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05/05/2007
La rencontre du cube et de la sphère
Conte pour NeD
Je m'en vais aujourd'hui vous raconter l'histoire
tellement improbable qu'on a peine à y croire
de la rencontre inouïe dans la belle nature
d'une sphère et d'un cube.
LUI
Anguleux, solitaire, taillé dans un bois dur
il se tenait très raide et montrait plein d'orgueil
sa face la plus noire.
ELLE
Pétrie dans de l'argile toute en courbes avenantes
souriante et coquine
elle était revêtue en ce jour de printemps
d'une ligne spirale du plus joli effet
et de quelques brins d'herbe.
La sphère était curieuse, pour ne pas dire plus
devant la forme étrange de ce cube si sombre
et carrément hostile
Mais...pas repoussant
qui sentait si bon le bois exotique.
Pleine d'impudeur jouant des rondeurs
elle vint se blottir contre sa noirceur.
EUX
Elle en devint rouge et le salua
d'un frottis frotta
comme en apparence il restait de bois
elle tourna vers lui ses spirales jolies
au centre coquin.
Et alors
il eut beau raidir contre la courbure
toute sa structure aux angles si nets
son bois se fendit profond jusqu'au coeur
où il accueillit toute la rondeur
de la belle sphère.
Et c'est ainsi que fut résolu le problème de la quadrature du cercle.
Ariaga
12:50 Publié dans amour, poésie | Lien permanent | Commentaires (20) | Tags : écriture, poésie, conte, mathématiques, amour, photo
03/05/2007
Hymne à l'esprit de la Nature
Tous les alchimistes d'orientation philosophique ont louée et magnifiée la Nature, parfois avec un sentiment de crainte devant ses forces obscures. Mais, ils ne pouvaient que la considérer avec respect car elle était, pour eux, toute imprégnée d'une essence divine, cet or qu'ils espéraient trouver par d'incessantes distillations. En attendant ils éprouvaient envers les deux natures, la matérielle et la divine, un sentiment "religieux" et leur but n'était pas de les séparer mais de réunir ce qui était en haut à ce qui était en bas, selon le principe de similitude de la Table d'Emeraude : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, à la fin de réaliser le miracle de la chose unique...". Ce sentiment religieux de la Nature existait depuis l'antiquité, et selon Jung, (Dans Synchronicité et Paracelsica) son expression la plus belle se trouve au milieu d'un fatras de recettes magiques dans l'épigraphe secret du Grand Papyrus magique de Paris. (Ne me demandez pas l'origine exacte je l'ignore et tout renseignement sera le bienvenu). Moi aussi je trouve ce texte magnifique et je veux le partager avec vous.
Salut à toi, édifice entier du souffle et de l'air ; salut ! esprit, qui du ciel se répand sur la terre, et de la terre qui occupe l'espace médian de l'univers, s'étend jusqu'aux limites de l'abîme sans fond. Salut ! esprit qui pénètre en moi, qui adhère à moi et qui me quitte conformément à la volonté de Dieu dans sa bonté. Salut, commencement et fin de la nature immuable. Salut ! infatigable rotation des éléments. Salut ! serviteur de la lumière du soleil, lumière de l'univers. Salut ! cercle de la lune qui brille d'une lumière inégale et éclaire la nuit. Salut ! tous les souffles des esprits aériens. Salut à vous à qui est accordée la joie dans la louange, frères et soeurs, consacrés et consacrées. O grand édifice de l'univers, fermé sur lui-même, incompréhensible. Céleste habitant du ciel, subtil habitant de l'éther, de la nature de l'eau, de la terre, du feu, du vent, de la lumière, de l'obscurité, éclatant comme les astres, à la fois froid, humide et igné. Je te loue, ô Dieu des Dieux, ordonnateur du monde, conservateur de l'abîme sur le siège invisible de son assise. Esprit qui a séparé le ciel de la terre, a couvert le ciel de voiles d'or éternels et a fixé la terre sur des bases éternelles, qui a suspendu l'éther au plus haut des airs, qui a dispersé l'air en souffles qui se meuvent d'eux-mêmes, qui a disposé l'eau tout autour, qui dirige les ouragans, qui est tonnerre, éclair, pluie, qui ébranle, qui engendre la vie, Dieu des Eons, tu existes dans ta grandeur, souverain, divin maître de toutes choses.
J'aurais aimé, avec des frères et des soeurs louangeurs consacrés, écouter ce texte offert, d'une voix forte, au Dieu de la Nature, mais c'était il y a bien longtemps et si j'y étais je l'ai oublié. Et pourtant...il y a des échos qui résonnent en moi.
Ariaga
16:50 Publié dans Alchimie, Nature | Lien permanent | Commentaires (7) | Tags : écriture, nature, citation, alchimie, dieu, philosophie, Jung
02/05/2007
La loi de l'amour
Etienne PERROT, lié à C. G. JUNG, par la chaîne d'or de l'alchimie spirituelle, écrit dans son ouvrage Coran teint, un court chapitre qui s'intitule "la parole retrouvée". La recherche de la parole perdue est une quête que Perrot mène jusqu'à l'idée, le ressenti, d'un souffle, d'une émanation du principe spirituel de l'univers. Ce souffle, certains l'entendent comme un cri et le Coran teint est souvent un écho de ce cri. Mais le cri doit parfois devenir silence, confidence secrète de l'esprit qui parle à l'esprit. C'est le moment de la retraite et aussi de "communiquer la vie secrète à ceux qui ont entendu le cri pendant le temps de la manifestation". Perrot, choisit la forme poétique pour nous transmettre le secret, qui lui a été murmuré, de la loi de l'amour :
Je vous ai appelés et vous avez répondu.
Vous avez subi l'ébranlement de la voix,
aussitôt vous avez su
son exigence totale
et plus d'une fois vous l'avez accueillie dans la crainte.
Maintenant il faut venir là où je suis,
là où me tient Ce qui m'a saisi,
et cela ne peut advenir
que dans le lourd silence
de la marche à travers l'épaisse Ténèbre.
Nous ferons ensemble un pas après l'autre.
Nous ne nous préoccuperons pas de comprendre
la raison qui place cette étape après la précédente.
C'est assez de la vivre telle qu'elle est,
d'en voir défiler les images et les émotions en paix,
de savoir que ces images, ces émotions, anciennes peut-être et inquiétantes,
sont à mille lieues de la répétition stérile
et que le sens les transfigure :
quelle qu'en soit la nature, nous en sommes enrichis.
Ainsi peu importe
que la nuit s'étende au coeur du printemps.
Le printemps éternel est né dedans,
et les pousses qui y germent
sont mères de tant d'autres pousses.
Amour, universel agent,
feu aux couleurs multiformes,
voici sans crainte et sans réserve,
ceux à qui ta loi s'est imposée.
Et ta loi est toi-même, amour, amour, amour.
J'ai noirci certains passages pour partager avec vous mon cheminement, mes émotions, et tenter de vous les faire partager.
16:53 Publié dans amour, poésie | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : écriture, poésie, spiritualité, Perrot, Jung, amour, citation





