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30/08/2014

Îles Balestas et désert

 

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Le soleil se couche sur le dernier épisode de la tribu Éphême au Pérou.

***

Nous avions promis ce séjour au bord de l’eau aux petits…. Problème, il y avait beaucoup  trop de vent, et même la piscine était gelée… Il fallut donc nous occuper. Une des balades les plus réputées est le tour des ÎLES BALESTAS déjà évoquées le 22 juillet 2012, sur de grosses vedettes qui filent comme des flèches. Mais là, c’est moins drôle. Il fallait se lever et partir très tôt, car la première virée est celle où l’on voit le plus d’animaux, avant qu’ils ne partent en mer. P’tit Mec a le mal de mer et vomit moitié dans le bateau, moitié dans la mer. Et la brume tombe dès le départ, après le fameux "Candélabre"… On fonce dans du coton, les passagers sont muets, ankylosés par cet abandon subit de tout repère.

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Miracle, elle se sublime lentement et enfin se déchire à l’arrivée vers le petit archipel, qui apparaît comme de gigantesques icebergs percés de cavernes maléfiques. Il y a beaucoup de houle, et il est impossible de s’approcher très près. Malgré tout, quelle aventure magique !

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Les lions de mer, les pélicans (encore…), les centaines de milliers de cormorans et même de funestes vautours, le tout dans une fine gaze, haleine de la mer. Les petits en sont restés cois, et ont exprimé leur opinion de façon succincte mais péremptoire : « c’est super ! »…En repartant les îles se fondent dans la brume comme des gouttes d’encre dans une coupelle d’eau. P’tit Mec fut cependant bien heureux de retrouver le plancher des lamas, avec une glace au bout de la jetée, où régnait un joyeux bazar entre les grappes des débarquant et des embarquant pour la fournée suivante, qui se mélangeaient malgré les cavalcades erratiques et les cris de morses des guides.

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Le Désert, ce fut pour le même après-midi. Çà, c’était chouette ! D’abord Y.M, le petit fils de tout juste deux mois, ne dormant que pour de très (très) courtes périodes, et râlant souvent beaucoup, là, somnolait instantanément quand le terrain devenait remuant, avec une prédilection pour la tôle ondulée : 20 s… et il dormait comme un poupon dans les vibrations infernales.

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On ne l’a pas entendu durant toute la virée dans le désert. Les pratiquants des bébés petits dormeurs et/ou de la tôle ondulée apprécieront… Et quel régal, on saute, on cherche son chemin, on découvre des plages (fraîches)… sans l’ombre d’un humain ...

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...si ce n’est quelques pêcheurs dans une anse ; on y débusque des étoiles de mer desséchées, et un goût d’aventures fabuleux.

Ces  immensités d’ocres, de gris, de jaunes plongeant sur le Pacifique bleu dont les longues vagues tricotaient de délicates dentelles mouvantes sur l’estran rouge, ces marais salants inhumains hantés au loin par de farouches flamands roses, l’incroyable dignité des rares Paracas rencontrés, cahotant dans des épaves roulantes chargées de pyramides de filets, tout ici est autre, et révélation de soi-même.

 

 

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Là s’arrête cette relation un peu distanciée de ces pérégrinations familiales. J’ai parfois été surpris par vos préférences, mais c’est bien ainsi. Chacun a ses sensations, ses émotions, et c’est là la racine centrale de ce blog.
Certains ont dû remarquer je n'ai pas fait de note, ou juste des allusions, sur biens des lieux mythiques, fabuleux, comme beaucoup des sites autour de Cusco, en particulier le Machu Picchu. Ses ruines ne sont pas les plus belles du Pérou, à mon avis, mais l'ensemble est inouï, inexprimable, dans une nature divine. Pour l'instant je ne me sens pas capable de lui rendre sa magie. Il faut un bon moment pour "digérer" un tel lieu, surtout avec la lumière splendide de ce jour enchanté. Un jour je reviendrai vous en parler, avec « Zibeline », quand ces souvenirs auront doucement décanté et mijoté dans nos chaudrons alchimiques intimes.

 Merci pour votre enthousiasme et vos connaissances, et l’humour qui a habité cette « saison estivale » dans les pas de nos rêves.

Texte et photos ÉPHÊME, mise en page Ariaga.

26/08/2014

Pérou, chiens et trains

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Dans le même secteur central de LIMA, les deux enfants (voir la note précédente) ébahis et amusés tombèrent sur le chien le plus digne du Pérou, déguisé en véritable sénateur de la gente canine, bâtard authentique, impassible derrière ses lunettes noires.

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Il changeait des hideux chiens incas, sans poils, à la peau noire, à la température plus élevée que leurs congénères, et victimes fréquentes de cancer de la peau.... qui n’a aucune protection.

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Vue à PARACAS une espèce naine, avec une coiffure hippie, montrée avec fierté par son maître, les a laissés muets de surprise. Ces chiens sont, parait ils les plus chers du Pérou, une fortune ...

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Ptit'Mec a adoré le « Chemin de fer » du parc de l’Amitié, dans lequel il fit un tour avec sœur, oncle, tante et parents, dans une farandole de sifflements, tintement de cloches et  bouffées de vapeur. Un authentique train allemand, presque miniature, de 1923, qui a servi pour une liaison locale pendant quelques lustres. Astiqué, bichonné par une bande de fanatiques amoureux, c’est un rêve d’enfant fabuleux, qui circule certains après-midis et les week-ends.

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Texte et Photos ÉPHÊME, mise en page Ariaga

Dans la prochaine note, qui sera la dernière de la saison estivale, Nous irons, entre autres, vers les îles PARACAS. Je vais récupérer mon nid  dans lequel ÉPHÊME faisait le coucou depuis pas mal de temps ! Il faut dire que j'étais consentante. Ariaga.

 

22/08/2014

Mariages et Coccinelles au Pérou

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La Grande fut littéralement stupéfaite et fascinée par les mariages. Au Pérou c’est un moment essentiel de la vie, événement social, économique, qui se doit dans beaucoup de famille d’être « énnôorme », même si les couples non mariés religieusement ou en union libre se multiplient.

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C’est une période faste pour l’industrie des unions, avec énormément d’églises décorées de dizaines de bouquets blancs, un au bout de chaque rangée de bancs, plus des cascades près de l’autel, la limousine devant le portail…

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Les mariés se font photographier partout, parcs, grandes artères, en calèche… parfois sous le regard débonnaire d’un planton devant un ministère.

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La Grande fut aussi intriguée par les échoppes des cireurs de chaussures, véritables chaires épiscopales, où ils officient à toute vitesse, crachant régulièrement sur leur lustreur, pendant que le possesseur des groles lit imperturbable son journal.

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P’tit Mec, assez indifférent aux vitrines de robes de mariées que sa sœur "léchait" avec avidité,  retrouva sa passion : les voitures, avec une particularité locale. Les Péruviens sont d’âpres collectionneurs de « Coccinelles » anciennes, de tous modèles et couleurs et elles sont souvent utilisées pour les mariages. Pimprenelle, qui baragouine l’espagnol, réussit à persuader un policier très sensible à ses yeux bleu de poser devant sa voiture assortie à son uniforme… pendant que je le prenais de loin !
Il y eut aussi un charmant petit train et des chiens surprenants mais je les garde pour la prochaine fois ...

Texte et photos ÉPHÊME, mise en page Ariaga.

 

20/08/2014

Pérou, le regard des petits enfants

 

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J’ai glané ces impressions, au cours du voyage, auprès de mes deux petits enfants.  Ils ont été adorables, surtout vu leur âge,(voir la tribu Éphême au Pérou) patients, malgré la fatigue du décalage horaire, la langue inconnue, la multitude de têtes nouvelles, les visites un peu trop longues parfois, avec la traduction simultané de leur oncle, les rudes séances de rôtissage sur des sites en plein cagnard, vers midi (heure solaire) assez près de l’équateur. De nombreuses bouteilles d’eau, couches de crèmes solaires et petites gâteries à l’arrivée leurs ont permis de finir le séjour en bon état… et surtout très contents !
Leurs agiles cerveaux tout neufs ont vu bien choses étranges pour eux, dans le sillage de leurs ascendants en pleines pérégrinations.
Pour tous les deux, le plus troublant, ce fut d’abord le côté religieux du Pérou, bien plus visible qu’en nos contrées, comme les crucifix « doloristes » des églises péruviennes. Pourquoi ce sang, ces souffrances ? Ils voulaient souvent rentrer dans les églises, qui pullulent dans les villes. Ils en ont évidemment déjà vu en Europe, mais les crucifix y sont en général moins dégoulinant, et là, avec leurs cheveux véritables et leur corps déchirés, ils se sont posés des questions auxquelles il était très difficile de répondre, dans ces lieux de prières pleins de fidèles recueillis. Ils nous demandaient d’ailleurs, impressionnés, ce que faisaient ces gens immobiles, les yeux clos, murmurant des « incantations » inaudibles. Là, nous ne sommes pas très à l’aise pour leur expliquer l’inexplicable de la « foi ».

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Les processions nocturnes les ont aussi beaucoup troublés, avec les fanfares, l’encens, les cierges et l’envoutant lent pas chaloupé des porteurs… La nuit, le recueillement, tout leur était étranger, venant de notre monde déchristianisé, ayant presque oublié le sens du mot religion. D’ailleurs P’tit Mec nous a fait une fois une belle frayeur en s’échappant pour se glisser en début de procession pour « revoir passer » les chars!
Et nous avons souvent eu droit au point de vue de P’tit Mec, un mignon très curieux, spécialiste des interrogations futées, aussi gentil qu’il peut avoir un  galet de quartzite comme caboche quand il se butte. Ses impressions, pas toujours exprimées explicitement, se manifestaient dans ses mimiques, regards, et bien sur questions multiples.

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Il fut donc surpris  plus d’une fois au Pérou… et d’abord par certaines glaces qui le transformaient en clown, plus belles que bonnes d’ailleurs parfois. Papa finissait tout.

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 « Que me veut ce pélican ?», à priori intéressé par sa glace, confondue sans doute avec un poisson, et qui lui fit faire un saut en arrière. La photo est dédiée à certains commentateurs du blog….

 Il fut très intrigué par la visite  de la HUACA de LUNA, près de TRURILLO.

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 C’est une poupée russe géante de temples « moche » (ou mochica – 100 à 700 après J.C, apogée de l’art céramique pré-inca) emboités les uns sur les autres environ tous les 100 ans, avec des bas reliefs peints fabuleux. Au départ de la visite une aire d’exécution des sacrifiés l’a pas mal troublé, comme toutes ces évocations des complexes rites sacrificiels et funéraires. Mais il gardait toujours son calme, et seules quelques questions pertinentes montraient qu’il suivait vraiment bien, pour son âge, comme d’ailleurs La Grande, elle aussi très curieuse (J’ai le souvenir d’une montée quelques jours avant, seul avec elle, à PACHACAMAC, où elle m’a « bombardé » de questions).  Moment passionnant, grâce à une jolie guide péruvienne, ultra compétente, qui nous « doublait » en un excellent français son commentaire en espagnol, quand elle comprit que seul le fiston pratiquait couramment la langue de Cervantes. Elle y gagna un pourboire énorme pour le Pérou…
Mais il faudra un peu de patience pour apprendre la suite, plus drôle, de leurs étonnements….

Texte et photos ÉPHÊME, mise en page Ariaga.

13/08/2014

Pérou, le choc des Andes

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Pour ceux qui "atterrissent" sur ce texte lire avant : La tribu Éphême au Pérou.

Depuis son arrivée au Pérou, Pimprenelle, qui déjà a vu moult pays malgré son jeune âge, avait visité bien des sites intéressants, admiré les pélicans… Mais son vrai choc, ce fut les ANDES. En fait elle n’en avait aucune idée.

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Elle fut éblouie par ces jaillissements de roches scellées par les terrasses incas ciselant  leurs flancs presque jusqu’à la limite des neiges sur les pentes les plus folles. CUSCO, ses environs, Machu Picchu, il y a de quoi ébranler les plus blasé(e)s. Mais elle a un coup de cœur pour cette fin de journée où, après notre halte à l’Auberge des crânes, nous repartons pour Moray. En remontant vers l’altiplano (hautes plaines), se découvre alors la Cordilla Urumba, largement au-dessus de 5000m, avec ses neiges étincelantes jouant à cache-cache avec les nuages et ses glaciers suspendus dans l’éther.

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La lumière est sublime avec le soir tombant. Les gerbes en tas jouent aux échecs dans les  champs…
À MORAY, le site est presque désert. La visite est assez rapide, au milieu d’un tournage de film sur des bambins as du cyclo-cross, juchés sur de superbes bécanes valant chacune quelques années de travail d’un ouvrier.

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Un gamin local passe, indifférent à la beauté ambiante, sur un vélo bricolé avec deux autres, avant vert et arrière rouge.

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Après ce tour, nous repartons par la piste pour Chinchero. Une paysanne juchée sur sa mule, rentrant son troupeau au bercail, nous bloque un moment, tentant vainement de diriger ses bêtes qui n’en font qu’à leur tête. Le soleil dore le paysage, puis ...

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l’encre envahit les vallées, et les nuages accrochés au sommet se changent en panache volcanique rougeoyant … Atmosphère magique garantie.
Nous sommes épuisés, car levés depuis cinq heures du matin pour redescendre d’Aguas Calientes par un train qui partira une heure et demi après l’heure du billet… qui ne correspond en rien à l’heure affichée à la gare.  Mais la cerise sur le gâteau est CHINCHERO. Après un passage dans une petite coopérative de fabrication (filage, teinture, tissage, tricotage…) d’articles d’alpaga superbes, où Patrick est considéré comme un fils de la famille, à des prix 80 % moins cher qu’à Cuzco, Patrick nous emmène dans la ville et les ruines incas, inextricablement imbriquées, où nous ne rencontrerons pas âme qui vive pendant une heure. Il n’est pas sûr, au moins pour les ruines, que ce soit autorisé… Là encore, ambiance enchantée, avec un petit arrière goût d’interdit, et l’impression qu’un chamane inca va surgir derrière chaque mur. Mais le froid tombe et Pimprenelle, enveloppée jusqu’à sa tête dans un grand poncho blanc d’alpaga, me semble une madone malicieuse visitant en secret ces lieux païens.

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Texte ÉPHÊME, Photos PIMPRENELLE, mise en page ARIAGA

09/08/2014

Vallée sacrée, auberge des crânes

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Après un peu plus de deux semaines, ma fille aînée, son mari et les deux petits enfants sont rentrés en France pour cause de rentrée scolaire. Nous sommes alors repartis avec Pimprenelle pour un tour dans le secteur le plus connu du Pérou, CUSCO et ses alentours, Vallée Sacrée, Machu Picchu et tutti quanti. Là nous attendait, pour nous servir de guide, un ami spéléo de notre fils, Patrick, 27 ans, père français et mère péruvienne, né et élevé ses premières années à Aguas Calientes, au pied du Machu Picchu, parlant couramment quechua, espagnol, anglais et français… ! Crapahuteur inouï, incroyable connaisseur de chaque recoin du secteur, il nous a fait passer un séjour magique dans ce cœur de la civilisation inca.

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Durant un trajet entre OLLANTAYTAMBO, forteresse inachevée, avec de multiples « pierres fatiguées » (non encore mises en place), et MORAY, centre de recherche agronomique inca, Patrick nous annonce : « vous aller déguster la meilleure « chicha » du Pérou ». C’est une boisson en général  à base de maïs, violet pour la « chicha morada » non alcoolisée, alors que la « chicha de mora », alcoolisée, est une sorte de « bière de maïs ».

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Il nous arrête au bord de la route devant une maison sans enseigne, avec seulement, près de la porte, deux crânes de momies impassibles !

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L’intérieur est un incroyable mélange de bric et de broc d’élevage de « cuy » (cochon d’Inde, très bon) pour alimenter la cuisine et où sont aussi fabriquées les « chichas »; il fait aussi office d’épicerie, de bar, de restaurant, avec des poussins, des chatons courant partout. Dans un coin, sous un tissu, deux autre crânes si sacrés que Patrick m’interdit de les prendre en photo, et, en les recouvrant,  marmonne une incantation en quechua tout en faisant le signe de croix. Incroyable sensation de passage du temps, ce génial péruvien perpétuant des rites sans âges. Il nous explique alors pourquoi les statues religieuses ont presque toutes des cheveux véritables, ce qui m’avait toujours intrigué sans que j’ai l’ombre d’une réponse. Elle dû, sans doute, être donnée ailleurs, mais je ne l’avais jamais trouvée. Les indiens récupéraient des cheveux de momies sacrées, qu’ils utilisaient pour « perruquer » les Christ et autres statues chrétiennes. Ils allaient, dans les églises, prier leurs ancêtres en toute quiétude, sous le regard confiant des clercs imbéciles, persuadés de leur pouvoir, incapables d’imaginer pareille duplicité chez ces indiens taciturnes et, pour eux, totalement  stupides…
Les chichas étaient sublimes, dont une à la fraise assez étrange. Après les salutations d’usage, un peu « sonnés » par ce télescopage des temps, nous sommes repartis vers MORAY, où là nous attendaient d’incroyables paysages. Mais la suite au prochain numéro…

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 Texte et photos ÉPHÊME, mise en page Ariaga.

02/08/2014

La tribu Éphême au Pérou

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Pour une bonne partie du mois d'Aout, je vais vous laisser voyager au Pérou en compagnie du Sieur Éphême, bien connu sur ce blog pour ses qualités d'illustrateur et sa plume qui nous emmène dans des mondes imaginaires ou réels. N'hésitez pas à poser des questions sur les illustrations où autres sujets ...Vous pouvez cliquer sur les photos pour les agrandir. Ariaga.

***


Il y a deux ans déjà, je vous ai fait rêver de ce monde complexe et éblouissant. J’y suis retourné ce printemps avec ma femme, surnommée Zibeline. Notre fille ainée dite la Chef, escortée de son mari Web et de leurs deux enfants, la Grande, âgée de 9 ans et P‘tit Mec, à l’orée de ses 7 ans, ainsi que notre puinée frétillante, Pimprenelle, étaient de la partie. Toute la tribu éphêmienne allait rendre visite au fils ou frère, marié à une adorable péruvienne pure souche, jeunes parents d’un tout mignon Y-M, adorable petit bambin, âgé pile de deux mois le jour de notre arrivée. Mais… avec une belle obstination il empêchait ses parents de dormir, les transformant en hâves zombies transparents…

 L’idée m’est venue en ces temps de vacances de donner à chacun la parole sur ce séjour, sans ordre logique, au fil de l’inspiration, une ou plusieurs fois, à travers le regard, les impressions, les émotions fugaces ...

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Texte et photos ÉPHÊME mise en page Ariaga

09/04/2014

Le Pérou

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ÉPHÊME, que les habitués du blog connaissent bien, est parti pour un mois au Pérou. Ce n'est pas un simple voyage touristique car son fils travaille à Lima où il est marié avec une péruvienne. Je suis intéressée par ce voyage qui me fait espérer pour le blog, pendant les vacances d'été, de beaux textes et  des photos originales et, qui sait, peut-être même des dessins.

Je lui avais demandé, pour illustrer cette courte note, de m'envoyer une photo d'un précédent séjour et je dois dire que son choix m'a particulièrement séduite car je trouve qu'elle est un récit à elle seule. Le regard de cette pure indienne dans un car, en train de regarder son téléphone, me semble résumer beaucoup de choses sur la manière dont la société évolue au Pérou.

Ariaga

 

 

 

09/10/2013

La peur cercle vicieux

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Photo Pérou ÉPHÊME

La peur concerne tous les êtres humains, dont j'espère faire partie , quoique ...parfois ... Je pense quelle est un des principaux obstacles à une alchimie spirituelle faite de transmutation du négatif au positif. Voici quelques idées, en vrac, juste destinées à alimenter la réflexion des lecteurs.

- La peur est comme un serpent qui se mord la queue . Un cercle vicieux, qui part de  nous et revient à nous. Une espèce néfaste d'Ouroboros alchimique.

- La plus grande peur est la peur de la peur ; la peur de ce qui pourrait arriver et qui correspondrait à aucun des scénarios élaborés par notre mental : Peur de perdre, peur de ne pas pouvoir acquérir, peur de recevoir.

-Peur fondamentale de ce qui n'est pas déjà connu, de ce qui n'est pas RE-présenté et ne peut nous projeter dans un futur rassurant construit  partir d'éléments déjà présents  à la surface de notre conscience. Dans ce futur de bisounours il ne se passerait rien que nous n'ayons expérimenté et surmonté.

Que faire ?

Contre la peur animale, viscérale, nécessaire à notre survie, nous ne pouvons rien. Juste la reconnaître pour ce qu'elle est : salutaire. Le bond que je fais pour échapper à un danger peut me sauver la vie.

Contre la peur psychologique, qui est un grand handicap sur le chemin de l'évolution spirituelle, et nous fait nous recroqueviller dans notre petit moi, je crois qu'il est important, pour commencer, de ne pas la considérer comme un étranger ennemi. Il faut la regarder bien en face, au moment présent, l'observer aller et venir, puis repartir sans imaginer tout ce qui pourrait bien arriver. Le réel suffit !

Vous me direz, c'est facile à écrire mais bien plus difficile à réaliser et vous aurez bien raison.  Je l'expérimente tous les jours, mais on peut toujours essayer ...

Ariaga

19/08/2012

Le musée imaginaire péruvien

Suite de la note précédente

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 Le Grand Chamane pense, en effet, à son seigneur divin parti pour sa renaissance, sous son masque d’or solaire que le cinabre vivifie  de son sang divin, ceint de sa couronne de Guerre ornée d'une chauve-souris qui le protége des Esprits et épouvante ses ennemis.

1 masque SIPAN.jpeg

Des masques multiples avaient été déposés autour de sa dépouille, certains inquiétants, visages simiesques à la dentition de jaguar.

 

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D’autres étaient d’une simplicité énigmatique, leurs yeux ronds écarquillés sur le néant.

 

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De précieux disques d’or entouraient le seigneur, divinités grimaçantes repoussant les démons.

                                                                     

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Des parures d’apparat  disposées auprès de lui étaient destinées aux fêtes d’outre-tombe, avec ses femmes et serviteurs.

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Après les combats rituels le prisonnier dénudé et ligoté attendait avec morgue son exécution qui allait sceller sa rencontre avec ses Dieux.



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Mais le Grand Chamane savait que son seigneur couvert d’or imputrescible et de cinabre gorgé de sang céleste allait lui aussi partir en poussière.

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Sans un mot le petit paysan anonyme regardait les fastueuses funérailles des grands seigneurs de Sican, de Sipan ou d’ailleurs, toujours plus grandioses au fil des siècles et des cultures. Il était certain que, pour lui, ce serait un trou dans le sable avec, pour tout viatique, au mieux un maigre linceul de coton et une petite poterie.

 

Texte et photos ÉPHÊME

17/08/2012

Le musée imaginaire de l'Évasion

 Je me trompais, je croyais que ÉPHÊME, après nous avoir propulsé vers le Pérou, considérait qu'il n'avait plus rien à faire que de s'amuser dans son lieu préféré, la cale du navire. Je le croyais uniquement occupé à chanter, vider des bouteilles, mettre des tonneaux en perce et concocter avec Mariedumonde et la Gaillarde Conteuse d'étranges tisanes. Mea culpa ! Il rassemblait ses souvenirs de la visite des musées péruviens pour nous permettre de les visiter ...presque en vrai, l'imagination faisant le reste.

Ariaga

 Au fond de la cale, entre deux libérations-libations de vaisseaux embastillés, je méditais de nouveaux voyages imaginaires, au cœurs des raides vitrines des fabuleux musées péruviens. Là des vies oubliées me regardaient de leurs yeux éteints pleins d’espoirs de renaissance, puissants comme humbles figés dans les doutes du néant.

Ces portraits des êtres vivants du peuple Moche, Lambayeque, Chimu, Cupisnique, Viru… aux noms magiques, tous ces gens dégorgeant de vérité, de douleurs et de doutes, figés pour l’éternité, délicates fragiles céramiques sont les témoins de l’activité grouillante de ces précolombiens vibrionnant de désirs et de craintes, offerts à côté d’eux aux morts pour revivre avec eux. Ils sont enfermés derrière leurs murs de verre, comme nos bateaux en bouteille. Eux sont des vases magiques gorgés d’espoirs. Nous ne pouvons que percevoir leurs souffles, leurs rires et leurs détresses. Mais aidé par la magie de l’Évasion, j’ai doucement brisé leurs prisons transparentes et ils sont venus m’entourer et me murmurer à l’oreille leurs désirs de vie éternelle, au milieu des danseurs flamboyants du pont de l’ÉVASION.

 

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La première tendre tentatrice m’a susurré que ses douces caresses au squelette  raide n’étaient que des offrandes aux esprits des morts venus l’épouvanter, pour rester chez les vivants.
 

3 femme moche.jpeg

Sur la place close du village enfermé dans ses murs d’adobe est apparue hautaine la noble méprisante dans ses voiles transparents. Les paysans la couvaient des yeux, murmurant des quolibets obscènes,

12HOMME MOCHE.jpeg   tandis qu'elle suivait son suffisant seigneur, goguenarde pintade chaloupée, que fixaient en douce les paysannes aux formes fermes, candidates pour sa nuit prochaine. 

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Le simplet toujours rigolard, si proche des dieux, était le seul à ne pas devoir se prosterner.

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Son ami, rongé par la douleur atroce de la tumeur qui lui dévorait la face devait, lui, se plonger dans la poussière.

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Devant tous, dans un rut innocent, un rat paillard et gourmand s’accouplait avec sa rate déçue de ne pouvoir avoir un grain de maïs en dessert !

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Tous pensaient au seigneur abusant de ses paysannes .

 

16 homme moche.jpeg

Mais le  frère du seigneur temporel, le Maître spirituel des lieux, le Grand Chamane des Morts, respecté des vautours aux squelettes des fardos, regardait le Dieu Soleil descendre se noyer dans l’océan, ses yeux pleins des doutes de l’homme devant son dernier vol.

Texte et photos ÊPHÊME

À suivre ...

 

28/07/2012

Quitter le Pérou avec une fleur

( Suite de la note précédente )
Tous les voyageurs connus et inconnus de l’EVASION étaient hier avec les morts des falaises. Aujourd’hui ils sont  à la découverte du monde hanté de rêves des vivants, entourés par les esprits et les restes des défunts.
Une très longue piste sinueuse, initiatique, les a élevés en quête de KUELAP. Là l’imagination s’exalte, car le réel dépasse les songes. La plus fabuleuse «forteresse» de ce peuple mal connu, a été créée vers 500 après J.C, délaissée vers 1570, après un terrible «sacrifice d’abandon», sur la terrasse sud, d’une centaine de personnes, abattues en vrac.

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À 3000 m, sur une mince crête calcaire, fin serpent de pierre caressant les nuages, entre le dieu blanc TIKI-VIRACOCHA enveloppé de nuées et l’inconnu des profondeurs chtoniennes, ce monde  tutoie le monde du divin. Pourquoi les habitants, sans métal ni écriture, ont-ils érigé en ce lieu des airs cette colossale cité, soutenue par des murs de pierre bien appareillés de 20 m de haut ? Le volume des remblais et «remparts» accumulés est supérieur à celui de la pyramide de KHEOPS.
Ces guerriers des nuages vivaient dans de grandes et hautes maisons rondes, partagées avec les cochons d’Inde (que les péruviens trouvent délicieux à manger). D’où venait l’alimentation, comment était stockée l’eau ? Mystère, il n’y a pas de citernes, pas de magasins. Le site, en très grande partie non fouillé, est gigantesque, et s’étend bien au delà de la cité visible, dont rien ne permet d’affirmer qu’elle avait un usage défensif. La crête nord s’est révélé être une nécropole géante. Mais dans presque chaque interstice des murs, comme sous les maisons, l’on trouve des ossements humains… Les morts hantent chaque parcelles des vivants.

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Sur la terrasse sud, au milieu des structures rondes des habitations, se détache le «Templo Major», un bâtiment qui défit la pesanteur, en forme de cône pointe en bas, où les pèlerins, venus de très loin parfois, venaient offrir des offrandes. Que scrute-t-il dans le ciel ?

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Les parties non étudiées sont piquetées d’arbres hérissés d’épiphytes rouges, des guirlandes d’orchidées pendent des branches, et sur les murs des maisons apparaît le dessin géométrique des frises, qui évoque, peut-être, l’œil du puma. De translucides silhouettes vibrantes nées de nos désirs murmurent les chants des disparus. L’ambiance est féerique, des esprits volettent autour de nos songes. Seuls au milieux des ombres, des souvenirs, nous sentons revivre en transparence les chamanes hallucinés psalmodiant dans leurs transes leurs invocations aux Apus.

 

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Nous avons quitté à regret l’énigmatique plateforme sud, et nous sommes ressortis par la porte nord. Là deux lamas hautains nous fixèrent, puis, en se dandinant dignement, filèrent vers la sortie. Il nous fallait revenir sur Terre, avant de retrouver notre navire.

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Nous étions un peu tristes que cette partie du voyage des Vacances Imaginaires se termine mais nous avons ramené en souvenir de magnifiques orchidées, offertes à tous ceux qui voyagent avec l' ÉVASION.

Texte et photos ÉPHÊME

27/07/2012

Chachapoyas,nord du Pérou

 

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La route fut longue, et l’équipage, après des jours de bus moins confortables que l’EVASION, est arrivé au petit jour, un peu brisé, à CHACHAPOYAS, au nord du Pérou, dans le département dAmazonie, 2300 m au dessus du niveau de la mer, surplombant un profond canyon.

Comme très souvent là, le temps est gris, la pluie menace. Accompagnés d’un «guide» français, docteur en archéologie, spécialiste de ce «peuple des nuages», l’équipage et la cohorte des passagers ont parcouru des dizaines de kilomètres sur d’interminables pistes vertigineuses, et beaucoup marché. Le pays des CHACHAPOYAS est le monde de la «rain forest», la forêt des pluies, avant les grandes zones herbeuses de la haute montagne. Les chemins y serpentent sous les fougères géantes, ou au pied des falaises. Les colibris vont de fleur en fleur, des épiphytes pendent partout…

 

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 Le premier choc fut la cataracte de GOCTA, haute de 771 m, qui retombe dans un fracas infernal au milieu de son écrin de verdure. L’eau tombe de si haut qu’elle paraît presque immobile, mais la douche en s’approchant de la base de la première chute a convaincu chacun de son débit et de sa hauteur !

 

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Mais les CHACHAPOYAS étaient surtout «habités» par les morts. Ils sont présents partout, parfois sous les maisons, dans les murs. Leur préférence était pour les falaises. Il ont installé leurs défunts dans les endroits les plus vertigineux, parfois à des centaines de mètres de haut.

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Dans certains sites, comme REVASH, à 2800 m, les momies, sans doute de familles aristocratiques, emmitouflées dans leur «fardos», étaient déposées dans des maisons accrochées au rochers, souvent peintes. En longeant la falaise apparaissent de nombreux autres exemples de ces «villages des Ombres », enveloppés de silence dans cette montagne perdue.

 

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À d’autres époques ou en d’autres lieu, la momie est finalement installée dans un sarcophage peint fait de roseaux et d’argile, souvent surmonté d’un crâne. Ces cercueils, en groupe ou isolés, accrochés au dessus du vide sur une corniche ou dans des grottes,  fixent, hiératiques, l’éternité, en murmurant leurs prières aux Dieux. Parfois la vie vient y faire un tour : à KARAJIA, sur le défunt le plus à droite, un viscache des montagnes n’a pas bougé d’un poil pendant notre passage… et nous l’avons découvert au retour à bord, en regardant les clichés

Mais où vivaient ces guerriers redoutés ? Peu à peu se dévoilent des cités immenses, quasiment toutes au sommet des montagnes. Nous irons demain découvrir la plus étrange d’entres elles.

 Texte et  photos ÉPHÊME

La suite et fin demain.

 

 

25/07/2012

l'Évasion vers le lac Titicaca

 

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Dans la dérive de ses rêves l’ÉVASION, niché dans un nuage bien dodu, a vogué vers les rives  lointaines du lac TITICACA.  Il s’est réveillé flottant magiquement vers 3800 m  d’altitude, à PUNO, accosté au bord d’un vieux paquebot dont le  voyage, il y a des lustres, amené pièce par pièce à travers les  ANDES, avait été bien pénible.

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L’équipage avait un léger mal des montagnes, mais un peu de pisco et  une tisane de coca l’ayant ragaillardi, il a filé vers les îles  flottantes des mystérieux indiens UROS, maintenant disparus. Le  travail est incroyable, créé à partir d’épaisseurs accumulées des racines poussant dans l’eau des «totora», roseaux servant à tout  faire, maisons, embarcations, et que grignotent même les bébés.

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Un moment le mauvais temps a menacé, les esprits du lac se sont  énervés, le vent s’est levé, les nuages se sont tordus, dans une atmosphère oppressante où l’EVASION se sentait comme intrus sur ce  lac des extrêmes.

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Le soleil est d’un coup revenu, et sur le lapis-lazuli des eaux, le  minuscule esquif des pêcheurs paraît bien fragile, serti par les  cimes blanches des Andes hautaines, bien au-delà de l’horizon. Mais  sur lui veillent les âmes des princesses incas à peine nubiles,  sacrifiées, avec leurs perroquets blancs, aux plus hauts sommets dans  leurs neiges immaculées. Elles se sont endormies là pour honorer les  dieux  solaires afin qu’ils irradient encore la piètre existence des  fourmis humaines.

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Il a enfin abordé sur l’île de TAQUILE. Là vit une étrange communauté  de tricoteurs et tisserands, où les fiancés doivent vivre ensemble au moins deux ans avant le mariage, et où les gens se disent bonjour en échangeant quelques feuilles de coca. Un tricoteur, tout seul au bout  d’un champ au dessus du lac, lui a soufflé alors malicieusement que, plus énigmatiques encore que son peuple, existent tout au nord du Pérou  les souvenirs des guerriers des nuages, les CHACHAPOYAS. L’ÉVASION, un peu fatigué par toutes ces découvertes, a désiré un temps de repos et il a envoyé à terre le vaillant équipage qui s’est évanoui au  Septentrion en direction du versant oriental des Andes amazoniennes…

Texte et photos ÉPHÊME

22/07/2012

C'est le Pérou !

Nous sommes partis ! C'est ÉPHÊME, un valeureux membre de l'équipage, qui a activé le propulseur "imagination" de notre bateau, une propulsion forte car, en un instant, nous avons navigué sur l'Atlantique, passé le détroit de Magellan, vogué sur le Pacifique et remonté les côtes de l'Amérique du sud jusqu'au PÉROU ... quel périple initial !

***

Bien bichonné, briqué, acastillé, le vaisseau l’ÉVASION  s’est enfin endormi après les nombreuses bouteilles de champagne brisées sur sa proue.

Mais ses songes planaient… et sur un vol multicolore d’oiseaux sans nom il s’est envolé vers les côtes occidentales du PEROU, ce monde des mythes, là où CIPANGO mûrissait l’or en ses mines lointaines…

Bercé par la houle pacifique, il a quitté l’abri de PARACAS, le port aux pélicans, et, veillé par les momies pré-incas recroquevillées dans leurs «fardos» de fins suaires magiques figées dans les sables du désert, il a longé au plus près la côte déchiquetée.

       

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Dans un premier rêve éveillé est apparu d’abord, tout à coup, le mystérieux «Candélabre» : objet des phantasmes et délires les plus fous, il n’a toujours pas révélé les secrets de ses origines et regarde immobile la mer, sans un mot. Tonnerre de Brest ! Il aura de quoi causer à son retour à quai !

 

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 Au loin se dévoilent enfin à lui les blanches îles BALLESTAS, arides cailloux calcaires, domaine des oiseaux et des lions de mer, trouées d’arches et de grottes, dessin improbable d’un magicien fou.

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Des  centaines de milliers de cormorans s’y envolent vers des horizons chimériques grouillant de poissons, et les tout petits et rares manchots de HUMBOLT, d’une grande dignité du haut de leurs 45 cm, le regardent passer sans broncher.

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Dans un raffut infernal s’ébattent à la «nurserie» otaries, phoques, lions de mer dans une joyeuse animation.

 Notre bateau est alors parti à la dérive de ses songes, ébloui par cette orgie de vie, à la recherche d'autres mondes chimèriques, là où deviennent réelles les fables nées de l'union vitale de l'Écume et de la Terre.

Photos et texte ÉPHÊME