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25/07/2008

Chats de bancs

   La panthère étant plus ou moins maîtrisée, j'ai envie de vous parler des chats qui rôdent près des bancs des vacances imaginaires. Il y en a certainement beaucoup mais je me limiterai à deux, Grisou, mon chat qui n'est pas mon chat, et un chat habitant du banc ajouté au train de banc par un nouveau lien, un musicien :  Michel Tardieu (Chronophonix).

     Grisou était d'abord un hérisson supposé à l'attention duquel je déposais de la nourriture, restes de salades, crudités, et divers, dans un creux à l'abri des oiseaux. Deux bons mois ont passé et je trouvais le hérisson tellement vorace que je l'ai cru féminin et mère de famille nombreuse. Un soir tard, dans la pénombre, sous une forte pluie, j'ai aperçu un être famélique de couleur grise et de forme féline. Il tirait la nourriture du trou avec sa patte et j'ai compris que mon hérisson était un très jeune chat nourri de salade. J'ai amélioré le menu mais pendant longtemps il n'a accepté de manger que la nourriture déposée dans le trou, et seulement si aucun être humain ne se trouvait à proximité. Je savais qu'il venait seulement si je fermais les volets. Après, il a supporté ma silhouette derrière la vitre. Il a fallu des semaines pour qu'il mange sous une table du jardin et autant pour qu'il vienne s'asseoir sur un banc. Ce banc est devenu son domaine mais dès que j'apporte sa nourriture il s'enfuit et vient manger quand il croit que je suis partie. C'est maintenant un beau chat, nourri deux fois par jour,  au poil gris luisant, genre chartreux,  mais toujours aussi craintif, impossible à approcher et éloigné du monde des humains.  

   Un événement, dans sa vie et dans la mienne est survenu il y a quelques jours. J'étais au premier étage et, tôt le matin, j'ai ouvert les volets et je suis allé sur le balcon. Grisou était sur "son" banc. Surpris par ma présence, il a levé vers moi des grands yeux d'or pleins de crainte et d'amour. Il ne s'enfuyait pas, il était comme pétrifié. Maintenant, tous les matins, je fais mon apparition au balcon, je sais qu'il attend, et il lève vers moi ses yeux adorants. Il ne sait pas qu'il s'appelle Grisou, c'est un vrai sauvage, mais je le trouve exceptionnel car c'est grâce à lui que je suis devenue Dieu !

                   Ariaga

Voici maintenant le texte et la photo qui l'accompagnent de Michel Tardieu. Voici pour les voyageurs du banc comment il se présente lui même à ma demande : "inventeur de musique poétique, de poèmes musicaux, chercheur de vérité au présent, amoureux du quotidien et grand pourfendeur du passé comme du futur, aime photographier la vie des êtres et des choses, jouer du piano, la bière, et bien sûr, se complait immodérément dans le monde virtuel du net !"

banc-chat_2_3.jpg

 Banc banal

Un chat sur un banc
un simple banc banal
un banc un peu bancal
et sur ce banc, royal,
ce chat qui se régale
d'un banc de poissons-chats...

mais où sont-ils partis
ces poissons dégourdis
y ai-je bien réfléchi ?
le temps qui va passer
pour penser à tout ça
va me pousser à bout
tout au bout de ce banc
ce banc qui me repousse
me pousse de bambou
mais chut...! sujet tabou

car de bouche à oreille
cette histoire de poisson
m'en bouche un coin, c'est net
au bout du banc, du chat
transformé en banquette
en canapé tout doux
où viens jouer ce chat

tu veux jouer à chat
sur ce banc un peu flou
ce bout de banc bien fou
ce banc qui s'abandonne
et ce chat qui ronronne
en croquant ses poissons
au bout du temps qui passe
à écrire des p'tits bouts
de poésie bancale
Ben çà...c'est pas banal !

 

 

   
 

 

Commentaires

Merci infiniment pour ces mots ..
ils ont réveillé en moi d'autres mots écrits voilà un certain temps ..et qui disaient :


Il est des chats errants
qui poussent la fierté
jusqu'à nous croiser
pour nous empêcher d'oublier
que nous savons aimer .

Il est des chats errants
qui bousculent gentiment
toute une maisonnée
par le regard confiant
qu'ils savent nour prêter
si nous voulons l'accepter .

Si un jour vous croisez
ce chat abandonné
n'oubliez pas de l'inviter
son seul regard suffit
à vois rendre la joie
et l'amour ici bas .

Lise

Écrit par : Lilou | 25/07/2008

Figures toi que cette nuit, ce sont des passereaux qui m'ont réveillé à 2 heures du matin. Ils étaient sur le rebord de ma fenêtre et contre les volets. C'est incroyable comme ils sont mauvais coucheurs !!

Bises.

Écrit par : patriarch | 25/07/2008

Bonsoir Ariaga,

Je vois que tu as su domestiquer le léopard au point de l'avoir rendu aussi doux qu'un chat de banc. Et aussi noir qu'il peut être, il en reste pas moins un félin, mais nous sommes là pour le combler afin que le maître n'est pas à le regretter...

Marie qui t'embrasse...

Écrit par : Les mots du coeur | 25/07/2008

Le chat est un compagnon de ma vie
Celui qui nous accompagne aujourd'hui est une chatte siamoise très bavarde et très, très, très caline.
Dès 5 heures du mat elle fanfare pour sortir. J'ai du acheter des boules Kies

Je vous dis à bientôt, je repars pour une quinzaine, sur une île. Couper les ponts en image serait une bonne idée mais si je trouve un moyen de garder un bout amarré ici...

J'ai embarqué l'anthologie de la poésie français du 20 ème siècle, l'Enfer de Dante et "Grammaire de la création" de Georges Steiner.

Écrit par : PataTy | 25/07/2008

Le chat sur ce banc n'est pas non plus "mon" chat, puisqu'il s'est installé ici ça fait un mois 1/2 environ, et quand j'écris "installé", c'est rien de le dire, c'est comme s'il avait toujours été là, chez lui, donc un chat pas sauvage du tout, et qui connait la méthode rapide pour apprivoiser les humains!

Écrit par : michel | 25/07/2008

Et un peu de publicité pour les banc et les chats, c'est ici :
http://chronophonix.blogspot.com/2008/07/ariaga.html

Écrit par : michel | 25/07/2008

Bien chère Ariaga, Je viens à l'instant de savourer le temps en te lisant, dans cette réciprocité existentiel,
"le banc, le chat, et moi"...
Réciprocité de survie, de partage affectif, réalité de l'apprivoisement commune à beaucoup d'entre nous, de tous poils et horizons divers...
Tu aimes ton chat, toi déesse nouricière, tu as appris à te rendre indispensable, Grisou donne un peu plus de place à ta force d'aimer, Grisou mérite bien deux assiettes quotidiennes...
Le temps passe, Grisou est nommé, par sa mère spirituelle, le banc est encore anonyme...
"le banc, Grisou, et moi"...

J'ai lu aussi, que tu savais faire des clins d'oeil de chat, mais cela je le savais déjà...
J'ai été ému de te lire, de vous lire, même dans le silence des mots propre aux humains, le banc dit, (là c'est moi qui dit autre chose, car le passé rode), donc le banc raconte aussi dans son apparente immobilité...
Je découvre que bien qu'immobile, d'autres peuvent venir vers soi, ce qui est ma foi, une façon de mouvements...

Cette histoire de soi, me touche par écho, dans sa progression graduelle, vers l'ouverture de soi sur le monde...
Progression lente, transformation, évolution, révolution à l'intérieur de soi, l'apaisement enfin, le partage possible, avec moins de souffrance...

Cette histoire va m'accompagner au long de la journée, et va sans doute ponctuer mes jours suivants...
Elle chemine...

Je t'embrasse.

Écrit par : patrick | 26/07/2008

petit supplément du samedi matin :
Tardieu, reste muet, les hauts parleurs sont encore chez le vendeur.
Et surtout, je viens de lire les commentaires, ils sont biens, n'est ce pas !
Très bonne journée, je repars le sourire aux lèvres.

Écrit par : patrick | 26/07/2008

Un chat-banc-hérisson. Je pense à mon petit hérisson qui toutes les nuits se promène dans mon jardin et les chats passent dans mon jardin, tels des rôdeurs, les chats des rues, les voyous-chats, que j'aime tant. Et puis, il y a mes chats-muses, mes amoureux du logis. Je t'embrasse. Et je vais faire un tour sur le blog de cet invité du banc sur ton espace. Bon we à toi et à tes lecteurs.

Écrit par : Chris-Tian Vidal | 26/07/2008

Lilou, tes écrits sont beaux et limpides comme une source.

Écrit par : ariaga | 26/07/2008

Patriarch, ce qui m'énerve un peu c'est que je n'ai jamais pu photographier Grisou. Peut-être est-ce mieux ainsi, il perdrait de son mystère.

Écrit par : ariaga | 26/07/2008

Une histoire "comme je les aime" (sourire)
Du bonheur pour ...au moins tout ça!

Écrit par : michelgonnet | 26/07/2008

Dis-moi, chère Ariaga, si les félins dans l'Athanor se transforment en chat sur le banc, l'inverse est-il vrai aux lueurs de pleine lune ... Ces cris de nuit à ma porte seraient donc des rugissements ... Il me faudra rester éveillée et voir si ce félin est fauve ou noir, en tenue rayée ou lustrée ... Le livre des grimoires s'ouvre aux mystères des rois ...

Écrit par : Kaïkan | 26/07/2008

@ Les mots du coeur, c'est bien de penser à donner de la nourriture aux félins petits et gros qui qui ronronnent autour du banc. On ne sait jamais...

Écrit par : ariaga | 26/07/2008

@ Pataty, je trouve tes lectures bien sérieuses (sauf les poésies ) pour les vacances. Moi si je pouvais partir en vacances ce serait avec le dernier Fred Vargas et un très bon roman de Fiction. J'espère que tu ne "couperas pas les ponts" et que, de ton île merveilleuse tu arriveras, d'un coup de banc, à nous donner des nouvelles.

Écrit par : ariaga | 26/07/2008

... Il est vrai que cela ronronnent beaucoup autour de ton banc, mais ne dis rien, il est juste de s'attacher à ton banc. Il nous le rend bien...

Marie qui t'embrasse

Écrit par : Les mots du coeur | 26/07/2008

@ Michel, même soi disant domestiqués, les chats n'appartiennent à personne, c'est nous qui leur appartenons. J'ai un vrai chat ou plutôt une chatte de 19 ans, en pleine forme, qui me rend chèvre ! Je traque Grisou avec un appareil photo mais il est impossible de le fixer sur une image. Pour l'instant j'ai un bout de queue qui dépasse d'un laurier. Et en plus il fait presque nuit.

Écrit par : ariaga | 26/07/2008

quelle est belle la vie d'un chat; j'aime sa liberté et son esprit d'indépendance.

Écrit par : muse | 26/07/2008

C'est bien pour cette raison que j'ai écrit que ce n'est pas "mon" chat, les autres chats (6 à 8, suivant les jours) ne m'appartenant pas plus que celui-ci; quant à savoir si je "leur" appartient, je n'ai pas encore réussi à le leur faire dire!

Écrit par : michel | 26/07/2008

@ Patrick, cela fait plaisir de te voir à nouveau donner à lire l'expression de ta sensibilité artistique. En quelque sorte le "trop plein" de ta peinture. Je te sens toujours un peu écorché mais cela aussi est une conséquence de la richesse de ton imaginaire. Il faut vider les vases pour les remplir mais il y a des gens qui n'ont rien à vider donc rien à remplir et il est possible qu'ils soient plus "heureux".

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

@ encore Patrick, je n'avais pas lu ton deuxième commentaire, c'est bien que tu repartes le sourire aux lèvres, cela me rend joyeuse.

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

Mais...mais...il est tout trouvé le "carburant", un peu dangereux comme le félin niché dans le chat...grisou...un gaz propulsant le train des bancs de l'imagination...
Je cours en parler à mon chat !!

Bisous

Écrit par : Aslé | 27/07/2008

@ Chris-Tian, j'aime l'expression "voyous chats". Le bruit a du se répandre dans mon village que les voyous chats étaient bienvenus car il y en a de plus en plus qui traversent le grand espace herbeux sous mes fenêtres. C'est curieux ils de "montrent" comme dans un défilé de mode, passent lentement avec un air de dire : regardez moi, je ne suis pas mal non plus, il n'y a pas que le Grisou. J'ai eu raison de l'appeler Grisou car j'ai pu voir, furtivement, que c'est un mâle.

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

Kaïkan, je pense que tout est possible à celui qui ouvre les portes de l'imaginaire. Le superbe texte que je viens de lire sur ton blog en est la preuve.

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

@ Muse, je pense que, comme pour les humains, la vie de certains chats est difficile. Le pauvre Grisou, si maigre et craintif a certainement été rejeté par sa mère sitôt sevré dans une nature qui n'est plus vraiment la nature où il y a des voitures, où les poubelles sont hermétiquement closes et où il a vécu une vie de terreur. Hier soir encore, alors que je le guettais dans la pénombre pour le voir manger il a été attaqué par un couple de pies qui l'ont fait fuir et lui ont volé sa nourriture.

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

Ici les mots, les phrases ronronnent comme les chats !
bon dimanche Ariaga
bises
danae

Écrit par : Danae | 27/07/2008

@ Aslé, tu es très coquine en ce moment, après avoir martyrisé un félin tu veux maintenant propulser le train de banc à coup d'explosions de grisou ! Sabotage! (hi!hi!)

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

@ Danae, les mots ronronnent, il y en a qui explosent !

Écrit par : ariaga | 27/07/2008

Bonjour chère amie,

Je viens de me rendre chez Elisabeth, et je lui ai dit que si elle avait besoin d'un banc pour nous recevoir dans son jardin, qu'elle pouvait venir emprunter le tien...

Bien à toi, Marie qui t'embrasse...

Écrit par : Les mots du coeur | 27/07/2008

Une belle histoire et tu as su apprivoiser ce chat, c'est magnifique, gros bisous
Françoise

Écrit par : Françoise du Var | 28/07/2008

@ Les mots du coeur, tu peux prêter les bancs du laboratoire, ils ne m'appartiennent pas ils sont à tous les vacanciers de l'imagianaire.

Écrit par : ariaga | 28/07/2008

@ Françoise du Var, le chat n'est pas encore vraiment apprivoisé, il a juste pris possession d'un coin de mon jardin. Merci de ta visite.

Écrit par : ariaga | 28/07/2008

de hérisson à hérisson,
dans ma maison cub
e de béton il y a des chats, tout autour aussi, et pour eux un fast food à croquettes où l'on sert à toute heure. Des gros chats ventrues qui affolent les miens, des chats coururés de partout, des chats de jour et des chats de nuit.
un soir, quelques craquements, tiens, un chat, puis un toussotement, étrange chat, un éternument, quel est ce chat enrhumé ?
un chat à piquant, croquant les croquettes, à son aise,
il reviendra tous les soirs, à son heure, grognant et farfouillant,
un cochon-chat à piquants,

Écrit par : aspher | 17/08/2008

@ Aspher, merci pour ce commentaire "craquant" comme les croquettes. J'ai visité ton blog et je compte bien y revenir.

Écrit par : ariaga | 17/08/2008