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31/03/2007

Photo : vieil amour ligneux

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Perdre ses feuilles et son écorce, sentir se dissoudre les chairs que l'on aimait tant caresser, ce n'est pourtant pas se quitter, juste un changement de décor, tant que le feu d'amour éclaire...

30/03/2007

Photo : s'asseoir et regarder

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S'asseoir et regarder, et puis soudain sentir, se ployer notre nuque, devant la majesté.

29/03/2007

Ce sera après les élections

J'avais annoncé, au moment de la publication de la liste des notes déjà publiées sur "Jung et la psychologie des profondeurs", liste précédée quelques temps auparavant par celle sur l'alchimie, que j'allais , enfin, aborder des thèmes qui me semblaient essentiels ; thèmes liés à la voie de l'alchimie spirituelle, aux rêves, au Soi et au processus d'individuation. Ce que j'ai écrit sur ce blog, ces derniers mois, aidée par la qualité des commentaires, conduisait à ces sujets essentiels. Cependant, il me semble, qu'en ce moment, la politique a pris le pas (dans les tags, par exemple, repoussant les autres tags) sur la spiritualité. Rien de plus normal et, croyez moi, si je me l'interdis sur ce blog, dans la vie pratique je me sens, moi aussi, très concernée, et j'agis en conséquence. 

Je préfère, pendant un certain temps, écrire des notes plus ou moins en connexion avec ce qui me semble essentiel, mais garder le coeur de la recherche du Laboratoire pour le moment où chacun aura retrouvé sa sérénité.

Pas d'inquiétude pour les fidèles, il y aura toujours de quoi se nourrir chez Ariaga. Au menu de la géomancie et des runes, de l'Amour et de la Nature, des symboles alchimiques, des rêves et de bien d'autre choses. Et puis, je mettrai peut-être plus de photos. 

Je vous embrasse tous, chers amis inconnus.

Ariaga. 

27/03/2007

Alchimie et cuisine

L'illustration de l'emblème XXII de l'Atalante fugitive, un ouvrage alchimique de Michel Maïer,1617, ( traduit par E. Perrot, ed. Dervy) montre, dans une cuisine, une femme enceinte devant un feu de bois au dessus duquel est suspendu un grand chaudron. Elle s'apprête à cuire des poissons. Bien d'autres éléments de l'illustration sont fort intéressants (il y a même un chat), mais cette description simplifiée suffit à illustrer le thème de la cuisine qui est très présent dans toute la littérature alchimique. 

Michel Maïer, au cours du commentaire, explique, avec un soupçon d'excuse, qu'il n'y a pas de véritable différence entre la cuisson "philosophique" et la cuisson "vulgaire ". Je cite (p. 189) :

"Car de même que la femme amène à maturité des poissons dans l'eau, c'est à dire résout en air et en eau toute leur humidité superflue, les fait bouillir et cuire, le philosophe agit pareillement avec son sujet. Il le fait macérer dans sa propre eau, qui est plus forte que le vinaigre le plus aigre, le liquéfie avec elle, le dissout, le coagule, le fixe dans le vase d'Hermès dont les jointures sont très rigoureusement fermées, comme il convient, de peur que l'eau ne s'exhale et que le contenu du vase ne soit brulé." 

Les degrés de la cuisson sont essentiels pour les alchimistes. Les conseils sur la force ou la douceur des cuissons, la composition et la quantité des ingrédients, ont des allures de recettes de cuisine, sans cesse recommencées et améliorées. Maïer lui même, après avoir expliqué l'impossibilité de réaliser quelque partie de l'Oeuvre que ce soit sans avoir trouvé le bon régime du feu, avoue, ce que je crois volontiers, n'avoir "découvert la vérité" qu'au "prix d'un labeur incroyable et non sans y avoir consacré un grand nombre d'années ..." 

Le vocabulaire culinaire de l'alchimie est très riche et souvent encore d'actualité. On observe quatre régimes, ou degrés de chaleur, du feu : lent et doux, modéré et tempéré, grand et fort, brûlant et tempétueux. Et encore : vaporeux, nourrissant, sec, humide, sublimant, feu de bain, feu de cendres, feu de charbon, feu de flammes. Qu'est-ce qui cuisait sur ces feux dans les "vases" de l'alchimiste ? Souvent des produits peu ragoûtants que je préfère vous laisser imaginer...

Les processus alchimique sont, aussi, symboliquement comparés à une oeuvre culinaire "de femme". Cela est illustré chez Maïer par la femme enceinte. Il y a là une allusion à la grossesse durant laquelle l'enfant est lentement mijoté dans la chaleur du ventre maternel.  La cuisson "oeuvre de femmes" est aussi un passage du cru au cuit, c'est à dire une transmutation.

Si on passe au domaine de la vie pratique, ce que j'appelle l'alchimie quotidienne, la cuisine est destinée (en principe !) à la réussite des mets. Or, qu'est-ce qu'un plat réussi ? C'est, non seulement un plat bien cuit, mais aussi un plat où sont respectées les justes proportions entre les différents éléments, c'est à dire l'harmonie. Que cherchaient les alchimistes Philosophes de la Nature ? A retrouver l'harmonie divine perdue dans la matière. Quelle est la quête de quelques cuisiniers exceptionnels ?  Méditer sur l'harmonie des saveurs et tenter de recréer cette harmonie à partie des matériaux que leur offre la nature. On peut alors les qualifier d'"artistes" comme se nommaient entre eux les alchimistes dont l'Oeuvre n'avait pas pour but de fabriquer de "l'or vulgaire", mais l'Or spirituel.