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11/02/2007

L'axiome de Marie la Prophétesse

Un devient deux, deux devient trois et du troisième vient l'Un comme quatrième.

 

    Appelée aussi , Marie la Juive ou Marie la Copte

Une mère fondatrice de l'alchimie,  on la situe vers le troisième siècle après J.C.

Cette petite phrase a influencé tous les alchimistes du Moyen Âge et fait réfléchir des mathématiciens et physiciens comme W. PAULI.

C'est un excellent sujet de méditation avant que je ne me décide à parler de la quaternité, un sujet tellement vaste et mystique que le courage me manque pour l'instant.

 

 

10/02/2007

La femme Nature

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Forte des puissances de la nuit

Nue sur la roche ronde enfantée par les vents

La femme est venue offrir sa chair humide d'un désir d'Océan à l'aimant de la mer montante

            Les langues du soleil

            Tout près d'être englouti

            Ont caressé sa peau

            En spasmes d'agonie

            Le ressac a chanté

            Au rythme de l'amour

            Et le feu a  brulé

            Dans la pierre mouillée

Quand ses reins ont quitté leur lit granitique

Quand son ventre s'est tendu vers le ciel

Quand ses cuisses lourdes se sont ouvertes à la caresse des gouttes

La vague est arrivée aspirant la fontaine

Cri et jaillissement

De son eau féminine 

Un don à la Nature

Aux temps des dieux multiples 

09/02/2007

Le symbole vivant

   Il faut distinguer le signe du symbole. Par exemple, si vous voyez quelque chose comme SNCF sur une casquette, cela ne symbolise pas le chemin de fer mais l'appartenance à cet organisme. De plus, il s'agit d'un fait connu ne laissant la place à aucune interrogation. Pour que l'on puisse parler d'un symbole il doit rester une fenêtre ouverte sur l'imaginaire, sur une pluralité de possibilités de sens. C'est cette ouverture qui va faire la différence entre un symbole "vivant" et un symbole "mort". 

   Tant qu'un symbole est vivant il est, comme le pense C.G.Jung, la meilleure expression possible d'un fait. Pour le rester, il doit être à la fois "gros de signification" et "expression suprême de ce qui est ressenti, mais non encore reconnu". Toute théorie scientifique, tout phénomène psychologique peuvent être des symboles vivants, à condition qu'ils énoncent ce "quelque chose de plus" qui échappe à la connaissance du moment. 

   Que le sens devienne parfaitement clair et que l'on ai trouvé la formulation qui rend le mieux compte de la chose cherchée, attendue, ou pressentie, et on à alors affaire à un symbole mort qui n'a plus qu'une valeur "historique". Bien sûr, ce peut encore être un symbole (on en rencontre fréquemment dans les rêves) mais il faut le remettre dans son contexte, à l'époque où il vivait, avant d'avoir engendré une expression meilleure qui l'a remplacé comme symbole vivant. L'intellect ne doit pas pouvoir venir à bout d'un symbole, le dessécher,  pour qu'il reste vivant et ne soit pas réduit au rôle de signe conventionnel.

   Le symbole vivant s'enracine donc à la fois dans ce qu'il y a de plus élaboré au niveau de la conscience et dans des représentations tellement primitives et collectives que leur universalité ne peut être mise en doute. C'est ce qui fait sa puissance. Le fait qu'il y ait des controverses sur ce que signifie ou ne signifie pas une expression symbolique témoigne de sa vitalité.Cependant je pense que, comme le disait Jung, "seuls ceux qui tendent à la réalisation de l'inconnu sont de véritables symboles". Pour moi, ceux qui font vivre les symboles, comme le compositeur les notes de musiques,  sont les artistes. Combien de représentations picturales de l'amour, de la nature, de la guerre, de formes indéfinies, mais tellement évocatrices que notre vision peut s'affoler, nous offrant les peintres, les sculpteurs, les photographes ? Combien de mots usés sont assemblés par les poètes pour faire frissonner notre imaginaire ? Le symbole vivant,  c'est la vie rêvée de l'esprit.

       Ariaga
 

08/02/2007

Le sang de l'alchimie, c'est l'amour

"L'alchimie, la voie intérieure, est aux antipodes de toute technique, de toute conceptualisation, puisqu'elle est la vie dans son jaillissement. Elle est la sagesse des fous, la sagesse des enfants qui puisent leur savoir dans l'eau qui coule, le vent qui berce les branches en faisant bruisser et trembler les feuilles, le feu qui pétille et multiplie les nuances de ses ors. L'ordre profond, l'ordre de l'univers n'apparaît que si l'on épouse amoureusement le désordre des phénomènes, la naïveté éloquente des formes intérieures et extérieures, sans intrusion illégitime de la raison qui classe, systématise et veut tout régenter. Le monde, certes, est un système, c'est à dire un ensemble dont toutes les parties se tiennent, il est le Vivant parfait dont parle le Timée. Pourtant, ses membres ne sont pas reliés par la lumière glacée de l'intellect coupé de ses racines, ils ont pour lien, pour sang, - pour colle, disent les alchimistes - la clarté rougeoyante et chaude de l'amour."

    Etienne PERROT

LA VOIE DE LA TRANSFORMATION

Editions  la Fontaine de Pierre, p. 337

07/02/2007

Méditation et imagination en alchimie

Quand je parle d'alchimie sur ce blog je fais référence, pour l'instant, aux philosophes alchimistes de la nature" du Moyen Äge. Les racines sont beaucoup plus anciennes, grecques arabes, chinoises, etc. La constance des alchimistes envers une recherche assez désespérante quant aux résultats, peut s'expliquer par leur "attitude mentale" à l'égard de l'Oeuvre.  S'appuyant sur les textes d'un auteur du Moyen Äge, où il est écrit que l'Oeuvre doit être accomplie "avec l'imagination vraie et non avec celle qui est chimérique", C.G.Jung parvient à l'hypothèse suivante : "il semble très possible que l'auteur soit en fait de l'avis que le secret essentiel de l'art est caché dans l'esprit humain ou, pour l'exprimer en termes modernes, dans L'inconscient. Ce serait pour cette raison que l'homme ignorant ne peut accomplir l'Oeuvre sans avoir étudié les anciens philosophes, prié Dieu, et s'être mis dans une certaine condition mentale. 

La méditation, le premier des exercices propres à aider l'alchimiste à s'élever à la hauteur de sa tâche, est considérée par les alchimistes comme un "colloque intérieur" avec un invisible "autre" qui peut être, par exemple, soit Dieu, soit un autre "soi même", soir un ange gardien.  Ce colloque intérieur, dépassant le stade d'une simple réflexion, est un rapport avec l'autre en nous, assimilée par Jung à un dialogue avec l'inconscient.  Il s'agit d'une "relation dialectique vivante", comparable à celle de la psychologie des profondeurs.

L'imagination , n'est pas une vague rêverie ou une idée qui nous vient à l'esprit, au sens de pensée sans substance, c'est une représentation voulue, certains diront "pensée dirigée". Comme beaucoup de concepts alchimiques cette imagination est mise en relation avec l'âme et Dieu. Quand les auteurs parlent de la faculté imaginative de l'âme, il faut se représenter une sorte de délégation de pouvoirs à partir du divin. En simplifiant : l'âme est le "vicaire de Dieu et, dans cette fonction, elle gouverne la pensée ; pensée qui gouverne le corps en devenant une "âme corporelle résidant dans le sang". L'imagination serait donc un phénomène à la fois spirituel et physique, ce qui pourrait expliquer son influence sur les transformations de la matière. La faculté imaginative de l'âme de l'alchimiste lui permettait ainsi d'entretenir un rapport avec la matière qu'il espérait transmuter.

Le domaine intermédiaire entre la matière et la psyché était, pour les alchimistes, celui des corps subtils. Le corps subtil était considéré par ces alchimistes, utilisant à la fois la symbolique alchimique et des conceptions religieuses, comme une véritable réplique et Modèle de la vraie Pierre spirituelle et céleste : Jésus Christ. Le projet de l'alchimiste étant de produire le "corps transfiguré de la résurrection".

L'imagination était donc liée, en remontant la chaîne de la délégation de pouvoirs, à l'imagination de Dieu. Cela permettait à l'"artiste" de saisir et de se représenter "le plus grand" qui avait alors la possibilité de passer d'un état potentiel à la réalité substantielle. Avec l'aide de Dieu, formule fréquente en alchimie, "tu peux concevoir le plus grand", ton corps peut le réaliser, était-il enseigné à l'adepte.

Ce que l'imagination tente de faire accéder à la représentation, ce plus grand, c'est, pour la psychologie des profondeurs de Jung, l'émergence de représentations symboliques des contenus archétypiques de l'inconscient. 

 

06/02/2007

L'interprétation des rêves selon C.G.JUNG 2/2

Aujourd'hui je vais m'intéresser, avec ceux qui me lisent, au domaine du relationnel dans l'interprétation des rêves. Ce domaine a pour caractéristique d'être enraciné dans une terre commune : la relation. Trois relations existent et s'interpénètrent. Première possibilité : une relation entre l'inconscient et le moi conscient du rêveur, s'il est seul avec son rêve. Deuxième possibilité :  une relation entre le rêveur et l'interprète de son rêve s'il le fait analyser (Ceci dans le cas d'une interprétation junguienne où le dialogue est permanent entre le rêveur et l'interprète).  Enfin, dans le cas d'un dialogue entre le rêveur et l'interprète il se forme une boucle qui passe par l'inconscient des deux protagonistes avec une possibilité d'une relation à la "totalité" par leur accès commune à l'inconscient collectif.

Les deux plans sur lesquels les rêves peuvent être interprètes se distinguent, là aussi, par le niveau d'approche relationnel : relation au monde extérieur et relation au monde intérieur. En effet, l'art de l'interprétation des rêves s'organise autour de deux techniques de base : l'interprétation sur le plan de l'objet et l'interprétation sur le plan du sujet

L'interprétation que l'on appelle sur la plan de l'objet consiste à accorder une réalité objective aux acteurs et évènements qui interviennent dans un rêve. Les images du rêve nous renseignent donc sur la relation existant entre le Moi du rêveur et des personnes ou des situations qui existent réellement à l'extérieur de lui. Par exemple (je crois que c'est un exemple d'Etienne Perrot), s'il rêve de son oncle, le rêve lui donnera le point de vue de son inconscient sur sa relation réelle avec son oncle. C'est pourquoi, l'approche sur le plan de l' objet est indispensable pour que le rêveur prenne conscience des conséquences de la relation qu'il entretient avec le monde extérieur. Cela peut l'aider à s'affranchir du poids des relations qui l'aliènent. Il est évident qu'à ce niveau d'interprétation il faut connaître le rêveur. 

La deuxième approche, sur le plan du sujet, consiste, au contraire, à interpréter les images du rêve comme des figures intérieures du rêveur, des symboles ou des complexes déterminant la psyché inconsciente. C'est un moyen d'investigation destiné à donner des renseignements sur la réalité intérieure du rêveur à laquelle le moi ne peux accéder de lui même. Dans cette optique, l'oncle du rêve sera peut-être, s'il s'agit d'une femme,  une figure symbolique de l'animus. 

Jung appelle parfois l'interprétation sur le plan du sujet méthode herméneutique car ce procédé tient compte de l'ensemble des représentations de la psyché, qu'elles soient de nature individuelle ou issues de l'inconscient collectif, ce qui donne à leur interprétation de grandes possibilités d'amplification. C'est ainsi que l'on peut alors envisager de réfléchir sur des rêves de (presque) inconnus contenant des éléments appartenant à tous. Mais ceci est une autre histoire et je vous en parlerai prochainement car j'ai pitié d'amis de ce blog, qui me sont chers,  et pour lesquels Jung n'est pas leur tasse de thé.  La tasse est pleine ! Amitiés à tous.

 

 

 

05/02/2007

L'interprétation des rêves selon C.G.JUNG 1/2

Le but de ces notes sur l'interprétation des rêves est de voir si on peut sérieusement envisager de parler dans le Laboratoire de certains "grands rêves" offerts à tous sur des blogs amis.

Après avoir tout d'abord employé la méthode de S. Freud des "associations libres", C.G.Jung a considéré que cette méthode ne rendait pas compte de l'ensemble du rêve car elle ramenait inéluctablement aux complexes des sujets, alors que ces complexes  ne faisaient pas obligatoirement partie du rêve. Il a alors décidé de "décomposer" les rêves pour en extraire toute leur substance et tenter d'en établir le sens, ou plutôt les sens aux différents niveaux d'interprétation (que nous verrons demain). Il prenait chacun des éléments d'un rêve et, sans opinion préconçue sur la manière dont l'image était arrivée là, procédait, en tournant autour, à l'approfondissement du sens de l'image. Il appela sa méthode l'"amplification".

Mais Jung trouvait encore insuffisante la technique de décomposition du rêve en ses éléments, réminiscences et motivations. Pour lui, cette façon de procéder atteignait ses limites au moment où, je cite, : "les symboles oniriques ne se laissent plus réduire à des réminiscences ou à des volitions personnelles, c'est-à-dire que surgissent des images de l'inconscient collectif."Il y a en effet des images qui semblent n'avoir que très peu de sens si on les rapporte au rêveur. Pour qu'elles prennent toute leur signification il faut chercher dans des directions qui peuvent apparaître comme complètement étrangères aux associations conscientes faites par le rêveur. Par l'amplification on recueille des tas de données et ensuite on cherche une "expression générale compréhensible". 

On peut dire, au sujet de cette technique d'interprétation, que Jung continua le travail de Freud, en l'élargissant. Il est cependant un point sur lequel leurs vues divergent.

Freud a, selon Jung, entrepris une démarche courageuse pour donner un sens au rêve mais il a effectué ses observations dans le champ de la psychopathologie. Il pense que les rêves, tout comme les névrosés, sont dissimulateurs. Les rêves seraient alors "une simple façade derrière laquelle quelque chose est intentionnellement caché." Jung réfute fermement cette vision de la psychologie du rêve. Pour lui, le rêve est un "évènement naturel". L'inconscient est autonome, il a son projet et on ne voit aucune raison valable pour qu'il soit une "invention rusée" destinée à nous tromper ; il ne dissimule pas, il expose. C'est pourquoi il faut éviter de l'analyser avec trop de hardiesse ou de défiance. On doit simplement l'accueillir, tel qu'il se présente, et le contempler pour, finalement, prendre conscience de ce qu'il exprime dans sa totalité.