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22/09/2007

Alchimie du quotidien

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   Il y a des moments,

où tu voudrais t'asseoir sur le bord du chemin

ne plus forcer les pistes ne plus passer les ponts. 

 

   Il y a des moments,

où le rire de ton ombre se plante comme un croc

dans l'argile poreuse de ta grande exigence.

 

    Il y a des moments,

où la peur s'insinue dans les lames entrouvertes

des persiennes qui ferment l'accès à ton amour.

 

   Il y a des moments,

où tremble au fond de toi une bête prudente

qui craint la transhumance frôleuse des abîmes.  

 

   Il y a des moments,

où la flamme qui brûle, sous la grande marmite

de l'alchimie des jours, n'est pas loin de s'éteindre. 

 

Ne soyez pas inquiets mes frères et mes soeurs, ce ne sont que des phases de l'Esprit qui distille, en son creuset cosmique, l'essence de la Vie, l'essence de notre vie.

       Ariaga.
 

 

06/09/2007

Le serpent qui se mord la queue

   L'ouroboros, un des plus fameux symboles hermétiques, prend l'apparence d'un serpent ou d'un dragon, parfois d'un poulpe. Il dévore sa queue et c'est probablement , selon C. G. JUNG, un des plus anciens symbole pictural de l'alchimie que l'on connaisse par des documents. Vous en trouverez des représentations sur les sites spécialisés d'alchimie et certainement chez Djaipi, une véritable mine iconographique. Le Codex Marcianus, qui date du X° ou XI° siècle, en comprend une illustration avec la légende " l'Un, le Tout ". Jung écrit à la page 377 de Psychologie et alchimie :
     "Les alchimistes répètent sans cesse que l'opus naît de l'Un et ramène à l'Un, que c'est en quelque sorte un cercle semblable à un dragon qui se mord la queue. C'est pourquoi l'opus était souvent appelé circulare (circulaire) ou rota ( roue)."
   Jung donne en note un texte extrait du Rosarium qui est très démonstratif de l'idée que se faisaient les alchimistes d'une totalité sous-jacente à la multiplicité du réel :
     " Concentre  donc ton attention dans l'oeuvre de la nature, sans prétendre t'occuper tantôt de ceci, tantôt de cela, car notre science n'est pas pour s'accomplir dans la multiplicité des choses. Quelle que soit en effet la diversité des vocables, il s'agit pourtant toujours d'une seule et unique réalité, et c'est de cette réalité toujours la même...
Il ajoute cette phrase de Morenius citant l'empereur Héraclès :
     "Notre art procède à l'origine d'une racine unique, qui dans la suite se développe en une pluralité de choses, et qui retourne de nouveau à l'unité ".
   L'ouroboros, en tant que forte allégorie de la double nature du Mercurius (mercure) alchimique unissant en lui tous les opposés, se rattache à cette totalité. La représentation alchimique du serpent-dragon-hermaphrodite qui se dévore se féconde et s'auto-ressuscite est à la fois une image des contraires et un symbole de leur union.
       Ariaga
 
 
  

27/08/2007

Le chat de l'alchimiste

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Le chat de l'alchimiste ne connaît rien à l'or, philosophique ou non.

Le chat de l'alchimiste, repu et satisfait, tout contre la chaleur douce de l'athanor, médite longuement sur l'immobilité mais ses yeux entrouverts surveillent la cornue. Depuis bien des années, il attend que se casse, le verre qui retient, dans les reflets changeants de son rêve éveillé, des oiseaux fabuleux qui ne meurent jamais et des serpents qui tournent en se mordant la queue.

Le chat de l'alchimiste essaie d'approcher l'impossible infini du ronron silencieux.

       Ariaga
 

23/08/2007

Le voyage du " vaisseau "

 
 
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Le vase aux noms innombrables, celui-là que l'on appelle aussi cornue ou vaisseau,  matrice ou oeuf philosophique, moi, Ariaga, je l'appellerai aujourd'hui vaisseau, désir de voyage.

Porteur de poussières le vaisseau reposait sur un feu presque absent, cendres tièdes, restes d'un été oublieux aux odeurs de désert.

Avide d'âmes amies il est allé vers le banc des voyages imaginaires dont il a respiré les émanations mais la nourriture spirituelle ne lui suffisait pas, il avait faim de l'herbe verte et de l'air marin dont il a rempli ses cales vides.

 

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Avant de reprendre l'Oeuvre, un peu ivre, il s'est endormi sur la terre mère pour se remplir doucement de l'Esprit de la Nature.

 

                   Ariaga
 

 

 

19/08/2007

Correspondances

Quand BAUDELAIRE, dans son poème Correspondances, écrit que " dans une ténébreuse et profonde unité... les parfums les couleurs et les sons se répondent ", je pense qu'il aurait pu ajouter les formes. La nature, si on prend la peine de la contempler, produit des formes qui sont des oeuvres d'art. Ouvres d'art "  données " à l'état brut et façonnées par l'imaginaire de celui qui regarde. On y trouve, en particulier, une sorte d'érotique alchimique, souvent féminine. Cela n'a rien de surprenant puisque notre Mère Nature telle que la conçoivent les anciens alchimistes est femme, gouffre pour les peureux, avide de la réunion avec l'Autre qui conduira à la     "mystérieuse conjonction " des contraires.
   Maintenant que je suis de retour sur le banc des voyages dans l'imaginaire voici un peu de nourriture pour ceux qui m'ont fidèlement tenu compagnie. Je ne doute pas qu'ils trouveront les mots qui transforment l'oeuvre de la nature en oeuvre d'art poétique. 
 
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Ariaga 
 
  
 

13/08/2007

Le bruit de la Nature

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Greffée à son assise, installée sur le vide pour de muettes couvaisons,
elle a tenté d'évacuer les mots périmés qui n'auraient jamais du être prononcés.

Mais le banc était trop joli, trop bleu, trop solitaire, et le silence un faux d'or vulgaire plaqué de vanité, un silence occupé par les sons figés dans le granit des strates de son esprit tentant de s'échapper pour raconter les âges d'une vieille âme.

 
Elle va devoir remonter, sans se hâter, les escaliers creusés dans la pierre bruissante de vie, éclairée par la torche de la Nature.

Accepter de se voiler d'un masque d'ombre pour se protéger des songes brûlants.

Ne plus avoir l'orgueil du silence qui a la saveur douce amère des reniements et vous transforme en feuille errante.

Sortir de la bulle et s'asseoir sur un modeste banc marron, un banc de village, un banc de tous les jours.

       Ariaga.
 

22/07/2007

Cuisine alchimique de l'Océan

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Pour Aslé

 

Aslé avait un noeud qui lui serrait le coeur et qui brisait ses mots . J'ai convoqué d'urgence, sur le banc des vacances, là où vivent mes rêves, l'Alchimiste ployant sous le fardeau pesant de ses précieux grimoires. J'ai feuilleté le livre des recettes de noeuds et j'ai trouvé ceci :

     Mettre à tremper le noeud dans le jus primordial de l'Océan tiédi sur l'athanor solaire. 

     Assaisonner d'amours perdus et retrouvés.

     Quelques gouttes de larmes seront les bienvenues et les perles du rire le poivre nécessaire.

     Lentes macérations.

     Suaves dissolutions.

Le noeud sera à point quand il aura atteint, bien au delà des mots, l'absente transparence de l'Essence.

 

       Ariaga.
 

        

16/07/2007

Alchimie : transmutation d'un cerveau

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   " Ceux qui savent " se sont penchés sur les résidus encore fumants de mon cerveau, qui avait emprunté la voie sèche sur l'athanor, et subi de redoutables transmutations. Des recherches approfondies leur ont permis de retrouver, pas très loin d'un trou noir tout prêt à les engloutir, deux neurone résiduels un peu rouillés mais peut-être récupérables.

   Les doctes alchimistes ont proposé une longue macération dans le dégrippant. Ils espèrent que je pourrai ainsi récupérer un soupçon d'activité intellectuelle. 

   Moi, je pense que ce cerveau et le corps qui l'accompagne (si on peut encore appeler cela un corps, voyez la photo précédente) doivent revenir sur le banc des "vacances dans la tête" et s'épanouir à nouveau à la lumière de ses amis fidèles, qui ont veillé pendant que s'opérait la combustion. Même s'il y a des ratés, le moteur va repartir.

       Ariaga.
 

26/06/2007

Les secrets de la Nature

( suite de la note précédente)
 
   Je vous ai parlé hier du succès de L'Atalante fugitive de Michel Maïer mais c'est précisément ce succès qui lui valut des critiques de ce que nous appelons aujourd'hui les " puristes ", le véritable adepte étant censé garder le silence sur le fruit de ses travaux. Or, même si l'auteur procède par allégories et allusions, s'il utilise parfois la " langue des oiseaux" , il fait un véritable effort de clarté et emploie tous les moyens à sa portée pour transmettre ce qu'il voulait bien dire de sa connaissance et de sa pratique de l' " art royal ". C'est pourquoi il ne s'est pas contenté de s'adresser à l'esprit du lecteur, mais aussi à sa vue et à son ouïe. C'est ainsi qu'il écrit au centre du frontispice de l'ouvrage :
   "Atalante fugitive ou nouveaux emblèmes chymiques des secrets de la Nature, adaptés en partie aux yeux et à l'intelligence par des figures gravées dans le cuivre et des légendes qui leur sont adjointes, par des épigrammes et des notes, et en partie aux oreilles et à la récréation de l'esprit par plus ou moins 50 fugues musicales à trois voix dont deux correspondent à une seule mélodie simple, très adaptées au chant des distiques, destinées à être vues, lues, méditées, jugées, chantées et écoutées non sans un agrément particulier."
   Il pense que Dieu a caché dans la Nature des quantités de secrets (Arcana) et qu'un des moyens, pour l'homme, de développer son intelligence, est de tenter de les extraire les secrets "chymiques " étant " les plus précieux de tous après la recherche des choses divines ". Ces secrets ne sont pas à l'usage des charlatans, seulement des esprits élevés, et Michel  Maïer s'adresse à eux avec un enthousiasme et une sorte de prosélytisme dont il se rend compte au moment où il écrit les dernières lignes de l'Atalante fugitive :
       "Donc, une fois qu'on a saisi cela, on comprend l'aigle et la femme, comme aussi les secrets de l'art presque entier, secret que nous avons en ouvrant peut-être trop largement le sein de la Nature, exposé et manifesté dans ces pages au fil de l'enseignement, afin qu'ainsi GLOIRE SOIT RENDUE A DIEU. "
   Michel Maïer se demandait s'il n'avait pas été trop bavard et il avait raison car les critiques furent vives, mais pour nous qui le lisons aujourd'hui, c'est certainement un des livres qui apporte le plus d'éclaircissements sur la philosophie de l'alchimie. 
   Ajoutons que les illustrations (vous en trouverez chez mon lien Djaipi, catégorie géométrie spirituelle) sont très révélatrices de la perduration de symboles vivants très puissants. Les rêveurs, en utilisant des matériaux plus contemporains, reproduisent souvent des scènes très proches des emblèmes de l'Atalante. Il m'est arrivé de montrer à des amis ne connaissant rien à la symbolique alchimique des images de l'Atalante et elles provoquent de vives réactions d'attraction ou de répulsion. Certains disent : " je ne veux pas voir ça ! " alors que d'autres regardent la gravure avec une sorte de fascination. Cela tend à prouver que les illustrations de l'Atalante sont les activateurs d'un contact avec le monde archétypique. Tentez l'expérience, vous verrez ! Une autre expérience a été tentée, jouer les musiques de l'Atalante, il paraît que c'est vraiment très mauvais...
       Ariaga
 
  
 

25/06/2007

Un Philosophe de la Nature : Micher Maïer

   Quand j'écris dans mon " à propos ": " dans les pas "de Jung et des Alchimistes Philosophes de la Nature ", je dis seulement " dans les pas " car je pense que c'est par notre Maître intérieur, si nous savons l'écouter, que nous devons nous laisser guider. Mais il y a des êtres dont la pensée  exerce une forte influence. Pour moi, je vous ai abondamment parlé de Jung mais pas tellement des Philosophes de la Nature, en tant que personnages "historiques". Je vous donnerai donc, de temps en temps, un éclairage sur l'un d'entre eux, qu'il soit très ancien ou plus proche de nous.
  Au début du mois, j'avais déjà proposé une note intitulée PARACELSE, médecin, alchimiste, philosophe où je  donnais une petite idée sur ce personnage. Aujourd'hui je vous présente un autre de mes amis, Michel MAÏER, que l'on connaît surtout comme l'auteur de L'Atalante fugitive. Ce livre présente un intêret pour les lecteurs de ce blog, curieux d'aller voir eux-mêmes certains textes: il est facilement accessible dans une excellente traduction d'Etienne Perrot (ed. Dervy). Lequel Perrot a consacré un ouvrage intitulé Les trois pommes d'or à un commentaire sur cette Atalante fugitive (ed.La fontaine de Pierre)
   Pour ceux qui ont une certaine défiance, parfois justifiée, envers les fumeux alchimistes, la personnalité de Michel Maïer est rassurante. C'était un homme instruit, épris de cohérence, se méfiant des racontars et des chimères et qui occupa une place de choix dans la société de son époque. 
   Allemand, Né en 1568, il obtint le grade de docteur en médecine en 1596 et l'année suivante de docteur en philosophie. Il semble qu'il se soit consacré très tôt à l'étude de l'hermétisme, ce qui ne l'empêcha pas de devenir le médecin privé de l'empereur Rodolphe II à Prague. Après diverses activités dans cette ville, puis à Londres, il finit ses jours en 1622 à Magdebourg où il était le médecin du Landgrave de Hesse.
   L'Atalante fugitive, publiée en 1617, a été précédée et suivie par une bonne quinzaine d'autres oeuvres. Mais l'Atalante fut, à l'époque, ce que de nos jours on appelle un "meilleures ventes". Il faisait connaître à un milieu de non spécialistes ce que Michel Maïer pensait des "secrets de la Nature". Ce sera pour demain... 
       Ariaga
 
 
  
 
  
 

18/06/2007

Les hallucinations de l'alchimiste

   Après avoir lu un texte alchimique très poétique et particulièrement délirant je me pose une question : certains  alchimistes étaient ils sous l'influence de drogues hallucinogènes ? Mon ami le vieil alchimiste, celui que vous connaissez déjà et qui murmure parfois à mon oreille intérieure me dit : "bien sûr Ariaga". 
   Au Moyen Âge, les " sorcières " connaissaient bien toute la famille des solanacées telles que la belle Belladone ou la mystèrieuse Mandragore, et d'autres encore, qui étaient utilisées comme euphorisants, filtres d'amour, donneurs de visions. Les alchimistes, qui étaient les meilleurs chimistes de leur époque moyenâgeuse, devaient se livrer à moult expériences avec de nombreuses substances dont certaines hallucinogènes. Rien ne les empéchait de faire des essais personnels et cela expliquerait que leurs textes ressemblent parfois à des récits poétiques écrits sous LSD ou mescaline.  
   Ils devaient aussi être drogués, ou plutôt empoisonnés, à leur insu, par les produits qu'ils employaient, en particulier le mercure, et subir une intoxication chimique. Les textes parlent de mauvaises odeurs, de vapeurs néfastes, et de l'Oeuvre comparée à un "poison mortel". Il est écrit que la fumée leur faisait des blessures au visage, perdre leurs dents, souffrir de nombreuses infirmités. 
   Sur le plan psychique, il n'est pas étonnant que ces chercheurs, qui passaient leurs jours et leurs nuits à observer les transformations de la matière dans leur vase (vaisseau, cornue), aient subi l'influence de vapeurs nocives et de substances hallucinogènes, il n'est pas étonnant donc, qu'ils aient effectué des "projections" de leur inconscient. Ces projections se traduisaiient par des représentations symboliques d'une infinie richesse mais que les mots de la vie ordinaire avaient du mal à décrire. 
    Les contenus de l'imaginaire de l'alchimiste du Moyen Âge devaient souvent être effrayants pour cet homme pieux qui voyait à travers le verre de sa cornue comme un film projeté par un inconscient incontrolable metteur en scène de mouvances peu convenables. C'est pour cela qu'il priait longuement dans son oratoire et que les plus " sages " craignant la folie ont progressivement abandonné la chimie et la spagyrie pour se consacrer à la " Philosophie de la  Nature " et à une alchimie plus spirituelle. Mais on dit que Paracelse, encore un ragot de mon vieil alchimiste murmureur, avait, sous forme de " médecine ", son " arcane " personnel dont il ne pouvait se passer...
       Ariaga
 
 

11/06/2007

Faiseurs d'or et philosophes alchimistes

   Pendant quelques temps, je vais me consacrer sur ce blog à des reflexions au sujet du Soi inspirées par C.G.Jung et l'alchimie ; et bien sur au cheminement vers ce Soi suivant la voie du processus d'individuation et de l'Oeuvre alchimique. Rassurez vous, cela sera fait avec le plus de simplicité et d'humilité possible. On se sent tout petit devant ce genre de sujets.  Et puis il y aura des récréations poétiques, photographiques et anecdotiques. Pour l'instant j'arrête les  " contributions " pour les reprendre pendant les vacances. J'ai aussi une note sur la "synchronicité" qui mijote sur l'Athanor depuis un bon moment mais je ne trouve pas la cuisson satisfaisante.
   Il y a  un moment, on m'avait demandé dans un commentaire de préciser la différence entre l'alchimie pratique et l'alchimie spirituelle. J'avais oublié la question ( Ariaga a une tête pleine de courants d'air ) et puis, en me replongeant une fois de plus dans l'inépuisable, et que je n'ai jamais réussie à épuiser, " Oeuvre " de Françoise Bonardel : Philosophie de l'alchimie (Presses Universitaires de france), j'ai trouvé une réponse très éclairante :
 
    "Certes, les origines mêmes de l'alchimie  -  art sacré des forgerons et autres arts du feu - peuvent sembler créditer la filiation Hermès-Prométhée. S'il est vrai que la voie prométhéenne des arts et techniques fut présente aux débuts de l'alchimie grecque et trouva par la suite son équivalent dans la spagyrie, les véritables adeptes en condamnent les ambitions à la fois démesurées, car insatiables, et spirituellement limitées. Tels sont aux yeux des  " Fils d'Hermès ", ces " sophistes" et autres " vendeurs de fumée " : " Ceux qui n'approchent de cet art que dans un esprit d'avarice, et dont le coeur, ne désirant que l'or, fait qu'ils ne sont jamais contents s'ils ont l'or dans leurs mains. " Plus qu'une forme de savoir progressiste, opposée à une plus ancienne et périmée, obscurantiste, le prométhéisme va se révèler un état d'esprit : Là où l'alchimiste OEuvre  avec sa " matière ", le spagyriste travaille la matière pour en exploiter et s'en approprier les énergies. (p. 171, 172).
 
J'ai déja parlé de Francoise Bonardel quand j'ai utilisé un texte de son anthologie de textes alchimiques occidentaux : Philosopher par le feu. (le seuil, points coll. Sagesses). Son ouvrage ,dont je viens de vous donner un extrait, est toujours à l'horizon de mes réflexions. Même s'il m'intimide un peu par la somme de connaissances qu'il contient. Mais je m'accroche !
      
          Ariaga
 
 
 
 

07/06/2007

PARACELSE, médecin, alchimiste, philosophe

    Ma vie est embellie par des personnages, à la fois morts et vivants, morts pour l'état civil mais vivants  pour mon imaginaire, personnages avec lesquels j'ai des "conversations" intérieures. Naturellement il y a le cher Carl Gustav et aussi Sigmund (ils ont des dialogues intéressants) mais il en est d'autres. Je vais, de temps en temps,  vous les mettre en scène brièvement, comme celà, si vous les rencontrez dans mes textes, les présentations seront faites. Un de mes préférés est PARACELSE, que je n'appelle jamais par ses prénoms, absolument imposibles. D'ailleurs, Paracelse était un pseudonyme.

Paracelse, médecin, philosophe, alchimiste est né à Einsiedeln (Suisse) vers 1493, je dis vers, car le cher homme était très pudique sur son âge. Il est mort à Salzbourg en 1540. Sa véritable mère, selon ses dires, était la Nature, sa mère adoptive l'Eglise dont, malgrè son esprit sceptique, il ne se sépara jamais, pas plus que de l'alchimie, de l'astrologie et de la magie  "sciences divines" dont il pensait qu'elles lui avaient été transmises par ce qu'il appelait la "lumière de la Nature" et qu'elles lui étaient utiles pour l'aider à remplir sa mission "divine" de médecin.  

On trouve dans l'oeuve de Paracelse une pensée "uniciste"mais  dont les fondements sont le paradoxe et l'acceptation des contraires. Il ne cherche pas une vision non contradictoire du monde et néglige la séparation entre le rationnel et l'irrationnel. Il n'avait nulle crainte des Autorités et de la Tradition et ne reconnaissait que l'autonomie et l'expérience de la Nature. En tant que chrétien du Moyen Âge il vivait dans un monde unitaire sans voir de conflit entre les sources de connaissance divine et naturelle puisque, pour lui, tout avait son origine en Dieu. Un Dieu quelque peu personnel et avec lequel il entretenait des relations qui sentaient un peu le soufre. Il écrivait : "J'avoue aussi que j'écris comme un païen tout en étant chrétien".

Paracelse avait tout un système du monde très structuré  dont je ne vous parlerai pas aujourd'hui. Il s'agissait juste de faire connaissance.Seulement un exemple : l" Aquaster ", principe à la fois " humide " et " spirituel ", maternernel aussi, est un lieu où est engendré " l'esprit de vie ". Ce n'est pas poétique ? Mais aussi cela va plus loin car Paracelse avait l'intuition que la Nature n'est pas uniquement physico-chimique, mais aussi psychique. 

        Même s'ils ne le déclarent pas ouvertement, et s'ils se plaignent de ses "obscurités", Paracelse a été l'inspirateur de nombre de ses successeurs qu'ils soient médecins, alchimistes ou philosophes, ou les trois en même temps. (Par exemple l'alchimiste et médecin Gérardus Dorneus) et parmis mes "visiteurs" il occupe une place de choix et, vous aussi, amis lecteurs, je crois que vous allez souvent le rencontrer.

         Ariaga. 

 

 

 

21/05/2007

ATHANOR

Athanor! Athanor! ce mot rythme dans mon imaginaire le défilé de la lignée infinie des alchimistes. Je les imagine, jour et nuit, seuls ou avec une compagne, entretenant et régulant le feu sous leurs incessantes décoctions et distillations et priant Dieu pour que l'Oeuvre réussisse. 

Athanor, c'est aussi mon bouillonnement intérieur quand je cherche les mots, la poésie, les images, pour vous dire ...

Ariaga sois sérieuse et donne une définition de cet athanor , parfois aussi appelé "vase" ou "fourneau secret". Il y en a une qui me plait assez dans le glossaire de Philosopher par le Feu de Françoise Bonardel (Le seuil, sagesses, p. 452.) :

Athanor : "Ce mot d'athanor est  tiré de l'arabe, et signifie une tour dans laquelle on met du charbon pour entretenir un feu continuel dans un fourneau qui y est joint ; il vient aussi du mot grec athanatos, immortel (Salmon) En l'athanor sont donc réunies les caractéristiques d'un four capable de réduire sans violence la "matière" déposée dans l'Oeuf Philosophique, reposant sur un lit de sable ; et celle d'une intemporalité favorable à la survie du "corps " ainsi régénéré."

Il s'agit ici de l'athanor "matériau" mais je pense qu'il se manifeste à différents degrés de puissance comme brûle le feu. L'athanor Nature est le plus fort car il contient toutes les force de cette Nature et cela de degrés en degrés jusqu'au ventre féminin qui est lui aussi athanor. 

L'être humain est athanor et E.Perrot le montre dans La Voie de la Transformation quand il écrit :"Notre fournaise transformante c'est la vie toute entière avec ses épreuves" (p. 273) Quand on regarde les illustrations du Mutus liber, Le livre muet, un ouvrage très ancien d'images sans texte qui décrit les différentes étapes de l'Oeuvre alchimique, on voit que lieu de la cuisson est, symboliquement, à la hauteur du coeur de l'homme. Nous sommes tous des athanors, parfois tellement brûlants qu'ils sont prêts à exploser car trop chargés de passions ou d'épreuves. Ce sont ces épreuves, ces grands obstacles qui nous calcinent  mais qui, aussi, nous obligent à changer, à faire autrement que nous le projetions. Le moi se consume mais il ne disparait pas, il se transforme dans l'athanor des souffrances. 

L'athanor, quand son feu est lent et doux est aussi le fourneau sur lequel se mijote le processus d'individuation, le cheminement vers le Soi. Mais cela est une autre histoire, pour bientôt. 

     Ariaga
 

03/05/2007

Hymne à l'esprit de la Nature

   Tous les alchimistes d'orientation philosophique ont louée et magnifiée la Nature, parfois avec un sentiment de crainte devant ses forces obscures. Mais, ils ne pouvaient que la considérer avec respect car elle était, pour eux, toute imprégnée d'une essence divine, cet or qu'ils espéraient trouver par d'incessantes distillations. En attendant ils éprouvaient envers les deux natures, la matérielle et la divine, un sentiment "religieux" et leur but n'était pas de les séparer mais de réunir ce qui était en haut à ce qui était en bas, selon le principe de similitude de la Table d'Emeraude : "Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, à la fin de réaliser le miracle de la chose unique...". Ce sentiment religieux de la Nature existait depuis l'antiquité, et selon Jung, (Dans Synchronicité et Paracelsica) son expression la plus belle se trouve au milieu d'un fatras de recettes magiques dans l'épigraphe secret du  Grand Papyrus magique de Paris. (Ne me demandez pas l'origine exacte je l'ignore et tout renseignement sera le bienvenu). Moi aussi je trouve ce texte magnifique et je veux le partager avec vous. 

          Salut à toi, édifice entier du souffle et de l'air ; salut ! esprit, qui du ciel se répand sur la terre, et de la terre qui occupe l'espace médian de l'univers, s'étend jusqu'aux limites de l'abîme sans fond. Salut ! esprit qui pénètre en moi, qui adhère à moi et qui me quitte conformément à la volonté de Dieu dans sa bonté. Salut, commencement et fin de la nature immuable. Salut ! infatigable rotation des éléments. Salut ! serviteur de la lumière du soleil, lumière de l'univers. Salut ! cercle de la lune qui brille d'une lumière inégale et éclaire la nuit. Salut ! tous les souffles des esprits aériens. Salut à vous à qui est accordée la joie dans la louange, frères et soeurs, consacrés et consacrées.  O grand édifice de l'univers, fermé sur lui-même, incompréhensible. Céleste habitant du ciel, subtil habitant de l'éther, de la nature de l'eau, de la terre, du feu, du vent, de la lumière, de l'obscurité, éclatant comme les astres, à la fois froid, humide et igné. Je te loue, ô Dieu des Dieux, ordonnateur du monde, conservateur de l'abîme sur le siège invisible de son assise. Esprit qui a séparé le ciel de la terre, a couvert le ciel de voiles d'or éternels et a fixé la terre sur des bases éternelles, qui a suspendu l'éther au plus haut des airs, qui a dispersé l'air en souffles qui se meuvent d'eux-mêmes, qui a disposé l'eau tout autour, qui dirige les ouragans, qui est tonnerre, éclair, pluie, qui ébranle, qui engendre la vie, Dieu des Eons, tu existes dans ta grandeur, souverain, divin maître de toutes choses.

   J'aurais aimé, avec des frères et des soeurs louangeurs consacrés, écouter ce texte offert, d'une voix forte, au Dieu de la Nature, mais c'était il y a bien longtemps et si j'y étais je l'ai oublié. Et pourtant...il y a des échos qui résonnent en moi. 

     Ariaga