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04/09/2013

Marie-Louise von Franz et le conte

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Pendant tout ce mois d'Aout, où nous avons voyagé avec la Gaillarde Conteuse dans le monde du conte, j'ai pensé à la manière dont Marie-Louise von Franz nous introduit dans ce domaine merveilleux qui est en chacun de nous. Cette disciple privilégiée et héritière de la pensée et de l'oeuvre de C.G.Jung nous montre, grâce à son immense culture et sa pénétration du langage symbolique, combien ces histoires qui jouent à faire émerger de puissants archétypes sont finalement révélatrices d'un cheminement vers une harmonie des contraires. Le Soi ? Peut-être ...

Ceux qui ont lu entre les lignes du dernier texte de Patricia Gaillard, dite la Gaillarde conteuse, ont bien compris qu'en nous enchantant elle nous conduisait vers un jardin merveilleux, celui que les alchimistes appellent le "jardin des sages" et que dans ce jardin intérieur on pouvait faire la découverte de ce roi qui est une manifestation du Soi. J'espère que ceux qui me lisent ne confondront pas l'archétype et sa re-présentation.

Je n'arriverai jamais à m'exprimer aussi bien que Marie-Louise von Franz au sujet de contes c'est pourquoi je vous propose une citation qui conclut son ouvrage : L'interprétation des contes de fées (Albin Michel):

"Le nouveau principe de conscience est donc une totalité, il se place bien au-delà de la scission entre les opposés féminin et masculin, bien et mal. Les contes - et les rêves - montrent que le progrès serait de tendre vers une réalisation de cet équilibre. On peut dire, en s'appuyant sur l'exemple de ces contes, que le centre le plus intérieur, le noyau divin de la psyché humaine, est la seule chose qui puisse transcender le problème du bien et du mal et qu'il est le seul facteur absolu capable de nous conduire au-delà de la situation de chaos à laquelle nous sommes confrontés. Seul l'être conscient et individué peut résister aux épidémies psychiques qui contribuent dans une proportion incalculable à augmenter le mal et la souffrance du monde.

... en réalité, les contes de fées ne sont qu'en apparence des histoires naïves et innocentes. Ils sont si riches de sens qu'on ne peut les expliquer superficiellement et que, pour les comprendre réellement, il faut que nous acceptions de plonger, avec eux, en eau profonde. "

C'est cette plongée que nous avons tentée pendant le mois d'Aout avec la Gaillarde Conteuse.

Ariaga

28/08/2013

Le Roi des Contes

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 Photo illustration Ariaga (clic pour agrandir)


Mes amis, vite, revenez à moi. Notre tapis est orange et brillant comme jamais.
C’est que cette dernière envolée sera celle de l’adieu, après nous ne reverrons plus notre chère monture.
Il faudra revenir à nos pieds, nos vélos, nos motos, nos voitures...
Ce matin nous partons pour ce château final, le roi nous y attend. Munissez vous bien vite de vos objets magiques, brossez vos chevelures, briquez votre minois, habillez-vous d’or et de soies, je vais vous présenter à un grand personnage, qui connaît de vos âmes le plus petit recoin, car c’est chez lui qu’arrivent vos rêves, vos désirs, vos fantasmes et vos projections. En grand ordonnateur, il tisse tout cela pour en faire des contes, propres à vous nourrir, à vous guider, à raconter au monde vos schémas intérieurs qu’il disperse sur terre comme des graines de blé.
Regardez ce château, chacun de vous le voit selon ses rêves et ses désirs, et regardez ce roi. Bien sûr il n’est pas grand, ni vêtu de velours et d’hermine, bien sûr la couronne de sa tête n’est pas faite d’or fin. Mais qu’attendiez vous donc, filles et fils de la terre ?
C’est un être sans âge, dont on ne peut même dire s’il est fille ou garçon, il est menu et pâle dans son vêtement de neige et de vent, sa couronne est une ronde de vers luisants et son sceptre une branchette d’aubépine. Mais allez le voir, surtout n’hésitez pas, car à le rencontrer on puise sacrément à la source de nos mythologies humaines et à celles de nos cœurs. De l’esprit aisément il sait défaire les nœuds et nous renvoie sur la terre un peu plus neufs à chaque fois.
Et pendant que vous irez à lui, je m’en irai. Il y a dans cette terre sacrée un trou dans le sol, caché à peine par quelque lierre fou. C’est par là que je pars, vous en ferez autant quand vous aurez fini. C’est un petit boyau en spirale, qui en quelques secondes vous ramènera ici, dans notre monde.
Une dernière chose, chers compagnons de ce voyage d’août qui m’a fort amusée, n’oubliez pas que ce trou de voyage est praticable dans les deux sens et à tout moment. Il ne tiendra qu’à vous de revenir. Sans moi. Comme des grands.
Merci d’avoir accepté de me suivre dans ce délire de conteuse, moins délire qu’on ne croit...
Maintenant je pars, car, je vous l’ai dit, un palais m’attend, là-bas, au-dessus de la mer, sous un oranger-ami qui m’a longtemps manqué...
Je vous embrasse à la volée !


                         La gaillarde conteuse
                                       Patricia Gaillard

23/08/2013

Tisser le conte

 

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Motif tissu du lac Titicaca, Pérou (agrandir)

Quelle force dans vos impressions durant cette traversée de la région des objets magiques et des animaux qui parlent !
Cependant il va nous falloir encore repartir, car août tricote vers septembre le tapis de ses jours.
Je ne vais pas tarder à faire ma valise, un palais m’attend, dont je ne vous dirai rien, car ce voyage-là sera mien.

Voyez, notre tapis volant qui se déroule, un peu plissé de sommeil, bercé par vos mots.
Il a rêvé de fils, de nœuds, de filage, de tissage, de lin, de laine, de coton et autres chanvres rudes.
Il a rêvé des parques, des araignées aux œuvres fines bijoutées de rosée.
Il a rêvé des vieilles brodeuses, des veilles tisserandes et des conteuses-fileuses.
Savez-vous qu’au temps des fileuses on appelait les contes “la philosophie du rouet” ?
Savez-vous que les travaux de femmes sont la métaphore de la création de la pierre philosophale ?
 
Avant de monter sur notre tapis, je voudrais vous parer. Si.
Il y a dans ce coffre de bois bleu des vêtements et accessoires importants offerts par la région des objets magiques que nous quittons :
Soie brodée d’or de Prince oriental, tenue de Reine, hardes de Sorcière, une longue barbe bleue, un chaperon bien rouge,
une robe de soleil, une autre de lune, un fuseau-somnifère qui fait dormir cent ans, des bottes de sept lieues,
un sac de cailloux blancs, une chevillette qui choit, la boîte de Pandore, un baiser de prince, un autre de grenouille,
l’édredon de dame Holle, une baguette magique, une flûte enchantée et une lampe qui renferme un génie.
Choisissez vôtre objet, celui qui vous est proche, celui dont vous rêvez. Car là où nous allons, on vous attend impatiemment et surtout on a besoin de savoir vos fantasmes, et votre choix vous trahira, car vos fantasmes sont l’essence de ce monde éternel où nous sommes encore pour quelques jours.
C’est un Roi, sachez-le, qui nous attend, pas le premier venu, car c’est le Roi des contes ! 
Notre dernière envolée va durer quatre jours. Vous aurez le loisir de choisir, d’adopter la chose, de la connaître, et surtout de vous faire connaître d’elle.
Vous arriverez mûrs au château, autre château celui-ci, château d’or des merveilles !
Veinards que vous êtes. Embarquons !

(à suivre)         La Gaillarde Conteuse

Patricia Gaillard

13/08/2013

Pique-nique au château

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Illustration ÉPHÊME (clic pour agrandir)

Chers voyageurs, il nous faut quitter ces lieux. J’espère que chacun gardera en mémoire une de ces passionnantes  créatures...
Sautez sur le tapis, nous allons décoller. Vous avez faim ? Je m’en doutais. Mes amies du cercle de fées, qui connaissent de la nature les secrets gustatifs, m’ont confié un panier. Découvrons ensemble son singulier contenu :
Terrine de plantain aux airelles, tapenade de prunelles aux orties, crottes de lièvres en coques de chocolat blanc, compote d’amanite tue-mouche relevée d’une giclée de cette absinthe si bien nommée “fée verte”. Le tout sera arrosé d’un Pisse-dru des forêts et d’un sang de sureau aux reflets d’escarboucle...
Ne faites pas la grimace et ayez en ce jour le palais tolérant ! Considérez la chance que vous avez de savourer ces préparations fines, ce qui n’est pas donné au commun des mortels. Ces dames nous ont gâtés, il faut y faire honneur.
Oh mais, surtout ne touchez à rien, pas encore ! Je referme ce panier, nous n’allons pas manger comme ça, bêtement, en volant. Ces nourritures méritent que nous prenions le temps. Je vous ai donc prévu un bel arrêt pique-nique, dans une demeure cachée, hautement mirifique. Regardez sous vos pieds et voyez ce château. Nous y serons chez nous, j’en ai reçu la clef. Quelques nappes de lin y garnissent d’interminables tables, et des chandeliers aux flammes frémissantes seront notre clarté. Quelques araignées tisserandes décorent les plafonds de leurs toiles de maîtres, et les chauves-souris font, d’un vitrail à l’autre, un ballet gracieux de papillons noirs. Est-il hanté ? Bien sûr ! Pour qui donc me prenez-vous...
Vacances surnaturelles, je vous avais bien dit. Voyage pas ordinaire....  Esprit es-tu là ?
Nous nous posons, la grande porte est ouverte. Amis, entrons.

(A suivre)               La Gaillarde Conteuse

    Patricia Gaillard

09/08/2013

Les fées, esprits de la nature

 

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Illustration,collection personnelle Patricia Gaillard

Nous allons continuer. Je vois que le parfum du lieu à présent vous inquiète.
Vous êtes tous là, aucun n'a donc péri dans ce funeste endroit ?
Vous devez avoir faim. Le roi à tout prévu dans ce panier d’osier : bouquets de ciboulette sauvage, ail des ours, beignets de fleurs d'acacia, fraises des bois. N’y cherchez pas de viandes, ni de poissons, ici les bêtes parlent, aident les voyageurs, sont des êtres vivants comme vous et moi, qu’on ne dévore jamais que symboliquement...
Ce repas sera accompagné d'un vin d'aubépine de la cave royale, cuvée 1271, s'il vous plaît. Ne soyez pas surpris, le temps ici n'est rien... Éphême sera content. Cher Éphême, trinque donc avec nous et oublie cette indignation qui te tenait tantôt ! Buvons à l’aventure, compagnons, car la région survolée est la région des fées et comme vous le savez, elles sont de tous les genres.
De celles, radieuses et douces, penchées sur les berceaux à celles, du genre Carabosse, qui tordent les destins, ces belles créatures sont nombreuses et variées et vous pourrez suivre l’une ou l’autre, pour partager un peu leur étrange fonction.
C’est là que vous verrez des fées lavandières, qui entraîneront les hommes, les lâchant au matin, echevelés et hagards, (à vous de voir...) Les fées marraines aussi, en robe de feuilles, de neige, de vent, qui vous combleront de dons. Les fées fileuses, les parques, qui créent, déroulent et coupent le fil de nos vies et qui gravent dans l’airain nos destins humains. Les fées-sorcières, comme cette reine, belle-mère de Blanche-Neige, aux noirs desseins et aux noirs dessous (les voici donc !) qui vous lira un secret kamasutra, capable de séduire même les rois. La preuve. Une pomme... d’amour ?
Et toutes ces dames vertes et blanches, même noires parfois,  qui courent dans les légendes. Merveilleuses, redoutables, enjouées, magnifiques, magiciennes, dansantes, légères, elles sont toutes fées, esprits de notre nature, esprits de la nature...
Filez vite, voyageuses, voyageurs, mais revenez-moi quand même, je serais très ennuyée de vous perdre par ici, ça ferait très désordre, on ne démêlerait plus l’ici de l’ailleurs...
Dans les contes on passe, on ne demeure pas !
Et la conteuse est responsable du retour...

(à suivre)

La Gaillarde Conteuse

Patricia Gaillard

07/08/2013

Les bêtes de l'ombre

 

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Illustration, collection personnelle Patricia Gaillard (clic pour agrandir)

L’atmosphère est douce, nous fendons l’air avec la délicatesse promise. Voyez, là-bas, cette porte végétale, toute emberlificotée de lierres et de ronces, c’est l’entrée de ce sanctuaire païen où je vous emmène. Et hop, nous y pénétrons et quittons le monde, où pèsent tant de conditionnements.
Détendez-vous, cette forêt ne vous est pas du tout étrangère, elle vous est même très intime, je vous dirai cela plus tard.
Tiens, notre tapis descend, nous voilà à présent à un mètre à peine de hauteur.
N’ayez pas peur, car la peur fait surgir des cerbères, hydres et autres dragons menaçants. Pratiquez l’innocence, elle est un rameau d’or, avec lequel rien ne peut ici vous nuire. Mais à voir certaines de vos têtes, et les grosses bêtes noires qui grouillent sous nos pieds, la peur n’est pas absente de ce radeau textile ! Nous avons vous et moi du travail sur la planche pour tâcher d’échapper à ça...
Mais dites donc, que peuvent bien représenter ces bêtes inquiétantes, de l’ombre et de l’obscurité ?
J’aimerais beaucoup connaître votre avis. Sachez que les démasquer, les fera déguerpir...
À vous de jouer...

(à suivre)

          La Gaillarde Conteuse

Patricia Gaillard


05/08/2013

Tapis de voyage

 

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Illustration, collection personnelle de Patricia Gaillard

Je vous sens prêts pour le voyage... Voyez dessous mon bras ce tapis magnifique, rapporté de Syrie où j’ai conté un jour. Le voici déroulé. Reconnaissez que sa teinte jaune-orange est digne des plus purs safrans. Ces inscriptions noires qui courent ici et là, sont des symboles sacrés, ou plutôt de sacrés symboles.
Prenez place, je vous prie, choisissez votre endroit. Ce tapis est bien plus vaste que ce que vous voyez et aussi bien plus sûr que vous n’imaginez. Votre hésitation vient du manque d’habitude et justement ce voyage va vous initier. Pas de ceintures, pas de sièges, la douceur du vol ne nécessite rien de plus qu’une véritable envie de partir. Avant de “décoller” je vais vous remettre à chacun un cadeau de la part de ce beau roi dont je vous parlais tantôt : une petite fiole longue, de verre ciselé, remplie de l’eau de la Fontaine de Jouvence. Attention, une goutte chaque jour suffira amplement pour vous donner une jeunesse disons... idéale, qui sera, en fait, celle que vous désirez. Une goutte, une seule, au-delà serait trop, ne faisons pas de cette aventure une colonie de vacances, ou pire, une nurserie volante !
Ah, voilà que nous partons... Vous voyez, pas même le plus petit tressautement, je vous l’avais promis...

(à suivre)

La Gaillarde Conteuse

Patricia Gaillard

03/08/2013

Il était une fois ...

 

La conteuse.jpg

Illustration, collection personnelle de Patricia Gaillard

Ce jour-là comme souvent, j’allais, l’inspiration bavarde, avec l’idée de fourrer mon nez dans une histoire à raconter et voir un peu ce que j’en allais dire pour la servir au mieux. Je ne me souviens même plus quelle était cette légende, et cela n’a ici pas la moindre importance, quand soudain j’ai vu, comme je vous vois, ou presque, une espèce de vieux beau roi couronné d’une belle dignité. Il me vit étonnée, sourit de ma surprise et me dit simplement “Je suis le conte”. “Lequel ?”, lui demandai-je, “Tous !” lanca-t-il, rieur.
Il me tendit la main et me proposa un voyage chez lui, forêt, château, royaume, tout ça...
Un peu aventurière, un peu crâneuse et conteuse avant tout, je l’ai tout simplement suivi. Amis, jamais voyage ne m’aura autant plu et je n’en ai plus jamais oublié le chemin. Ce qui fait qu’aujourd’hui, veinards qui êtes là, je peux vous proposer son parcours véritable, et en tapis volant, avec boissons de jouvence, fraîcheur de petit bois et même repas pas du tout ordinaires. Ceux qui ont un penchant pour la gaudriole ne seront pas déçus, car j’y ai croisé deux sorcières et une reine, aux noirs desseins et aux noirs dessous, qui feuillètent depuis des siècles des grimoires coquins et sulfureusement créatifs, qui devraient mettre les amateurs à l’abri de l’ennui...

La Gaillarde Conteuse

Patricia Gaillard

01/08/2013

La conteuse d'Aout

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Photo prise au spectacle du Musée des Automates de la Rochelle

Nous étions partis pour un voyage, dans un style un peu science-fiction, vers des pays imaginaires. Mais les voiles de notre imagination ont flambées, nous avons été attaqués par des êtres étranges, nous avons été victimes de faux semblants et finalement c'est dans le monde des contes que nous allons plonger pour le reste de notre périple estival.

Ce voyage nous allons le faire avec Patricia Gaillard, alias La Gaillarde Conteuse (clic pour son blog) que certains connaissent déjà. Cette conteuse professionnelle et écrivain va s'installer dans les locaux virtuels du Laboratoire pendant tout le mois d'Aout. Elle va cesser d'aller de ville en ville pour se consacrer à nous.

Je ne sais quelles histoires elle va nous narrer, ni à quel rythme, car je découvrirai comme vous, avec un peu d'avance quand même pour les mises en page et autres besognes, au fil de ses envois. Il s'agira d'inédits destinés à une publication ultérieure. Ces textes seront évidemment protégès par un copyright.

Allons nous asseoir à l'ombre d'un grand arbre et vivons un rêve éveillé. Nous avons le droit de réagir et de mettre notre grain de sel.

Écoutez avec moi, la voix de la Conteuse.

Ariaga

29/07/2013

Voyage au pays d'Adelis

 

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 Je vous présente cette histoire d'Élisabeth Leroy dont nombre de lecteurs connaissent le blog : Mes Passions. J'ai beaucoup aimé cette histoire poétique, charmante, qui montre, si on la lit jusqu'à sa fin,  qu'un "glissement" vers un ailleurs est toujours possible et qu'il ne faut pas se fier aux apparences.

Photo Ariaga (clic pour agrandir)

Au pays d'Adelis

Au milieu des rochers balayés par la tempête déchainée, mes cheveux fouettaient mon visage.
Je devais me battre contre le vent pour rester debout et garder l'équilibre.
J'avais laissé mes amis derrière moi pour rejoindre le château d'Adelis qui m'attendait ce soir.
Je traversais la mer en sautant de rochers en rochers. Je savais qu'au bout du chemin je le trouverai.
Arrivée sous une grande arche de pierre, j'avançais prudemment dessous. Il me fallait encore marcher sur une route sinueuse qui montait la colline.
Arrivée tout en haut, je vis une lumière bleue. Des oiseaux noirs volaient au-dessus de moi ; certains me frôlaient et j'avais envie de crier.
J'étais épuisée mais je savais qu'Adelis m'attendait. Je repris mon souffle un instant. Je regardais autour de moi mais la lumière bleue était devenue jaune. Je me dirigeais vers le château qui devenait de plus en plus gigantesque. Arrivée à la porte, je tapais de toutes mes forces avec les deux bras. Une dame voutée m'ouvrit et je me présentais.

Elle me dit : "Adelis vous attend, suivez-moi..."
J'entrais dans une immense pièce entourée de colonnes finement sculptées, éclairée par quelques bougies et au milieu de laquelle un bassin jetait de l'eau en cascade du haut d'une fontaine. Adelis apparut entre deux colonnes et m'invita à m'asseoir sur les coussins jetés au sol sur un grand tapis. Il m'offrit un verre de vin et je le remerciais. Je le questionnais sur le but de son invitation et, au moment où ses lèvres s'ouvrirent, je me sentis tout à coup engourdie. Sa voix devenait de plus en plus lointaine. Je ne comprenais pas ce qu'il me disait. Ma tête tournait et mon corps tomba dans un grand lac noir.
Je fus aspirée dans un tourbillon qui dura quelques secondes mais qui m'effrayait. J'entendis au loin Adelis qui me parlait. Sa voix douce m'accompagnait dans ce voyage inattendu. Je tombais enfin sur un lit de pétales de fleurs roses. Une main prit la mienne. Je levais les yeux et Adelis, devant moi, me souriait. Il me dit : "Bienvenue dans mon royaume ! Monte dans cette barque ! ". Je regardais autour de moi : je ne voyais que des fleurs et un jardin. J'entendais au loin une harpe qui jouait un air inconnu. D'un geste Adelis fit apparaître une barque bleue au milieu de ce décor. Je ne pouvais qu'accepter l'invitation et je montais dans la barque qui glissa aussitôt sur les pétales de fleurs.

Ainsi commença un voyage dont je ne me souviens pas de la durée, ayant perdu toute notion du temps depuis que j'étais partie au-delà des rochers et de la mer. La barque prit son envol dans le ciel sans nuages au-dessus de nos têtes. Adelis m'embrassa. Je ne voyais plus le paysage autour de moi, que le ciel sans nuages. Je murmurais alors : "Je veux vivre dans ton pays Adelis... Mélia avait raison".
Une voix étrange, glaçante, se fit entendre au loin comme un écho qui me répondait. Ce n'était pas la voix d'Adelis. Elle disait : "Je t'ai choisie depuis longtemps déjà. Tu ne le sais pas mais ta robe t'attend dans la forêt des cerfs blancs". Je frissonnais ...

Élisabeth Leroy

25/07/2013

Nuit maudite à Marqueyssac (2)

 

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ÉPISODE SECOND
          
Mais la lune me réservait encore moult surprises. L’émotion passée, nous nous rassîmes sur les douces feuilles pour reprendre nos tendres mignardises. Tout à coup, telles des vesses de loup affolées, surgit du sol une ronde de tremblantes têtes chauves roulant des yeux apeurés, les bouches en cul de poule, et piaillant comme une couvée affamée. Curieuse comme une chouette lorgnant à une fenêtre, ma mie en oublia mes pressantes caresses et se coula vers eux. Un peu surpris au début, ces gnomes mâtinés de farfadets conciliabulérent un instant. Charmés par cette belle nymphe satinée, ils nous firent enfin le récit de leur étrange existence. Leur aîné et chef-troll, dénommé Noéliél, prit alors la parole  dans un assez bon latin, car il avait été instruit par un curé carolingien un peu sulfureux, amateur d’antres sombres et d’alchimie noire. Cet aîné m’inquiétait un tant soit peu, car il avait l’œil fort vif et était fort empressé autour de ma belle, mais elle ne paraissait pas offusquée par ses caresses… et l’écoutait comme son confesseur.
« Depuis la nuit des temps nous vivons dans les failles, les géodes de calcite et les ruisselets de la falaise. Notre mère, après une longue période à fumer d’acres feuilles, a fini par partir creuser un long tunnel vers ce qu’elle appelait le Toit du Monde, nous recommandant de ne jamais sortir de notre havre secret où nous ne manquions de rien, grignotant par gourmandise quelques dents de cochon de temps à autre. Mais ce petit fripon de Benjamin, notre petit dernier, a retrouvé un jour un stock des feuilles magiques. Après la consommation d’un joint gros comme un pilier d’église, il a alors flotté pendant des années au-dessus de la stalagmite centrale de notre salle-à-manger troglodytique, en plein futur, nous a-t-il dit subséquemment, après être revenu un peu brutalement à notre niveau après une chute de nuage. Tout excité il nous a raconté avoir rencontré une bande de sept nains richissimes, qui creusent en chantant des galeries pleines de diamants, rêvant à leur belle Blanche Neige. Il réussit à nous convaincre de tenter l’aventure, et nous avons excavé pendant des siècles des lieues de galeries… toutes plus mornes les unes que les autres.
Mais tout à l’heure, guidés par un ronflement continu que nous suivions depuis des semaines, nous avons débouché dans une énorme cavité. Elle était presqu’entièrement remplie par la masse molle d’une roche inconnue. Hiéronimus, notre plus vaillant mineur, mais aussi une vraie tête de pioche, intrigué par un énorme sac qu’il a cru rempli de gemmes précieux, a donné en plein mile un vigoureux coup de pic ! Las, une clameur horrible et un énorme vent brûlant nous a projetés tout grillés à des verstes dans la galerie. Le sol tremblait, les stalactites pleuvaient. Une gigantesque doline aux bords carbonisés éventrait le plateau dans un paysage d’Apocalypse. Une fois sûrs de la fuite de l’horrible chose, nous sommes remontés tout meurtris vers cette clairière où nous attendons, chaque pleine lune, la belle princesse qui doit venir nous redonner notre vie réelle…et… Juste ciel, elle est là ! »
Ma mie toute émue, m’oubliant totalement, posa un tendre baiser sur le front terreux de Noémiél. Il disparut dans un tourbillon doré, une vaste caverne luisante s’ouvrit dans la roche, et tel Adam tendant la main à Ève, devenu beau et nu comme une statue de prince antique, il tendit sa main à ma mie. Avec un étrange sourire elle la prit et s’enfonça vers les délicieux plaisirs des séjours souterrains, suivie par ses frères devenus une troupe de satyres, bondissant, jouant du chalumeau et me tirant la langue avec des gestes que la morale chrétienne m’oblige à celer.
 
Nul ne les a revus en ce monde.
 
TRISTE MORALE
 
Je vous écris ces lignes du fond d’un cul de bas de fosse du château de Castelnaud, où je croupis depuis des lustres. Quand, le lendemain soir, hagard, brûlé, déchiré je suis revenu, nu, comme Adam sans Ève, au château de ma mie, tous étaient en grand émoi, en particulier le Grand Inquisiteur, pour mon malheur de passage. J’ai bien raconté mon histoire, mais personne ne m’a cru. L’énorme trou fumant, le raz de marée sur la Dordogne, les bois roussis, tout cela sentait terriblement le commerce avec le Malin. J’ai eu droit à la Question Ordinaire puis Extraordinaire, mais n’ayant rien à dire j’ai souffert atrocement sans pouvoir rien révéler. On m’a accusé d’avoir occis ma mie, pactisé avec le démon… Finalement j‘ai été condamné à l’oubli éternel, et jeté là où je croupis, terrible sentence, car chaque nuit les infâmes frères lubriques de Noémiél sortent du sol et se livrent à des actes abominables, que je ne peux que taire, car tous me croient fol.

 

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Texte et photos ÉPHÊME

(clic sur photos pour agrandir)



22/07/2013

Nuit maudite à Marqueyssac (1)

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Photo et texte éphême


Les VéRITABLEs ET Horrifiques aventures de l’oublié de Marqueyssac… ou : il ne faut pas déranger le dragon ASSOuPI.

 

 Comme l’a dit le Grand Aristote dans les Prolégomènes du

 « Savoirs vivres pour survivre

 À l’usage des trolls et ivrognes souterrains »     

 Livres CLLXVIII, annexe XXVII (après boire).

 « ne jamais donner une coup de pioche dans un rocher qui bouge. ».

 

 Moi, Ephême, comte et seigneur de Ganleveker et des plages de Carantec, de Plouezoch en Freudiland, de la Motte Cachée Fendue de Jung du Fou, de la Baronnie des Grands Varechs de Dolto …. et autres lieux découvrant à marée basse, je vais vous narrer, les cheveux toujours dressés sur mon crâne encore ruisselant de rivières de sueurs glacées, ma périlleuse nuit sur les terres de mon amie, jusqu’à ce jour funeste seigneure de ces lieux maudits.

 

éPISODE PREMIEr

 

J’étais parti visiter mon alors peu illustre, mais si tendre à mon cœur, si modeste et si brillant taiseux, le chauve Michel Eyquem, ami de collège, discret bon buveur et bon baiseur. Parti de ma Bretagne, je faisais escale chez une mie amie très chère, au bord de la Dordogne, fort accorte veuve. La lune venue nous partîmes vaquer en tenue légère dans les buis des jardins de son joli château de Marqueyssac.

                  nous allions doucement vers une tendre partie de bête à deux dos sur le doux lit de feuilles d’une clairière, quand un atroce et monstrueux fracas emplit les bois noirs, le sol devint houleux, les arbres tremblèrent. Apeurés nous grimpâmes dans un gros cade que Dieu nous avait providentiellement mis là, vêtus de nos seules chausses en tirebouchon, vite abandonnées dans la montée. Une gigantesque bête infernale, monstrueuse, hérissée d’énormes piques terreuses, grosses comme des troncs d’arbres et pointues comme les flèches de l’envie, bête si horrifique que seul Lucifer avait pu féconder sa génitrice dans un instant d’ivresse, donc la dite créature jaillit d’une immense faille fumante au pied de notre arbre où nous étions tremblants en notre état de nature, et bien trop terrorisés pour penser à autre chose que de cacher nos fesses au plus haut des branches.

 

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La bête jurait dans une langue horrible, que ma très fort savante maîtresse reconnut comme du vieil hébreu, preuve de l’ancienneté de ses géniteurs. Elle parlait d’un atroce coup dans ses génitoires, que sa douce maman  crétacée avait pourtant bien mignotées, après l’avoir cachée là, au cœur d’une cavité insondable, lors d’un cataclysme abominable, et lui avoir fait fumer un joint du feu de Dieu pour calmer son gros bébé apeuré. Depuis ce temps elle hivernait dans cette douce cavité, mais  l’atroce douleur l’avait fait jaillir hors de la roche, ivre de vengeance : ma mie avait bien vu une lourde pioche bien plantée dans son énorme bourse, où deux bœufs auraient pu dormir. Or ma mie intrépide aux si doux seins descendit de l’arbre en tenue d’Ève, et ses cils vacillant, dit à la bête en bon vieil hébreu : « Beau seigneur, j’ai vu des vilains dégringoler vers la rivière, se moquant de vos génitoires de poule. Allez les punir, car c’est grande offense envers vous ». Ulcéré, le monstre se précipita vers la Dordogne, son cul jetant à chaque bond de petites flammes poussives, écrasant quelques vaches au passage, et se jeta à l’eau du haut de la falaise, provoquant une crue inouïe qui noya tous les croquants de la vallée jusqu’en Amérique… et lui-même, car il ne savait pas nager ...

ÉPHÊME

(à suivre)



14/07/2013

Les mondes imaginaires

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En attendant les récits de lecteurs de ce blog, je vais m'inspirer du chapitre sur les mondes défunts et les mondes cachés de Jacques Van Herp dans son Panorama de la science-fiction (ed.Marabout) pour vous donner une idée de la manière dont les auteurs ont parlé de ces mondes. Je laisserai de côté la période récente qui fourmille de récits d'histoires situées dans le cadre de civilisations passées ou futures, en particulier dans l'"héroic fantasy ".

Les récits plus ou moins mythiques sur le sujet sont très anciens. Je dirais même, sans tout à fait plaisanter, que l'on peut les faire remonter à l'Apocalypse. Dans l'Antiquité,  Platon parle, dans le Critias et le Timée, de l'Atlantide engloutie, un lieu qui, ensuite, a toujours excité l'imaginaire des auteurs. Depuis, sont apparus d'autres lieux comme la Lémurie, le pays de Mu, Thulé, la ville d'Ys et bien d'autres...

Une autre cétégorie de récits concerne les civilisations perdues. Lamartine, dans son poème fleuve,  La chûte d'un ange, raconte l'histoire d'une civilisation d'avant le Déluge. Plus contemporain, on peut citer sur ce thème la fin d'Illa (1925) de José Moselli racontant l'histoire d'une très ancienne cité où les habitants sont nourris par des "machines à sang" distribuant la nourriture par ondes. Naturellement il faut alimenter ces machines et de terribles abus condusent à la destruction d'Illa. On peut aussi citer Les Formiciens (1932) de Rienzi qui décrit l'étrange civilisation de fourmis régnant sur la terre à l'époque du secondaire. Pensons aussi à Lovecraft avec ses nouvelles du Cycle de Chtulhu qui propose quantité de civilisations disparues.

Que dire des pays préservés, des mondes perdus, de la terre creuse et du monde prodigieux des cavernes. J'y ferai allusion très bientôt dans la suite de cette note.

Ariaga

09/07/2013

Se creuser la tête

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Photo prise au Musée des Automates de la Rochelle

Fini de faire des bulles, il est temps de se creuser la tête pour trouver le thème de notre habituel voyage d'été au beau pays des vacances imaginaires.

Je rappelle que le Laboratoire ne prend pas de vacances. Je crois que c'est le moment où il faut être présent pour ceux qui continuent la même vie, parfois très difficile. Je pense aux privés de liberté, hospitalisés, sans moyens financiers, solitaires, déprimés ...

Alors où allons nous aller cet été ? Je dis nous car j'ai la chance que des habitués du blog m'aident à distraire des lecteurs un peu différents, silencieux mais nombreux. Après des cogitations rendues difficiles par la chaleur, que je supporte mal, un thème entre le rêve et la science fiction m'est venue à l'idée alors que je relisais un chapitre du livre de Jacques Van Herp : Panorama de la science-fiction. Ce chapitre s'intitulait : les mondes défunts et les mondes cachés. J'ai pensé que l'imaginaire pouvait se donner du bon temps sur ce thème. 

En attendant que des histoire s'écrivent, je vous raconterai ce chapitre qui vous montrera que, depuis l'Antiquité, on rêve sur ces mondes perdus, inventés, différents ...

Et bientôt embarquement pour ailleurs ...

Ariaga

Je vous signale que dorénavent vous pouvez cliquer sur les images pour les agrandir.

 

 

13/06/2013

Rêve fou

Boules en mer.jpg

Et si on inventait un nouveau monde, de nouvelles règles :

Croire à l'incroyable.

Accepter l'illogique.

Entendre le silence et voir l'invisible.

Aimer l'absolument AUTRE.

Sourire à la mort.

Le monde deviendrait-il plus inhumain que ce qu'il l'est ?

Ariaga

demi boule en mer.jpg