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21/12/2007

Incarnation divine

     "Avec l' Incarnation, l'image divine se transforme tout entière, car alors Dieu devient manifeste ; il apparaît sous les traits de l'homme, qui est conscient et donc contraint de poser des jugements de valeur. Il faut qu'il dise qu'une chose est bonne et une autre mauvaise. La tradition enseigne que le diable ne devint véritablement réel que lorsque apparut le Christ. "...
"En devenant homme, Dieu devint ainsi un être défini, qui est ceci et n'est pas cela. C'est pourquoi le Christ doit dès le commencement se séparer de son ombre et nommer celle-ci diable. "
 
             C. G. Jung
     Correspondance, III, p.199

 
 
   
 

19/12/2007

Métamorphose

 

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Il y a des moments,

moments de Nuit Obscure, 

macération putride, nigredo alchimique,

quand l'âme rampe aveugle

aux portes du blasphème.

 

Il y a des moments,

où dans la porcherie que devient une vie,

tel Job sur le fumier demandant à son Dieu

le pourquoi du comment

on assiste impuissant à la distillation

de ce corps tant aimé, de cette main si blanche,

où s'inscrivent chaque jour les taches de la mort.

 

Il y a des moments,

où l'attelage s'emballe avide de lumière

où l'on voudrait monter par de si hautes marches

que l'on perdrait enfin la mémoire de la terre.

 

Amis,

ce ne sont que moments,

brindilles et feuilles mortes de l'arbre de la Vie,

lente métamorphose.

 

La larve n'est pas belle, mais elle porte en elle

le somptueux papillon.  

 

       Ariaga
 

17/12/2007

Les pires catastrophes sont psychiques

   J'avais en projet pendant ma " pause " de relire la correspondance de Jung. C'était ambitieux et, pour l'instant j'ai décidé de me contenter des trois derniers volumes. C'est une mine inépuisable que ce soit sur le plan de la psychologie, de la philosophie et aussi de la sociologie. Je vous en proposerai un morceau de temps en temps et j'espère que cela vous fera mieux connaître cet homme qui se livrait moins dans ses oeuvres où il est parfois un peu " lourd ". Cela s'explique par son besoin de communiquer ses connaissances de la manière la plus " empirique" (c'est lui qui le dit) possible. 
  L'extrait de lettre que je vous propose de partager aujourd'hui est adressé (tome 3, p.187) à un écrivain américain qui lui avait proposé de créer un prix pour des activités non récompensées par le Nobel. Jung, alors âgé de 78 ans, propose de s'intéresser au bien être moral et spirituel de l'homme. 
 
 ...  "La paix de l'âme, l'équilibre intérieur de l'homme, voire sa santé dépendent pour une large part de facteurs moraux et spirituels qui ne peuvent être remplacés par des facteurs physiques. Si la santé mentale et le bonheur des individus dépendaient d'une alimentation correcte et d'autres conditions de vie extérieures, alors tous les gens vivant dans l'aisance devraient être heureux et bien portants, et tous les pauvres seraient déséquilibrés, physiquement malades et malheureux. Or ce n'est pas le cas. 
   Les grands dangers qui menacent la vie de millions d'hommes ne sont pas de nature physique, ils ne sont autres que la folie et les méthodes diaboliques qui provoquent des épidémies psychiques chez des masses sans défense sur ce plan-là. La pire des maladies ou la plus grande des catastrophes naturelles (tremblement de terre, raz de marée, épidémies) sont sans commune mesure avec le danger que l'homme peut  être aujourd'hui pour l'homme."... 
    
   C'est ce que pense Jung, j'aurais tendance à nuancer mais il me semble que c'est un bon sujet de réflexion, dans l'air du temps...
       Ariaga.