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04/06/2007

C.G.Jung, un laboratoire vivant de psychologie et d'alchimie

   Comme je l'ai déjà dit notre corps et notre pyché sont semblables au vase des alchimistes et si la Totalité en Soi est irreprésentable il existe cependant un lieu privllégié de cette représentation (j'avais expliqué aux tous débuts de ce blog qu'il s'agit plutôt d'une re-présentation, au sens que lui donne Edgard Morin), ce lieu privilégié étant l'être humain. 

   Devenir un lieu où peuvent se re-présenter les aspects perdus de la totalité, être le champ d'une expérience consistant à "retourner en son être propre", est la tâche à laquelle s'est attelé Jung, et dont il a fait le bilan par cette phrase de Ma vie (p.259) : " J'ai le sentiment d'avoir fait ce qui m'était possible. Naturellement cela aurait pu être davantage et mieux, mais pas en fonction des capacités qui étaient les miennes ".

Voilà des mots que je voudrais bien pouvoir me dire à la fin de ma vie.

   Le corps et la psyché de Jung furent, pour de nombreuses raisons d'ordre biographique, à la fois un lieu de tension entre les opposés, et un lieu de " réception " des messages de l'inconscient. Il semble qu'il avait , plus que d'autres, une prédisposition à percevoir le flot de la vie et à passer sa tête (comme le fait le sujet de l'illustration au début du blog d'Arianil) par un trou donnant sur un " ailleurs ". Il était, en quelque sorte "connecté", ce qui lui faisait dire que, chez lui, "les cloisons étaient transparentes", et lui permettaient d'avoir une meilleur vision sur les processus se déroulant à " l'arrière plan ".

   Explorer l'inconnu est périlleux. Si son corps connut la souffrance, ce fut surtout son esprit qui, en particulier au moment de sa terrible confrontation avec l'iconscient, subit des attaques qui le menèrent aux limites de la mort psychique. Mais sa volonté était aussi forte que son insatiable curiosité. Connaissant les risques, il a, en toute lucidité,accepté d'être le laboratoire, le vase alchimique, où se réalisait le projet d'un inconscient visant à se déployer avec la coopération du conscient. Vous me direz, l'inconscient n'a pas de projets, oui, mais le Soi n'en aurait-il pas un ? C'est une question qui va se poser, si vous continuez à me lire.

   Jung a toujours ressnti un sentiment de parenté, quasiment chamanique, avec les forces de la Nature se déployant en de multiples manifestations concernant aussi bien les plantes que l'"amour cosmogonique". Il s'est, consciemment, laissé emporter par le flot d'une Vie qui le fascinait, tout autant que la mort au sujet de laquelle il avouait posséder un "mythe" et des indications de l'inconscient lui donnant à penser qu'elle pourrait augmenter son degré de re-présentation de la totalité. Il avait probablement tiré les conclusions des visions qu'il eut pendant la grave maladie durant laquelle, en 1944, il flotta entre la vie et la mort. Pendant cette période il devint une sorte d'écran sur lequel furent projetées les images d'une forme de re-présentation de la totalité. 

   Les oeuvres de Jung font, elles aussi partie de sa réalisation globale. Elles furent l'expression extérieure d'une métamorphose intérieure, favorisée par l'attention qu'il porta aux contenus de son iinconscient. Tous ses écrits furent rédigés sous la " pression " d'un " Autre en lui " qu'il considéra non comme un ennemi, mais comme la pièce manquante nécessaire pour qu'il puisse devenir, matière et esprit, une forme d'incarnation la plus complète possible d'une unité de Vie, d'une individuation.

     Ariaga 

 

Commentaires

Inventer, c'est-à-dire découvrir, la substance qui relie matière et esprit, est un désir qu’inspire le Thérapeute qui ne nous cache pas les aléas de sa pratique. Merci, Ariaga.
Psybises.

Écrit par : djaipi | 04/06/2007

« Voilà des mots que je voudrais bien pouvoir me dire à la fin de ma vie. »
Combien j’aimerai pouvoir assembler mes mots pour, par je ne sais quelle alchimie en dérouler le parchemin de ma psyché ou mon inconscient les y a gravé.
Hélas n’est pas ARIAGA qui veut.
Merci pour ces leçons de dialectique… !
La poésie est une harmonie de mots.
« Mots doux, sucrés, mots bonbons à sucer sur le bout de la langue mots durs, cassants, blessants, mots lames à raser qu'on enfonce en plein cœur, grands mots, ronflants, gonflés, mots ballons qui s'en vont au vent, petits mots de tous les jours, mots cailloux à semer sur mon chemin, mots comme ci et mots comme ça, mots d'ici et mots de là-bas, tout un tas de mots à moi. » (Bernard Friot)

Écrit par : grainsdesel | 05/06/2007

@ Djaipi, la "substance mystérieuse" dont parlaient déjà les alchimistes est encore à découvrir, mais je crois que les choses peuvent progresser si chacun donne un peu de son énergie pour cette recherche essentielle.

@ Grainsdesel n'accablez pas cette pauvre Ariaga qui a tellement horreur des donneurs de leçons. Le texte que vous nous proposez est tellement plus beau que la dialectique. Merci, je me le répéte comme on suce un bonbon.

Écrit par : ariaga | 06/06/2007

Un blog de 34 notes, même s'il n'est pas souvent mis à jour, n'est quand même pas un cimetière ! ;-9

Bien à toi

Écrit par : jungne | 07/06/2007

@ Jungne, mais non quand je parlais de cimetière c'es la catégorie que je vais ouvrir pour des blogs comme celui d'Exos ou de profdisaster qui sont toujours en ligne mais qui ont fermé. Je veux qu'on puisse continuer à aller lire leurs textes mais ce ne sont plus des blogs nourris comme l'est le tien. C'est justement parce que j'ai remarqué que tu avais mis de nouveaux textes (mais tu disais vouloir en mettre moins) que j'ai exprimé mon espoir que tu ne "meure" pas. Mon humour est parfois un peu "hermétique". Amicalement. Ariaga.

Écrit par : ariaga | 07/06/2007

Explorer l'inconscient est parfois périlleux ... 100% d'accord, c'est s'aventurer vers l'inconnu, partir dans un monde avec des reperts différents. Jung devait avoir une solide énergie et personnalité pour explorer l'inconscient de même.

A bientôt

B.

http://blog-carl-jung.blogspot.com

Écrit par : B. | 09/06/2007