UA-2100979-1

Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

07/10/2010

Le temps des origines

 

Le temps des origines.jpg

Illustration *MEL* Blog de nuit, à laquelle je dédie cette petite poésie.

 

C'était au temps des origines

C'était au temps des androgynes

Tu étais Elle et j'étais Il

Tu étais Il et j'étais Elle

Et nous n'avions qu'un coeur pour deux.

 

C'était au temps de l'oeuf cosmique

C'était au temps du vase unique

Et maintenant  oh mon amour

J'attends tellement le retour ...

Ariaga

 

 

04/10/2010

Le rêve de la cage à fauves

 

La cage aux filles.jpg

 

Un rêve important de la série. Certains le trouveront violent mais l'inconscient dit ce qu'il veut ...

Rêve 5

Il y a deux femmes nues dans une cage à fauves. L'une, calme et silencieuse, est tassée dans un coin, à droite, au fond. L'autre, très agressive et agitée est dans le coin gauche, contre les barreaux. Du côté de la femme agressive, il y a un homme, sans corps et sans visage, qui l'interroge. Il est plutôt amical au début mais elle se montre violente et rusée, employant tous les moyens pour lui résister. Il semble vital pour l'homme qu'elle parle et il finit par la torturer en lui envoyant de l'électricité. Elle n'en peut plus et, conseillée par la femme calme, elle pleure. Cela fait hurler de fureur l'interrogateur. Alors elle sort, entre les barreaux de la cage, un pied nu et c'est insupportable pour tout le monde. La rêveuse est très impressionnée par ce rêve et à d'impression qu'elle DOIT en comprendre le sens.

La représentation de l'inconscient

 - Les femmes. Il me semble que ce rêve raconte  une histoire d'oppositions : opposition entre les deux femmes ; le calme et l'agressivité ; la droite et la gauche ; la femme et l'homme.

 - La cage. Les femmes sont enfermées dans une cage car la féminité est dangereuse. Cette cage pourrait représenter la société, la femme dans le coin droit étant revétue de la "persona" que la culture de la cage impose et celle de gauche étant la femme de l'"ombre", la femme dangereuse à laquelle l'interrogateur  (l'inquisition ?) voudrait arracher le secrêt de cette féminité qu'il ne connaît pas. 

 - L'interrogateur, sans corps et sans visage, me semble représenter l'absence d'incarnation, celui qui veut réduire le corps à la parole et aux fonctions de l'intellect.

 - L'électricité serait le feu masculin que les larmes (le sentiment, l'ouverture du coeur) éteignent. On pourrait aussi aller chercher du côté d'Électre et de la violence de ce personnage.

 - Le pied nu représente la sensualité, la beauté, l'éros ...

Il y aurait encore beaucoup à dire mais il y a parmi les lecteurs de brillants interprètes qui seront certainement inspirés par le scènario très fort proposé par ce rêve. Il ne faut pas oublier que tous les acteurs de ce théatre onirique jouent une re-présentation des diverses personnalités inconscientes de la Rêveuse.

La symbolique alchimique

- la cage à fauves évoque le lion qui, en alchimie, symbolise un des matériaux de l'Oeuvre. Ce lion, selon les étapes du processus, passe du vert au rouge. Il peut aussi être "lion volant "parce que volatil ...

 - la dualité, les opposés = l'état dans lequel le philosophe alchimiste trouve la masse de la matière avec laquelle il va travailler. Symboliquement on trouve : le soleil et la lune, les principes Soufre (indétermination) et Mercure (détermination). Le but de l'alchimiste est la réunion des opposés mâle et femelle et ce but est représenté par l'union du Roi et de la Reine. Ici, à ce stade de la série, nous somme au tout début de l'Oeuvre et bien loin de cette "réunification".

 - La torture ou supplice, abondamment décrits dans Les racines de la conscience de C.G.Jung, est très importante en alchimie car il est nécessaire de supplicier la matière pour la purifier et en extraire l'Or. Notons que, dans le le rêve initial ce thème à déjà été introduit quand la Rêveuse devait " s'arracher la peau " pour passer de l'autre côté de la paroi rocheuse.

À bientôt, faites de grands rêves.

Ariaga

 


 

 

20/09/2010

Rêve de la gare

 

Rails vides de trains.jpg

 

Je suggére aux nouveaux arrivants d'aller sur la note  : Rentrée les séries de rêves

Rêve 4  

La rêveuse est avec son mari dans une toute petite chambre carrée dans un hôtel. Il y a à la porte un homme et une femme qui disent : "Mais  vous ne savez pas que nous allons à la gare, le train va bientôt partir. Tant pis, nous partons sans vous ! Ils referment la porte. La Rêveuse se donne beaucoup de mal pour vider ses placards et faire ses bagages, mais en vain. Son mari lui montre une sorte de radio-réveil. À la place des chiffres il y a une barre noire qui est en train de diminuer. elle se réveille en larmes.

Comme à chaque fois, je pense que le rêve peut se suffire à lui même et je ne donne que des pistes ...

La représentation de l'inconscient

Il y a dans ce rêve, je pense, une forte interpellation de l'inconscient qui veut avertir la Rêveuse du fait que les choses vont mal ...

- La chambre où devrait se faire l'union du féminin et du masculin est toute petite et l'hôtel est un lieu de passage où il n'y a pas de possibilité d'enracinement ce qui est aussi symbolisé par le carré de médiocre surface.

- Le Soi organisateur, on pourrait aussi dire le Maître intérieur, voudrait que le travail de l'union des contraires avance. Pour lui c'est le moment de partir, de prendre le train de l'analyse car la Rêveuse ne semble pas aller bien et après il sera trop tard. Il s'agit d'une interpellation majeure avec une menace : Tant pis nous partons sans vous !

- On remarque la difficulté, l'impossibilité même, de la Rêveuse à vider ses placards. Cela montre que le conscient est encombré de trop de bagages, que le masque de la persona telle que la conçoit Jung est trop épais.

 - Le mari, peut-être une figure de l'animus, montre que le temps passe, que bientôt il sera trop terd pour être soigné par le médecin du rêve 3. Cette barre noire qui diminue est celle de la vie. Ce n'est pas ce que veut la Rêveuse, d'où les larmes, et le scénario de ce rêve est celui d'un film sombre.

On commence déjà, à ce niveau de la série, à voir combien certains des personnages de ces scénarios oniriques reviennent dans la suite des rêves. Ici, l'homme et la femme qui veulent emmener la Rêveuse et son mari à la gare sont assez semblables à l'homme et la femme du rêve du boulanger professeur de piano.    

La symbolique alchimique

Je ne m'arrêterai pas longuement aujourd'hui sur la symbolique alchimique du rêve.

- La chambre qui peut avoir le sens de temenos, c'est à dire de lieu de refuge, où de lieu où peut s'accomplir la fusion du couple alchimique, à un autre sens plus intéressant. Le terme chambre est utilisé pour désigner le lieu où se déroule une opération du processus alchimique, comme c'est le cas dans la série Pretiosa margarita de Janus Lucinus. On peut imaginer que les larmes de la Rêveuse, sont une eau mercurielle qui sera un matériau de l'Oeuvre.

- La barre noire des chiffres qui est en train de diminuer montre que les nombres, si importants pour les alchimistes, sont en train de disparaître, signe que l'accomplissement du cheminement de la dualité à l'unité va devenir impossible et que le chaos menace. Et je terminerai par cette citation de R. Allendy dans son ouvrage Le symbolisme des nombres (1948) :

"En hermétisme, la dualité s'exprime encore par les principes Soufre (indétermination) et Mercure (détermination). Le Grand Oeuvre chimique ou mystique devait rétablir l'Unité dans la Dualité, soit par les noces du Roi et de la Reine, soit par le création du rebis (res bina), l'union harmonieuse des polarités contraires."

Nous sommes encore loin de cette union harmonieuse et le train a été raté !

A une autre fois, faites de beaux rêves.

Ariaga

 

13/09/2010

Le rêve du papillon et du chat

 

Chat et papillon.jpg

Illustration ÉPHÊME

 

Lecteur, si tu arrives ici par hasard, et si tu ne veux pas t'égarer, lis, s'il te plaît, la note précédente.

Rêve 3

  La rêveuse est chez un médecin. Il va lui chercher un extrait de vinaigre. Elle se rhabille trop vite et le pan de sa ceinture s'envole vers le plafond. Pour le faire retomber, elle prend un torchon et tape dessus. Quand il arrive vers le sol elle s'aperçoit que c'est, en fait, un énorme papillon, gras comme un animal. Alors qu'il est à terre, elle donne encore des coups de torchon. Elle voit qu'il vit toujours mais qu'elle lui a abimé les ailes. Elle est alors prise d'une honte terrible car la porte s'ouvre et elle voit passer un chat. Elle se dit alors : " Mon Dieu ! il ne peut plus voler, il va être dévoré vivant par terre ! " Elle se réveille très émue.

Comme d'habitude, je donne des pistes d'interprétation mais si vous voulez vous "projeter" directement dans le rêve, il est à vous.

La représentation de l'inconscient

- Le médecin serait ici pour soigner la vie, la dificulté de l'incarnation, qui se révélera comme un thème essentiel de la série. Il peut aussi être considaéré comme une figure du Soi. Du vinaigre, justement pour soigner l'aigreur ressentie à l'égard de cette chair méprisée. Elle se rhabille trop vite parce que elle ne veut pas rester nue, son corps exposé.

-Le pan de la ceinture qui s'envole est tellement riche de sens que je ne peux que les survoler. La ceinture raconte des histoire contradictoires elle est lien, union dépendance, elle se noue et se dénoue, elle peut être objet de fierté, elle peut faire mal. Ici, il semble qu'elle symbolise un besoin de s'échapper vers le haut. Cela semble confirmé par le fait que Pan est un dieu de la nature dans sa forme la plus sexuelle, un dieu d'une fécondité charnelle à laquelle la rêveuse voudrait échapper.

- Arrivée du papillon gras, cet être beau et léger, libre dans l'air, auquel la Rêveuse voudrait ressembler est ici transformé en une animalité graisseuse, la graisse de l'incarnation. Elle l'attaque avec quoi ? un torchon, symbole de la vie domestique. Et il vit toujours  ... alors qu'elle a tout fait pour l'abattre, allant jusqu'à lui abîmer les ailes. Il y a là un élan très fort de lutte contre la pulsion vitale et la nature sensuelle et surtout, avec le torchon comme arme, une vision sordide sur la vie de la femme .

 -On assiste ensuite à un retournement, fréquent dans les rêves , qui présentent alors deux points de vue opposés. Ici nous passons de la cruauté à une honte terrible et à la pitié. Sacrifier la dimension sensuelle n'est probablement pas le désir profond de la Rêveuse puisque elle a peur que le papillon gras soit mangé. Mais , nous le verrons pendant le déroulement de la série, la femme Pan à la nature sauvage et libre, risque d'être détruite par la domestication, représentée ici par le chat qui est à la fois un animal très libre mais aussi un animal domestique type.

La symbolique alchimique

Comme dans les précédents rêves, les allusions alchimiques sont présentes. Je retiens trois thèmes, celui du médecin , celui du vinaigre, et celui de l'animalité, relié à celui de la nature.  

Le médecin est celui qui administre la "médecine" et celle-ci, en philosophie hermétique, se situe à trois niveaux correspondant aux opérations du Grand Oeuvre : le premier est celui de l'Oeuvre de la Nature, le second  de l'Art, et le troisième de l'Art ET de la Nature, ce dernier étant aussi nommé "la médecine de  l'ordre supérieur ". Si on en croit Paracelse, le médecin connaît les merveilles de la Nature, ce qui en fait le préféré de Dieu. Le fait que la Rêveuse, si tôt dans la série, consulte un "homme de l'Art" montre qu'elle a besoin d'aide et de soins, tout au moins au début. Le reméde spécifique qui lui est destiné sera rude et conforme à la phrase de Gratien traduite par C.G.Jung : "En alchimie il est un certain corps noble au commencement duquel sont la misère avec le vinaigre, mais à la fin  , la joie et l'allégresse. "

Le vinaigre dont le médecin va chercher un extrait pour la Rêveuse, suggére une opération de laboratoire, d'autant plus que les sens symboliques alchimiques donnés au vinaigre vont du "dissolvant universel" au "vinaigre très aigre" distillé plusieurs fois et correspondant au Mercure des philosophes de la Nature. on l'appelle aussi "lait de vierge" et ce dernier sens très surprenant reviendra dans un rêve ultérieur.  

Les animaux, et le thème de l'animalité en général, sont très présents dans la série. Il y avait déjà un chat dans un rêve précédent non présenté ici car je suis obligée de faire des choix et je ne proposerai que cinquante rêves environ. Ce thème de l'animalité est relié à la Nature et au premier stade du processus alchimique. Animal est d'ailleurs un des noms que les philosophes alchimistes ont donné à la matière après le stade de la putréfaction, de la nigredo. Marie- Louise von Franz écrit dans son commentaire de l'Aurora Consurgens : "Dans la nuit de la nigredo on voit errer les animaux de la forêt. Il y a ici un écho du riche bestiaire alchimique qui caractérise en particuliers les stades initiaux : le serpent ouroboros, symbole de l'arcane, le lion, les reptiles, l'aigle le chien le loup etc."

La constance d'une présence animale, et ceci jusqu'à la fin de la série, si tant est qu'une série de rêves puisse avoir une fin, me fait penser que notre inconscient est profondément enraciné dans le biologique. Évidemment en disant cela je n'invente rien !

La suite la semaine prochaine si les Korrigans ne s'en mêlent pas ... et faites de beaux rêves.

Ariaga

 

 

31/08/2010

Faire le ménage au Laboratoire

 

Descente de la rivière.jpg

 

Nous avons voyagé une partie de l'été, loin du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle, emportés sur les ailes des mots de la langue des oiseaux. Maintenant il est temps d'observer une petite pause pour se ressourcer avant de reprendre les travaux, en particulier ceux sur les séries de rêves, que vous avez la gentillesse, amis lecteurs, de suivre et, parfois, de commenter.

Expulser la poussière, redonner du brillant aux vases et cornues, attiser le feu de l'athanor pour que la cuisson redevienne plus vive, accumuler le combustible, déboucher le trou dans le toit par lequel devra souffler l'inspiration poétique, brosser le prie-Dieu de l'oratoire, et aussi faire le ménage en moi pour que les oreilles de mon coeur entendent mieux les paroles du vieil alchimiste murmureur ... Il y a du travail !

À bientôt

Ariaga

22/08/2010

LABORATOIRE

 

Le laboratoire d'Ariaga.jpg

 

Nous allons terminer ce voyage estival des mots, sur les ailes de la langue des oiseaux(voir dans les notes précédentes), par un vocable qui s'imposait sur ce blog car il situe le lieu alchimique imaginaire où se rendent les lecteurs : LABORATOIRE. Ce mot en or est riche de recherches et de prières de notes de musique et de charmantes petites bêtes et de bien d'autres possibilités offertes à l'imagination.

Le vieil alchimiste, qui murmure parfois à mon oreille intérieure, a dit deux mots latins : LABOR (travail) et ORA (prie). Les Philosophes de la Nature, comme aimaient se nommer les alchimistes du Moyen Àge qui ne recherchaient pas l'or vulgaire, passaient de longues années devant leurs athanors mais cela n'aurait eu aucun sens si ils n'avaient pas, aussi , consacré beaucoup de temps à la prière. C'est pourquoi ils disaient que dans le LABORATOIRE il y a un ORATOIRE. Je pense comme eux que le chercheur de vérité mêne une quête vaine si il ne demande pas au Dieu de son coeur une aide spirituelle.

Maintenant à vous, amis lecteurs, de "jouer" .

Ariaga

02/08/2010

REPRÉSENTATION, le jeu continue

 

Mutti et la représentation.jpg

Tableau numérique MUTTI

Nous continuons notre voyage imaginaire dans le pays des mots (voir les deux notes précédentes) avec REPRÉSENTATION, un mot riche, non seulement du sens que nous lui donnons, mais de tous les possibles avec lequel il est en relation. Je pense, par exemple à son contraire, l'IRREPRÉSENTABLE qui se situe dans une région inaccessible, le lieu de l'" absolument Autre ".

Il m'a été dit que je donnais trop de matériaux aux lecteurs et ne laissais pas assez de place à leurs propositions parce que j'avais tout dit (médisance !). Ma vengeance sera cruelle et je vais juste prendre le morceau du mot qui m'intéresse le plus, vous laissant le soin de trouver ce que l'on peut lire, entendre , amplifier, extrapoler à partir de ce mot. Je sais que ce sont les vacances et que le Laboratoire est un peu dépeuplé mais j'espère que vous ferez travailler votre imagination. Pour moi ce sera la première syllabe :

- RE, à la racine de toute RE présentation, si ce n'est celles de rares génies créateurs. Il donne son impulsion à tout ce qui nous vient à l'esprit, à la succession de nos images mentales. Je pense au RE (ce sera ma minute philosophique, ne fuyez pas !) "radical conceptuel" auquel, comme le pense Edgar Morin, nous attribuons un sens premier dans toute approche de l'idée de représentation. En résumé, nous ne comprenons que ce qui est déja connu, même si c'est inconsciemment. RE-produire, Re-mémorer, RE-connaître, RE-voir, RE-commencer, tous ces mots et d'autres encore qui ne me viennent pas à l'esprit, sont des premières lignes d'une page sur laquelle l'information nouvelle vient s'inscrire.  Il y a aussi un petit côté alchimique dans cette imitation du connu car tout n'est pas à réinventer et il y a quand même une adaptation personnelle qui fait qu'à chaque RE présentation il y a transformation, changement d'état. Je vois aussi dans le RE un lien, comme celui que l'on trouve dans le mot si essentiel : RELATION.

Je me suis fait plaisir avec mon RE, sur lequel il y aurait encore beaucoup à dire et je vous laisse le soin de vous amuser, que vous commentiez ou non sur le blog, avec toutes les facettes possibles du mot REPRÉSENTATION.

.....................

 

Ariaga

 

26/07/2010

IMAGINATION ! crie l'oiseau

 

discours de l'oiseau.jpg

Suivons le conseil de l'oiseau ami des alchimistes philosophes de la nature, et jouons le jeu du mot imagination. Il m'a été inspiré par la qualité de la votre, chers lecteurs. Je m'accorde un quart d'heure et à vous la suite ... et surtout pas de dictionnaire ! rien que la vue et l'ouïe.

- IMAGINATION, un voyage imaginaire de l'esprit, ce qui est gratuit, la liberté même derrière les barreaux.

- IMAGINATIO, pour les alchimistes du Moyen Àge, méditatio et imaginatio = le combustible de l'oeuvre.

- j'entends aussi IMAGE, MAGE,MAGIE.

Image, l'incessant film qui défile, éveillé où en rêve.

Image de soi, image de l'autre. L' IMAGO, la métamorphose.

La magie, ce qui produit de la surprise. Le mage, celui qui voyage vers l'étoile.

- GI, j'entends CI -GÎT. Elle gît l'imagination de ceux dont le cerveau est encombré, paralysé ,par l'excès de sollicitations extérieures car il ne reste plus de place pour imaginer.

- NATION .... la mienne bute sur ce mot à la fois trop large et trop étroit.

Je nous imagine, amis les les poches remplies de petits cailloux, marchant au son d'un slam surréaliste, sur la route du voyage imaginaire de l'imagination ....

Ariaga

 

18/07/2010

Jouer en langue des oiseaux

 

Variations sur un pneumatique.jpg

Langue utilisée par les alchimistes du Moyen Âge, langue de l'analyse des rêves, proposée par Freud et par Jung, la langue des oiseaux peut aussi être ce que l'on appelle un "jeu de l'esprit". C'est alors un  genre de  voyage imaginaire dont le lieu de départ est un mot. Je m'amuserai aujourd'hui avec PNEUMATIQUE.

- Le PNEU, gonflé, crevé, brulé, immergé. Habille les roues de la voiture sur la route du voyage.

- PNEUMA = le noûs, le souffle, l'esprit, celui qui pénètre la Pierre, le démon divin qui descend jusqu'aux ténèbres, le feu, le Christ, l'esprit vivant. Le moteur.

- MA,  Mater, Mamma, Maman, le début du voyage de la vie.

- MAT, le contraire de ce qui est brillant. Le Mat du Tarot, Il ne craint pas de passer pour fou et ne se sert pas du bâton pour chasser le chien qui l'attaque. Sa besace est presque vide car il est sage. Le Mât du bateau qui va permettre de naviguer sur la mer.

- TIQUE, fouisseuse, suçeuse, usante, vampire. J'entends aussi TIC. Les tics de langage (en fait!), les tics et les tocs . J'entends aussi TIC TAC. C'est la montre, la grande pendule de la vie qui dit que le voyage à une fin...

Etc ... Etc...Etc ...

Ariaga

 

 

 

03/06/2010

Les anneaux du Roi et de la Reine

 



Les anneaux des amants.jpg
Écrire, je ne peux pas encore car je me sens amputée. Alors, juste pour vous remercier, précieux amis, de vos commentaires, mails et pensées, une simple photo, reflet d'un état alchimique. Elle exprime meiux que les mots ce que je ressens.

A bientôt j'espère...

Ariaga

24/04/2010

L'ultime initiation

 

Aller vers l'ultime étoile.jpg

Mon frère spirituel et alchimique, mon amant, mon mari, mon ami est rentré dans la phase de l'ultime initiation. Quelque heures, quelques jours, je ne sais mais je dois l'assister comme je le fais depuis tant et tant d'années. Et puis quand la mort, je préfére dire la transition, aura fait son oeuvre il y aura tous les détails matériels, le recueillement et la vie dans le souvenir, et surtout la reconstruction : n'être plus deux mais un. Alors je reviendrai  car ce blog et votre amitié à tous me sont indispensables.

Il y aura encore des rêve à interpréter, de la poésie, et de l'amour vaste...

Je vous embrasse amis connus et inconnus et je vous remercie pour la force que vous m'apportez.

Ariaga

 

17/04/2010

Koan de l'autre visage dans le miroir

Paysage de rouille.jpg

Pour Lung Ta Zen

Reflet du froid miroir

frontière du regard

elle voit le paysage

de son visage

lentement disparaître

Dans la nuit de la destruction.

 

Dévétu par le temps

rouillé par l'eau puissante des plaisirs et des larmes

labouré par le croc de la grande exigence

parcouru par les pistes du rire et de son ombre

elle le voit se défaire

comme tombent les pierres

d'un très vieil édifice.

 

Et puis venu des strates des âges de son âme, vient un nouveau reflet.

Voici  l'ultime image

le dernier paysage

destruction transition

dernière initiation

voyage reconstruction

vers cet ancien visage

le visage oublié

d'avant sa naissance.

 

Et la glace reflète le sourire infini

d'un enfant qui n'est pas encore né.

Ariaga

 

 

29/03/2010

Le rêve initial

 

 

Passage du trou.jpg

La Rêveuse est devant une paroi de pierre, lisse comme une cloison, avec un trou rond qui donne sur on ne sait où, un autre endroit.

De l'autre côté du trou, dans lequel la Rêveuse à engagé la partie supérieure de son corps pour essayer de passer, se trouve un homme inconnu très séduisant, l'imagine la Rêveuse, car elle ne voit pas le visage de cet homme. Derrière elle, il y a la présence discrète de son mari et d'une femme mûre, d'allure très dominatrice et à la voix autoritaire , qui s'agite beaucoup. Elle crie : "Vas-y, fais un effort, empotée". La tête et les épaules de la rêveuse passent mais la partie inférieure de son corps est coincée. Elle sent que si elle s'arrachait la peau, si elle n'avait pas peur de se faire mal, elle arriverait peut-être à passer mais elle bloque. L'homme de l'autre côté de la paroi encourage la Rêveuse, tend ses bras vers elle, prend ses mains pour essayer de la tirer. Pendant ce temps, la femme autoritaire continue à se manifester. Cela énerve la rêveuse qui sort du trou et dit : "Tu n'as qu'à passer toi !" " La femme répond avec une curieuse modestie : "Comment veux-tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ?"

Je donnerai deux interprétations, l'une, la première, s'attachera à l'"histoire" que raconte l'inconscient. L'autre sera une mise en évidence des éléments du rêve qui évoquent pour moi des thèmes importants de la symbolique alchimique. Ceux que ces thèmes n'intéressent pas peuvent "zapper" car mes notes seront plus longues que d'habitude.

La représentation de l'inconscient

Ce rêve a été noté plusieurs années avant le rêve suivant mais pour l'inconscient le temps n'existe pas et on peut noter qu'il propose déja pas mal de données du scénario des rêves futurs. Nous avons le décor et les enjeux de l'action : un mur, une absence de relation entre la Rêveuse et un "autre endroit" qui est l'inconscient. La possibilité de passage de l'autre côté est figurée par le trou rond. La représentation est commencée et la Rêveuse a engagé la partie supérieure de son corps dans le trou, ce qui implique qu'il y a peut-être une possibilité de passer de l'autre côté de la paroi rocheuse. Différents protagonistes sont déjà là : l'animus positif (l'homme de l'autre côté) représentant du soi, le mari, symbolisant la vie consciente. L'ombre, liée à l'animus négatif, lui même lié à l'animus maternel. Cette ombre est puissante, autoritaire, elle traite la Rêveuse d'empotée et provoque une régression conduisant la Rêveuse à ressortir du passage dans lequel elle s'était engagée.

L'affrontement des forces est annonçé : négative, cette femme autoritaire et positive l'homme qui tend les bras en essayant d'aider. On voit aussi déjà la difficulté de l'incarnation, un problème majeur de l'évolution de la Rêveuse. Il lui semble facile de passer le haut du corps par la tête, ce qui signifie que, mentalement, elle pourrait rejoindre cet homme séduisant si le bas du corps n'était pas coincé. Cela montre un blocage à ce niveau. Je vois aussi , avec un connotation religieuse liée à l'idée de la rédemption par la souffrance, la rêveuse à été élevée dans la religion catholique , le fait que pour "passer" il faudrait s'arracher la peau". Pour réussir, ne plus être une empotée, il faudrait supprimer cette chair méprisable.

Ainsi, au cours de cet affrontement initial, il semble y avoir une victoire de l'inhibition, un renoncement. Il existe cependant un élément positif, une indication de la voie à suivre. Il s'agit, à la fin du rêve, de la curieuse humilité de l'ombre autoritaire disant : "Comment veux tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ". Cette ombre, qui apparaissait comme un juge impitoyable, se trouve elle même complètement démunie, et révèle que le potentiel de réalisation d'un mouvement vers une réalisation de son être psychique est entre les mains de la rêveuse elle même, et non chez cette ombre juge.

La symbolique alchimique

On trouve déjà dans ce rêve une  allusion à la Pierre, à l'homme de la conjonction but ultime de  l'alchimie, à une femme autoritaire dont on peut supposer qu'elle est cette "autre", mystérieuse et terrifiante mais aussi vénérée, la Nature, sous sa forme de Mère de tous les éléments. C'est cette Grande Mère Nature des alchimistes qui dit à la Rêveuse, à la fin du rêve, que l'opus est en elle et que son travail alchimique est un processus de transmutation intérieure.

Le thème du supplice, qui apparaît clairement ici, a été utilisé par les alchimistes d'une manière ambigüe due à l'absence, pour eux, de frontières nettes entre la matière et esprit. Il pouvait s'agir du supplice des matériaux à améliorer, de tourments infligés à leur mystérieuse "substance" ou des opérateurs eux mêmes qui étaient l'objet de supplices abondamment décrits par les ouvrages alchimiques.

Le fait que l'homme très séduisant et la Rêveuse se tiennent les mains est une annonce du processus de la conjonction, des noces alchimiques des opposés. La présence de mains, que l'on retrouvera plus tard dans la série, à déjà ici une connotation alchimique. Il s'agir des mains du "magistère" et le fait que les deux mains soient impliquées redouble les possibilités d'accomplir au moins une partie du processus de la réalisation de l'oeuvre. Notons aussi la présence discrète du mari, celui avec lequel devra se réaliser l' "union des corps", si essentielle en alchimie. La discrétion dont il fait part montre tout le chemin à parcourir.

Nous aussi nous avons du chemin à parcourir si nous voulons parvenir au rêve d'aboutissement de cette série...

Ariaga

 

01/03/2010

Ce blog doit-il vivre ou mourir?

 

lierre sur un mur.jpg

Cela fait un mois que je réfléchis à la question. Le laboratoire du rêve et de l'alchimie spirituelle, que j'ai quelque peu délaissé ces derniers temps, est-il en train de se vider de sa substance matértielle et spirituelle ? Si oui, j'en suis responsable car mes lecteurs ont toujours été fidèles et actifs.

Une vie quotidienne très difficile.

Une lassitude après tant de mots jetés dans l'athanor et dont j'ai l'impression qu'ils produisent plus de cendres que de feu.

Une attitude mentale personnelle insuffisante pour évoluer.

Un besoin de se réfugier dans l'illusion du paraître.

Un mur s'est élevé devant la porte du laboratoire, m'empéchant d'y pénétrer.

Ce mur je l'ai édifié moi même, de plus en plus haut, et chaque jour je regarde le mur avec ce qui ressemble à du dégoût et puis aujourd'hui, premier jour de Mars, j'ai vu DEVANT le mur, une branche de lierre, symbole de force de la nature et de pérennité. Elle a fasciné mon regard, transformé ma vision. C'était un miracle de l'alchimie spirituelle.

J'ai compris que la voie de l'évolution physique et animique ne peut être barrée par un mur. Les murs sont faits pour être démolis et tout peut recommencer.

Autrement.

Je ne suis pas seule dans le laboratoire, il y a plein d'autres chercheurs.

Pour l'instant moins de textes que les philosophes appellent "de fond". Plutôt des idées, sensations, citations, interrogations au gré de mes envies ; le tout bref mais plus fréquent.

Pour conclure, je "ressens" qu'après un temps qui commence à être long, tout ce que les lecteurs ont apporté à la quête effectuée en ce laboratoire, ne peut pas être oublié alors le laboratoire va vivre encore. Comment ? C'est l'avenir qui le dira. Et merci à tous ceux qui m'ont "secouée", certains assez vigoureusement...

Je vais maintenant entreprendre le long périple de la lecture des blogs avec lesquels j'ai des liens privilégiés. J'y trouverai certainement une nourriture pour le feu de l'athanor.

La montée des marches de la quête alchimique continue.

Ariaga

 

20/12/2009

Rêve du vieil alchimiste

Le feu de l'athanor.jpg

C'était une voix sans corps et sans visage.

C'était une voix qui murmure parfois à l'oreille de son coeur.

C'était la voix du vieil alchimiste qui habite dans les profondeurs de ses abysses.

Il lui disait : te souviens tu des temps où tu étais mon âme soeur ?

Unis par l'amour enflamé de l'Oeuvre, nous regardions du rivage de nos méditations passer les fiers vaisseaux des quatre vierges. Elles se tenaient  en équilibre sur quatre globes, figures de proue vétues de leurs voiles d'eau de terre d'air et de feu.

Unis dans la recherche sans fin des quatre degrés du feu,

consummés corps et âme,

nous allions de l'oratoire au laboratoire et du laboratoire à l'oratoire car il fallait sans cesse nourrir et faire grandir, comme un enfant, le feu de l'athanor.

Souviens toi.

Le premier feu doux comme la chair du nouveau né.

Le deuxième feu semblable à un soleil de printemps.

Le troisième feu brûlant comme un bois qui se calcine

Le quatrième feu, celui de la fusion.

Souviens toi nous étions le vase sur l'athanor et ce quatrième feu à toujours été celui de notre mort, soeur trop aimée.

 

Et si c'était un rêve mon vieil ami ? lui répondit-elle

les mains serrés sur son coeur dissous...

Ariaga