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22/08/2009

La mer est la fin du voyage


Ariaga devant la mer_3.jpg

Regardez cette femme, photographiée alors qu'elle tourne le dos, par une amie captatrice d'images.  Elle paraît toute petite devant le sable, la mer et le ciel. Un vent libérateur souffle dans ses cheveux et son ombre semble vouloir se glisser vers la plage humide pour se rafraîchir. Cette femme c'est moi, Ariaga. Regardez, je porte un sac à dos et c'est de ce sac dont je veux vous parler.

C'est un sac très lourd, lourd comme le plomb, lourd comme l'or. Il est plein de paroles refoulées, de peines indicibles, de gestes sans cesse répétés qui n'arrivent pas à empêcher la fuite du corps et de l'esprit de l'amour d'une vie. De livres aussi, de trop de livres. De mots qu perdent leur sens car ils ne sont que pensée. Il fut un temps où ce sac était léger car il contenait surtout des fleurs et des baisers. Je ne l'ai pas vu s'alourdir mais là devant la mer je sais ce que je dois faire. Je dois poser ce sac dont les bretelles me scient le dos. Je dois marcher vers cette mer et m'y plonger pour y  être transmutée dans ses gouttes maternelles. Cela va prendre un peu de temps mais , ensuite, régénèrée, je reprendrai le sac qui me semblera moins lourd car j'aurai repris des forces. Excusez moi, amis, si je suis silencieuse, j'ai posé sac à terre...

Ariaga

 

 

12/08/2009

Oiseau mythique prisonnier

 

oiseau mythique à la foire.jpg

Allongée sur le banc de l'amour, pour faire de beaux rêves j'avais posé ma tête sur un livre oreiller. Le Voyage des oiseaux d'Athar Hassan Massoudy. Portée par les ailes de ses calligraphies, je volais dans mes songes à la recherche du Simorg, l'oiseau mythologique de la tradition persane. Et puis dans un grand bruit de ferraille et de cris le rêve est devenu cauchemar.

Ils m'ont enveloppée dans des bâches jetée dans un camion, enfermée dans une cage. Ils ont dit que j'étais un oiseau mythique, une espèce de phènix, ou de griffon, ou de je ne sais quoi, et que ma forme humaine n'était qu'une illusion. Moi qui était venue sur le banc de l'amour du cercle des voyageurs de l'imaginaire pour jouir de la liberté d'être, je suis maintenant prisonnière et l'on m'exhibe comme une antique curiosité. Je n'existe plus, je suis devenue un mythe au corps d'oiseau et pétrifiée dans cette apparence mensongère j'aspire à un miroir qui renverrait ma forme véritable. En attendant, je voyage à travers les pays, une attraction internationale comme ils disent. Les curieux se pressent pour me regarder et moi, j'espère qu'un jour, au hasard d'une ville, un ami voyageur me reconnaîtra...

Ariaga

02/08/2009

Ariaga va dormir sur le banc bleu

 

Banc bleu de méditation.jpg

Les neurones d'Ariaga sont réduits à un nombre que l'on pourrait compter sur les doigts d'une main. Le physique ne vaut guère mieux. Des barbares ont envahi sa maison. L'athanor s'est éteint faute d'une alimentation convenable. Le sommeil devient une de ces histoires que l'on raconte dans les livres mais qui n'ont aucune existence réelle. Alors, pour pouvoir à nouveau rêver et méditer elle va pendant quelques temps se coucher sur le banc bleu et dormir, dormir ...  Le train de plaisir des vacances imaginaires ne s'arrête pas, tous ceux qui ont envie de le prendre y sont invités mais je dois prendre du repos. Vous avez une preuve de la gravité de mon état, je parle de moi à la troisième personne ! je crois que je me suis un peu perdue de vue.

Je vous embrasse tous amis du banc, connus et inconnus, et je me réveillerai le plus tôt possible.

Ariaga