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22/06/2017

Une lettre de Hildegarde de Bingen

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Dans le Commentaire sur le Mystère de la Fleur d'Or(p.45) C.G.Jung cite un écrit de la grande mystique Hildegarde de Bingen qu'il considérait comme une personnalité remarquable. Il s'agit d'une lettre  sur ses "visions" envoyée en  l'an 1171 au moine Wilbert de Gembloux :

" Depuis mon enfance, disait-elle, je vois constamment une lumière dans mon âme, mais non avec les yeux extérieurs ni avec les pensées de mon cœur ; les cinq sens extérieurs n'ont pas davantage part à cette vision ... La lumière que je perçois n'est pas de nature locale, mais elle est plus éclatante que le nuage qui porte le soleil. Je ne puis y distinguer ni hauteur, ni largeur, ni longueur... Ce que je vois ou apprends dans une telle vision demeure longtemps dans ma mémoire. Je vois, j'entends et je sais tout en même temps, et j’apprends pour ainsi dire sur le champ ce que je sais...Je ne puis reconnaître aucune forme à cette lumière et pourtant j'aperçois parfois en elle une autre lumière qui se nomme pour moi lumière vivante ... Pendant que je jouis de la vue de cette lumière, toute tristesse et tout chagrin disparaissent de ma mémoire. "

Jung fait un commentaire très intéressant sur ce texte mais je pense que chacun peut le lire à sa manière. Je peux éventuellement le mettre en note.

J'ajouterai, pour ceux qui s'en souviennent, qu'il y a quelques années était sorti un CD intitulé Canticles of ecstasy qui reprenait des textes de Hildegarde de Bingen et qui, à la surprise générale, avait connu un succès populaire.

Ariaga

 

 

10/06/2017

Une lettre de Jung sur l'amour de soi

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C.G.Jung, alors qu'il avait 84 ans écrit à une correspondante anglaise une lettre où il l'incite à être aimable avec elle même. Arrivé à son âge il devait savoir de quoi il parlait ! Cette lettre se trouve à la p. 129 du tome V de sa correspondance. Je vous la cite en grande partie car je la trouve très intéressante. C'est moi qui ai mis certains passages en caractères gras. 

" ... préoccupez vous de vous même plutôt que des autres ; voyez et comprenez ce que vous faites plutôt que ce que font les autres selon vous. Sinon vous serez accusée de vouloir intervenir avec votre volonté de puissance. Cette dernière serait la compensation d'un douloureux sentiment d'infériorité. Soyez donc aimable, patiente et compréhensive envers vous-même. Si vous avez le sentiment de ne pas vous suffire à vous-même, donnez vous la chance de considérer que cela est possible même si vous n'y croyez pas /.../ Vous ne  pouvez faire preuve d'amabilité et de compréhension envers les autres si vous n'en montrez pas envers vous-même. Ceci est tout à fait sérieux.

Nous ne nous suffisons jamais à nous-mêmes. C'est là le fardeau que chacun doit porter : vivre la vie que nous avons à vivre. Soyez donc aimable avec la moindre de vos sœurs , qui est aussi vous-même. "

Sur le Facebook du site j'ai parlé de séminaires d'initiation à la philosophie des profondeurs de Jung qui se passent dans un très bel endroit des Pyrénées. Séminaires animés par des amis. Allez donc jeter un coup d’œil ...

01/06/2017

C.G.Jung et le milieu de la vie

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C.G.Jung , dans Psychologie de l'inconscient, parle de ce qui se passe au milieu de la vie. Je vous ai fait un petit "collage" de citations à partir de ce qu'il écrit de la p. 141 à la p. 146 car je pense que cela peut intéresser certains d'entre vous ...

***

"Notre vie est comparable au cours du soleil. Le matin le soleil augmente progressivement sa force jusqu'à ce qu'il atteigne, brillant et intense, son apogée de midi. Alors survient l'énantiodromie, sa constante marche en avant n'implique plus augmentation mais diminution de sa force. ... Mais c'est une grave erreur de croire que le sens de la vie s'épuise au cours de la phase de jeunesse et d'expansion ... l'après midi de la vie a tout autant de sens que la matinée ; mais son sens et son but sont tout différents.

L'homme a deux fins dans la vie ; la première c'est la fin naturelle, la procréation d'une descendance et les soins ...le gain et la position sociale.  Lorsque l'été à satisfait à cette fin une autre phase commence, celle qui a pour but la culture. Pour arriver au premier de ces buts nous somme aidés par la nature ; pour le second nous ne somme secondés par rien, ou par peu de choses.

C’est une phase qui est une sorte de deuxième puberté ... souvent marquée par tous les orages de la passion (l'âge dangereux!). Mais les problèmes qui surgissent à cet âge ne peuvent plus être résolus à l'aide des recettes qui ont fait leurs preuves dans l'adolescence... Ce que la jeunesse trouva et devait trouver au dehors, l'homme,dans son après midi, doit le trouver au dedans de lui même.

La transition de la matinée à l'après midi de la vie se fait par une sorte de transmutation des valeurs. La nécessité s'impose de reconnaître la validité non plus de nos anciens idéaux mais de leurs contraires ...

...La propension à renier toutes les valeurs antérieures au profit de leurs contraires est tout aussi exagérée que l’attitude exclusive qui l'a précédée. 

Il ne s'agit pas de viser à une conversion radicale, prenant le contrepied de tout l'état des choses antérieures, mais à une conservation des valeurs anciennes auxquelles vient s'ajouter la prise en considération de leurs contraires. Cette attitude entraîne naturellement conflits et désaccords avec soi même.

...c'est en nous que nous portons le révolutionnaire le plus dangereux, et il importe que ce fait soit connu de ceux qui veulent franchir sains et saufs le seuil de l'âge mur."