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« L'enseignement des séries de rêves | Page d'accueil | Et puis voici des fleurs... »

29/03/2010

Le rêve initial

 

 

Passage du trou.jpg

La Rêveuse est devant une paroi de pierre, lisse comme une cloison, avec un trou rond qui donne sur on ne sait où, un autre endroit.

De l'autre côté du trou, dans lequel la Rêveuse à engagé la partie supérieure de son corps pour essayer de passer, se trouve un homme inconnu très séduisant, l'imagine la Rêveuse, car elle ne voit pas le visage de cet homme. Derrière elle, il y a la présence discrète de son mari et d'une femme mûre, d'allure très dominatrice et à la voix autoritaire , qui s'agite beaucoup. Elle crie : "Vas-y, fais un effort, empotée". La tête et les épaules de la rêveuse passent mais la partie inférieure de son corps est coincée. Elle sent que si elle s'arrachait la peau, si elle n'avait pas peur de se faire mal, elle arriverait peut-être à passer mais elle bloque. L'homme de l'autre côté de la paroi encourage la Rêveuse, tend ses bras vers elle, prend ses mains pour essayer de la tirer. Pendant ce temps, la femme autoritaire continue à se manifester. Cela énerve la rêveuse qui sort du trou et dit : "Tu n'as qu'à passer toi !" " La femme répond avec une curieuse modestie : "Comment veux-tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ?"

Je donnerai deux interprétations, l'une, la première, s'attachera à l'"histoire" que raconte l'inconscient. L'autre sera une mise en évidence des éléments du rêve qui évoquent pour moi des thèmes importants de la symbolique alchimique. Ceux que ces thèmes n'intéressent pas peuvent "zapper" car mes notes seront plus longues que d'habitude.

La représentation de l'inconscient

Ce rêve a été noté plusieurs années avant le rêve suivant mais pour l'inconscient le temps n'existe pas et on peut noter qu'il propose déja pas mal de données du scénario des rêves futurs. Nous avons le décor et les enjeux de l'action : un mur, une absence de relation entre la Rêveuse et un "autre endroit" qui est l'inconscient. La possibilité de passage de l'autre côté est figurée par le trou rond. La représentation est commencée et la Rêveuse a engagé la partie supérieure de son corps dans le trou, ce qui implique qu'il y a peut-être une possibilité de passer de l'autre côté de la paroi rocheuse. Différents protagonistes sont déjà là : l'animus positif (l'homme de l'autre côté) représentant du soi, le mari, symbolisant la vie consciente. L'ombre, liée à l'animus négatif, lui même lié à l'animus maternel. Cette ombre est puissante, autoritaire, elle traite la Rêveuse d'empotée et provoque une régression conduisant la Rêveuse à ressortir du passage dans lequel elle s'était engagée.

L'affrontement des forces est annonçé : négative, cette femme autoritaire et positive l'homme qui tend les bras en essayant d'aider. On voit aussi déjà la difficulté de l'incarnation, un problème majeur de l'évolution de la Rêveuse. Il lui semble facile de passer le haut du corps par la tête, ce qui signifie que, mentalement, elle pourrait rejoindre cet homme séduisant si le bas du corps n'était pas coincé. Cela montre un blocage à ce niveau. Je vois aussi , avec un connotation religieuse liée à l'idée de la rédemption par la souffrance, la rêveuse à été élevée dans la religion catholique , le fait que pour "passer" il faudrait s'arracher la peau". Pour réussir, ne plus être une empotée, il faudrait supprimer cette chair méprisable.

Ainsi, au cours de cet affrontement initial, il semble y avoir une victoire de l'inhibition, un renoncement. Il existe cependant un élément positif, une indication de la voie à suivre. Il s'agit, à la fin du rêve, de la curieuse humilité de l'ombre autoritaire disant : "Comment veux tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ". Cette ombre, qui apparaissait comme un juge impitoyable, se trouve elle même complètement démunie, et révèle que le potentiel de réalisation d'un mouvement vers une réalisation de son être psychique est entre les mains de la rêveuse elle même, et non chez cette ombre juge.

La symbolique alchimique

On trouve déjà dans ce rêve une  allusion à la Pierre, à l'homme de la conjonction but ultime de  l'alchimie, à une femme autoritaire dont on peut supposer qu'elle est cette "autre", mystérieuse et terrifiante mais aussi vénérée, la Nature, sous sa forme de Mère de tous les éléments. C'est cette Grande Mère Nature des alchimistes qui dit à la Rêveuse, à la fin du rêve, que l'opus est en elle et que son travail alchimique est un processus de transmutation intérieure.

Le thème du supplice, qui apparaît clairement ici, a été utilisé par les alchimistes d'une manière ambigüe due à l'absence, pour eux, de frontières nettes entre la matière et esprit. Il pouvait s'agir du supplice des matériaux à améliorer, de tourments infligés à leur mystérieuse "substance" ou des opérateurs eux mêmes qui étaient l'objet de supplices abondamment décrits par les ouvrages alchimiques.

Le fait que l'homme très séduisant et la Rêveuse se tiennent les mains est une annonce du processus de la conjonction, des noces alchimiques des opposés. La présence de mains, que l'on retrouvera plus tard dans la série, à déjà ici une connotation alchimique. Il s'agir des mains du "magistère" et le fait que les deux mains soient impliquées redouble les possibilités d'accomplir au moins une partie du processus de la réalisation de l'oeuvre. Notons aussi la présence discrète du mari, celui avec lequel devra se réaliser l' "union des corps", si essentielle en alchimie. La discrétion dont il fait part montre tout le chemin à parcourir.

Nous aussi nous avons du chemin à parcourir si nous voulons parvenir au rêve d'aboutissement de cette série...

Ariaga

 

Commentaires

Pourquoi je ne rêve pas ? Je ne m'en souviens pas du tout, donc je ne rêve pas !! Du moins je le pense !!!


belle journée sans.....rêve !! Bises !

Écrit par : patriarch | 29/03/2010

La tête dans le trou, c'est aussi une image alchimique... Je pense à cette image de l'Adepte, la tête dans le four...Faut peut-être aussi griller le mental...
En tout cas, l'interprétation de ton rêve est très intéressante !
J'y vois aussi une analogie avec la naissance...Peut-être n'es-tu pas passé "comme une lettre à la poste"... c'est toujours ce que me disait ma mère de ma naissance à moi, c'est peut-être pour ça que je rêve souvent que je vole dans les airs :o)

Écrit par : Guern de Bé | 29/03/2010

@ Guern' de Bé, je suis contente que tu trouves l'interprétation du rêve intéressante et que tu y ajoutes ton grain de sel mais qu'il soir bien clair qu'il s'agit d'un OBJET d'étude et ABSOLUMENT PAS de "mon" rêve. Cette série est ce que l'on appelle en langage universitaire (dieu me préserve de cette langue obscure !) un "corpus".

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

J'ai tout compris. Je crois. Le corps, ses parties mises en jeu, je crois que j'ai au moins compris ça. Et les mots aussi.

Écrit par : la Mère Castor | 29/03/2010

Tu fais bien de préciser...J'avais mal compris.
Ceci dit, ce n'est pas un rêve honteux...d'ailleurs, un rêve peut-il être honteux ?

Écrit par : Guern de Bé | 29/03/2010

Ce rêve est bien un modèle du genre, me semble-t-il, et les interprétations proposées sont très intéressantes, pertinentes, Ariaga, pour autant que je puisse en juger…(?)

Peut-on voir également la paroi de pierre percée d’une ouverture comme l’image d’une réunion des contraires : l’obstacle et le passage, la fermeture et l’ouverture, le ferme et le malléable, le plein et le vide… ? L ‘aptitude progressivement acquise à passer de l’autre côté puis à en revenir, de plus en plus aisément, de plus en plus souvent, jusqu’à être en quelque sorte à la fois dehors et dedans, serait-elle devenir soi-même, peu ou prou, cette Pierre non Pierre ?
Le rêve initial proposant, dit-on, une image du « but », cette image d’une paroi de pierre percée réunirait-elle les différents aspects de l’union tandis que les différents personnages mis en scène la détailleraient, parlant du chemin à suivre pour aller vers cette union globale (?)

P.S. J’ai rêvé cette nuit d’un certain mur qui s’écroulait et se trouvait remplacé par une sorte de voile (authentique et…« synchronistique ? »)

Écrit par : Amezeg | 29/03/2010

C'est un rêve que j'aurais pu faire plusieurs fois dans ma vie. Rêve où l'on demande de réaliser des choses qui dépassent la logique. D'où supplice !
Bonne semaine.

Écrit par : elisabeth | 29/03/2010

Bonjour Ariaga, et merci pour ces explications et cette illustration. C’est avec des exemples concrets qu’il est plus facile de comprendre il me semble. Alors je retiens définir décors, scenario, les acteurs en place .
Comme Guern de bé, J’aimes bien l’idée de la naissance, avec le passage trop étroit, se défaire de sa peau,muer, et une transformation semble nécessaire pour passer, soit on élargit le trou, soit la personne s’adapte au passage et vraiment c’est cette image qui m’est venue a l’esprit, lorsque j’ai lu ce rêve, un homme accouche la femme comme une sage femme (un sage-homme ?) et la mère qui pousse.
Mais sans doute car cela m’a rappelé a un rêve ou je vois une main tendue sortir de la baignoire, je la saisie je tire et une belle jeune femme en sort

Écrit par : Dora | 29/03/2010

@ Patriarch, et si, tout simplement tu rêvais que tu ne rêves
pas ? (sourire...)

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

@ La Mère Castor, je crois que comprendre n'est pas important, ce qui compte c'est de créer un lien, de ressentir combien les messages des rêves sont une porte vers ce qui nous fascine ou nous dérange, selon les tempéraments.

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

@ Guern' de Bé, non, il n'y a pas de rêves honteux, ce sont tous des cadeaux, mais si j'ai précisé c'est parce que cette série n'aurait aucun intéret si je la proposais pour faire une auto analyse. C'est son côté exemplaire que je veux montrer et le fait que chacun peut s'y projeter car les archétypes, même si ils se manifestent d'une manière différente pour chacun, sont universels.

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

ton texte est très intéressant Ariaga ! Je ne ferai jamais aucun commentaire sur le fond, mais pour la forme je suis toujours captivé par l'enchaînement très poétique des éléments d'un rêve. Et le "comment veux-tu que j'y arrive, si tu n'y arrives pas" m'impressionne beaucoup ! Bises pour toi.

Écrit par : lechantdupain | 29/03/2010

"Vas-y, fais un effort, empotée"…

Ce n’est qu’une hypothèse parmi d’autres, qui si elle a quelque sens, n’exclut pas les autres compréhensions possibles et peut les recouper, sans doute. Je me risque donc à entendre « empotée » comme : EN PEAU T’ES (tu es) - et tu tiens à ta peau. Or il faut tout risquer dans l’entreprise, ce que le rêve semble souligner : « Elle sent que si elle s'arrachait la peau, si elle n'avait pas peur de se faire mal, elle arriverait peut-être à passer mais elle bloque. » -Ars totum hominem requirit, dit, je crois, une vieille sentence alchimique. L’œuvre demande un engagement total. Les tiédeurs, les restrictions s’opposent au passage. (?)

Écrit par : Amezeg | 29/03/2010

(Développement ou précision)

Tu tiens à ta peau, tu veux sauver ta peau : tu veux la transformation sans toucher à certaines parts qui te semblent constitutives de « toi » ou essentielles, dans lesquelles tu te reconnais comme « toi ». Tu veux que change en toi, chez toi, uniquement ce qu’il te semble bon de voir changer.

Écrit par : Amezeg | 29/03/2010

@ Amezeg, tous tes commentaires sont des amplifications fort intéressantes. J'ai l'impression que tu vas faire un travail qui va beaucoup apporter à certains lecteurs assidus du Laboratoire et à d'autres qui, en passant peuvent ramasser une pierre sur le chemin. C'est ainsi que je voyais les choses. Le mur qui s'écroule, une synchronicité en effet, mais heureusement le voile demeure...

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

Ce rêve n'est pas le tien, dommage (hihihi!) ... en le lisant ma sensation s'est avérée très (très très) proche de l'interprétation de Amezeg... mais sans doute est-ce un peu subjectif dans la mesure où - pfiou! il y a temps d'année ;) - j'ai fait un rêve quasi semblable, surtout en ce qui concerne le trou dans lequel "je savais devoir" me jeter malgré la peur, que dis-je la trouiiiiillle de mourir Une différence : aucun "personnage" dans mon rêve... seulement des voix, enfin, UNE voix m'assurant, "la mort n'existe pas"...
Dans les jours et les semaines suivantes que d'interrogations ! Finalement rendues au silence... de l'incompréhension.
Cependant, dans les mois qui ont suivi, hop !!! j'ai fait le grand saut... tu vois, ce saut dont je parle dans mon texte du jour...
Toute prête à parcourir le chemin vers l'aboutissement de la série... Je t'embrasse Amie

Écrit par : Mutti | 29/03/2010

@ Elisabeth, du rêve à la vie où nous sommes parfois dans des états quasi onirique, la paroi est mince.

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

@ Dora, c'est bien que tu ai retenu le côté pièce de théâtre du rêve. Il y a vraiment une ressemblance qui se retrouve dans presque tous les rêves, du moins quand ils sont assez longs. C'est vraiment cette main tendue dans une baignoire où je suppose qu'il y a de l'eau (eau =inconscient) et que tu la prennes montres que tu es mure pour considérer ton inconscient comme un ami (ie).

Écrit par : ariaga | 29/03/2010

« C'est ainsi que je voyais les choses.» Alors, va pour la convergence de vues ! :-)
Des amplifications, oui, sans doute, et peut-être, concernant « l’empotée », une simple interprétation (hypothétique) assez basique et terre à terre, « collant au texte » si l’on peut dire. Mais avec également un aspect d’amplification, c’est vrai.

« Le mur qui s'écroule, une synchronicité en effet, mais heureusement le voile demeure... » Oui, le voile demeure, mais dans ce rêve, il est très ouvert, flottant, quasiment symbolique. Et pour tout dire, ou presque, toute cette maçonnerie - que j’avais bousculée comme on le fait pour une dent de lait qui s’en va - m’est tombée dessus et je m’en suis extrait en jouant à l’hercule de salon portant « le monde » sur son dos mais pressé de l’abandonner…ouf !!!

Écrit par : Amezeg | 29/03/2010

Non Ariaga, pas d’eau dans cette baignoire, mais sans doute y en a il dans les canalisations. Ce qui m’a fait faire un rapprochement entre ce rêve et celui que tu présentes est le trou très étroit d’évacuation d’où sort une main tendue, et lorsque je la saisie je ne sais pas a qui appartient cette main pas plus que je ne sais si c’est elle qui va m’entrainer au fond ou moi qui vais la "remonter", et c’est assez surprenant d’ailleurs de voir cette personne que je connaissais qui était très « abimée», sortir si lumineuse , belle et " transformée" .
En tout cas un grand merci a toi, car j’avais oublié ce rêve et aujourd’hui il me fait du bien de m’en souvenir.

Écrit par : Dora | 30/03/2010

On peut qualifier un rêve de "honteux" dans la mesure où parfois le rêve est si prégnant qu'on a vraiment la sensation d'y être, et qua'lors si la scène du rêve nous paraît honteuse, on le qualifie ainsi .. d'ailleurs il est intéressant il me semble d'être attentif à ces émotions liées à nos rêves - bon, je sais bien que ce n'est pas ici l'objet de tes posts .. :-)- soit on "vit" le rêve comme si c'était réel, soit on se rend compte qu'on est en train de rêver, soit ni l'un ni l'autre
Mais donc, au réveil, on a toujours une émotion particulière générée par le rêve que l'on a fait, et je pense que c'est en ce sens que l'on qualifie un rêve de "honteux" par exemple, alors qu'en réalité c'est le sentiment ou le jugement que l'on porte soi même sur le contenu du rêve
Quant aux personnes qui ne rêvent pas ..
paraît il que tout le monde rêve, c'est une fonction du cerveau démontrée scientifiquement.. encore faut il croire à ce que disent les scientifiques :-)

Écrit par : ambre | 30/03/2010

@ Mutti, je vois que tu as des "correspondances" avec le mystérieux celte Amezeg. Il semble bien que le "trou" par lequel il faut passer, ou dans lequel il faut accepter de tomber, soit très présent dans les rêves. C'est ce genre de chose que j'espère apprendre en lisant ceux qui participent au travail du laboratoire. Pour le trou, je pense aussi à Jung quand il accepte de se laisser tomber dans les profondeurs de l'inconscient.

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

@ Ambre, j'ai été vraiment intéressée par les explications que tu donnes du "rêve honteux". Cette idée de projection de nos émotions et sentiments sur nos rêves me conforte dans l'idée que il est difficile d'analyser nos propres rêves car nous ne voyons que ce que nous voulons bien voir.

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

Il y a le trou, cet espace sans matière,
il y a le corps, cette forme qui ne passe pas dans l'état où elle se trouve,
Il y a ceux qui " parlent " de ce pas-sage .

Comme si , engagée dans un processus, limitée par son corps et " ceux qui parlent"
la rêveuse mesurait la souffrance nécessaire à sa liberté qui ne dépend que d'elle et de la relation, à son corps.

Écrit par : Lilou | 30/03/2010

Humm…Oserai-je encore, Ariaga, après cette allusion à ma mystérieuse celtitude, ajouter mon petit grain de celte à cette exploration toute hypothétique du rêve ?
Le fameux trou permettant de passer de l’autre côté du miroir me rappelle aussi cette gravure du XVII e siècle qui représente le pèlerin de l’âme passant la tête hors du monde connu et jetant un regard sur l’au-delà de ce monde, où le temps et l’espace, par exemple, ne sont plus ce qu’ils sont ici-bas. Mais doit-on faire le rapprochement avec le trou dans la paroi de pierre de ce rêve initial…?

Écrit par : Amezeg | 30/03/2010

Il me parait assez vraisemblable, voire évident, que la rêveuse elle-même, à l’intérieur du rêve, représente l’élan vers le renouvellement et l’élargissement de la femme plus âgée, représente l’héroïne dont la quête amènera à déposer l’ancien pour introduire le nouveau. La femme mûre serait en somme l’ancien qui s’impatiente et aspire à la transformation qu’elle ne peut réaliser elle-même, prisonnière qu’elle est de cette forme ancienne, ce qui l’oblige à s’en remettre à la rêveuse qui est la délégation personnalisée (et incarnée) de cette aspiration au changement. Cette aspiration pourrait-elle également se rapporter à un désir d’évolution remontant à plus d’une génération dans cette lignée de femmes prisonnières d’une certaine forme d’être, d’un certain rapport à elles-mêmes et au monde… ? Il n’est pas interdit de se poser la question. Les difficultés liées à « l’état de l’animus » ou à la relation de ces femmes avec l’animus seraient sûrement inscrites au programme du renouvellement envisagé… (Je prie qu’on me pardonne si je redis ce qui a déjà été dit plus haut d’une façon ou d’une autre. Merci )

Écrit par : Amezeg | 30/03/2010

..."le pèlerin de l’âme passant la tête hors du monde connu et jetant un regard sur l’au-delà de ce monde, où le temps et l’espace, par exemple, ne sont plus ce qu’ils sont ici-bas...."

En effet ma tendre Âmie Ariaga, dans l'instant il semble bien qu'il y ait certaines "correspondances" entre Mutti et le mystérieux Amezeg... :-)

Écrit par : Mutti | 30/03/2010

C'est passionnant.
En lisant le récit de ce rêve "initial", donc le "premier" rêve, celui de l'"origine", j'ai pensé tout de suite à un accouchement. La tête la première dans le trou rond et étroit, puis tout le reste du corps à passer...
Et cela m'a évoqué cette nouvelle de Hermann Hesse, allégorique, où l'on suit un personnage habitant dans un jardin cerné de hauts murs dont on ne peut pas sortir, ce jardin est absolument paradisiaque et le personnage ne sait pas comment il est arrivé là. Il ne sait qu'une chose et n'a qu'une idée en tête: sortir. Or, il n'y a aucune issue. Il est guidé par un personnage mystérieux, avec un oiseau non moins mystérieux. Il finit par trouver un petit trou dans une falaise, une fente étroite où il doit aller se glisser, c'est très périlleux, les parois sont humides, glissantes et gluantes, il a peur, c'est très difficile. Et d'un seul coup il se sent happé, il glisse dans le néant... pour atterrir sur la poitrine de sa mère.

Écrit par : Marie-Claire | 30/03/2010

Bonjour Ariaga, merci pour ta com dans mon journal.oui les bananes ne sont jamais la même après avoir lu le texte ha ha.

Magnifique interprétations.J'aime surtout ta phrase -la supplice est causée par un état entre le corps et l'esprit qui n'est pas clair.
Et peut être ça existe parceque essentiellement le corps et l'esprit c'est un monde ensemble.C'est comme avoir un appareil photo pour l'esprit on utilise le macro pour voir l'esprit mais essentiellement c'est le corps aussi.
Je sais que tu ne seras pas d'accord mais ces mes mots je voyage à travers mon clavier est vient de mon inconscient qui sans doute peuvent se tromper.

merci. à la prochaine.
belle journée magique.

Écrit par : crederae | 30/03/2010

@ Lilou, ton pas-sage en langue des oiseaux au sujet du passage du trou me semble très juste. Il faudrait probablement oublier les règles, ne pas être sage au sens "moral "du mot pour accepter l'incarnation.

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

@ Mutti et Amezeg, je vous laisse tranquillement dialoguer, je ne voudrais surtout pas déranger. (sourire)

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

@ Dora, si pendant ce "travail" sur les séries de rêves des lecteurs pouvaient se souvenir de rêves importants ce serait déjà un bonne chose.

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

@ Amezeg, cette gravure dont tu parles, et qui contrairement à ce que l'on pense serait du XIX°siècle et non du XV° illustre tout à fait la symbolique alchimique du songe de la Rêveuse. Ce voyageur passe la tête hors de son monde contenant tous les éléments, identifiés et rassurants, de son microcosme, pour contempler un "ailleurs" macrocosmique beaucoup moins identifiable.

Écrit par : ariaga | 30/03/2010

P'tit passage un peu tard, bien occupé...
mais gros bisous m'dame Ariaga, bonne soirée...

Écrit par : le Pierrot | 30/03/2010

peux tu éclairer ma lanterne Ariaga ?
Il existe des rêves importants et d'autres moins ?
tu as des critères précis ou c'est au feeling ?

Écrit par : Dora | 30/03/2010

C'est entre le rêve et la réalité, essayer de faire "une sortie hors de son corps", mais là l'expérience s'arrête brutalement à cause de la trouille de franchir ce pas, alors que je suis tout près, tout près, puisque je me sens complètement paralysée ! Je pense à tous les esprits méchants qui pourraient s'emparer de mon corps laissé à l'abandon et là c'est le retour (après un départ qui n'en est pas un ) Je n'ose raconter car on va peut-être me prendre pour une folle ....
Bisous chère Ariaga, qu'en penses-tu ?

Écrit par : danae | 31/03/2010

@ Marie Claire, je ne connaissais pas cette nouvelle de Hesse. Elle ressemble à un rêve, d'ailleurs beaucoup d'auteurs écrivent à partir de leurs rêves, et elle est vraiment très symbolique. Merci de nous l'avoir fait connaître. Fait-elle partie d'un recueil ?

Écrit par : ariaga | 31/03/2010

@ Je ne prends certainement pas pour une folle car ce genre d'expérience est pratiquée par certaines Traditions. Je ne pense rien car dans ce travail que nous effectuons ensemble je ne suis pas là pour juger ou penser mais pour observer et je peux te dire que je suis déjà bluffée par la richesse de ce qui est apporté par les participants.

Écrit par : ariaga | 31/03/2010

J'ai immédiatement pensé à une naissance. Les bras tendus du médecin accoucheur... la voix "autoritaire" de la mère qui voudrait bien que ça se termine probablement...

Écrit par : | 31/03/2010

Bonjour Ariaga,
passionnant ce double développement,
je repasserai car je suis très intéressé
bonne journée
amitiés philosophique
dany - daniel

Écrit par : bichon39 | 31/03/2010

@ Le Pierrot, c'est gentil à toi d'être venu dire bonjours dans cet antre de raisonneurs. Pour la peine, demain je t'offrirai des fleurs.

Écrit par : ariaga | 31/03/2010

@ Crederae, tu te trompes, je suis d'accord et je retiens ta comparaison photographique. Continue à laisser l'inconscient te guider c'est un grand maître.

Écrit par : ariaga | 31/03/2010

A demi engagée, à mi-chemin ...
Seule, elle doit trouver la solution
le clé est en elle
l'homme sans visage représente le réel: il est devant elle.
Son mari, derrière, est la réalité, peut-être triste.
Aide-toi et le ciel t'aidera.

Écrit par : jeandler | 31/03/2010

Il lui faut donner un visage à cet inconnu
elle a tourné le dos à son mari
Nouvelle Emma Bovary
mais elle n'ose franchir le pas
elle préfère rêver (rester) éveillée

Écrit par : jeandler | 31/03/2010

De toutes façons, que ce soit ton rêve ou celui d'un autre, ça ne change rien : chacun y va de son interprétation et ne parle que d'elle(lui)-même...
On ne parle jamais que de soi, même quand on parle des autres...

Écrit par : Guern de Bé | 31/03/2010

@ Clo (G de B)
le problème, c'est de ne pas se rendre compte que l'on parle de soi ..

Écrit par : ambre | 01/04/2010

Bonjour, je ne vais pas en rajouter plus au sujet de ce rêve initial puisque je me retrouve dans certaines réflexions qui ont déjà été données. je trouve également intéressante la remarque de Ambre sur la honte.
Je voudrais simplement recouper 2 phrases, des « on dit ».
L’On dit que le ridicule ne tue, on dit également que ce qui ne nous tue pas nous rends plus fort, donc on peut en déduire que : le ridicule nous rend plus fort ! Parfois le ridicule, ce qui nous semble honteux, lorsque l’on se détache de ce sentiment peu se révéler très instructif.
D’une part parce qu’il nous révèle nos hontes et par la même nos peurs, et d’autre part parce qu’une fois détaché de ces hontes, l’on peut percevoir notamment au niveau des rêves les choses de façons différentes. Je suis désolée si je n’ai pas été très claire dans cette explication.

Écrit par : Peau d'âme | 01/04/2010

C'est dans le recueil "les contes merveilleux". Il y a d'ailleurs beaucoup d'allusions alchimiques dans ces contes.

Écrit par : Marie-Claire | 01/04/2010

@ Marie-Claire, Merci je vais me les procurer et certainement me régaler.

Écrit par : ariaga | 01/04/2010

@ Dora, au sujet des rêves plus ou moins importants je crois que cela dépend de la "profondeur" de l'inconscient où le discours du rêve va le chercher. Il y a des rêves qui ne sont que des re mise en scène des préoccupations quotidiennes. C'est un sujet compliqué. Pour moi je ne choisis pas au feeling...

Écrit par : ariaga | 01/04/2010

@ Mu, je crois que c'est la principale constante des commentaires l'enfantement. C'est très alchimique : la conjonction des contraires pour enfanter l'Enfant des Philosophes.

Écrit par : ariaga | 01/04/2010

@ Jeandler, tu as bien raison, la clé est en elle et tu verras, dans la suite de la série il y aura pas mal de clés. Perte, recherches etc.

Écrit par : ariaga | 01/04/2010

Dans mon cas, le trou était au plafond et une échelle y menait. Des personnes en haut m'encourageaient vivement à les rejoindre, ce qui n'était pas assuré car une ombre représentée par un géant féroce me poursuivait, paniquant à l'idée que je lui échappe (l'égo j'imagine).
Bien qu'il y ait des années de ça, je commence juste à me désidentifier de cette ombre.
Je ne sais si tu connais le Dr Jill Bolte Taylor (My stroke of insight). Dans son livre elle parle aussi de cette ombre.

Écrit par : kea | 02/04/2010

@ Guern"de Bé, certainement que nous ne parlons que de nous quand nous interprétons mais cela m'intéresse car je crois qu'il y a des constantes. Dans le rêve, nous sommes tous les personnages du rêve, au moins quand ils sont identifiés.

Écrit par : ariaga | 02/04/2010

@ Peau d'âme, dans les rêves on se retrouve assez souvent dans des situations ridicules, par exemple se retrouver nu au milieu de personnes habillées, mais c'est très intéressant car cela permet de vivre cette situation redoutée et de "purger" nos peurs.

Écrit par : ariaga | 02/04/2010

Petite anecdote Ariaga, à force de lire les commentaires sur ce rêve, (je suis le fil de discussion), cet après midi, pendant ma sieste, j'ai fait pour la première fois un rêve assez inspiré de celui que tu racontes ici. Comme quoi, tu fais réagir mon inconscient :) Bises pour toi.

Écrit par : lechantdupain | 02/04/2010

@ Kea, vraiment intéressant ton rêve et aussi ton interprétation. Non, je n'ai pas lu mais tu sais, chère Kéa, depuis quelques années je m'en tiens à mon cher Jung et encore... J'ai énormément lu et comme j'ai tendance à trouver, à moins qu'elles soient vraiment nulles, toutes les propositions intéressantes, ma pensée sur les rêves n'arrêtait pas de fluctuer. Du coup, mes recherches personnelles n'avaient aucune originalité. J'ai donc cessé de lire sur le rêve mais je ne suis heureusement pas guérie car j'ai un coupable plaisir à lire vos interprétations et vos rapprochements avec vos propres rêves.

Écrit par : ariaga | 02/04/2010

@ Lechantdupain, j'adore ce que tu me racontes là car cela confirme mon Intuition-idée que les rêves sortent d'une grande marmite commune !

Écrit par : ariaga | 02/04/2010

... marmite ... nous voici dans la marmite ... :-)
merci Ariaga, ton article ainsi que les commentaires sont passionnants et me fait toucher du doigt encore plus ma frustration de "ne pas rêver" ...
un médecin me disait que le fait de ne pas avoir de souvenir de mes rêves (elle était formelle : tout le monde rêve !) met en évidence un certain désintérêt de Moi ...
j'ai conscience que le sujet n'est pas ici, mais le rêve dont tu parles fait lumière sur ma Naissance qui n'a jamais dû se faire ... pour cette praticienne, mon inconscient doit refouler tous mes rêves ...

Écrit par : pseud | 03/04/2010

@ Psued, patience, elle finira bien par se faire ta naissance ! C'est certain, tout le monde rêve, sinon c'est la folie et la mort. J'ai du mal à croire que ce soit ton inconscient qui refoule tes rêves, tout au moins s'il s'agit de l'inconscient profond. Au contraire, je crois que c'est ton conscient, la personnalité que tu t'es forgé pour devenir un être social, qui refuse le rêve. Il est possible que ce soit une bonne chose car Jung pensait qu'il y a des êtres qui ne doivent pas aller fouiller trop profond dans leurs abysses... Contrairement aux idées reçues un Moi fort n'est pas une toujours une mauvaise chose.

Écrit par : ariaga | 03/04/2010

merci beaucoup ariaga de m'avoir apporté une autre ouverture.

Très bon dimanche avec mes amitiés.

Écrit par : pseud | 04/04/2010

ARIAGA à TOUS, Pâques est le moment où il faut couver lentement l'Oeuf Philosophal alors je publiera le nouveau rêve de la série seulement mardi. Je vous embrasse tous.

Écrit par : ariaga | 04/04/2010

De retour sur la page d'Ariaga après de nombreux jours d'absence, je vois que la série des rêves à étudier en commun a bien commencé.
J'ai lu avec intérêt tous vos coms, et je remercie particulièrement Amezeg pour ses interventions.

Comme la plupart des autres lecteurs, c'est la représentation d'une mue, d'une naissance, plus précisément l'accouchement qui m'a semblé décrite dans ce rêve initial. Les interprétations pouvant s'emboîter comme des poupées russes, il est possible qu'une difficulté à s'incarner ou franchir un passage fasse à la fois référence à un traumatisme de la naissance biologique et à une (re)naissance à soi même. Implications spirituelles possibles à un niveau plus archétypal si l'on songe à l'image du pèlerin cité dans les coms et que l'on peut voir ici (si nous parlons bien de la même image, dont le mystère entourant l'origine n'est pas élucidé) : http://fr.wikipedia.org/wiki/Gravure_sur_bois_de_Flammarion

Écrit par : Arianil | 07/04/2010

Salut, est-il encore temps pour une contribution tout à fait psychanalytique et freudienne qui plus est ? Enfin, j'ose y prétendre.
Je n'ai pas lu tous les coms, y en a trop et j'ai pas vraiment le temps ni l'envie. Donc que m'excusent ceux sur les plates bandes desquels d'aventure je marcherais.
Je reconnais dans ce rêve une problématique par laquelle je suis passé aussi : ce n'est pas vraiment celle de la naissance (ou bien c'est celle du sujet) mais la problématique d'une tension provoquée par un double discours proposé ici de façon très objective par la "mère" : viens au monde mais prend garde d'y parvenir... et elle insiste en plus en collant sur la fille incapable une chape de culpabilité contre laquelle cette dernière ce défend.
Le monde est ce qui est là, devant mes yeux, si séduisant que la tension pour l'atteindre augmente. Une force contraire, qui est lié au désir de la mère pour le monde (un désir de toute puissance) contraint l'"enfant" à persévérer, malgré qu'il en ait, dans la position de phallus de la mère.
Il est possible, une fois entamé la résistance psychique devant de telles métaphores, d'imaginer le corps emprisonné dans le vagin jusqu'à la taille et redressé par la vigueur qu'il met à tenter de s'en extraire, c'est ici ce qu'un autre appelle, si je l'ai bien saisi, la jouissance de la mère.

Voilà tout ce que j'en dis.

Écrit par : jean | 20/04/2010

@ patriarch, les rêves sont court et on s'en souvient rarement. En ce qui me concerne, cela arrive lorsque je fais une grasse matinée entrecoupée de sommeil.

Écrit par : définition des rêves | 25/06/2010

Nous sommes de simples mortels et nous avons de grandes difficultés avec ces deux opposés que sont la naissance et la mort

Maître rêveur soyez indulgent :))

Écrit par : Psyché | 02/10/2011