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12/05/2012

Citation de Jung : commettre des erreurs

Hier, en triant des papiers, j'ai trouvé cette citation de Jung. Comme je ne crois pas vraiment au hasard, j'ai pensé qu'elle convenait à la journée d'aujourd'hui et à la nouvelle manière dont je compte oeuvrer au sein du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle.

Ariaga

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J’ai souvent commis des erreurs et j’ai dû souvent faire table rase de connaissances précédentes pour en acquérir à nouveau de plus pertinentes. … Car l’activité scientifique du chercheur ne fut jamais pour moi ni une vache à lait, ni un moyen de prestige, mais le résultat de l’expérience quotidienne. C’est pourquoi tout ce que j’avance n’est pas seulement écrit avec l’intellect, mais découle aussi parfois du coeur, circonstance que je demande au lecteur bienveillant de ne pas oublier, quand, en suivant la ligne intellectuelle de mes travaux, il rencontre parfois des points de rupture ou de discontinuité qui n’ont pas été parfaitement ajustés.”

C.G.JUNG : Psychologie de l'Inconscient p. 205

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Je continue à publier des textes sur mon autre blog  : Extraits du Laboratoire.

18/04/2011

L'échelle d'ombre de l'inconscient

écriture,poésie,philosophie,Jung,société,citation,culture

 

Pour naviguer sur le fragile esquif du Moi

il faut savoir écoper l'eau qui s'insinue par les fissures.

Si la coque est envahie

se séparer de la bouée des certitudes et du collier d'angoisse.

NU

accepter la périlleuse descente par l'échelle d'ombre

qui conduit vers les abysses.

Ariaga

Vous trouverez dans Extraits du Laboratoire une citation de C.G.Jung sur l'angoisse et le bruit. Cliquez sur le lien.

09/02/2011

Jugement ...

 

 

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Extraite du dernier livre de Michel SERRES, une citation qui donne à penser :

Dans tel ou tel cas, un jury juge le coupable. Doute pour l'individu. Qui, d'autre part, de vue et d'intelligence assez globales, décidera de la culpabilité de Dieu, s'il existe, d'avoir créé déluges et inondations, maladies ou séismes ? Décision indécidable pour un créateur, au moins absent. Mais ô certitude, connaissons nous un seul collectif sans tache de sang ? Organisons un tribunal où comparaîtraient, sous l'accusation du mal, non plus un prévenu, tel individu ordinaire, non plus Dieu soi-même, à l'existence indécidable, mais, tour à tour, toutes les sociétés de l'histoire du monde, bien réelles. Laquelle, innocente de meurtres, bénéficierait d'un non-lieu ?

Michel SERRES : BIOGÉE, p.32

 

 

21/01/2010

Le temps du chat

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Suite de la note précédente.

Pour tenter de faire ressentir ce que j'appelle temps présent unique, et que j'aurais bien appelé temps naturel, mais je trouvais que le terme était trop "chargé" de théories philosophiques, je vais encore donner un exemple. Regardez un chat assis , le regard à l'intérieur, comme on peut les observer, restant ainsi pendant des heures entre le sommeil et la veille. On a l'impression que le temps, notre temps du calendrier, n'existe pas pour lui mais  seulement un temps vécu, ressenti, le temps du présent, le temps du "être juste là", le temps du chat ! vous me direz, nous ne sommes pas des chats mais c'était juste un petit exemple...

Je crois, comme le pensait le philosophe Merleau Ponty, qu'il existe un temps qui "fuse" à travers l'être humain. C'est le temps du sujet vivant ses propres actes en dehors des horloges et des tableaux chronologiques.Le moment où l'imagination ouvre la porte de tous les possibles  et qui est celui d'un instant unique. Tout est contenu dans cet irremplaçable instant qui, parce que unique, ne peut que changer pour être remplacé par un autre instant unique. La mémoire fait revivre la passé et la prévision rend actuel le futur mais mémoire et prévisions ne sont que des productions de l'esprit et on peut donc dire que rien n'existe vraiment dans la conscience humaine en dehors du présent. Le reste est caquetage mental, comme le disait Krishnamurti. Il y a sur le sujet une jolie citation de Merleau Ponty, page 63 de La phénoménologie de la perception : "le présent tient encore dans sa main le passé immédiat, sans le poser en objet, et comme celui-ci retient de la même manière le passé immédiat qui l'a précédé, le temps écoulé est tout entier repris et saisi dans le présent." Ce véritable moment présent, ce temps non fictif,  va aussitôt après être détruit et devenir un moment du temps qui ne pourra plus se retrouver, à la fois lui même et comme faisant partie de tous les autres, dans un nouveau présent unique. C'est pour cela que j'ai appelé cette saisie immédiate du temps que j'ai tenté de décrire mais qui est indescriptible, temps présent unique ; unique, parce que absolument différent des autres moments du temps, la comparaison entre deux expériences vraies et individuelles à deux moments différents étant impossible.

Cette réflexion ne servirait à rien si elle ne débouchait pas sur un questionnement. Ce temps présent unique c'est le temps de quoi  ? Je pense qu'il y a déja des pistes dans les commentaires des lecteurs sur les deux précédentes notes. Je vais en ouvrir d'autres  juste pour voir...

Ce temps serait- il le temps de la Nature ?

Ce temps serait- il le temps de la méditation sans but ?

Ce temps serait-il celui de l'intuition fulgurante, de la véritable création ?

Ce temps serait-il le temps d'un flux cosmique divin qui nous traverserait ?

Ce temps serait-il le temps réel, le reste n'étant que illusion ?

Le chat connaît peut-ête la réponse !

Ariaga

 

 

 

12/01/2010

La création du temps

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Paul Valéry n'était pas seulement poéte mais aussi penseur. Certains diraient même philosophe mais j'ai une certaine réticence envers ce terme souvent galvaudé. Il parle de beaucoup de sujets concernant la vie de l'homme, ses relations à l'autre où à la société et j'ai eu envie de vous citer ce qu'il écrit au sujet du temps car cela me  me semble devoir susciter pas mal de réflexions.

"Permettez moi de vous indiquer au passage une des plus extraordinaire invention de l'humanité (j'ajoute qu'elle ne date pas d'aujourd'hui) . Je songe tout simplement à l'invention du passé et du futur. Ce ne sont pas là des notions toutes naturelles : l'homme naturel vit dans l'instant comme l'animal. Plus un homme est près de la nature, moins le passé et l'avenir se construisent en lui. L'animal, sans doute, ne se sent être qu'entre un minimum de passé et un minimum d'avenir. ... Il en est autrement chez l'homme : par un accroissement, par une généralisation imaginaire de l'instant, par une sorte d'abus, l'homme, créant le temps, non seulement construit des perspectives en deçà et en delà de ses intervalles de réaction, mais, bien plus, il ne vit que fort peu dans l'instant même. Son établissement principal est dans le passé ou dans le futur. Il ne se tient jamais dans le présent que contraint par la sensation : plaisir ou douleur. On peut dire de lui qu'il lui manque indéfiniment ce qui n'existe pas. C'est là une condition qui n'est point animale, qui est tout artificielle, puisqu'en somme elle n'est pas absolument nécessaire à l'être. Sans doute ce développement du "temps" peut souvent lui être utile. Mais cette utilité est elle même contraire, en quelque manière, à la nature. La nature ne se soucie pas des individus. Si l'homme prolonge ou adoucit son existence, il agit donc contre nature, et son action est de celles qui opposent l'esprit à la vie.

Essais quasi politiques, p.1024, ed. La Pléiade

J'ai quelques petites idées sur le temps et, comme je n'aime pas rester sur une citation, si cela vous intéresse chers lecteurs, je vous en ferai part dans la prochaine note.

Ariaga


13/10/2009

Les épidémies psychiques

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Dans le tome III de la Correspondance de C.G.Jung (p.186), ouvert comme d'habitude au hasard, les lignes suivantes m'ont serré la gorge et j'ai entendu dans ma troisième oreille, celle qui est reliée au coeur, un fort bruit de chaînes.

" Les grands dangers qui menacent la vie de millions d'hommes ne sont pas de nature physique, ils ne sont autres que la folie et les méthodes diaboliques qui provoquent des épidémies psychiques chez des masses sans défense sur ce plan là. La pire des maladies ou la plus grande des catastrophes naturelles (tremblement de terre, raz de marée, épidémies) sont sans commune mesure avec le danger que l'homme peut être aujourd'hui pour l'homme. "

Jung avait 77 ans quand il écrivait ces lignes en 1952. Elles me semblent toujours d'actualité car je pense que nous sommes infectés, manipulés, par des virus s'attaquant insidieusement à notre liberté de penser, même si cette liberté originelle demeure. Il faut être très fort pour résister et, une fois de plus, ce sont les maltraités de la société qui subissent cette pollution mentale.

Des exemples de manipulations ? en voici quelques uns :

L'exploitation des peurs et des haines irrationnelles.

L'utilisation de la pauvreté et la création de besoins inutiles qui augmentent cette pauvreté.

Les sondages truqués, les rumeurs dans les médias, en particulier internet, les publicités mensongères.

... et bien d'autres qui, j'en suis certaine, vous viendront à l'esprit.

Il avait raison ce cher Carl Gustav.

Ariaga

 

28/04/2009

Le rêve du yogi de C. G. JUNG

Rêve de chapelle.jpg

..."J'arrivais près d'une petite chapelle, au bord de la route. La porte était entrebâillée et j'entrai. A mon grand étonnement, il n'y avait ni statue de la Vierge, ni crucifix sur l'autel, mais simplement un arrangement floral magnifique. Devant l'autel, sur le sol, je vis, tourné vers moi, un yogi dans la position du lotus, profondément recueilli. En le regardant de plus près, je vis qu'il avait mon visage ; j'en fus stupéfait et effrayé et je me réveillai en pensant : " Ah ! par exemple ! voilà celui qui me médite. Il a un rêve, et ce rêve c'est moi. " Je savais que quand il se réveillerait je n'existerais plus. "

C. G. JUNG, Ma vie

 

Fleurs pour le bouquet de Jung.jpg

Je vous laisse le soin de cueillir les fleurs pour faire un bouquet sur l'autel de la photo et de méditer sur ce rêve que Jung fit alors qu'il était déjà assez âgé. Il en a donné une interprétation et c'est un rêve que j'ai souvent cherché à expliquer, chaque fois d'une manière différente, comme si les cheminements de ma propre évolution en enrichissaient la signification.  Si vous en avez envie , contemplez cette scène onirique et laissez venir vos pensées...

Ariaga

 

 

30/09/2008

La Table d'émeraude d'Hermès


 

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Depuis longtemps je vous cite les premières lignes de la Table d'émeraude qui sont pour moi une ligne directrice sur le plan spirituel. Je voudrais aujourd'hui vous proposer le texte entier. Il ne s'agit pas de tout comprendre, c'est un texte alchimique qui demande contemplation et méditation. Je vous donnerai quelques indications sur les origines du texte après la citation.

" 1. Il est vrai, sans tromperie, certain et véridique.

2. Ce qui est en bas est semblable à ce qui est en haut et réciproquement lorsqu'il s'agit d'accomplir les merveilles de l'Un.

3. Et comme toute chose procède de l'Un par la médiation de l'Un, ainsi toute chose procède d'une seule par adaptation.

4. Son père est le soleil, sa mère la lune. C'est le vent qui l'a porté en son sein, la terre qui l'a allaité.

5. Il est le père de toute perfection dans le monde.

6. Sa force est complète lorsqu'il la tourne vers la terre.

7. Vous séparez la terre du feu, le subtil du grossier, cela en douceur et avec une grande intelligence.

8. Il monte de la terre aux cieux et redescend sur terre où il reçoit les pouvoirs des choses supérieures et inférieures. Aussi détiendrez-vous les pouvoirs du monde entier. Ainsi toute obscurité cédera-t-elle devant vous.

9. Il est la force d'âme de toute force d'âme, car il vient à bout de tout ce qui est subtil et pénètre les solides.

10. C'est ainsi que fut crée le monde.

11. Il en découle de merveilleuses adaptations dont il est le truchement.

12. C'est pourquoi on m'appelle Hermès Trismégiste, car je suis la philosophie du monde en trois parties.

13. Ce que j'avais à dire sur l'opération du soleil est terminé. "

Tabula smaragdina

La Tabula smaragdina, s'appelle aussi Table d'émeraude d'Hermès ou Magna Charta de l'alchimie. C'est un des plus anciens documents hermétiques. Parut d'abord au IX° siècle en arabe, peut-être d'une source syrienne du IV° siècle, probablement inspirée d'un original grec. Je vous ai proposé ici la traduction de Richard Crevier du livre de Johannes Fabricus, L'alchimie paru en anglais. Bonne lecture et patience, ce texte peut être médité toute une vie...Ariaga.

04/02/2008

Saint-John PERSE, poésie et divination

 

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   " O vous que rafraîchit l'orage...Fraîcheur et gage de fraîcheur..." le Narrateur monte aux remparts. Et le vent avec lui. Comme un Shaman sous ses bracelets de fer :

   Vêtu pour l'aspersion du sang nouveau - la lourde robe bleu de nuit, rubans de faille cramoisie, et la mante à longs plis à bout de doigts pesée.

   Il a mangé le riz des morts ; dans leurs suaires de coton il s'est taillé droit d'usager. Mais sa parole est aux vivants ; ses mains aux vasques du futur.  ......

 

   Jadis, l'esprit du dieu se reflétait dans les foies d'aigles entrouverts, comme aux ouvrages de fer du forgeron, et la divinité de toute parts assiégeait l'aube des vivants.

   Divination par l'entraille et le souffle et la palpitation du souffle! Divination par l'eau du ciel et l'ordalie des fleuves...

   Et de tels rites furent favorables. J'en userai. Faveur du dieu sur mon poème! Et qu'elle ne vienne à lui manquer! 

   " Favorisé du songe favorable " fut l'expression choisie pour exalter la condition du sage. Et le poète encore trouve recours dans son poème,

    Reconnaissant pour excellente cette mantique du poème, et tout ce qu'un homme entend aux approches du soir;

   Ou bien un homme s'approchant des grandes cérémonies majeures où l'on immole un cheval noir. - " Parler en maître ", dit l'Ecoutant. " 

     Saint-John PERSE, Vents,I. Gallimard, la pléiade, p.181

 

 

22/01/2008

Ne pas se fier aux apparences

   Je vous ai déjà parlé du livre Les devoirs du coeur de  Bahya Ibn  Paqûda,  philosophe juif d'espagne du XI° siècle qui écrivait en arabe, la langue de la culture de l'époque, et fut ensuite traduit en hébreu par Juda Ibn Tibbon et de nos jours par André Chouraqui dont les dons poétiques donnent à cet ouvrage un souffle à la fois biblique et très moderne. Ces textes se situent aux carrefour du judaïsme, du christianisme et de l'islam et montrent la possibilité d'un fructueux dialogue entre les trois religions monothéistes.
   Les devoirs du coeur, sont un guide de la vie intérieure et du cheminement vers le divin et je trouve que certains passages s'appliquent tout à fait à notre société contemporaine de l'apparence, en particulier celui-ci où il parle de ceux qui jettent l'invective et divulguent la méchanceté de ceux qu'ils considèrent comme inférieurs sur le plan spirituel : 
 
   " Comment mépriserai-je et confondrai-je ceux dont j'ignore le coeur, la conscience secrète et ce qu'ils sont devant Dieu; la vie intérieure d'un homme, extérieurement méprisable, peut donner un lumineux démenti à son apparence. les prophètes ont confondu et exhorté leurs contemporains par la permission du Seigneur qui voyait leur coeur et leur intime vilenie.  Je suis trop ignorant pour pénétrer les consciences ; celle qui me paraît méprisable, peut être à mon insu meilleure que ce qu'elle laisse voir, et meilleure que je ne le suis devant Dieu. Si un tel me semble mauvais, la cause peut en être simplement due à son ignorance de ses obligations divines, et cela le rend-il plus excusable que je ne le suis dans ma science. Dieu juge l'homme selon ce qu'il sait et je suis plus coupable de mes transgressions préméditées que ne peut l'être celui qui agit par ignorance ; celui-ci se rebelle contre Dieu par aveuglement et inadvertance ; moi, j'agis de propos délibéré, avec toute ma lucidité. Il est également possible que sa méchanceté soit une apparence recouvrant un bien caché, enfoui, contrairement à ce qu'il en est pour moi ; lui étant ainsi plus digne de la miséricorde et du pardon de Dieu ; un seul de ses mérites vaut peut-être mieux que les miens car Dieu seul le connaît et nul ne le loue ni ne l'honore ; il n'en est pas ainsi pour moi dont l'aspect seulement est plus reluisant." (p. 361, ed. Daniel Radford)
 
  Je pense que l'on peut lire ce texte sur plusieurs plans et qu'il est tout à fait d'actualité. Bonne méditation.
       Ariaga
 

17/01/2008

Le Dieu inconnu d'Angelus Silesius

 

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                           " Le Dieu inconnu."

 

 " Ce que Dieu est, nul ne le sait. Il n'est ni lumière, ni esprit,

Ni béatitude, ni unité, ni ce qu'on nomme Déité,

Ni sagesse, ni intelligence, ni amour, ni vouloir, ni bonté,

Ni chose, ni d'ailleurs non-chose, ni essence, ni affect,

Il est ce que ni moi ni toi, ni nul être

Ne peut éprouver tant que nous ne sommes pas devenus ce qu'Il est. "

   ANGELUS SILESIUS

   Le pélerin chérubinique, p. 220 ed. du cerf.

 

21/12/2007

Incarnation divine

     "Avec l' Incarnation, l'image divine se transforme tout entière, car alors Dieu devient manifeste ; il apparaît sous les traits de l'homme, qui est conscient et donc contraint de poser des jugements de valeur. Il faut qu'il dise qu'une chose est bonne et une autre mauvaise. La tradition enseigne que le diable ne devint véritablement réel que lorsque apparut le Christ. "...
"En devenant homme, Dieu devint ainsi un être défini, qui est ceci et n'est pas cela. C'est pourquoi le Christ doit dès le commencement se séparer de son ombre et nommer celle-ci diable. "
 
             C. G. Jung
     Correspondance, III, p.199

 
 
   
 

17/12/2007

Les pires catastrophes sont psychiques

   J'avais en projet pendant ma " pause " de relire la correspondance de Jung. C'était ambitieux et, pour l'instant j'ai décidé de me contenter des trois derniers volumes. C'est une mine inépuisable que ce soit sur le plan de la psychologie, de la philosophie et aussi de la sociologie. Je vous en proposerai un morceau de temps en temps et j'espère que cela vous fera mieux connaître cet homme qui se livrait moins dans ses oeuvres où il est parfois un peu " lourd ". Cela s'explique par son besoin de communiquer ses connaissances de la manière la plus " empirique" (c'est lui qui le dit) possible. 
  L'extrait de lettre que je vous propose de partager aujourd'hui est adressé (tome 3, p.187) à un écrivain américain qui lui avait proposé de créer un prix pour des activités non récompensées par le Nobel. Jung, alors âgé de 78 ans, propose de s'intéresser au bien être moral et spirituel de l'homme. 
 
 ...  "La paix de l'âme, l'équilibre intérieur de l'homme, voire sa santé dépendent pour une large part de facteurs moraux et spirituels qui ne peuvent être remplacés par des facteurs physiques. Si la santé mentale et le bonheur des individus dépendaient d'une alimentation correcte et d'autres conditions de vie extérieures, alors tous les gens vivant dans l'aisance devraient être heureux et bien portants, et tous les pauvres seraient déséquilibrés, physiquement malades et malheureux. Or ce n'est pas le cas. 
   Les grands dangers qui menacent la vie de millions d'hommes ne sont pas de nature physique, ils ne sont autres que la folie et les méthodes diaboliques qui provoquent des épidémies psychiques chez des masses sans défense sur ce plan-là. La pire des maladies ou la plus grande des catastrophes naturelles (tremblement de terre, raz de marée, épidémies) sont sans commune mesure avec le danger que l'homme peut  être aujourd'hui pour l'homme."... 
    
   C'est ce que pense Jung, j'aurais tendance à nuancer mais il me semble que c'est un bon sujet de réflexion, dans l'air du temps...
       Ariaga.
 
 

22/11/2007

C.G.Jung et la femme anima

      C.G.Jung n'était pas uniquement préoccupé par la psychologie des profondeurs, les rêves, la philosophie des alchimistes. Les femmes ont eu une grande importance dans sa vie. Je ne jouerai pas  au commentaire"people" en vous parlant de sa vie privée mais... Pour ce qui est de l'auto-analyse qu'il fit de sa vie psychique, l'anima, l'image intérieure de la femme en l'homme, a tenu une grande place. Il la considérait comme incontournable mais aussi redoutable et quasi invincible. 

   Je vous propose ici l'essentiel d'une lettre que Jung, alors âgé de 76 printemps, adressait à son vieil ami le dominicain Victor White le 21 Septembre 1951. II faut toujours lire la correspondance Jung en pensant qu'il avait beaucoup d'humour.

   "J'ai vu Mrs. X., un vrai régal pour les yeux, et un peu plus encore ! Nous avons eu une conversation intéressante ; je suis bien obligé de le dire, elle est remarquable ! Si jamais femme a été anima, c'est bien elle, il n'y a pas à discuter !

   Dans de tels cas, ce que l'on a de mieux à faire, c'est le signe de la croix, car l'anima, et par dessus le marché, une telle quintessence d'anima, projette une ombre métaphysique longue comme une note d'hôtel, et recèle des choses qui se prolongent à l'infini et s'harmonisent ensemble à merveille. Impossible de la saisir et de la classer quelque part. On y perd son latin. Je comprends au moins pourquoi elle rêve des vainqueurs du Derby : c'est exactement ce qui lui correspond ! Cette femme c'est un phénomène de synchronicité, tout simplement, et on ne peut pas plus la saisir qu'on ne saisit son propre inconscient.
   Je trouve que vous devriez remercier saint Dominique d'avoir fondé un ordre dont vous faites partie. Dans de telles occasions, c'est une bonne chose qu'il y ait des couvents. Qu'elle ait appris toute sa psychologie dans les livres, c'est parfait ; elle aurait écrasé n'importe quel analyste, même correct et compétent. ...
    Si vous voyez Mrs. X., dites lui, s'il vous plaît, combien sa visite m'a fait plaisir, mais gardez pour vous le reste de mes réflexions ! ..."

     En espérant vous avoir fait sourire, devant la verdeur et la capacité intacte de fascination de Jung devant une image incarnée de l'anima

       Ariaga
 

 

04/09/2007

Anna Dyomène ferme le banc.

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Je croyais que nous avions définitivement quitté le banc des vacances dans la tête mais j'ai reçu d'Anna un commentaire si beau que je pense que c'est elle qui va clore la saison d'Eté du Laboratoire avec ce texte :

       " J'abandonne mon banc de sable pour venir sur ce banc de bois profiter des derniers rayons du soleil.

Encore un peu bancal, mon esprit refuse encore de voir l'été s'enfuir...et cherche un signe sur ce banc...un amour gravé de quelques initiales, des jours comptés dans la chair du bois comme des cicatrices sur le mur d'une prison...

Combien de jours nous séparent de  l'été passé? de l'automne à venir? de l'amour qui renaît ?

De ce banc je regarde le ciel et m'envole vers d'autres pensées...ce banc, c'est un tapis volant. "