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29/03/2015

Célébration de l'esprit de la Nature

 

écriture,spiritualité,alchimie,jung,nature,célébration,egypte,culture

 Aujourd’hui temps pluvieux favorable aux fouilles dans les caves du Laboratoire. j'y ai trouvé ce texte qui après quelques années me parle encore ...

***

Tous les alchimistes d'orientation philosophique ont louée et magnifiée la Nature, parfois avec un sentiment de crainte devant ses forces obscures. Mais ils ne pouvaient que la considérer avec respect car elle était, pour eux, toute imprégnée d'une essence divine, cet or qu'ils espéraient trouver par d'incessantes distillations. En attendant ils éprouvaient envers les deux natures, la matérielle et la divine, un sentiment "religieux" et leur but n'était pas de les séparer mais de réunir ce qui était en haut à ce qui était en bas, selon le principe de similitude de la Table d’Émeraude : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, à la fin de réaliser le miracle de la chose unique...". Ce sentiment religieux de la Nature existait depuis l'antiquité, et selon Jung, (Dans Synchronicité et Paracelsica) son expression la plus belle se trouve au milieu d'un fatras de recettes magiques dans l'épigraphe secret du  Grand Papyrus magique de Paris.  Moi aussi je trouve ce texte magnifique et je veux le partager avec vous. 

 

          Salut à toi, édifice entier du souffle et de l'air ; salut ! esprit, qui du ciel se répand sur la terre, et de la terre qui occupe l'espace médian de l'univers, s'étend jusqu'aux limites de l'abîme sans fond. Salut ! esprit qui pénètre en moi, qui adhère à moi et qui me quitte conformément à la volonté de Dieu dans sa bonté. Salut, commencement et fin de la nature immuable. Salut ! infatigable rotation des éléments. Salut ! serviteur de la lumière du soleil, lumière de l'univers. Salut ! cercle de la lune qui brille d'une lumière inégale et éclaire la nuit. Salut ! tous les souffles des esprits aériens. Salut à vous à qui est accordée la joie dans la louange, frères et sœurs, consacrés et consacrées.  O grand édifice de l'univers, fermé sur lui-même, incompréhensible. Céleste habitant du ciel, subtil habitant de l'éther, de la nature de l'eau, de la terre, du feu, du vent, de la lumière, de l'obscurité, éclatant comme les astres, à la fois froid, humide et igné. Je te loue, ô Dieu des Dieux, ordonnateur du monde, conservateur de l'abîme sur le siège invisible de son assise. Esprit qui a séparé le ciel de la terre, a couvert le ciel de voiles d'or éternels et a fixé la terre sur des bases éternelles, qui a suspendu l'éther au plus haut des airs, qui a dispersé l'air en souffles qui se meuvent d'eux-mêmes, qui a disposé l'eau tout autour, qui dirige les ouragans, qui est tonnerre, éclair, pluie, qui ébranle, qui engendre la vie, Dieu des Eons, tu existes dans ta grandeur, souverain, divin maître de toutes choses.

 J'aurais aimé, avec des frères et des soeurs louangeurs consacrés, écouter ce texte offert d'une voix forte au Dieu de la Nature. Mais c'était il y a bien longtemps et si j'y étais je l'ai oublié. Et pourtant...il y a des échos qui résonnent en moi. 

     Ariaga

Commentaires

Quelle merveilleuse salutation !! On reste subjugué. Je comprends que tu en sois restée impressionnée. Se reconnaître en Lui est la base de Tout...

Écrit par : Aloysia | 29/03/2015

J'aime ta dernière phrase qui me rappelle la fin de l'Horizon Chimérique de Gabriel Fauré et Jean de La Ville de Mirmont :
"Mais votre appel au fond des soirs me désespère,
Car j'ai de grands départs inassouvis en moi !"...

Écrit par : Aloysia | 29/03/2015

Tu as bien raison de nous offrir tes réminiscences , ce texte est une splendide prière qui en la prononçant à la voix articulée et sonores doit produire encore plus que sa lecture.
Ce n’est pas inutile en ces Jours de pluies, et la clorophyle dont tu nous empactage es vivivifiante.
Je te salue grande sœur.
Je te félicite de ton langage des oiseaux sur le mot harmonie.
Je ne pratique pas la langue des oiseaux.
J’ai à une époque fréquenté les cercles lacaniens , et leur décomposition systématique de tout propos rendaient derision les pauvre jus que l’on sortait de soi pour avancer moins de travers alors j’aime ce que les autres font de la langues des oiseaux , je lis j’écoute mais pour l’instant je reste spéctatrice , et tu as très bien creusé le sujet. Je t’embrasse très chaleureusement et merci de ses superbes capucines.
J’ai beaucoup apprécié tes photos d’Hermione et ton acharnement à trouver de bon axe. Hermione était à La Rochelle. Tu habites là. Tu sais que je suis native d’un petit village prés de La Rochelle ….
A très bientôt

Écrit par : lamangou | 29/03/2015

J'adhère aussi à ce texte car pour moi la nature est spirituelle, le monde visible n'est qu'une illusion une manifestation de l'énergie primordiale qui a créé l'univers..

Écrit par : Ulysse | 29/03/2015

Merci de nous offrir ce texte magnifique, véritable hymne à la Vacuité merveilleuse !... Belle semaine, chère âmie

Écrit par : Phène | 30/03/2015

Très beau texte. "Religieux" est bien à prendre au sens latin de "religere" c'est à dire "qui relie".

Écrit par : Francine | 30/03/2015

Salut chère Ariaga, merci pour cet éloge à la nature auquel j'adhère en louant le Dieu qui l'a créée. Je t'embrasse.

Écrit par : danae | 30/03/2015

Devant la nature nous sommes émerveillés par ce qu'elle nous donne comme spectacle. On ne peut pas s'en passer. Qui peut dire qu'il se sent mal dans la nature ? Je crois, personne.

Écrit par : elisabeth | 30/03/2015

Un texte comme une prière et des louanges à Dame Nature.. très belle lecture.

Écrit par : Sedna | 30/03/2015

La nature mérite un tel hommage. Nous lui devons tout. Sans elle nous ne pourrions vivre. Je pense qu'elle a une âme.

Écrit par : Daniel | 30/03/2015

@ARIAGA À TOUS, comme certains ont du le remarquer, mon blog à été "bloqué" pendant la journée de hier et je n'ai pu répondre aux commentaires. Je viens de voir que les choses s'arrangent ... alors à bientôt.

Écrit par : Ariaga | 31/03/2015

@ Aloysia, les horizons chimériques, les grands départs inassouvis, je ressens bien tout cela. Merci pour cette citation.

Écrit par : Ariaga | 31/03/2015

@ Lamangou, tu as bien raison, le découpage systématique des mots est une opération quasi chirurgicale qui n'a rien à voir avec la "langue des oiseaux".

Écrit par : Ariaga | 31/03/2015

@ Ulysse, une illusion, peut-être, mais nous en avons besoin pour vivre ce moment si important de l'incarnation. Sans incarnation l'âme n'a pas de véhicule pour faire son travail ici et maintenant.

Écrit par : Ariaga | 31/03/2015

Bel hommage à la Nature universelle, et aux dieux forces de la Nature.
La Nature collabore à sa manière et pour progresser parfois détruit.
Mais l'homme la rend douloureuse, malgré la beauté de son généreux sourire verdoyant .

Écrit par : Icare | 01/04/2015

L'homme cet intrus
qui tape l'incruste
depuis belle lurette
et fait vibrer sa luette
alouette il en a plumé
des espèces dans l'espace
et de reculs et avancées
les extinctions ne sont pas que de voix
les voies suivies sont étranges
et le pillage continu

Écrit par : Thierry | 01/04/2015

@ Phène, je crois que c'est un texte "universel" qui parle à tous.

Écrit par : Ariaga | 01/04/2015

@ Francine, merci d'avoir souligné le sens si important du mot "religieux".

Écrit par : Ariaga | 01/04/2015

@ Elisabeth, il y a quand même des accros qui s'enferment dans une pièce avec des ordinateurs pour vivre dans un monde virtuel où la nature disparait pour être remplacée par des images.

Écrit par : Ariaga | 01/04/2015

@ Sedna, quand je lis et relis ce texte, je pense à Spinoza.

Écrit par : Ariaga | 01/04/2015

Merci Ariaga pour cette magnifique invocation. En la lisant à voix haute, on devrait pouvoir convoquer tous les esprits de la nature…

PS belle synchronicité: je viens juste d'achever la lecture d'un roman splendide tout imprégné de nature sauvage : l'Eté prodigue de Barbara Kingslover, merveilleuse écrivaine américaine que je suis en train de découvrir avec la plus grande délectation

Écrit par : venezia | 01/04/2015

il y a très peu d'échos en moi...
besos
tilk

Écrit par : tilk | 01/04/2015

J'ai des problèmes informatiques avec mon blogue principal "Le Blog de Louis-Paul" mais tout va bien en ce qui me concerne. Amitié.

Écrit par : Louis-Paul | 02/04/2015

@ Louis-Paul, en effet, je me suis énervée hier en essayant de joindre ton blog. On me disait tout le temps qu'il y avait erreur ! Il y a deux ou trois jours c'est moi qui était bloquée. Pourrais tu me donner le lien avec tes autres blogs que je connais mais j'y allais par le blog principal.

Écrit par : Ariaga | 02/04/2015

@ Tilk, j'ai bien senti en lisant ton dernier texte que cela n'allait pas. Peut-être pourrais tu m’envoyer un mail ?

Écrit par : Ariaga | 02/04/2015

@ Daniel, tu as bien raison c'est ce que les anciens alchimistes appelaient l'Âme du monde.

Écrit par : Ariaga | 02/04/2015

@ Icare, en effet, la nature est puissante et peut se montrer écrasante,en particulier quand on la bafoue.

Écrit par : Ariaga | 02/04/2015

@ Thierry, j'aime beaucoup ta dernière poésie, sur le fond et sur la forme.

Écrit par : Ariaga | 02/04/2015

Impressionnante salutation à cette nature mystérieuse et grandiose
qui rejoint la philosophie des amérindiens

" « Ô Grand Esprit, dont j’entends la voix dans les vents et dont le souffle donne vie à toutes choses, écoute-moi. Je viens vers toi comme l’un de tes nombreux enfants ; je suis faible … je suis petit … j’ai besoin de ta sagesse et de ta force. Laisse-moi marcher dans la beauté, et fais que mes yeux aperçoivent toujours les rouges et pourpres couchers du soleil. Fais que mes mains respectent les choses que tu as créées, et rends mes oreilles fines pour qu’elles puissent entendre ta voix. Fais-moi sage, de sorte que je puisse comprendre ce que tu as enseigné à mon peuple et les leçons que tu as cachées dans chaque feuille et chaque rocher. Je te demande force et sagesse, non pour être supérieur à mes frères, mais afin d’être capable de combattre mon plus grand ennemi, moi-même. Fais que je sois toujours prêt à me présenter devant toi avec des mains propres et un regard droit. Ainsi, lorsque ma vie s’éteindra comme s’éteint un coucher de soleil, mon esprit pourra venir à toi sans honte. »

Prière ojibwa, transmise par Phil. Lemaire

Écrit par : Marie Minoza | 02/04/2015

Bonjour Ariaga, nous nous devons de protéger cette belle nature qui est un lieu où nous pouvons nous ressourcer. Bises amie

Écrit par : danae | 02/04/2015

Connais-tu ceci ?

Prière d'un vieil indien :


"O GRAND ESPRIT , dont la voix se fait entendre dans le vent et qui d’un souffle anime tout l’Univers , écoute-moi

Je suis un de tes enfants , petit et faible . J’ai besoin de ton aide et de ta Sagesse .

Que mes oreilles soient attentives à ta voix . Que mes yeux contemplent à jamais la Splendeur d’un Soleil Couchant . Que mes mains respectent la Création .

Rends-moi sage afin que j’apprenne ce que tu as enseigné à mon Peuple : la Leçon cachée en chaque feuille sous chaque rocher .

Je demande la Force , non d’être Supérieur à mes Frères mais de combattre mon pire ennemi : moi-même .

Fais que je sois toujours prêt à venir à Toi les mains sans tache , le regard limpide .

Quand ma Vie s’éteindra comme un Soleil Couchant , je veux que mon Âme puisse aller vers Toi en toute Confiance .

Écrit par : Maria-D | 02/04/2015

Bonjour, chère âmie Ariaga,
-----
Ici, tes mots font écho à la Nature.
Là, la Nature fait écho à la Beauté.
Enfin, la Beauté fait écho à la Vie dont nous sommes les porteurs.

Silencieuse sympathie, Jack

Écrit par : L'Expérience Silencieuse | 03/04/2015

Un très beau texte...aux accents qui rappellent presque Saint-François d'Assise...

Je constate quand même avec amusement que l'"esprit de la nature" évoqué ici est exclusivement...masculin...
alors que toutes les grandes traditions voient la nature comme fondamentalement féminine... :-)

Le mot "nature" est féminin dans presque toutes les langues et en français, l'étymologie est "natura" qui signifie "naissance"...c'est donc bien à une métaphore "maternelle" qu'on a affaire...

http://fabulo.blogspot.fr/2011/01/etymologie.html

Or, pas la moindre trace dans ce texte de cela... :-)

Écrit par : La Licorne | 03/04/2015

C'est très beau ,très intemporel....Merci chère Ariaga.
Bon week-end de Pâques.

Écrit par : Hécate | 03/04/2015

@Marie Minoza, non je ne connaissais pas cette invocation et je te remercie de l'écrire ici pour que tous puissent la lire. C'est vrai qu'il y a des ressemblances avec celle du Papyrus mais cela ne m'étonne pas car le sens du divin et du sacré fait partie de ce que Jung appelle les "archétypes en soi", inconnaissables et que les humains tentent d'exprimer chacun dans son langage mais la racine est la même. Ton blog est très beau et intéressant.

Écrit par : Ariaga | 03/04/2015

@ Maria-D c'est un beau phénomène de synchronicité qui fait que tu me proposes la même invocation que Marie Minoza. Cela veut dire qu'il fallait vraiment que je la lise et que je la prononce à haute voix. Juste au dessus tu as ma réponse à Marie Minoza.

Écrit par : Ariaga | 03/04/2015

@ Danae, Je pense comme toi et je fais de mon mieux car chacun peut faire quelque chose même si c'est minuscule.

Écrit par : Ariaga | 03/04/2015

@ L'expérience Silencieuse, merci Jack de venir déposer quelques mots sur les marches du Laboratoire. Même quand tu es silencieux, je pense souvent à toi avec beaucoup d'amitié.

Écrit par : Ariaga | 03/04/2015

Ce texte m'a transportée un instant au milieu des assemblées druidiques de ces temps anciens où j'aime tant me projeter... Je t'y vois bien comme une divine druidesse :-)
Bisous du samedi pascal...

Écrit par : _Petit Sucre_ | 04/04/2015

Tous les éléments sont en harmonie, ils se complètent et permettent la vie. Oui il faut les honorer, et empêcher la bêtise humaine de tout saccager. Bon week end de Pâques bisous

Écrit par : Crépusculine | 04/04/2015

Gandhi nous grandit
la grande âme appelle le grand esprit
est il sain pour autant
il file, l'haleine dionysiaque
et marche pour le sel
la vie dévide sa bobine
et la bobèche n'empêche pas
la mèche de couler

le verbe relegere peut être aussi appelé à la rescousse étymologique,
comme une ressource supplémentaire
il signifie relire et si la relecture
est terre d'élection
pour l'érection des monuments du sens
car la nature nous appelle à la communion des sens
dans une relecture de ce que ceux ci nous apportent
de vision et de compréhension du monde...sensible

Écrit par : Thierry | 04/04/2015

@ la Licorne, j'ai relu le texte de R. Sheldrake que tu avais publié en 2011. C'est vraiment intéressant et notre Mère Nature est évidemment féminine. Pour tout concilier on peut peut-être dire que l'Esprit contient la totalité des sexes ...

Écrit par : Ariaga | 04/04/2015

@ hécate, en effet, la célébration de la nature est intemporelle mais si je pense que, de nos jours, le caractère sacré s'est beaucoup atténué.

Écrit par : Ariaga | 04/04/2015

Très joli texte.

Et je loue ta patience, ma chère amie Ariaga, à répondre avec autant d'application aux commentaires, malgré la disparité de valeur et de tonalité.

Bises amicales,
Jean

Écrit par : Jean Bissur | 05/04/2015

La crème des chrêmes, pour sûr le saint des saints
mais aussi le sein abreuvant de la mère nature
qui nous nourrit tous dans la puissance évocatrice
de ses forces contenues
la nata de la natura
et le natal de la naissance

Écrit par : Thierry | 05/04/2015

suivre les vers de Lucrèce (sans Borgia)
dans ce qui ressemble à une élégie orgiaque (loin des géorgiques)
et trouver dans la nature des choses de quoi se nourrir pour longtemps

http://remacle.org/bloodwolf/philosophes/Lucrece/livre1a.htm

Écrit par : Thierry | 05/04/2015

Jamais nous ne ferons assez de sacrifices ni d'offrandes à l'intention de notre terre nature, notre bonne mère nourricière, notre pacha mama.

Elle nous prodigue force provendes et ressources et pourtant nous n'en avons jamais assez dans notre soif inextinguible qui la prend pour cible et pourtant ses réserves ne sont pas inépuisables comme nous le prouvent d'innombrables études et rapports !

A trop tirer sur la corde on risque qu'elle se casse.

Cette semaine j'ai revu avec amusement ce film des années 50 "quand la terre s'entrouvrira" où l'envie de puiser des ressources énergétiques , de véritables richesses s'entend, conduit à mener des actions sans contrôles et sans évaluation des risques avant que l'irréparable ne se produise.

Sachons lui rendre ce qu'elle nous donne, et pas seulement un havre de paix provisoire, soyons conscient de ses fragilités et de l'équilibre instable qui nous permet encore d'y subsister mais pour combien de temps ? Sans chercher à lui substituer dans toute son artificialité des artefacts qui lui sont étrangers.

Écrit par : Thierry | 06/04/2015

@ ARIAGA À TOUS, je fais une petite pause repos et recherche des œufs de Pâques ...

Écrit par : Ariaga | 06/04/2015

L'écho transforme en hors, nos lois les plus obscures
telle est cette vrai nature, à fleur de tout accord
résonne et puis en for, la graine deviendra mûre
trouvant au delà des murs, l'éon jouant du cor.
~
Amitiés

Écrit par : NéO~ | 24/04/2015