UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

« Suite sur les commentaires du blog | Page d'accueil | Le rêve du yogi de C. G. JUNG »

24/04/2009

Le Déluge des alchimistes

après le déluge.jpg

Il est écrit dans la Bible au chapitre VII de la Genèse :(ed. La pléiade)

"...En ce jour là, se fendirent toutes les fontaines du grand Abîme et s'ouvrirent les écluses des cieux. Il y eut averse sur la terre quarante jours et quarante nuits...les eaux grandirent beaucoup, beaucoup, au dessus de la terre et toutes les hautes montagnes qui existent sous les cieux furent recouvertes. ...alors expira toute chair qui remue sur la terre : oiseaux, bestiaux, animaux, toute la pullation qui pullulait sur la terre, ainsi que tous les hommes. Tout ce qui avait en ses narines une haleine d'esprit de vie, parmi tout ce qui existait sur la terre ferme, tout mourut. Ainsi furent supprimés tous les êtres qui se trouvaient à la surface du sol...il ne resta que Noé et ceux qui étaient avec lui dans l'arche. Et les eaux grandirent au dessus de la terre durant cent cinquante jours. "

N'oublions pas que Noé avait, et c'est ainsi que la destruction contenait les germes de la génération, conservé un mâle et une femelle de chaque espèce.

Le début terrible de l'Oeuvre , l'obtention de l'état liquide du matériau grâce à un dissolvant universel nommé Mercure Philosophal, est souvent comparé par les alchimistes au Déluge de la Bible. Les illustrations (Barchusen p.x.) montrent une mer paisible qui, une fois le commandement divin proféré, envahit tout sur son passage. Psychologiquement, en particulier pour C.G.Jung, cela symbolise le surgissement de l'inconscient dans la sphère du conscient et cela se traduit par un déluge de fantasmes et d'images qui ne font pas partie de la re-présentation du déjà connu, déja vu. Mais, même si le Déluge semble tout recouvrir, dans la représentation alchimique une île demeure, et cette île contient un trèsor. Ce trésor est l'amour et le paysage détrempé est alors illuminé par le soleil et  la lune, symbolisant le masculin et le féminin, dont dont la conjonction amoureuse met fin au déluge.

Le bouleversement des débuts du travail de l'alchimiste peut aussi être représenté par un déluge de feu ou une inondation cosmique. J'ai en mémoire une illustration montrant le  "lait de la vierge". Il s'agit d'une poussière d'étoiles, une "voie lactée" jaillissant du sein opulent d'une femme et inondant la terre. Une image fascinante. Je pense aussi à celle, à mes yeux assez repoussante, du Serpent Mercurial, une espèce de dragon qui crache des vapeurs vénéneuses dont les ravages sont à l'origine d'une possible matière première des débuts de l'Oeuvre ; et tant d'autres représentations surprenantes, attirantes ou effrayantes.

Comment voulez vous, amis lecteurs, que je ne sois par emportée par une émotion poétique, quand mon ami intérieur qui parle à l'oreille de mon coeur, le Vieil Alchimiste, feuillette devant les yeux de mes rêveries tant d'images surprenantes dont le sens profond à traversé les siècles.

Ariaga

 

Commentaires

Sans doute n'est-ce pas un hasard si par ce gros temps d'aujourd'hui s'expriment sur les écrans de cinéma des envie de déluge, de destruction et de fin du monde.
Il faut croire qu'au fond de l'humanité le désir de renaître comme le Sphinx de sa propre consumation presse et cogne avec une belle insistance.

Content d'avoir été le premier sur ce billet

Écrit par : jean | 24/04/2009

L'arche de Noé serait située sur le mont Ararat en Turquie de l'est si mes souvenirs sont bons ?
Bonne soirée Ariaga

Écrit par : danae | 24/04/2009

Sourire Ariaga, les poussières d'étoiles sont à l'origine de toute chose sur Terre, y compris nous. Nous sommes issus des chaudrons stellaires dans une alchimie bien complexe. De leur mort nous sommes créés, de leurs vies nous perdurons... comme de simples poussières dans le vaste Univers. Science et poètique ne sont pas éloignées l'une de l'autre. J'aime bien ton ressenti émotif sur cette alchimie. Bises dans l'éther vers toi.

Écrit par : lechantdupain | 24/04/2009

pour Danae : le mont Ararat est en Arménie
Ce serait bien si on pouvait "effacer", que ce soit dans un déluge ou dans le feu, tout ce qui n'est pas "bon" et tout recommencer, mais la plupart du temps, on est plutôt obligés de continuer tant bien que mal.
D'ailleurs, j'aime beaucoup ces mots que Marie d'Agoult avait écrit au compositeur Franz Liszt (dont elle eut des enfants)
" Notre vie, c'est la Tour de Pise; nous la commençons avec audace et certitude, nous la voulons droite et haute; mais tout à coup, le terrain sur lequel nous bâtissons vient à s'effondrer. Notre volonté fait défaut, nous croyons que tout est perdu. Souvenons nous alors de Bonano Pisano; imitons-le; étayons d'abord notre âme, puis faisons la part de nos fautes. Mais continuons, continuons; ne craignons pas la peine; achevons notre vie penchée, et qu'on puisse au moins douter, en nous jugeant, s'il n'eut pas mieux valu qu'il en fût ainsi, et si une perfection plus complète n'eût pas été, peut être, moins considérable"
Bon week end, Ariaga

Écrit par : ambre | 24/04/2009

J'aime ce texte qui me parle "en profondeur" (sourire)
Merci et bonne soirée.

Écrit par : michelgonnet | 24/04/2009

Merci Ariaga pour ce texte sur le déluge et l'Arche de Noé. J'ai envie depuis longtemps (toujours ? Depuis l'enfance, c'est sur) de raconter cette belle histoire, je l'ai évoquée dans un spectacle ce mois-ci, avec bateau en carton et animaux de plastique, images qui ont parlé à tout le monde (âges et cultures confondus) et j'y reviendrais, en paroles, certainement. Merci aussi à Ambre pour le texte sur la tour de Pise, qui me parle si bien.

Écrit par : la Mère Castor | 25/04/2009

Et puis, en juxtaposition montent nos propres images .
L'apocalypse du nouveau à laisser émerger rejoint le récit des or - igines ... Début et fin en danse réciproque, réciproquée ... Ni début ni fin ... juste un cheminement ... une épopée à fleur de vie, à pan d'étoiles et l'Amour qui sourit aux bouches édentées ... Cheminer et aimer ... Contempler et creuser ... Trans - muter en éternels retournements ...

Écrit par : Kaïkan | 25/04/2009

---> Bonjour très chère,

Noyé dans le silence, je vogue heureux sur un océan de paix pour échapper au déluge assourdissant des voix emportées par les soucis qui crient sur l'étendue de la vie...

Bien tendrement, Jack qui t'envoie un sourire d'amitié.

Écrit par : © Jack MAUDELAIRE | 25/04/2009

Et puis
mêlant alors mes forces aux puissances de Mars
dont l'habit rouge bouillonnait telle crue
j'ai extrait lentement de cette argile souple
les vertus sculptées dans le 12ème arcane
(mon bras gauche avait déjà goût de soufre).

Écrit par : Mû | 25/04/2009

@ Jean poète, le désir de destruction est en chacun de nous. N'as tu pas remarque notre tendance à recommencer nos erreurs, à reprendre des schémas que nous savons mauvais. Comme si nous voulions nous calciner. J'aime ta comparaison avec le sphinx, je m'y projette...

Écrit par : ariaga | 25/04/2009

coucou je suis de retour !!! je lis ton texte et ne peut m'empêcher de penser aux calendriers mayas qui auraient prévus en 2012 l'inversion des champs magnétiques de la terre à quoi devons nous nous attendre !!!! à lire sur les messagers du temps http://lesmessagersdutemps.com/part8.html !!!! bisous phil

Écrit par : le baladin | 25/04/2009

Que de choses enfouies en nous, qui ressurgissent dans l'écriture des autres. En tout cas nous avons eu notre part de déluge en vrai au début du mois et cela reviendra toute la vie...
L'arche de Noé, s'il n'avait pas été inventé, quelqu'un l'aurait fait. J'en suis certaine. Bon week end.

Écrit par : elisabeth | 25/04/2009

Hou la la, c'est pas récent tout ça...
qu'est-ce que tu écris bien Ariaga, faudrait faire lire ce texte à Noé, je pense qu'il serait content, non ?
ps : le mont Arara, c'est pas en Turquie ?
j'te bise et te souhaite un bon week end...

Écrit par : le Pierrot | 25/04/2009

@ Danae, je ne me suis jamais intéressée au lieu où se situeraient des vestiges de l'arche de Noé. Pour moi la Bible à une valeur symbolique et le symbole vivant, celui qui est créateur, doit laisser libre cours à l'imagination.

Écrit par : ariaga | 25/04/2009

@Lechantdupain, moi aussi j'aime ton ressenti et je rêve d'être une poussière d'étoile. Pour ce qui est de l'emplacement de l'arche j'ai sonné mon avis à Danae.

Écrit par : ariaga | 25/04/2009

@ Ambre, merci pour cette citation qui demande à être lue et relue. C'est une vraie leçon de vie.

Écrit par : ariaga | 25/04/2009

Le dé-luge! Comment à partir d'un dé, fabriquer une luge ?
Question d'alchimiste!
Bonne fin de semaine sans déluge!

Écrit par : too banal | 25/04/2009

Il me semble que j'écris beaucoup à propos de cette répétition compulsive mais j'écris aussi à propos de la dualité destruction / création depuis que j'ai compris, enfin, que l'un n'allait pas sans l'autre. Mais je me demande si une certaine forme de destruction n'a pas besoin de la foi en la résurrection / création pour être réalisée.
C'est ma pensée du Dimanche matin.

Écrit par : jean | 26/04/2009

Je remarque la proximité temporelle de ce message avec celui de mon autre "blog ami", sur "Le rêve, aujourd'hui" :
http://etienneperrot.blogspot.com/
Le Déluge en hébreu, c'est "maboul", un mot de valeur 78, comme
- HaLaM, rêver
- MeLeH, le sel
- LeHeM, le pain...
Tout un programme alchimique...

Écrit par : rémi | 27/04/2009

Le Déluge.... pour moi un des plus beaux mythes du monde, que je rêve d'illustrer, car il est au cœur des pensées des religions, Mésopotamie, Judaïsme, Grèce, et de multiples autres parties du Globe, interprété par tous comme la pénitence de l'orgueil des Hommes.... Scientifiquement, ils sont "punis" par la déglaciation suivant la fin de la dernière phase du Würm, et dans "l'Univers" entier de ces préhistoriques, par une hausse incroyablement rapide du niveau des eaux, à côté de laquelle celle provoquée par le réchauffement actuel est un épiphénomène. La Mer Noire se remplissant en quelques mois... avec une montée des eaux de plus d'un mètre par jour, l'essentiel du Golfe Persique submergé comme la Manche, et des pluies qui ont paru "diluviennes" par rapport aux
climats plus secs qui régnaient auparavant, nos ancêtres démunis ont vécu un cataclysme incompréhensible, accompagné par l'invasion des forêts et la disparition de leur gibier traditionnel. Ils ont dû s'adapter de manière drastique, sont passés du Paléolithique à l'Épipaléolithique puis au Mésolithique, se contentant parfois de tout petits gibiers, d'escargots ou de coquillages, avant de passer à l'agriculture du Néolithique... à l'explosion (toute relative... mais au moins X par 100) de la population mondiale...et aux premières catastrophes écologiques comme l'érosion dramatique des sols des plateaux d'Ardèche. Et ce n'est qu'une évocation des zones les plus connues de notre "culture".
De ceci les religions ont fait des mythes, très semblables parfois, car les hommes répondent par des "histoires" à l'incompréhensible.... et tissent ainsi le fond de nos croyances, souvent superbe et magique, oubliant que ce n'est pas "Dieu" qui a inventé l'Homme, mais l'Homme qui a inventé (les) Dieu(x). Mais ceci est une autre histoire.... et le dualisme nature culture n'est pas prêt d'être résolu...

Écrit par : éphême | 27/04/2009

Hou la la, je ne suis plus là...dur dur tes notes Ariaga...
je suis plus dans mes songes, moi...
bise et bonne fin d'après midi...
ps : je te ferai coucou un de ces jours, j'ai changé de mail, t'affole pas...

Écrit par : le Pierrot | 27/04/2009

@ Michel Gonnet tu me donnes envie d'aller chercher la profondeur dans les drapés de tes photos.

Écrit par : ariaga | 27/04/2009

@ la Mère Castor, tu sais je crois que nous avons tous un déluge en nous. C'est peut-être lui qui déborde quand nous pleurons.

Écrit par : ariaga | 27/04/2009

@ Kaïkan , dans le creuset de tes mots si poétiques jetés comme des fleurs insensées je trouve toujours de l'Or.

Écrit par : ariaga | 27/04/2009

@ le Pierrot, tu me souffles le chaud et le froid, je vais attraper un rhume. Tu me dis que j'écris bien, qu e Noé serait content et puis que c'est trop difficile. Snif! snif! hooou, hooou.....

Écrit par : ariaga | 27/04/2009

Quelle heureuse surprise ce blog passionnant trouvé par un détour chez Florizel…

Les eaux du Déluge devaient bien être chargées de tout: créatures, végétaux, minéraux… emportés dans la phénoménale marée montante… avec Noe voguant malgré tout dessus, à bord de son arche pleine qui devait sacrément tanguer… c'est quand meme une jolie métaphore de notre éphémère présence sur terre… à peine au dessus de tant de puissants courants souterrains…

merci pour cette évocation…

Écrit par : venezia | 27/04/2009

tu as l'alchimie du verbe...
j'ai mis ton lien dans mon blog..
besos
tilk

Écrit par : tilk | 27/04/2009

... et lorsque sous les eaux, toute la gente psychologique et la gente psychique sont noyées... surgit une Nouvelle Terre.... et sur cette terre, ne plane plus que l'Esprit...

Coucou de voyage... à bientôt...

Écrit par : Muttifree | 28/04/2009

Le Déluge n'est peut-être pas un mythe mais une réalité...toutes les civilisations anciennes en parlent. Il y a aussi L'Atlantide et Mu...deux civilisations qui ont disparu par l'action des hommes...et à chaque fois, on repart de zéro...les quelques survivants recommencent et on a sans doute pas fini de recommencer encore et toujours...en tout cas notre civilisation est conçue pour aller à sa perte...en 2012 ?

Écrit par : Guern' de Bé | 28/04/2009

@ Jack Maudelaire, je suis certaine que ce déluge de paroles tu sais le contenir, le transformer et en faire des moments de poésie.

Écrit par : ariaga | 28/04/2009

@ Mû, je te remercie pour cette poésie, si originale et si forte, qui plonge dans les arcanes.

Écrit par : ariaga | 28/04/2009

@ éphême, merci pour ce passionnant petit article touchant à l'histoire, à la mythologie, à la géographie et à la réflexion philosophique avec une pointe de poésie lyrique. Décidément les commentaires sont, autant que les notes, des moyens de s'instruire.

Écrit par : ariaga | 28/04/2009

@ Le baladin, j'ai suivi ton conseil et je suis allée visiter les messagers du temps. J'y ai trouvé des textes très intéressants et précieux pour celui qui cherche a se cultiver. Merci.

Écrit par : ariaga | 28/04/2009

@ Too banal, avec beaucoup, beaucoup d'imagination. Je suis certaine qu'avec de la patience tu y arriveras !

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Jean, je te réponds aujourd'hui sur un commentaire de Dimanche mais il faut dire que tes commentaires incitent souvent à une longue réflexion...et aussi que j'ai toujours du mal à répondre tout de suite aux commentaires ce qui fait que ceux sur la note suivante arrivent avant épuisement de la précédente. Je suis devant une aporie car je pense qu'il n'y a pas de réponse, c'est personnel. Cette foi est un cadeau que nous recevons ou non. On peut vivre sans, en se fiant à la recherche et à l'intuition, mais c'est plus difficile. Jung disait: "je sais", peu peuvent le dire.

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Elisabeth, si je peux contribuer à des émergences de souvenirs j'en suis heureuse. Je me demande si notre arche, flottant sur l'Océan de l'inconscient, n'est pas le Moi.

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Rémi, merci pour la cabale. je suis allée admeirer sur ton blog un joli phénomène de synchronicité. les mânes de Jung en frémissaient d'aise...

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Venezia, et moi je suis allée me perdre dans la masse crémeuse de tes préparations qui respirent l'amour. Il y a de l'alchimie là dedans...

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Tilk , tu es flatteur,pour le lien j'en ai noué l'autre bout.

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Guern'de Bé, d'accord avec toi, les mythes sont une manière symbolique de transformer des faits inscrits dans la mémoire collective. Pour ce qui est des dates je ne m'y risque jamais, le temps est, pour moi, une donnée assez fluctuante...

Écrit par : ariaga | 29/04/2009

@ Mutti, je ne sais pas pourquoi, peut être le saurien qui s'agite en moi, mais cette nouvelle terre où ne planerait plus que l'esprit, je la ressens incomplète.

Écrit par : ariaga | 30/04/2009

Je viens de lire tes mots chez moi. Ce mot alchimie me suit depuis longtemps, je pense que je ne suis pas la seule..Et cela devient sublime petit à petit, de bruler ses scories, se polir au fil des jours...Je change nom, je suis chimère, je suis autre...et tout en même temps...univers...

Écrit par : La chimère | 14/05/2009

C'est vrai que tout change et que nous avançons par destructions et reconstructions. Même ton blog change, il me semble que ce n'est pas sur ce blog là que j'avais laissé un message, je tombe sur céline, une de tes représentations je pense et je cherche la Chimère, l'autre...

Écrit par : ariaga | 15/05/2009

Tu peux venir par les chemins que tu veux.

Écrit par : La chimère | 15/05/2009

bonjour ariaga je viens te visiter puisque nous voyagons de concert sur le blog de danae pour ce voyage merveilleux vers mars
nous sommes comme ses animaux et noé, nous attendons que le déluge des images et des écrits s'arrêtent pour retourner sur cette bonne vieille terre.
très beau blog ou le mot amour se retrouve
bon dimanche

Écrit par : peintrefiguratif | 31/05/2009