...
ce qui, de façon subtile mais très efficace, "verrouille" le développement personnel et la découverte de l'âme...

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

Amezeg, j'aime bien ton histoire d'éléphant... :-)

Relis bien ce que Satprem dit : il ne dit pas de ne pas tenir compte de "plus sage que soi" (personne ou livre...)...il dit juste de ne pas s'y arrêter définitivement...

Ecouter le cornac, oui...mais le prendre pour modèle, non ! ;-)
Le seul endroit vraiment "sûr" pour nous, le seul "roc", la seule référence "définitive"...se trouve à l'intérieur de nous...

D'autres le disaient sous cette forme :
"...si tu rencontres le Bouddha...tue-le !" ;-)

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

J’avais bien lu ce que tu as cité de Satprem, La Licorne, et je ne crois pas avoir besoin de le relire.
La petite histoire de l’éléphant et du sot demande elle-aussi à être "bien lue".
Quant à Bouddha qu’il faut "tuer" je crois avoir cité ici maître Taisen Deshimaru Roshi dans un commentaire à la note d’Ariaga intitulée « C.G.JUNG sur la fin de l'analyse».
Voici la citation :
« Si le démon vient,
Donne-lui vingt coups de bâton.
Si Bouddha vient,
donne-lui vingt coups de bâton. »

Sayonara ! :-)

Écrit par : Amezeg | 08/11/2013

ARIAGA À TOUS, j'ai mal au dos et aux yeux alors, comme je vois que le Laboratoire se porte bien grâce à ses chercheurs de vérité, je vais aller me reposer. Soyez sages ...

Écrit par : ariaga | 08/11/2013

Mais j'ai bien lu aussi ta "petite histoire", Amezeg, je t'assure...qu'elle est très claire pour moi...et qu'elle vaut...pour tous ! ;-)

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

Amen !
Fais de beaux rêves, La Licorne et si tu (y) vois un éléphant salue-le de ma part... ;-)

Écrit par : Amezeg | 08/11/2013

"Tout être humain possède, au fond de sa psyché, une étincelle divine, une partie de la divinité que Jung appelle le Soi.
Mais à cet énoncé, les théologiens lui sautèrent à la gorge : qu'ils aient été rabbins, pasteurs ou prêtres, leur critique était toujours la même : "Vous transformez la religion en quelque chose de seulement psychologique."

Pourtant, s'il existe dans notre psyché une image de Dieu qui est un centre actif, nous devrions honorer notre psyché comme étant la chose la plus élevée qui soit sur terre, mais, en ce cas, on ne peut plus dire "seulement psychologique" dans le sens de "rien que psychologique".

Dorn , à propos de cette image intérieure de Dieu dit en toute sincérité qu'elle est présente dans le christianisme bien qu'elle n'y soit presque jamais reconnue.
Dorn assure que cette image de Dieu est comme une entité active, une essence présente dans notre propre psyché, et que nous n'avons donc pas à la rechercher partout ailleurs.

Il prend cette "image" au sérieux.

Cela était également vrai de l'ensemble de l'alchimie.
Les alchimistes ne vont pas dans une autre direction que le christianisme ou au-delà, mais pour la première fois, ils prennent celui-ci de façon vraiment concrète.
Ils essayaient de croire réellement ce qui avait été prêché pendant des siècles sans avoir été cru."

Marie-Louise Von Franz
"Alchimie et imagination active"

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

Nos messages se croisent, Amezeg...
ça doit être parce qu'on est...bavards ! :-)

Je te souhaite également de beaux rêves...et j'en profite pour te transmettre mon histoire d'éléphant à moi, celle que je préfère depuis toujours...

http://www.jainworld.com/JWFrench/jainworld/education/juniors/junles19_enfr.htm

Écrit par : La Licorne | 08/11/2013

Bon jour Ariaga,
J'ai bien compris, si je croise un éléphant, je m'écarterai mais je ne pense pas qu'au Maroc je vais en rencontrer la semaine prochaine ! Bises.

Écrit par : danae | 09/11/2013

Je n'ai pas besoin de la religion pour créer un lien avec Dieu. Je préfère de beaucoup le contact direct. La foi n'a rien à voir avec la religion. Tout rite , toute croyance, tout dogme est quelque part limitatif.
L'image véhiculée par le christianisme me paraît un peu éculée et passéiste et m'empêche d'adhérer à l'enseignement ( souvent culpabilisateur) diffusé par cette religion.

Écrit par : Daniel | 09/11/2013

Tracy Chapman - All that you have is your soul
http://www.youtube.com/watch?v=CoNtYC_XDC8

Écrit par : Jacqueline W. | 09/11/2013

OUH la la on s'absente ne serait ce que l'espace d'un instant et à notre retour que de mots et d'idées, c'est parfois dur de rentrer à nouveau dans la danse. Puissance et limite de l'utopie, chimères de l'enthousiasme, habillage de certaines religions et coupure des vrais liens spirituels, turpitudes et mansuétudes d'un système à bout de souffle.

Écrit par : Thierry | 09/11/2013

:-)
Jacqueline, je crois que c'est ça "All you have is your soul" !

Mais le vrai problème, c'est que le mot "âme" ou "soul" est "piégé"...personne ne met la même chose derrière ! On la confond avec l'Esprit (je développerai ça une autre fois...pour ne pas alourdir le débat).

A l'adolescence, j'ai beaucoup lu Pascal et ses Pensées...et je dois dire que cet homme a eu de puissantes "révélations" qui m'ont vraiment touchée...(j'ai plus de mal avec Port-Royal...).
Je me sens assez "pascalienne".

Et j'aime beaucoup certains passages que tu cites :
"Le troisième ordre est ordre du cœur, de l’esprit et du mystère.
Dans un monde obscur, l’homme doit toujours chercher les signes de la présence, reconnaître la voix du mystère. Un Dieu qui se voile et se dévoile ne s’impose pas mais s’offre doucement à la li­berté de l’homme. Au cœur de l’interprétation pascalienne de l’Écriture, il y a un Dieu caché, un Verbe voilé."
"L’esprit d’enfance, mis en avant par l’Écriture, purifie le regard et sait reconnaître l’amour du divin. L’expérience de l’esprit oriente vers la beauté, la paix et la vérité. L’esprit élève l’existence à un amour universel, y compris de l’ennemi. Le vieil homme, l’homme de péché dont parle saint Paul, doit se transformer intérieurement, devenir un homme nouveau afin de chanter sans fin le « cantique nouveau », « ce chant qui part de l’esprit nouveau de la charité..."

A l'exception du terme "homme de péché" -à laquelle je n'adhère pas -toute l'alchimie est résumée là :
"Le vieil homme doit se transformer intérieurement, devenir un homme nouveau..."
L'alchimie est l'art de la "transformation"...
C'est la transformation de l'être...transformation intérieure qui se poursuit jusqu'à toucher la part "incorruptible" (or).

Il me semble q'est une démarche exigeante et difficile qui ne peut être réduite à l'adhésion à une foi ou à un dogme...car "adhérer" est justement le contraire de "se transformer"...

Écrit par : La Licorne | 09/11/2013

Rectificatif :"Il me semble que c'est ..."

Écrit par : La Licorne | 09/11/2013

Anima et imago
la conscience
et l'ego
la transformation
sans la transportation

Écrit par : Thierry | 10/11/2013

"Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut" me semble être un avis complet sur ce que tu cites là, Ariaga. Car je pense que la difficulté du croyant chrétien est que sa religion le pousse à monter vers les cercles divins et à repousser les cercles terrestres, diabolisant le corps, les plaisirs, les besoins. Or ces cercles sont liés et leur séparation est néfaste et douloureuse pour l'âme. Ne pas vivre tous ces cercles laisse l'âme incomplète et errante. Ce mystère que l'on nomme Dieu n'est pas à l'extérieur de nous, il est dans le corps et il est dans l'esprit, et le mariage de ces deux cercles est l'alliance, le paradis.

Écrit par : la gaillarde conteuse | 10/11/2013

Cercles ou pyramide, selon Maslow, les besoins sont ce qu'ils sont, à nous d'être à leur écoute et d'en tirer les conclusions qui s'imposent

Écrit par : Thierry | 10/11/2013

Tout à fait et comme me disait récemment un bon ami : "Gare aux âmes animées par la foi véritable, car les cendres des bûchers sont encore chaudes !..." Bon lundi, chère Ariaga

Écrit par : Phène | 10/11/2013

@ ARIAGA À TOUS, Je vous remercie pour vos lectures et vos commentaires. Des petits problèmes de santé font que j'ai été un peu moins présente depuis deux jours mais je pense pouvoir reprendre le rythme demain. J'espère aussi pouvoir taper une nouvelle note.

Écrit par : ariaga | 10/11/2013

Non, La Licorne, je ne trouve pas que tes paroles soient "dures" mais, bien au contraire, extrêmement lucides.
Il y a beaucoup de sagesse dans tout ce que tu as exprimé.
C'est un véritable bonheur de lire tout cela.

Il n'est pas nécessaire de chercher un maître.
Il est là, depuis toujours, au fond de soi...
La Vérité est à portée de main...
Bonne soirée
Jacques

Écrit par : Jacques | 11/11/2013

Ne plus être le fruit des autres
Être son propre fruit...

Écrit par : la gaillarde conteuse | 11/11/2013

l'éducation est une chose, la dévotion en est une autre, pour changer le monde il faut aussi croire dans l'agir et il est de notre domaine sous certaines conditions et circonstances...

Écrit par : Thierry | 11/11/2013

@ La gaillarde conteuse, comme en peu de mots tu dis l'essentiel ! Je vais me les garder en mémoire.

Écrit par : ariaga | 11/11/2013

@ Thierry, je crois beaucoup dans l'agir. L'action c'est un peu comme des mains pour la pensée.

Écrit par : ariaga | 11/11/2013

@ Amezeg, j'avais déjà, je ne sais où, lu l'histoire de l'éléphant et c'est le genre d'histoire que je trouve peine d'humour et qui me fais bien rire !

Écrit par : ariaga | 11/11/2013

Et l’un des avantages de l’humour, Ariaga, est qu’il peut parfois, sans nous tromper sur le fond, faire tomber nos défenses les plus résistantes. Mais pas toujours...

Écrit par : Amezeg | 11/11/2013

"faire tomber nos défenses"...
...sans nous "tromper" sur le fond... :-))
je vois que tu es en forme...

Pourtant, un éléphant, ça trompe, ça trompe ...!
Un éléphant, ça trompe énormément...

Et le "corps n'a qu'" à faire bien attention... :-)

Écrit par : La Licorne | 11/11/2013

Lorsque l’humour nous prend tout entiers, le haut rit, mais le bas rit aussi, sans plus "faire attention", La Licorne... :-)

Écrit par : Amezeg | 11/11/2013

Et je dirais même plus : le "bas rit centre"...

"Elephant" t'astique...
ta verve humoristique, Amezeg !

mais on va arrêter là...sinon Ariaga va se retrouver avec un blog un peu trop "spirituel" à, son goût ! :-))

Écrit par : La Licorne | 11/11/2013

Entendu, ne chargeons pas trop...ça deviendrait pesant...

Écrit par : Amezeg | 11/11/2013

...et lourd...
et ça ne fait pas rire tout le monde, en plus !
Moi, j'dis que pour faire l'unanimité, faut être moins "intello" :

http://www.youtube.com/watch?v=a2U8-CP_yEA

Écrit par : La Licorne | 11/11/2013

d'après les indiens d'Amérique du sud les Lyon ont plus d'âme
que les chrétiens....
besos
tilk

Écrit par : tilk | 12/11/2013

llusion et désir
"Je l'avais suggéré dès l'introduction : la vérité n'a pas de consistance suffisante au plan existentiel. Pascal nous dit que la raison ne peut mettre le prix aux choses. Alors qu'est-ce qui donne leur prix aux choses ? Le propos de Pascal est extrêmement subtil, comme toujours, parce qu'il veut nous montrer que si la raison ne peut rien contre l'imagination, si la philosophie ne peut lutter contre la folie, seule la foi et seule la religion le peuvent. Or il est au autre génie qui a bien vu que ce qui donnait leur prix aux choses, c'était l'imagination mais aussi le désir, et que ce mélange de désir et de fabulation culminait justement dans la religion. Une illusion prise très au sérieux par Freud dans L'Avenir d'une illusion. Si la religion est une illusion, une illusion à laquelle on peut supposer un avenir, c'est que l'illusion, par définition, est structurée comme un a-venir puisqu'elle est sous-tendue par le désir. C'est pourquoi en même temps le propre d'une illusion, et de la religion en particulier qui continue de nous illusionner et de nous rassurer sur le rôle d'un Père, le propre d'une illusion est de durer (alors que l'erreur, de son côté, disparaît aussitôt qu'elle est pointée). Je cite maintenant dans son intégralité ce texte célèbre, d'autant qu'il introduit vers la fin à une tout autre problématique, celle de la psychose, du délire, ce qui nous amène à l'hallucination."

"Une illusion n'est pas la même chose qu'une erreur, une illusion n'est pas non plus nécessairement une erreur. L'opinion d'Aristote, d'après laquelle la vermine serait engendrée par l'ordure - opinion qui est encore celle du peuple ignorant -, était une erreur (...) ; alors que c'était une illusion de la part de Christophe Colomb, quand il croyait avoir trouvé une nouvelle route maritime des Indes. La part du désir que comportait cette erreur est manifeste. On peut qualifier d'illusion l'assertion de certains nationalistes, assertion d'après laquelle les races indogermaniques seraient les seules races humaines susceptibles de culture, ou bien encore la croyance d'après laquelle l'enfant serait un être dénué de sexualité, croyance détruite pour la première fois par la psychanalyse. Ce qui caractérise l'illusion, c'est d'être dérivée de désirs humains ; elle se rapproche par là de l'idée délirante en psychiatrie, mais se sépare aussi de celle-ci même si l'on ne tient pas compte de la structure compliquée de l'idée délirante. L'idée délirante est essentiellement - nous soulignons ce caractère - en contradiction avec la réalité ; l'illusion n'est pas nécessairement fausse, c'est-à-dire irréalisable ou en contradiction avec la réalité. (...) Ainsi, nous appelons illusion une croyance quand, dans la motivation de celle-ci, la réalisation d'un désir est prévalente, et nous ne tenons pas compte, ce faisant, des rapports de cette croyance à la réalité, tout comme l'illusion elle-même renonce à être confirmée par le réel." (Sigmund Freud, L'avenir d'une illusion, 1907)
in http://apprendre-la-philosophie.blogspot.fr/2010/06/lerreur-est-humaine.html

Écrit par : Jacqueline W. | 16/11/2013