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13/11/2007

Décision et création

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La nature aussi peut être créatrice, témoin ce mandala "unique" dans une coupe de bois.
 

     Ce qui rend l'homme supérieur à la machine, c'est qu'elle organise mais ne rend pas plus que ce qui lui a été donné. La décision subjective, est très différente. le Décideur, dont je vous ai déjà parlé, crée lui même, en l'imaginant, le champ de ses choix. Ce champ des choix va habiter son imagination jusqu'au moment où tout se groupera autour d'un schéma original. Il y a alors une solution qui est en même temps dissolution (on n'est pas loin de l'alchimie) et naissance d'un nouvel état de choses.

   Si l'on admet que créer, c'est introduire dans le monde un élément nouveau, ne pas copier un modèle existant auparavant, alors la décision ainsi envisagée est une création. L'introduction de nouveaux éléments d'organisation peut même conduire à l'oeuvre de génie car c'est en organisant d'une manière particulièrement originale les éléments d'un donné qu'un Bach ou un Rimbaud parvinrent à composer des oeuvres inimitables.

   Dans la phase qui mène à la décision créatrice, il n'est pas question de logique. Le Décideur part d'une série de connaissances acquises, (le  "matériau" de l'alchimiste) plus ou moins inconscientes, qui, grâce au travail de l'imagination, suivi d'une mise en ordre, aboutiront à la sélection d'une solution. Le système d'association qui mène à la décision créatrice est infra-logique. C'est à dire qu'il se soucie peu de grande cohérence et de non-contradiction.  C'est dans cette anarchie que le Décideur trouvera une manière nouvelle et personnelle d'agir. Alors vous allez me dire qu'il suffit d'être incohérent pour être génial. Ce serait trop beau ! en effet, sans le retour à une certaine forme de logique la décision ne pourrait être vraiment créatrice.

   Il est aisé d'imaginer n'importe quoi dans une phase d'"illumination" mais pour que la prise de décision soit effective il faut "redescendre" au stade de la réalisation concrète. La décision choisie doit comporter suffisamment de possibilités de réalisations effectives pour sortir du domaine de la pure fiction. Les produits de l'imagination ne passeront au stade du possible que chez ceux qui sont capables de soumettre leurs idées aux impératifs des signes sociaux, tels que l'écriture et la formulation cohérente. C'est la possibilité d'une action qui donne sa valeur qu travail mental d'une décision. Mais il ne faudrait surtout pas confondre possibilité avec automatisme, facilité. Au contraire, le choix le plus créateur est généralement celui qui conduit à une action " contre " ce qui existe déjà.

    Je crois que l'un des facteurs essentiels de la création est le mécontentement du monde extérieur, des choses acquises, du donné. C'est l'insatisfaction qui  pousse à créer du nouveau. J'aime ce que VALERY écrit à ce sujet en donnant la vedette à la part du rêve : "Je veux dire que l'homme est incessamment et nécessairement opposé à ce qui est par le souci de ce qui n'est pas et qu'il enfante laborieusement, ou bien par le génie, ce qu'il faut pour donner à ses rêves la puissance et la précision même de la réalité, et, d'autre part, pour imposer à cette réalité des altérations croissantes qui la rapprochent de ses rêves."

Finalement, la décision créatrice reflète l'antagonisme qui est le moteur même de la vie. Il faut avoir le sens de la contradiction pour prendre des décisions qui ne soient pas de simples sélections machinales. La décision créatrice demande de la force, de la ténacité, une capacité de lutte sans laquelle l'imagination la plus vaste, l'intelligence la plus brillante ne peuvent rien produire. Mais c'est aussi la présence féconde des autres qui pousse le créateur à innover. On décide contre les autres mais aussi avec eux. Et cela aussi c'est la vie car si la vie est faite d'antagonismes elle est aussi faite de relations entre les contraires dans le but de parvenir à des conjonctions. (Là je dérape un peu vers l'alchimie et la psychologie des profondeurs).

       Ariaga
 

  
 

Commentaires

Bien étrange et vaste épopée que le chemin créateur, il est à la fois ce que tu en dis, contre, avec mais aussi et cela est une donnée tellement belle, POUR les autres ... mais il aime aussi à déjouer les formules et de contre, se rallie au pour afin de mettre en lumière la beauté de ce qui nous entoure ... Avec les autres mais aussi en solitaire, ces moments d' alternance sont nécessaires, se ressourcer, faire avec, donner ... Copie ou non copie, je crois pour ma part que l' on est toujours influencé consciemment ou non par des impressions reçues, à tort ou à raison , à corps ou à déraison mais en tous cas, avec une juste reconnaissance pour ' l'inspirateur"
Et le chemin créatif m' est en tous cas, indissociable de l' alchimie, chaque coup de pinceau, chaque échancrure de toile, chaque réserve de sculpture, chaque mot déposé, chaque photo prise ... étant déjà une intervention sur la matière ... une recherche de sens métaphysique, un lien au spirituel élargi, et surtout, redonner la parole à la page blanche, comme si tout était nouveau ... c' est cela le moins facile ... de désintoxiquer du déjà fait et aborder l' expression comme une re-naissance, comme une ré-conciliation avec cette petite voix qui pousse à dire, à se dire ...
Comment va ton dos, Ariaga ? Fais quand même attention au tango ;-)

Écrit par : Kaïkan | 13/11/2007

Rendre l'intelligible sensible....
Voilà la création...
Même si je suis plus que réservé sur les mots tels que "décideurs" ou pire, "créateurs", je considère qu'entre la jungle, qui est le lieu de la nature seule, et la ville qui est le lieu de l'esprit humain seul, l'artiste (et tenons-nous en là :) ) continue dans la lignée du commandement premier:
"Il plaça Adam dans le jardin
pour le CULTIVER et le GARDER..."
On ferait bien de réfléchir plus avant à ce "cahier des charges" :)

Écrit par : joruri | 13/11/2007

Toute création n'est que le résultat de la conjonction des individualités (divergentes par défénition) réunies au coeur de l'objet crée, objet matériel ou non.

Le créateur doit d'abord changer d'état d'esprit pour parvenir à conjuguer ce que les autres finissent par glorifier, comme un signe de reconnaissance de l'inexprimé qui est en eux, inexprimé qu'ils n'ont pas réussi à traduire de leur seule volonté.

Le créateur s'impreigne et s'oppose pour mieux rassembler.

Oui, Ariaga, c'est bien d'une alchimie dont il s'agit, alchimie qui vise la transmutation.

Écrit par : paradox | 14/11/2007

je fais ma visite sur ce blog tous les jours, mais là pour moi ces dialogues deviennnent un peu trop intellos
dommage...
je t'embrasse ariaga

Écrit par : le mat | 14/11/2007

ton texte, que j'ai relu deux fois me parle tant, et je te suis une nouvelle fois dans tout ce que tu y dis ! merci ariaga je suis ici en écoutant ma musique, très éclectique et sans laquelle je me sens bien seule, ce qui bien évidemment ne peut que confirmer ce que tu écris quant à la création ! bonne journée à toi ...

Écrit par : marie.l | 14/11/2007

Vous ne vous seriez pas trompée dans la dose, pour vos gouttes?

Écrit par : Luce | 14/11/2007

Je suis passée également mais je vous laisse à vos discours.... C'est l'insatisfaction qui pousse à créer du nouveau. Peut être, mais aussi pour réaliser quelque chose qui plait. Bonne soirée.

Écrit par : elisabeth | 14/11/2007

Ariaga tes textes sont toujours aussi insipirants.

Je viens d'écrire quelques billets sur l'interprétation du Livre du Yi-King par Carl Jung. Aurais tu la gentillesse de laisser tes commentaires ?

J'ai trouver dans cette recherche une perspective d'interprétation du hasard très différente des sciences occidentales.


http://blog-carl-jung.blogspot.com


B.

Écrit par : B. | 15/11/2007

"Contre les autres mais aussi avec eux"

Parfois aussi contre soi-même, ou du moins contre un bénéfice personnel immédiat dans l'espoir de créer ensemble quelque chose de plus fort.

Là, je dois être un peu naïve ;-)

Je t'embrasse

Écrit par : L'Arpenteuse | 15/11/2007

c'est passsionant ! je ne savais pas que tu prenais des goutte !


hnon sérieusement ce que tu dis là m'interpèle ! cela me rappelle un peu l'obscure pressentiment de peter Brook , le sublime ; au debut est l'obscure pressentiment sur lequel se greffe tout un labeur visible ou invisible qui vise à rendre réel ce qui n'est qu'entrevu mais "colle" à l.... au pressentiment , ce que nous avons de plus personnel et qui ne demande quà naître , je le vois comme des molécule qui viennent se greffer et couvent l'oeuf ,
d'autre part je ne prends pas de gouttes mais du maca , ce qui explique cela , et je me rejouis car mon ami des Fidji est revenu ce qui veut dire que je vais pouvoir enfin boire du Kava , plaisir suprème , le bordeaux n'a quà bien se tenir ...

c'est vrai le réel aide à construire ce que l'on forge, contre les autres ou avec , et c'est selon ou en même temps , c'est selon ,
umberto eco disait que l'on ne poursuivait sa vie durant qu'une seule idée , à y bien regarder ... ton texte me fait penser à cela , car l'humain est comme une belle pousse, qui pousse et gonfle comme une plante et porte , le fruit , la fleur , son aboutissement .
L

Écrit par : lam | 15/11/2007

@ Kaîkan, je verse directement ton texte dans le "vase" sur mon athanor. Tu as un sens qui me souffle (sur les braises...) rare de ce qu'est vraiment l'alchimie spirituelle.

@Joruri, ces mots cultiver et garder tournent dans ma tête, j'ai du mal avec le "garder". Garder contre qui ? garder pour que rien ne change ? Non ce n'est surement pas cela. Je sens qu'il y a là quelque J
chose mais il faudrait développer un peu.

@ Paaradox, je crois que, dès que l'on parle de création il y a toujours mélange, solution dissolution, morts et résurrections. Il y a toujours alchimie.

@ Le Mat, ton commentaire dont je te remercie vraiment, me fait beaucoup réfléchir. Cela demande murissement et probablement une note de réflexion sur ce que j'appelle "la vie du blog".

Écrit par : ariaga | 15/11/2007

@ Iam-Lambi-Lambert, moi non plus je ne savais pas que je prenais des gouttes mais vu les commentaires d'une certaine Luce (que je ne supprime pas car ils me font bien rire) j'ai atteint l'âge d'un gâtisme très avancé, j'écris du charabia et je me trompe dans mes doses de gouttes, ce qui est normal vu l'état de délabrement dans lequel je me trouve. Tu le sais, Ariaga est un mythe et il faut bien accepter toutes les facettes de ce miroir y compris celle de la sénilité. comme tu le dis l'humain est une pousse, il faut bien qu'elle se flétrisse. Bises.

Écrit par : ariaga | 17/11/2007

Merci Luce pour l'éclat de rire

Écrit par : cile | 17/11/2007

Je ne sais pas…mais cela me fait penser à l’improvisation en jazz…qui n’existe qu’à moitié puisqu’il y a des codes, des choix préétablis… ; toutes ces choses pour que les musiciens soient en « harmonies » en « tempi »….Alors le caractère « génial » ? …

Je t’avoue sur cette note je suis en haut trouble… Alors je « décide » de me « créer » un petit moment à « rêver »…

(devant la photo)

Écrit par : Aslé | 18/11/2007

@ Aslé, je te réponds à la dernière étape de ton voyage. Je te propose un canapé bien confortable au centre du mandala. Tu sais, ma Princesse, tu n'es pas obligée de lire tout ce que j'écris. C'est mon plaisir sur ce blog d'avoir diverses personnalités qui écrivent pour des publics différents. Cela me permet de soigner mes névroses (ceci pour faire plaisir à une lectrice qui a l'air de penser que je dois prendre des gouttes...). Et puis, peut être pourrait on envisager la création de bancs de repos, sans attendre les vacances.

Écrit par : ariaga | 18/11/2007

;)

Écrit par : Aslé | 18/11/2007