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31/05/2008

Bateau de pêche

 

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Le long du quai,

le bateau, vierge du sang des têtes coupées, des entrailles arrachées, de la peau scalpée de ses écailles et de la main blessée du pêcheur,

fait escale dans l'eau poubelle du port.

Casiers et filets infusent dans ses yeux leurs couleurs pétantes de feu d'artifice et tout cela est gai.

Mais le vieil alchimiste qui squatte son esprit regarde sous la coque,

dans les intimes suintements où règne l'odeur femelle de la mer.

Il coupe les mots au sécateur et les feuilles de sa joie tombent au sol.

Attaquer, ronger, désagréger, imprégner...

La montée des marches alchimiques du pourrissement efface le désir splendide du bateau fendant la vague qui se dilate pour l'accueillir.

Elle sait depuis longtemps que la pensée nue de la pure beauté lui est étrangère et que la marée descendante va, une fois de plus, la laisser sur la vase, tel le poisson mourant à la bouche éperdue de son désir de mer.

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                               Ariaga     
 

Commentaires

Bel hommage aux bateau et à la mer !! Bonne soirée.

Écrit par : patriarch | 31/05/2008

Quelle force et quelle belle écriture, vous voilà un esprit bien trempé, qui ose dire, mordre et caresser dans un temps proche.
Chére Ariaga, je suis heureux de vous retrouver, de passer lire quelques lignes, avant de quitter l'atelier.
Je quitte mon blog, qui n'est pas mon blog...
Pour renaître ailleurs pas différent, mais seul, dans une cohérence de ton, d'humeur, de ressentis.
On renaît toujours quelques soit les situations.
Ne me laissez pas de messages courriéls, ni commentaires, j'en suis sincérement attristé...
Je pense à vous.
Chaleureusement, bien chaleureusement à vous...

Écrit par : patrick | 31/05/2008

du pourrissement nait parfois des choses si belles! Je vois dans ton texte outre la renaissance par l'eau, la bonification de certains aliments ... Et pour la mer, ma Méditerranée

Écrit par : muse | 31/05/2008

Bonjour Ariaga,

J'aime bien ton poème marin, j'aime bien les contrastes et sentir les mouvements dans le fond et la forme.

Il ne sent pas que la rose et le miel et pourtant, ce qu'il charrie de vie atteint bien plus surement le cœur du lecteur.

Bon Dimanche

Écrit par : jean | 01/06/2008

cette écriture est puissante mais aussi violente et plein d'amertume , sans jeu de mot , je trouve ! ce qui n'est pas pour me déplaire d'ailleur!

Écrit par : lam | 01/06/2008

Poème salin :
C'est la langue du poisson
Qui parle
Par les mots d'Ariaga

Le rets de la poésie
Sait attraper
Même l'eau,
Et la pure beauté du Sel

Écrit par : r_i_d | 01/06/2008

@ Patrick, j'espère que nous n'allons pas nous perdre définitivement, ce serait trop triste et je souhaite avoir très vite une nouvelle adresse où te joindre.

Écrit par : ariaga | 01/06/2008

Oui, quelle force, quelle plume !

C'est à en perdre le souffle, comme suspendu à l'émerveillement ... puis le respir se laisse revenir doucement au rythme de la vague en son éternel mouvement...

Écrit par : Mutti | 01/06/2008

J'aime beaucoup ce goût âpre et féminin, la haute mer vous réussit, bises rauques

Écrit par : djaipi | 01/06/2008

Très intense poème. très ancré dans le vrai.

Je signale sur ton blog non seulement un article , mais un numéro entier : un trimestriel mai/juin/juillet chez ARTPRESS dont le titre est : Le sacré, voilà l'ennemi !( en réponse à l'expo qui a lieu à Beaubourg en ce moment: les traces du sacré)

Absolument terrifiant ! un amas de matérialisme, d'intellectualisme desséchant , le régne de la raison et de la froideur. on peut y noter également une manière de faire des raccouircis assez spectaculaire !!

Écrit par : cpatricia | 02/06/2008

... et lorsque je dis, quelle plume, j'ajoute, quelle langue alchimique parfaite ! Je pense aussi et peut-être plus encore à "La Femme Nature" dans le laboratoire....

Merci Ariaga.
Bises

Écrit par : Mutti | 02/06/2008

Ce texte me réjouit l'âme et le coeur. Merci.

Écrit par : michelgonnet | 02/06/2008

tout le monde sait que art press est desséchant et désespérant , à éviter ...

Écrit par : lam | 02/06/2008

@ Cpatricia et Lam, grand merci à tous deux de m'éclairer sur un monde qui m'est totalement étranger. Il n'est jamais trop tard pour apprendre.

Écrit par : ariaga | 02/06/2008

"L'eau poubelle" : c'est vraiment la triste réalité.
"L'odeur femelle de la mer" : je l'aime beaucoup, je la ressens ainsi.
En tout cas la vase n'est pas belle à regarder. Mais j'aime le décor de la mer avec tout ce qu'il y a autour.
Bonne semaine.

Écrit par : elisabeth | 02/06/2008

http://aloredelam.wordpress.com/2008/06/02/heureux-qui-comme/

Écrit par : lam | 02/06/2008

Pour te faire une petite idée...philippe Forest dans la préface : Ce qu'est le sacré , dénonçant en Jung et Eliade "les deux pires figures de l'obscurantisme" Guy Lardreau et Christian Jambet l'expliquent dans l'entretien qu"on trouvera repris ici :" C'est l'inscription dans le sol et dans le temps....on méconnait(...) tout ce qui peut importer au travail de la différence, pour finir par s'extasier du fait que les hommes croient tous à la même chose. Et comme ils croient tous à la même chose , il est bon de faire revivre cette même chose." Le tour est ainsi joué .( p 14) mauvais moment pour l'inconscient collectif :-)

et page 78, 80, 82, 84 : assaisonnement dans les règles de l'art sur Corbin, Jung, Guenon et Eliade .... par Lardreau et Jambet .A en croire les auteurs de l'article ....les personnages cités sont de véritables monstres, dangeureux !!!!

Va le lire mais n'achète pas !!!!!!

Écrit par : cpatricia | 02/06/2008

@ cPatricia, je n'irai certainement pas lire des c........pareilles alors que j'ai sur ma table de nuit une pile de livres passionnants qui m'attend.

Écrit par : ariaga | 02/06/2008

Magnifique poème alchimique, beau comme le silence de l'amer !

Écrit par : Ray | 02/06/2008

l'essentiel est dans le pourissement... l'aboutissement de toute chose mais aussi la base. Alchimie entropique éternellment régénératrice.
Bises marines

Écrit par : jlb | 03/06/2008

@ Patriarch, merci de ta visite, fidèle et indulgent visiteur.

Écrit par : ariaga | 03/06/2008

@ Muse, c'est fou ce que les commentaires peuvent vous donner comme idées. Depuis que je t'ai lue je pense à cette lente macération et transformation alchimique de certains aliments, à la limite de la pourriture et cela m'inspire beaucoup ! Merci gentille Muse.

Écrit par : ariaga | 03/06/2008

@ Jean, c'est vrai que certaines odeurs sont qualifiées de mauvaises mais, comme pour bien d'autres choses ce ne sont que jugements...Et tu as bien raison elles charrient la vie sous toutes ses formes.

Écrit par : ariaga | 03/06/2008

@ Lam, le mot amertume me plait car il contient l'amer qui sert aux bateaux à se repérer, la mer elle même avec son sel, l'odeur que l'on (h)ume , et aussi l'âme qui guide le mot. On peut y entendre la voix de la Mère. Et probablement bien autre choses....C'est un mot riche dont tu m'as fait cadeau, cher Lam.

Écrit par : ariaga | 03/06/2008

il y a aussi "erre "

ton texte m'a beaucoup inspiré , le revers de l'envers , et tout ça magnifique !

ne jamais oublier l'amertume , c'est lenvers du songe de l'endroit , bien que je sois gaucher mais alors l'argent ine en mettant un o mirait comme un pampa gant ,
n'est il pas ?

Écrit par : lam | 03/06/2008

@ r-i-d, merci à la muse de la poésie si elle me permet de parler la langue du poisson. j'ai toujours rêvé de pénétrer d'autres univers...

Écrit par : ariaga | 04/06/2008

@Mutti, merci d'être toujours aussi chaleureuse et aussi d'aller voir mes photos et mes morceaux choisis sur les autres blogs.

Écrit par : ariaga | 04/06/2008

@ Djaipi, les bises rauques m'inquiètent un peu ( j'imagine un sombre animal tapi derrière la porte, genre Lovecraft !) mais je suis sensible à la compréhension profonde que l'artiste a de mes intentions.

Écrit par : ariaga | 04/06/2008

C'est à cause de mon humeur canine et irrévérencieuse, chère amie, merci d'avoir pris le risque de passer. Hissez haut!

Écrit par : djaipi | 04/06/2008

//j'ai toujours rêvé de pénétrer d'autres univers...//

toutes les portes te sont ouvertes -- la ferveur est ta clef.

Écrit par : r_i_d | 04/06/2008

@ Elisabeth, quand on regarde les plages quand la marée est descendue ou les ports on est épouvanté par la saleté.

Écrit par : ariaga | 05/06/2008

@ Ray, venant d'une personne qui a ton talent d'écriture les compliments me font toujours plaisir. On est faible...

Écrit par : ariaga | 05/06/2008

@ Jib, tu fais partie de la chaine des alchimistes. Dans la cornue qui mijote (ou bouillonne ?) sur ton athanor tu mets des images et des mots avec le sel mercuriel de la transformation du pourrissement.

Écrit par : ariaga | 05/06/2008

@ r-i-d, oui, mais il y a des jours où la ferveur est épuisante et où, comme Rimbaud, on désire la "flâche noire et froide" de l'eau du port.

Écrit par : ariaga | 05/06/2008

Une poésie qui respire l'iode, j'aime bien...
bonne soirée...

Écrit par : le Pierrot | 06/06/2008

Un simple bonjour, vrai, en passant rapidement.
Amitiés chaleureuses.

Écrit par : patrick | 07/06/2008

En voyant ta photo, je me suis demandée quel était l'équivalent breton du mot "malaigue". En existe-il un ?

Écrit par : Valérie | 10/06/2008

@ Valerie, je regrette, comme je ne connais pas le sens de "malaigue", je ne peux te renseigner. Je suis allée visiter ton blog et tes belles peintures ont fait écho dans mon imaginaire. Je les trouve très alchimiques au sens de "matériau" de l'Oeuvre.

Écrit par : ariaga | 11/06/2008

"Malaigue" est un terme que l'on utilise dans le sud, notamment du côté de Montpellier, Sète, Palavas, on dit "ça sent la malaigue".
C'est à cause des étangs du bord de mer, lorsqu'il fait chaud, avec l'eau stagnante et la pollution, cela sent très fort et très mauvais.

Merci Ariaga,

Écrit par : Valérie | 11/06/2008

@ Valerie, il n'y a pas de mot parce que ce genre d'odeur n'existe pas ici, juste l'odeur des algues à la marée descendante...

Écrit par : ariaga | 11/06/2008

Hum, oui, j'ai du être affectée par mon propre dérèglement climatique intérieur pour poser une question pareille !

Au plaisir,

Écrit par : Valérie | 12/06/2008

@ Valérie, quand je vois tes tableaux je pense que ton "intérieur" va très bien. C'est juste l'odeur du côté des étangs vers Palavas qui te monte à la tête. Je connais, j'ai fréquenté le coin et quand le "marin" souffle ça ne sent pas la rose. Amitiés.

Écrit par : ariaga | 13/06/2008