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26/11/2006

Le démon de la passion

M'interrogeant sur le côté quelque peu passionnel de certains de mes comportements, qui me fait craindre de rester sur la première marches , celle de la calcination, de l'escalier de la transformation alchimique spirituelle, je me suis souvenue d'une légende juive racontée par C.G.Jung dans le livre "l'analyse des rêves". La voici, dans le texte de Jung. 

"Une légende juive, à la fois belle et scandaleuse, raconte le mal démoniaque de la passion. Il y avait un vieil homme très sage et très pieux que Dieu aimait, parce qu'il était tellement bon et qu'il avait beaucoup médité sur les questions de la vie. Il avait compris que tout le mal de l'humanité avait sa source dans le démon de la passion. Alors il se prosterna devant le Seigneur et lui demanda de supprimer de la terre l'esprit malin de la passion. La piété du vieillard était tellement grande que le Seigneur accéda à sa demande. Et comme toujours, lorsqu'il avait accompli une grande action, le vieillard très pieux était empli de joie et selon son habitude se rendit ce soir-là dans sa belle roseraie pour humer le parfum de ses roses. La roseraie avait son apparence habituelle, mais quelque chose n'allait pas. Le  parfum n'était plus là, une substance manquait, comme lorsqu'on mange du pain sans sel. Peut-être était-il fatigué. Alors il prit sa coupe en or et la remplit avec un vieux vin merveilleux qu'il possédait dans sa cave et qui n'avait jamais eu le moindre défaut jusqu'à présent. Mais cette fois-ci le vin était fade. Cet homme sage possédait dans son harem une jeune épouse d'une grande beauté et, lors de la dernière visite, il s'aperçut que son baiser qui habituellement était comparable au parfum et au vin était cette fois sans saveur ! Alors il monta derechef sur son toit et dit au Seigneur combien il était triste, et qu'il craignait d'avoir fait une erreur en demandant de supprimer le démon de la passion. Il adressa alors au Seigneur la prière suivante : "Ne pourrais-Tu renvoyer sur terre l'esprit malin de la passion ?" En reconnaissance de sa grande piété, Dieu accéda à sa demande. Alors le vieillard goûta à tout à nouveau et, merveille, plus rien n'était fade, les roses avaient retrouvé leur parfum merveilleux et le baiser de sa femme fut plus suave que jamais."

    En ce Dimanche, que tous ceux qui ont peur d'aimer les joies de la vie soient rassurés. Leurs démons ne sont pas si mauvais...

25/11/2006

Pourquoi écrire ?

Pourquoi écrire sur ce blog ? J'ai médité là dessus ce matin, ça a muri, grossi, toute la journée et je pense avoir quelques réponses, mais il y en a certainement beaucoup d'autres.

Parce que c'est un espace de liberté. Par exemple, j'ai toujours beaucoup aimé écrire de la poésie et je m'en suis beaucoup privée. Pourquoi ? Certainement un problème de persona.

Je n'aime pas les discours de spécialistes mais on peut parfois être quelque peu entraîné dans cette perversion. Travailler avec un rempart de bouquins autour de soi sur la table. Ici pas nécessaire. Je fais une erreur de nom, de citation, de date, et alors ? Cela fera plaisir à quelqu'un qui se sentira plus savant que moi.   

Je crois, cependant, que la raison est plus profonde : Je rencontre des gens simples et fort intelligents. Ils ne sont pas bardés de diplômes universitaires mais leurs yeux brillent quand on leur parle de certains sujets. Alors que certaines personnes sont "statufiées " dans leur savoir, ces gens là sont de véritables cornues alchimiques. Finalement ce sont eux qui pratiquent le mieux l'alchimie spirituelle.

Je crois que j'écris pour une jolie fermière que je connais qui, quand elle descend de son tracteur après une journée harassante va prendre une bonne douche et clique sur mon blog (et sur d'autres).Et cette autre femme à laquelle un mot compliqué ne fait pas peur. Les dictionnaires ne sont pas pour les chiens dit-elle.  

Je crois aussi que j'écris pour montrer que la spiritualité, la réflexion, l'amour et la chair, le bien et le mal existent tous ensemble. Que c'est cela la vraie vie. Et que nous sommes sur terre pour évoluer.

Enfin, ne donnons pas dans l'angélisme. Il ne faut pas que je me raconte des histoires, j'aime les discussions sur le blog, même si elles sont parfois un peu pointues. Arianil m'a écrit que nous sommes les miroirs les uns des autres. Cela fait plaisir de se sentir intelligente ou appréciée. On ne change jamais complètement... 

24/11/2006

Frisson

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 Ta main sur mon épaule

Ca m'a frôlé le coeur

Et puis comme un murmure

Qui s'en va frémissant sur l'onde de la peau

La pointe de mon corps

A pulsé un frisson ...

23/11/2006

Le Yi King

Je voudrais simplement aujourd'hui vous donner envie, si  vous ne le connaissez pas, d'avoir en main et de consulter le Yi King, le lire des transformation. Il est traduit et préfacé de manière remarquable par Etienne PERROT. Editeur  : Librairie de Médicis. Les matins maussades où je ne sais pas trop que faire de mon corps et de mon esprit, je l'ouvre au hasard et j'y trouve souvent une réflexion, une intuition ou une coloration pour le reste de la journée. On pourrait dire grossièrement que c'est un livre de divination, mais il s'agit de bien plus que cela. Je ne saurais pas vous en parler aussi bien qu'Etienne Perrot. Pour vous donner un aperçu de l'importance de cet ouvrage très ancien je vous offre deux extraits de sa préface :

"Le plus ancien livre de la Chine en est aussi le plus moderne. Le Yi King offre à l'homme une clé intemporellement neuve pour pénétrer l'énigme de son destin. Il nous entraîne, au- delà de toute théologie comme de tout système philosophique, à un degré de profondeur limpide où l'oeil du coeur contemple l'évidence du vrai. L'unité est le fondement de l'univers. Mais, pour être fécond, le T'ai Ki (le Grand commencement) doit se sacrifier en se dédoublant car "à partir de ce qui est parfait, rien ne devient". Le monde ne nous révèle que le jeu des deux forces polaires, le mâle et la femelle, le plus et le moins, leurs épousailles et les dix mille êtres qui en sont les fruits. Le génial créateur des hexagrammes a su ramener cette variété sans limites à un schème mathématique enserrant la création comme un réseau, ou plutôt formant la trame qui le supporte et l'anime. ...

 

...Un savoir aussi ancien ne peut, on le comprend, s'exprimer en un langage conceptuel et logique. La vision du monde qu'il traduit est aux antipodes de celle de l'Occident. Notre science est analytique : elle isole soigneusement le phénomène étudié de son contexte ; celle de l'Orient est synthétique : elle apprend à tout embrasser d'un seul coup d'oeil et à lire les rapports. Dans l'immense symphonie du monde nous nous appliquons à écouter les différents instruments l'un après l'autre, nous interdisant par là de saisir le sens de la partition. Le sage chinois, au contraire, laisse monter à la fois tous les chants, ne négligeant pas la plus humble note de la timbale ou du triangle. Chaque être, chaque instant pris dans son intégralité est un visage du Tout, une facette de l'unité indescriptible."

Bien sur, C.G. Jung à porté un grand intérêt au Yi King. En particulier pour illustrer son concept de synchronicité. 

 

 

 

 

  

22/11/2006

Alchimie et Nature

Le terme "alchimie" a pour origine un mot arabe EL-Kimya, lui- même dérivé de Kemi qui signifie terre noire. Or, Terre Noire était un des noms de l'Egypte ancienne, ce qui conforterait l'idée que l'alchimie y a sa source. C'est Toth, dieu de la mathématique et de la science, qui serait à l'origine de la figure d'Hermès Trismégiste (dont j'ai déjà parlé), lui- même modèle du Mercure médiéval. Après de nombreux chaînons intermédiaires, et un passage déterminant dans la culture arabe, des idées, considérées comme néfastes par l'Eglise chrétienne, ressurgirent, un peu comme un courant souterrain qui remonte à la surface chez les alchimistes du Moyen-Âge.

    Les deux postulats qui servaient de fondement à l'alchimie étaient l'unité de la Nature, et même de l'univers. Cela allait du macrocosme au microcosme. De ce premier postulat découlait que, du fait de leur origine commune, leur différence n'étant qu'une diversification de l'unité. Tout élément pouvait donc se transformer en un autre. Il suffisait pour cela de posséder l'outil de transmutation : La pierre philosophale. L'alchimie décrit donc, dans ses différentes phases, un processus de transformation ayant comme justification le fait que le monde est un. 

Pour ces alchimistes du Moyen-Âge, qui se voulaient très chrétiens, mais sentaient un peu le fagot, la Nature, toute imprégnée de divinité, en vertu du principe : "tout ce qui est en bas est comme ce qui est en haut", était toute puissante. Elle était leur guide, leur étoile, avec l'aide de Dieu. C'était aussi la Mère  de toutes choses, et il n'y a aucun doute  sur sa toute puissance féminine. Dans un monde dominé spirituellement par l'image masculine on peut dire que les alchimistes ont fait remonter à la surface la part féminine de la divinité.

Ce que je vous raconte là n'est qu'une rapide approche du sujet mais à ceux qui se demanderaient pourquoi ces fous, qui passaient une vie entière à travailler et prier ( ils avaient aussi souvent une "soeur" qui travaillait avec eux...), sans, probablement, aller jusqu'au bout de leur quête, me fascinent, je répondrais qu'ils n'étaient pas si fous que cela. Ils n'avaient pas de connaissances scientifiques suffisantes, ils vivaient dans un monde de symboles mais certains scientifiques contemporains ne cherchent-ils pas l'unité de la matière ? D'autres ne  "spiritualisent" t-ils pas cette même matière ? Alors je crois que je vais encore longtemps m'intéresser passionnément à ces fous. Tout au moins à ceux qui ne cherchaient pas seulement à fabriquer de "l'or vulgaire" mais cherchaient cet or dans le secret de la nature et de leur âme.

 

 

 

 

21/11/2006

Amour massacré

Elle veut tous les alcools

Et aussi tous les rires

Elle veut devenir folle

Et manger des délires

Enormes !

Elle est est jeune elle est belle

Donnez lui votre sang

Pour la rendre immortelle 

 

Elle veut Tout

    Gouter tous les poisons

    Appeler les démons 

    Saccager les jardins

        Pour aimer

        Pour pleurer

        Pour sentir

Elle veut Tout

Même inventer un Dieu 

 

Il est venu vers elle

Comme dans une glace

Ce visage de femme

Aux couleurs de l'automne

        Putride

Celui là elle n'a pas pu le supporter

    Dans les ruines boueuses

    Elle cherche par Tout

    Les restes de l'ancien visage

    La beauté d'or plaqué 

    Le reflet du regard

    D'un amour massacré

 

20/11/2006

La conscience selon C.G. Jung

Je disais hier que j'avais omis, dans mes petits textes d'exploration de la psyché de parler, avant tout, de la conscience. Curieuse  erreur, serais-je inconsciente ?

Il ne s'agit pas ici de la conscience au sens religieux ou éthique. Simplement j'essaie de dire ce qu'elle représentait pour C.G. Jung. D'abord, le fait que la conscience humaine ait émergé d'un état originel d'inconscience est pour lui un sujet d'émerveillement. Il écrit dans "Les racines de la conscience :

"Tous les efforts  de l'humanité tendent à la consolidation de la conscience. Cest à cela que servent les rites, les "représentations collectives", les dogmes ; c'étaient des digues et des murailles élevées contre les dangers de l'inconscient. "

L'homme n'est devenu conscient que graduellement, l'émergence hors de l'indifférencié est récente et l'évolution est loin d'être achevée. Pour moi l'alchimie spirituelle est un des moyens de progresser. 

La fonction de la conscience est d'être le lieu où s'établissent les relations entre le Moi et les contenus psychiques. Si le Moi perçoit les rapports entre ces contenus, il y a conscience.

Pratiquement, C.G. Jung délimite la conscience par la frontière de l'"inconnu", domaine du non senti, non re-présenté, non pensé, bref, tout ce que l'on ne sait pas. Il distingue aussi toute une gamme d'intensités de la conscience qui fait qu'il n'y a pas de conscience pure et simple. Entre ce que l'on fait et le fait d'en être conscient il y a parfois une immense différence et même une véritable contradiction.

Le champ de la conscience est théoriquement sans limites car il peut sans cesse s'élargir par l'acquisition de nouveaux éléments, issus de l'inépuisable réservoir que représente l'inconscient. On se trouve dans une curieuse situation : un vrai conscient et un conscient dominé par l'inconscience cohabitent. Pour C.G. Jung, par de problème car il pense qu'il n'y a pas de contenu conscient dont on puisse dire avec certitude qu'on en a une conscience totale. En effet, cela supposerait une impensable totalité de conscience qui, elle même nécessiterait une perfection de l'esprit humain qu'on ne peut se représenter davantage. C'est un rêve et un but.  

Je livre à vos méditations du soir ces deux belles citation de C.G.Jung, la première extraite de "l'Homme à la découverte de son âme" et la seconde de "Symbolique de l'esprit":

"Quand nous nous demandons ce que peut bien être la nature de la conscience, le fait, merveille d'entre les merveilles, qui nous impressionne le plus profondément, c'est que, un événement venant à se produire dans le cosmos, il s'en crée simultanément une image en nous où, en quelque sorte, il se déroule parallèlement, devenant ainsi conscient."

"En effet, notre conscience ne se crée pas d'elle même, elle émane de profondeurs inconnues. Dans l'enfance, elle s'éveille graduellement et, tout au long de la vie, elle s'éveille le matin, sort des profondeurs du sommeil, d'un état d'inconscience. Elle est comme un enfant qui naît quotidiennement du sein maternel de l'inconscient. "