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08/11/2007

Un pont entre l'esprit et la matière

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   J'éprouve, comme C.G.JUNG,  une certaine méfiance envers les philosophes et leurs théories mais aussi un vif intérêt pour les physiciens qui réfléchissent à des problèmes que l'on pourrait qualifier de métaphysiques, pour ne pas employer le mot mystique parfois un peu galvaudé. F. David PEAT, un physicien anglais, spécialiste de la mécanique quantique, admirateur des théories de Jung sur la synchronicité, et collaborateur de David BOHM, a écrit un livre que j'ai lu et relu il y a quelques années et dont je voudrais vous citer quelques passages. L'ouvrage s'intitule : Synchronicité. Le pont entre l'esprit et la matière.

    David Peat se fait l'écho de la recherche par certains physiciens d'un principe unifiant.  Il nous fait voyager avec W. Pauli, I. Prigogine, D.Bohm, J. Wheeler, R.Sheldrake et naturellement Jung. Je ne peux, pour vous donner une idée de cet ouvrage passionnant et d'une lecture relativement facile que vous proposer quelques extraits. Les caractères gras sont un ajout de ma part et je crains que, hors de leur contexte, les mots perdent de leur sens mais tant pis, j'ai trop envie de partager cela avec vous.

     "L'image suggérée par les mathématiques non linéaires est une image où l'univers apparaît comme une totalité une et indivise, et où ses structures existent en fonction d'un arrière plan plus large. Manifestement, cette image n'est pas loin de celle qui s'applique à la synchronicité. Par ailleurs, cette approche peut éventuellement intégrer l'esprit, puisque la conscience elle aussi peut être considérée comme provenant d'un plan plus profond, commun à la fois à l'esprit et à la matière. En ce sens, donc, on peut voir les modèles déployés de l'esprit et de la matière, qui sont observés lors d'un événement de synchronicité, comme émergeant d'un principe unique." 

Comme il a été question de synchronicité (dont je vous ai déjà parlé) je vous propose ce qu'en écrit D.Peat :

   "C.G.Jung a défini la synchronicité comme " la coïncidence dans le temps de deux ou plusieurs événements sans relation causale et ayant le même contenu significatif". Ce qu'il insinue est clair : certains événements dans l'univers se rassemblent dans des structures de signification, sans avoir recours au phénomène normal de cause-à-effet de la causalité. ces phénomènes synchronistiques doivent donc transcender les lois normales de la science, car ils sont l'expression de mouvements bien plus profonds, qui prennent naissance dans les fondements de l'univers et incluent d'une façon inséparable, à la fois la matière et la signification. " 

J'ajoute à cette définition un passage qui me plaît car j'aime ceux qui pensent que les idées peuvent être plurielles, éventuellement contradictoires,  et remises en question pour donner vie à d'autre idées :

   "Toutes ces idées sont plus ou moins spéculatives et pourraient  être développées dans de nombreuses directions. En résumé, on peut les voir comme une illustration décrivant comment l'esprit et la matière s'interpénètrent l'un l'autre à tous les niveaux de la nature. Elles montrent qu'il est possible d'imaginer un univers où le physique et le psychologique ne seraient plus séparés, et où la synchronicité serait complémentaire de la causalité ".

Dans la dernière partie du livre D.Peat évoque l'idée d'une source créatrice de la totalité qu'il appelle " l'origine sans nom " et dont on ne pourrait enfermer l'essence en pensée ou en mots :

   "Si cette source est vraiment l'origine créatrice de tout le réel, alors comment est-il possible d'en parler ou bien même d'y penser ? Etant complètement inconditionnée et éternellement créatrice, elle devrait en effet se trouver en dehors de notre champ d'expérience. Pourtant les anciens affirmaient que " l'homme est la mesure de toute chose ". Et l'on interprétait cela, dans les traditions mystiques, en disant que " l'homme " est le microcosme dans lequel se reflète tout l'univers. De façon analogue, l'idée d'un ordre impliqué-involué suppose que le tout de la réalité est plié en chaque individu. Ainsi, le microcosme pourrait se présenter comme une succession de correspondances de tout l'univers, qui incluerait et irait encore plus loin que la conscience et la matière. Involué en chacun de nous se trouverait un principe implicite, qui serait entretenu par le flot éternel qui monte de la source sans nom de la créativité.  

  Je vais rêver à cette source sans nom, j'espère que vous aussi.

        Ariaga.

  
 

 

Commentaires

"... Je vais rêver à cette source sans nom..."
Alors "bon voyage" Ariaga :-)

Sylvie.

Écrit par : Sylvie Dupont | 08/11/2007

"J'ajoute à cette définition un passage qui me plaît car j'aime ceux qui pensent que les idées peuvent être plurielles, éventuellement contradictoires, et remises en question pour donner vie à d'autre idées"

Comme il va être difficile de faire comprendre cela.

Les apparences sont contre nous, nous qui pensons l'expression de notre réalité de la sorte : les apparences étant la réalité exprimée, il est logique que cela aille en l'encontre du cheminement originel, parce que notre dure réalité ne peut que s'opposer, physiquement, donc rationnellement, à l'irrationnalité conceptrice et immatérielle par essence.

Ce texte que tu nous offre résume à lui seul la traduction du substrat que nous sommes : il n'explique pas, il nous implique.

Écrit par : paradox | 09/11/2007

Ariaga...tu es une pure intellectuelle ...ce que je ne suis pas - j'ai lu ton texte avec l'application d'une enfant de 6 ans pour en comprendre le plus que je pouvais . J'en retiens ce que je pense avoir compris parce que je le pense : l'être humain est un condensé du cosmos agi par une Pensée Unique , Invisible ,Absolue ,Eternelle ,Resplendissante et vers laquelle il progresse EN TANT QUE poussière cosmique intelligente . J'ai pensé aussi en te lisant à la fameuse Théorie des cordes , ce mystère absolu ,un défi à toutes nos connaissances actuelles ...mais l'Avenir y répondra peut-être . Amitié admirative.

Écrit par : La bernache | 09/11/2007

Mystère .... nous avons encore beaucoup à apprendre, nous sommes des éléments de l'univers et nous formons avec les autres éléments un tout bien synchronisé. Bon week end Ariaga.

Écrit par : elisabeth | 09/11/2007

Ah ! La Physique Quantique, quel merveilleux voyage dans le Mystère des Mystères ; Le voyage au plus intime de l'Alchimie de l'Inconnaissable....

Un petit texte de Fritjof Capra ... à découvrir dans "Le Tao de La Physique"...

« J'étais assis un soir au bord de l'océan un soir d'été, regardant déferler les vagues et sentant le rythme de ma respiration, lorsque je pris soudain conscience de tout mon environnement comme étant engagé dans une gigantesque danse cosmique.
Etant physicien, je savais que le sable, les roches, l'eau et l'air autour de moi était composés de molécules vibrantes et d'atomes, consistant en particules qui en créent et en détruisent d'autres par interactions. Je savais aussi que l'atmosphère de la Terre était continuellement bombardée par des pluies de rayons cosmiques, particules de haute énergie subissant de multiples collisions lorsqu'elles pénètrent dans l'air. Tout cela m'était familier de par ma recherche en physique des hautes énergies, mais jusque là, je l'avais seulement expérimenté à travers des graphes, des diagrammes, et des théories mathématiques. Tandis que je me tenais sur la plage, mes expériences théoriques passées devinrent vivantes. Je vis des cascades d'énergie descendre de l'espace au sein desquelles les particules étaient créées et détruites selon des pulsations rythmiques. Je vis les atomes des éléments et ceux de mon corps participer à cette danse cosmique de l'énergie. J'en sentais les rythmes et j'en entendais les sons, et à ce moment précis, je sus que c'était la danse de Shiva, le seigneur de la danse adoré par les hindous. »

Et un grand Merci pour ce petit saut... quantique... j'adore ...

Je t'embrasse

Écrit par : Muttifree | 09/11/2007

Et j' entends couler en mes veines le chant des sphères, et je vois résonner en ma tête les racines des arbres ... Au rythme des saisons s' éloignent et reviennent les pensées du monde ... L' homme développe l' organe du "Penser" ( différent de l' idées de pensées anarchiques ) et se responsabilise à la liberté ... Il joue et se joue des retournements intérieurs et ouvre l' espace des interprétation, s' ouvre à l' inconnu et approche paradoxalement des hiérarchies en un nouveau mode de rencontre ... conscient , libre, léger et profond ... Les formes nouvelles sont à trouver, le vocabulaire désuet à enrichir ... Je me plais à imaginer l' homme de demain en nouvelle initiation consentie et dont il serait l' acteur consentant et pleinement responsable, ouvert, léger à la démesure de sa profondeur ... Le chemin est encore long, les obstacles sérieux et tenaces mais l' espoir sourit aux ailes des papillons et la danse des sphères est patiente, généreuse, et constante, comme un livre ouvert dont nous avons le loisir de tourner les pages ... Alors, j' humecte mon doigt à la sève de la vie et je souris à demain ...

Écrit par : Kaïkan | 10/11/2007

Saint Augustin a dit :
"Qu'est-ce que le temps ? Si personne ne me le demande , je le sais; mais que je veuille l'expliquer à la demande je ne le sais pas !
C'est tout à fait mon cas ! et pas seulement pour le temps !
Merci pour tes passages chez moi . Bon dimanche . Poutous .

Écrit par : Lhuna/Angélique | 10/11/2007

@ Sylvie Dupont, merci de ta visite. J'ai trouve sur ton blog un article sur la synchronicité dont je conseille vivement la lecture.

@ Paradox, il est certain que la goutte d'eau que nous sommes dans l'océan de la totalité ne peut comprendre l'océan mais elle est quand même cet océan, du moins c'est comme cela que je le "ressens" sans pouvoir l'expliquer. Simplement, comme le disait Jung, pour certains les "cloisons" sont moins épaisses.

@ la Bernache, le qualificatif de "pure intellectuelle" que j'ai répété à mon entourage a provoqué des crises d'hilarité. En tous cas, tes efforts ont été récompensés car je trouve que tu as superbement tiré la substance.de ce texte dont je te rappelle qu'il est surtout composé de citations. C'est vrai que la théorie des cordes est fascinante.

@ Elisabeth, merci de ta fidélité et de venir lire mes textes même quand ils sont un peu ennuyeux. C'est d'autant plus gentil qu'en ce moment je n'ai pas beaucoup de temps pour voyager vers mes liens.

Écrit par : ariaga | 10/11/2007

Ônajor a écrit :
Nous allons bientôt goudronner nos routes de microprocesseurs qui prendront en main notre véhicule comme notre ego prend en main toutes les facettes de la vie nous obligeant à le suivre. Mais dans cette construction l'amour est complètement absent car dans l'amour il n'y a pas de cloisonnement, de route à sens unique, de panneaux d'interdictions, de policier pour sanctionner; un sens de la vie aujourd'hui : aimer sans étiquettes, sans codes barres, sans fragmentation.

Utopique Ônajor ?

Bien sur, comme tous les êtres humains qui croient toujours en l'humanité et non seulement à l'intelligence de l'être humain dans son parcours individuel.

Marie

Écrit par : marie | 11/11/2007

@ Muttifree, je suis heureuse que tu proposes ce texte du Tao de la physique qui est en bonne place dans ma bibliothèque et que j'ai beaucoup apprécié il y a quelques années. Pour moi, c'est de la poésie quantique avec une base qui s'enracine dans l'univers.

@ Kaïkan, tu es une grande poétesse, je n'oublierai pas ton doigt qui s'humecte à la sève de la vie et le chant des sphères qui coule dans tes veines.

Écrit par : ariaga | 11/11/2007

@ Lhuna /Angélique, ta citation de Saint Augustin, me va tout à fait, je te l'emprunte...

@ Marie, pour moi, l'Amour, humain ou comme moteur des forces de la nature, ou comme étant une émanation du divin (le tout étant une fragmentation de la totalité) est le noyau central de toute signification, je ne peux donc qu'apprécier ton commentaire. Merci à toi.

Écrit par : ariaga | 12/11/2007

je suis cette mouette sur ce piton de bois , les ailes repliées, le bec fondu à l'azur mon corps en oeil veille à la brume océane
je tourne le dos au pont barrage qui pourrait permettre la traversée des deux rives
mes ailes en châle hors de l'indigo lontain ne s'ouvriraient que sur les neigées d'amour

Écrit par : lam | 13/11/2007