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17/04/2007

Le premier rêve d'enfant de C. G. JUNG

Je vais pendant quelques jours vous proposer un "feuilleton" sur les deux "grand rêves" d'enfant de C. G. JUNG. Les junguiens "cultivés qui, naturellement, ont lu Ma vie le trouveront un peu simpliste et penseront que Jung lui même a déjà donné des interprétations mais je cours le risque...de vous intéresser. Et puis, chers amis inconnus, ou un peu connus à travers leurs blogs, vous pensez bien que j'ai quelques idées sur l'interprétation de ces rêves.

 

           Le premier rêve marquant de Jung est survenu alors qu'il avait environ quatre ans. Ce rêve, selon lui, devait le préoccuper "toute sa vie durant". Il est difficile de dissocier ce que ressentit, à l'époque, l'enfant Jung et la symbolique associée pendant des années d'introspection jusqu'aux commentaires de Ma vie. Ce qui compte c'est l'expérience fondatrice véhiculée par ce rêve qui, comme le dit MARIE-LOUISE von FRANZ, "laisse apparaître en son centre un élément mystérieux qui était destiné à devenir l'arrière plan, lourd du destin de sa vie et de son oeuvre." Au cours du séminaire sur les rêves d'enfants que Jung donna entre 1936 et 1940, il fait d'ailleurs remarquer que le premier rêve dont on se souvient contient, souvent, d'une manière symbolique, l'essence d'une vie. Ce rêve, qui fascinait encore Jung à plus de quatre-vingt ans, et que je reproduis dans son intégralité, était le suivant :

"Le presbytère est situé isolé près du château de Laufen et derrière la ferme du sacristain s'étend une grande prairie. Dans mon rêve, j'étais dans cette prairie. J'y découvris tout à coup un trou sombre, carré, maçonné dans la terre. Je ne l'avais jamais vu auparavant. Curieux, je m'en approchai et regardai au fond. Je vis un escalier de pierre qui s'enfonçait ; hésitant et craintif, je descendis. En bas, une porte en plein cintre était fermée d'un rideau vert. Le rideau était grand et lourd, fait d'un tissu ouvragé ou de brocard ; je remarquai qu'il avait une très riche apparence. Curieux de savoir ce qui pouvait être caché derrière, je l'écartai et vis un espace carré d'environ dix mètres de longueur que baignait une lumière crépusculaire. le plafond voûté était en pierre et le sol recouvert de dalles. Au milieu, de l'entrée jusqu'à une estrade basse, s'étendait un tapis rouge. Le siège, véritable trône royal était splendide, comme dans les contes ! Dessus, un objet se dressait, forme gigantesque qui atteignait presque le plafond. D'abord, je pensai à un grand tronc d'arbre. Haut de quatre à cinq mètres, son diamètre était de cinquante à soixante centimètres. Cet objet était étrangement constitué : fait de peau et de chair vivante, il portait à sa partie supérieure une sorte de tête de forme conique, sans visage, sans chevelure. Sur le sommet, un oeil unique, immobile, regardait vers le haut.

La pièce était relativement claire, bien qu'il n'y eût ni fenêtre, ni lumière. L'objet ne remuait pas, et pourtant j'avais l'impression qu'à chaque instant il pouvait, tel un ver, descendre de son trône et ramper vers moi. J'étais comme paralysé par l'angoisse. A cet instant insupportable, j'entendis soudain la voix de ma mère venant de l'extérieur et d'en haut qui criait : "Oui, regarde le bien, c'est l'ogre, le mangeur d'hommes !"J 'en ressentis une peur infernale et m'éveillai suant d'angoisse. A partir de ce moment j'eus, durant plusieurs soirs, peur de m'endormir : je redoutais d'avoir encore un rêve semblable."

Vous pouvez trouver ce rêve dans Ma vie, p. 30 de l'édition de poche. Pour vous donner des pistes je précise que Jung était fils de pasteur.

Dormez bien là dessus, et demain la suite... 

 

11/04/2007

La langue des oiseaux

En hommage au Coran teint d'Etienne PERROT

La "langue des oiseaux", au sens alchimique, et comme expression onirique, est une manière de regarder, et surtout d'écouter, les mots autrement que dans leur sens logique. Pour les alchimistes elle avait comme synonyme la "cabale phonétique", c'est à dire une transmission par le son, non conceptuelle, comme celle des oiseaux.Cette transmission n'est pas seulement perçue par l'oreille mais par le coeur et elle est du domaine de l'inspiration.

Cette langue des oiseaux nous rappelle que l'alchimie, qui se faisait parfois appeler "art de musique", attache une grande importance à la musique. Témoin, Michel Maïer, joignant des fugues, dont il donne la notation, à chacun des emblèmes et discours de son Atalante Fugitive. L'iconographie alchimique, quand elle représente le laboratoire de l'alchimiste, montre souvent des instruments de musique exprimant l'harmonie et la musique céleste accompagnant l'aboutissement du Grand Oeuvre. 

La langue des oiseaux fait éclater, parfois comiquement, le mot. Perrot nous dit que le mot se "dilate" et "éclate de rire. On le ressent, on l'entend alors d'une manière euphonique qui lui donne un autre sens que celui qu'il semble avoir dans la phrase. C'est ainsi, en particulier pour les rêves, qu'une nouvelle signification émerge des profondeurs de l'inconscient en passant la barrière du langage qui est le code indispensable à la compréhension du rêve. En utilisant cette langue des oiseaux, certains rêves "absurdes" trouvent leur sens profond. Par exemple, si vous avez dans un rêve une curieuse tomate qui n'a rien à y faire mais que "la tomate" vous gazouille à l'oreille "l'automate", vous partirez peut-être sur une autre piste pour interpréter votre rêve. 

Certains poètes, les surréalistes par exemple qui écoutent une mystérieuse voix qu'ils appellent l'inspiration, paraissent parfois aligner des mots insnsés. Ils chantent, eux aussi surpris par les mots qui coulent de leur  plume, la langue des oiseaux. Lisez les à haute voix, jouez avec leurs mots et vous les entendrez autrement. Mais il est vrai que le Poète est alchimiste. La boucle est bouclée. ( clé ).

10/04/2007

C. G. JUNG et la fonction transcendante

Dans ma petite boite à outils, intitulée Jung et la psychologie des profondeurs : liste des notes déjà publiées destinée à ceux qui me suivent dans ma recherche d'une progression vers un élargissement de la conscience, en suivant les pas de Jung, j'avais oublié un concept important : la fonction transcendante. Je ne ferai, aujourd'hui, que survoler le sujet qui demanderait de nombreuses pages pour être convenablement traité mais, en cette période pascale, je ne veux pas vous faire souffrir ! 

Le cheminement vers la totalité psychique nécessite une ouverture de la frontière conscient-inconscient et cette ouverture n'est pas sans danger. Elle engendre fréquemment des désordres dus à la situation d'unilatéralité provoquée par la prédominance de l'une des polarités. Les plus graves conséquences surviennent si le potentiel énergétique de l'inconscient est trop puissant. Il est essentiel que les forces de cohésion qui structurent et garantissent la stabilité de l'organisation du Moi conscient demeurent intactes.

Jung a déterminé une fonction (à ne pas confondre avec les quatre fonctions psychiques) susceptible de maintenir l'équilibre et d'aider à la progression de la coopération entre les pôles opposés, conscient-inconscient.  Dans l'Âme et le Soi (p.157) il décrit ainsi cette fonction :" La tendance de l'inconscient et celle du conscient sont en fait deux facteurs qui constituent la fonction transcendante. On l'appelle transcendante parce qu'elle permet le passage organique d'une attitude à une autre, c'est à dire sans perte de l'inconscient."

Cette fonction, surtout importante au niveau de l'enseignement donné par les rêves, l ' "'expression la plus aisément accessible des processus inconscients",  est un moteur d'évolution. Elle induit une sorte d'acceptation consciente des contenus de l'inconscient qui est à l'origine de modifications réciproques, issues de la relation conscient-inconscient.  

La fonction transcendante permet un passage , constructif, d'une attitude de méfiance envers l'inconnu, à la reconnaissance du côté compensateur, enrichissant, des contenus de l'inconscient véhiculés par les rêves, visions et imaginations. Une confrontation des points de vue, et l'accord sur ce que Jung appelle une "base moyenne", rendent possible une progression, en quelque sorte motorisée par une tension énergétique, progression au cours de laquelle chacun des points de vue, souvent opposés, de l'inconscient et du conscient, peuvent se conjuguer, tout en conservant leur valeur propre.

La présence d'un analyste est utile pour "médiatiser la fonction transcendante" du rêveur, en l'aidant à interpréter l'expression symbolique du discours du rêve, et surtout en l'accompagnant dans son cheminement vers une réunion du conscient et de l'inconscient, génératrice d'une nouvelle attitude, à la fois sur le plan psychique et sur le plan de la réalisation pratique. L'autonomie et l'organisation du Moi, centre de la conscience, doivent être protégés alors que la persona, son habillement extérieur, peut subir, sans trop de dommages, de profondes transformations. Je pense, cependant, en espérant que Jung me pardonnera, qu'un observateur attentif et prudent de ses propres rêves peut aussi progresser en contemplant ces rêves et en essayant de coopérer avec l'inconscient. Mais il est certain qu'il aura toujours tendance à laisser les préjugés de son Moi prendre le dessus. 

 

 

03/04/2007

Bateau de rêves

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Seulement deux ficelles que l'on appelle bout, retiennent au bord du gouffre le joli bateau bleu d'un rêve de voyage, d'un rêve de retour aux terres oniriques

mais le cordage absurde attaché dans le vide incite à la prudence...

02/04/2007

Le sel des rêves

Pour ceux qui cherchent leur chemin dans la forêt onirique en espérant trouver la sagesse et l'enseignement d'un "autre" intérieur, je vous propose, aux Editions Dervy, le livre de Pierre TRIGANO et Agnès VINCENT intitulé Le sel des rêves et dont le sous titre, très explicite, est : Une refondation spirituelle de la psychothérapie par une lecture nouvelle de C.G. Jung. 

Pierre Trigano et Agnès Vincent, fondateurs de l'Ecole du Rêve et des Profondeurs, mettent en évidence, grâce à de nombreux apports théoriques et cliniques la découverte essentielle de Jung : Le Soi, figure cachée de l'Esprit en nous et source directrice et harmonisatrice des rêves (en particulier, cela c'est moi qui le dit, quand  ils forment des séries). Rejetant la pensée unique "psychologiquement correcte", ils ont forgé un concept nouveau : la psychologie symbolique. Ils veulent montrer, et je pense qu'ils le font avec succès, que le dire de Jung conforte la singularité de leur démarche. Je vous propose un extrait (p. 518) situé à la fin de l'ouvrage, ceci pour que le nombre de pages ne vous effraie pas et puis c'est écrit gros !

"La psychologie symbolique est la psychologie du Soi. Elle reconnaît celui-ci comme l'essence même du symbole, le centre de conscience transcendant de la psyché humaine qui détermine en profondeur le processus thérapeutique des rêves. Dans cette voie, le moi n'est pas au centre et ne conquiert pas la conscience à partir de lui-même, mais au contraire, la conscience vient à lui, de l'intérieur, s'il est en mesure de s'ouvrir au Soi et de suivre son initiation à travers les rêves. Ce n'est pas non plus le moi du praticien ou sa théorie qui donne l'impulsion créatrice dans ce processus, mais c'est en fait le Soi. Celui-ci, et lui seul, est en réalité le vrai thérapeute, l'analyste intérieur qui conduit l'analyse du rêveur au travers de ses rêves. "

Bonne nuit, et n'oubliez pas de recueillir le "sel" de vos rêves.  

 

23/03/2007

Le vase alchimique de la Nature

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Dans le vase de la Nature où les fleurs poussent sur le fumier les filles du vent et des embruns cuisinent au plus intime

Ciel terrestre et terre céleste dans le vase de la Nature elles concoctent le grand Oui aux origines de la vie et le rire libérateur d'un ancien orgasme de l'être cascadant les rêves en échos

Corps spiritualisé par l'air esprit perdu dans la matière ce qui fermente dans le vase sera transmuté en son temps ...

21/03/2007

Rêve et alchimie

J'ai envie, aujourd'hui, de vous parler de la permanence de certains symboles, représentations archétypiques fortes, qui éclairent à la fois l'univers de l'alchimie et celui des rêves.  Bien sûr, on ne peut pas "prouver" ce genre de chose. C. G. Jung l'a tenté dans son analyse des rêves d'un scientifique contemporain (cf. Psychologie et alchimie) mais on ne peut que proposer. De plus, cela implique l'existence d'un fonds commun (l'inconscient collectif) à partir duquel des représentations propres aux alchimistes perdureraient dans les rêves d'aujourd'hui. Ceux qui me lisent savent que cette théorie me séduit et que je pense que l'inconscient collectif ne connaît ni le temps ni l'espace.

Alors que sont les manifestations de cette résurgence, issue du courant souterrain de l'alchimie et de toute la philosophie de la Nature pré-chrétienne ? Les représentations oniriques utilisent le plus souvent pour leur mise en scène des décors et des évènements en relation avec les quatre éléments naturels que sont l'eau, la terre le feu et l'air. A ces éléments il faut ajouter la sexualité, si bien cernée par S. Freud. On navigue sur l'eau, on vole dans les airs, on explore les profondeurs souterraines, on se chauffe devant un feu, on cuit un aliment, on a des relations charnelles.  On peut aussi subir les rigueurs du froid, du vent, de la chaleur. La base du matériau onirique n'est pas l'intellect mais plutôt un mélange d'émotions et de représentations, plus ou moins symboliques, du monde sensible. Cet assemblage, même s'il est surprenant, voire burlesque, demeure compréhensible pour le rêveur puisqu'il est capable de le raconter et que des scénarios, issus de la vie quotidienne lui donnent un semblant de sens.

Vous me direz, pourquoi parler d'alchimie ? Parce que le symbole, vivant, transformé, de la plupart de ces thèmes, et de beaucoup d'autres, se trouve déjà dans les textes et les représentations iconographiques des alchimistes. L'oiseau devient avion, les roues sont celles d'un véhicule à moteur, on monte et on descend en ascenseur , l'athanor se transforme en four à micro-ondes, mais la tonalité alchimique est là.

Quand Profdisaster, dans un "grand rêve"numineux  entend une voix dire  "c'est celui là qui déposa un oeuf dans ta bouche", cet oeuf, si on l'interprète à la lumière des écrits et de l'iconographie des alchimistes du Moyen- Âge, il en a du sens !  Et je crois, qu'à l'ombre de l'alchimie, on peut faire du chemin vers la compréhension des rêves et de soi-même.

 

 

14/03/2007

Quaternité, nature et fonctions du conscient chez C.G.JUNG

   Je vous avais parlé, il y a déjà quelques temps, dans un texte intitulé Le symbolisme des nombres de la symbolique des trois premiers nombres. Aujourd'hui, pour brièvement en finir avec l'essentiel de l'outillage conceptuel junguien et pouvoir aborder LE sujet qui m'intéresse vraiment, le processus d'individuation et le SOI, je vais "effleurer" l'énorme problème de la quaternité, qui fut la préoccupation essentielle de Jung dans la seconde partie de son oeuvre. Je vous donnerai prochainement un récapitulatif de mes anciens textes sur Jung et je vous signale qu'il y a d'excellents sites qui donnent plus de détails sur les sujets que j'ai brièvement traités. Après nous partirons pour la grande aventure de l'alchimie spirituelle = processus d'individuation = oeuvre alchimique. 

     La quaternité, symboliquement associée au féminin, impose à la pensée ternaire d'une conscience humaine durement acquise, la réalité du monde en tant que Nature.  En effet, dans ce domaine, la quaternité est, comme l'écrit Jung (Aïon, p. 262), le schéma d'ordre par excellence :""Elle représente un système de coordonnées qui est instinctivement utilisé en particulier dans la répartition et la mise en ordre d'une multiplicité chaotique, , comme par exemple la surface visible de la terre, le cours de l'année, le rassemblement d'individus en groupes d'hommes, les phases de la lune, les tempéraments, les éléments, les couleurs (alchimiques)etc. 

   Le quatre est donc le nombre du monde actualisé, par rapport à une totalité originelle irreprésentable. Il fait accéder à la visibilité une Nature dont l'unité fondamentale se manifeste par des doubles oppositions binaires : les saisons, les points cardinaux, les quatre éléments principaux de la chimie organique.

   Si l'on considère, dans la perspective junguienne, qu'au sein de la totalité indifférenciée, matière et psyché étaient intimement liées (bien sur c'est juste une proposition), la quaternité apparaît comme une continuation du déploiement binaire et ternaire à partir de l'unité (dont j'avais parlé dans le symbolisme des nombres), mais avec un retour vers une autre forme de totalité : la totalité "terrestre".

   Sur le plan psychologique, la quaternité, issue d'un inconscient dont les racines les plus profondes plongent en un lieu où le psychique et le biologique étaient indifférenciés, est le résultat de la désagrégation en quatre d'un contenu qui ne peut devenir conscient qu'à partir des quatre fonctions du conscient. Sur ces quatre fonctions du conscient, que Jung appelle aussi des "orientations psychiques" il a été beaucoup écrit  mais, aujourd'hui je vais juste vous donner un extrait du Glossaire de Ma vie de Jung. :

   "Pour nous orienter nous devons avoir une fonction qui constate que quelque chose est ( sensation ) ; une seconde fonction qui établit ce que c'est ( pensée ) ; une troisième fonction qui décide si cela nous convient ou non, si nous désirons ou non l'accepter ( sentiment ) ; et une quatrième fonction qui indique d'où cela vient et où cela va ( intuition )....."

Cependant, nous dit Jung, l'expérience montre que les fonctions sont inégalement réparties et que le plus souvent, ceci étant surtout visible au niveau des rêves, une fonction restée dans l'"arrière-fonds" archaïque, s'exprime par l'intermédiaire du nombre quatre, ou d'un symbole de quaternité. Le symbole est, en effet, nécessaire pour combler le vide de cet élément manquant absolument indispensable pour que soit re-présentée la totalité humaine. De plus, quand on observe  les rêves, (surtout en séries) la présence du quatre, ou de l'un de ses représentants est la marque d'une forte poussée vers la conscience d'un archétype très puissant, l'archétype de la Nature, qui est à l'état brut dans l'inconscient. 

   Que ce soit chez les alchimistes, dans notre propre cheminement ou dans la contemplation des rêves , la quaternité, et surtout l'absence de la quaternité , nous n'avons pas fini de nous y mesurer. J'espère que quelques uns me suivront sur ce difficile parcours. 

       Ariaga
 

 

 

 

16/02/2007

Expérimentation sur la symbolique des rêves.

Il est une circonstance, que l'on pourrait qualifier d'expérimentale,  où l'interprète se retrouve seul devant les rêves. Ce fut le cas pour C.G.Jung, quand il analysa, hors de sa présence, les rêves de W. Pauli. E. Perrot, aussi, a tenté ce genre d'expérience. Il faut quand même noter qu'ils avaient quelque renseignements sur l'âge, le sexe et éventuellement la profession des rêveurs. Ce n'est pas le cas pour ceux qui proposent leurs rêves sur les blogs. Je connais des "personnes "qui offrent de perpétuelles surprises quant à leur identité...Et pourtant, il est bien tentant de chercher, à partir de ces rêves, des symboles alchimiques, des constantes, des structures, des formes que l'on retrouve souvent, sous des présentations différentes.  On pourrait alors les commenter comme on le ferait pour n'importe quel symbole vivant.  Les songes sont alors regardés d'une manière plus "phénoménologique" qui considère le rêve comme un objet de réflexion sur l'évolution des formes et de la vie symbolique, indépendamment des réactions et de la vie personnelle du rêveur. Ce fut la démarche de Jung, et elle me semble très intéressante.

Jung pensait que ce travail devait, de préférence,  se faire sur une série de rêves car ce sont les éléments fournis par la série, qui donnent, en quelque sorte, le contexte. Pour proposer une interprétation il utilisait ses propres connaissances (immenses). La série lui donnait aussi la possibilité d'étudier la vie d'un symbole d'une manière plus exhaustive. Dans le cadre du blog on ne peut procéder ainsi, ou alors il faudra qu'un groupe note ses rêves pendant des années et que les blogs ne soient pas éphémères. Je rêve, je rêve...

Il me semble, cependant, que si certains sont intéressés par le contenu symbolique d'éléments marquants de leurs rêves,  des notes  "générales" pourraient être faites sur , par exemple (je pense à des rêves de profdisaster) , L'oeuf, les grandes voix, l'enfant, l'arbre.  Depuis  très longtemps ce genre de symboles, très alchimiques,  sont présents chez les rêveurs. Alors, pourquoi pas ? 

 

 

16:50 Publié dans rêve | Lien permanent | Commentaires (4) | Tags : écriture, rêve, Jung, Perrot, alchimie

14/02/2007

Pensée dirigée, rêve et poésie

La conscience humaine a fait un prodigieux effort d'adaptation et de coopération pour qu'un code de communication, à peu près clair, s'établisse entre les hommes parlant la même langue. L'expression onirique participe, quant à elle, de la globalité du matériau d'où est issue l'expression de la vie courante. C.G.Jung a écrit dans l'ouvrage (Métamorphose de l'âme et de ses symboles) qui consomma sa rupture avec S.Freud, que la langue péniblement acquise, celle qu'il appelle notre pensée dirigée, n'est pas autre chose que : "le degré avancé du cri lancé aux compagnons pour leur annoncer qu'on a trouvé de l'eau, que l'ours a été abattu, qu'un orage approche, ou que les loups rôdent autour du campement."(p. 60)

Ce cri de découverte ou d'avertissement, il faut qu'on l'entende, qu'il soir compris. Le langage se construit avec d'autres êtres humains, c'est une "façade", un pont, dont l'unique but est la communication". La pensée dirigée logique, aisément communicable, s'oriente vers l'extérieur, utilise le savoir transmis et s'adapte aux comportements usuels. Cependant, une question se pose : "que se passe- t-il quand nous ne dirigeons pas notre pensée ? " Il est, en effet, impossible de rester en permanence dans un état ce concentration et d'éveil permettant de conserver une pensée d'attention dirigée. On plonge alors dans un état de pensée non dirigée, simplement associative, de suites d'images, de lambeaux de phrases sans signification, bref de rêvasseries...

Nous avons donc à notre disposition deux formes de pensée, la pensée dirigée, et le rêve ou fantasmes. La première, fatiguante demande des efforts de volonté, d'adaptation, d'imitation de la réalité. La seconde rompt avec le réel, est moins extérieure. C'est surtout une pensée libre, ne faisant aucun effort pour se mouler dans ce qui existe déjà. 

Si on considère le surréalisme comme une sorte de dictée de l'inconscient, en l'absence du contrôle exercé par la pensée dirigée, son langage serait celui se rapprochant le plus de l'expression onirique. La poésie inspirée, celle qui ne se contente pas de dire le déjà dit, ou de décrire le déjà vu et quitte le niveau de la réalité humaine pour se laisser aller au jeu désintéressé des nouvelles associations, parle la langue du rêve qui, comme elle,  exprime tout ou rien selon la possibilité de co-naissance de celui qui la reçoit. C'est de cette poésie que je rêve et dont j'avais envie de vous parler aujourd'hui.

06/02/2007

L'interprétation des rêves selon C.G.JUNG 2/2

Aujourd'hui je vais m'intéresser, avec ceux qui me lisent, au domaine du relationnel dans l'interprétation des rêves. Ce domaine a pour caractéristique d'être enraciné dans une terre commune : la relation. Trois relations existent et s'interpénètrent. Première possibilité : une relation entre l'inconscient et le moi conscient du rêveur, s'il est seul avec son rêve. Deuxième possibilité :  une relation entre le rêveur et l'interprète de son rêve s'il le fait analyser (Ceci dans le cas d'une interprétation junguienne où le dialogue est permanent entre le rêveur et l'interprète).  Enfin, dans le cas d'un dialogue entre le rêveur et l'interprète il se forme une boucle qui passe par l'inconscient des deux protagonistes avec une possibilité d'une relation à la "totalité" par leur accès commune à l'inconscient collectif.

Les deux plans sur lesquels les rêves peuvent être interprètes se distinguent, là aussi, par le niveau d'approche relationnel : relation au monde extérieur et relation au monde intérieur. En effet, l'art de l'interprétation des rêves s'organise autour de deux techniques de base : l'interprétation sur le plan de l'objet et l'interprétation sur le plan du sujet

L'interprétation que l'on appelle sur la plan de l'objet consiste à accorder une réalité objective aux acteurs et évènements qui interviennent dans un rêve. Les images du rêve nous renseignent donc sur la relation existant entre le Moi du rêveur et des personnes ou des situations qui existent réellement à l'extérieur de lui. Par exemple (je crois que c'est un exemple d'Etienne Perrot), s'il rêve de son oncle, le rêve lui donnera le point de vue de son inconscient sur sa relation réelle avec son oncle. C'est pourquoi, l'approche sur le plan de l' objet est indispensable pour que le rêveur prenne conscience des conséquences de la relation qu'il entretient avec le monde extérieur. Cela peut l'aider à s'affranchir du poids des relations qui l'aliènent. Il est évident qu'à ce niveau d'interprétation il faut connaître le rêveur. 

La deuxième approche, sur le plan du sujet, consiste, au contraire, à interpréter les images du rêve comme des figures intérieures du rêveur, des symboles ou des complexes déterminant la psyché inconsciente. C'est un moyen d'investigation destiné à donner des renseignements sur la réalité intérieure du rêveur à laquelle le moi ne peux accéder de lui même. Dans cette optique, l'oncle du rêve sera peut-être, s'il s'agit d'une femme,  une figure symbolique de l'animus. 

Jung appelle parfois l'interprétation sur le plan du sujet méthode herméneutique car ce procédé tient compte de l'ensemble des représentations de la psyché, qu'elles soient de nature individuelle ou issues de l'inconscient collectif, ce qui donne à leur interprétation de grandes possibilités d'amplification. C'est ainsi que l'on peut alors envisager de réfléchir sur des rêves de (presque) inconnus contenant des éléments appartenant à tous. Mais ceci est une autre histoire et je vous en parlerai prochainement car j'ai pitié d'amis de ce blog, qui me sont chers,  et pour lesquels Jung n'est pas leur tasse de thé.  La tasse est pleine ! Amitiés à tous.

 

 

 

05/02/2007

L'interprétation des rêves selon C.G.JUNG 1/2

Le but de ces notes sur l'interprétation des rêves est de voir si on peut sérieusement envisager de parler dans le Laboratoire de certains "grands rêves" offerts à tous sur des blogs amis.

Après avoir tout d'abord employé la méthode de S. Freud des "associations libres", C.G.Jung a considéré que cette méthode ne rendait pas compte de l'ensemble du rêve car elle ramenait inéluctablement aux complexes des sujets, alors que ces complexes  ne faisaient pas obligatoirement partie du rêve. Il a alors décidé de "décomposer" les rêves pour en extraire toute leur substance et tenter d'en établir le sens, ou plutôt les sens aux différents niveaux d'interprétation (que nous verrons demain). Il prenait chacun des éléments d'un rêve et, sans opinion préconçue sur la manière dont l'image était arrivée là, procédait, en tournant autour, à l'approfondissement du sens de l'image. Il appela sa méthode l'"amplification".

Mais Jung trouvait encore insuffisante la technique de décomposition du rêve en ses éléments, réminiscences et motivations. Pour lui, cette façon de procéder atteignait ses limites au moment où, je cite, : "les symboles oniriques ne se laissent plus réduire à des réminiscences ou à des volitions personnelles, c'est-à-dire que surgissent des images de l'inconscient collectif."Il y a en effet des images qui semblent n'avoir que très peu de sens si on les rapporte au rêveur. Pour qu'elles prennent toute leur signification il faut chercher dans des directions qui peuvent apparaître comme complètement étrangères aux associations conscientes faites par le rêveur. Par l'amplification on recueille des tas de données et ensuite on cherche une "expression générale compréhensible". 

On peut dire, au sujet de cette technique d'interprétation, que Jung continua le travail de Freud, en l'élargissant. Il est cependant un point sur lequel leurs vues divergent.

Freud a, selon Jung, entrepris une démarche courageuse pour donner un sens au rêve mais il a effectué ses observations dans le champ de la psychopathologie. Il pense que les rêves, tout comme les névrosés, sont dissimulateurs. Les rêves seraient alors "une simple façade derrière laquelle quelque chose est intentionnellement caché." Jung réfute fermement cette vision de la psychologie du rêve. Pour lui, le rêve est un "évènement naturel". L'inconscient est autonome, il a son projet et on ne voit aucune raison valable pour qu'il soit une "invention rusée" destinée à nous tromper ; il ne dissimule pas, il expose. C'est pourquoi il faut éviter de l'analyser avec trop de hardiesse ou de défiance. On doit simplement l'accueillir, tel qu'il se présente, et le contempler pour, finalement, prendre conscience de ce qu'il exprime dans sa totalité. 

02/02/2007

Obscurité et poésie chez les alchimistes

Les alchimistes ont des difficultés à se comprendre entre eux. Ils admettent écrire d'une façon obscure mais sans imaginer qu'il puisse exister une possibilité d'écrire différemment. Ils utilisent des concepts fondamentaux et les habillent ensuite d'analogies et de symboles appartenant à chacun d'eux. L'explication de C.G. Jung est la suivante:

"La méthode de l'alchimie, psychologiquement parlant, est celle de l'amplification illimitée. L'amplificatio convient toujours lorsqu'on à affaire à une expérience obscure, qui est si vaguement ébauchée qu'elle doit être amplifiée et élargie, en étant placée dans un contexte psychologique, afin d'être comprise."

Nous verrons que la même méthode est applicable à l'interprétation des rêves.

Pourquoi une telle variété de symboles désignant les processus ou agents ou aboutissements de la transformation alchimique ? Cela découle à la fois de la nécessité du secret et aussi de l'interchangeabilité de matériaux de l'Oeuvre qui sont censés être tout d'abord antagonistes. Par exemple l'eau et le feu, une paire d'opposés typiques, sont, si on en croit les auteurs "un et un seul". 

Le lecteur d'ouvrages alchimiques se trouve donc devant des noms de substances signifiant à peu près n'importe quoi. En outre, plus une substance est utilisée, ou importante, plus est grande la multiplicité des noms et des allusions symboliques servant à la désigner. On comprend la perplexité de Jung, pendant les dix ans (quelle obstination ! ) où il fut en contact avec la littérature alchimiste, y cherchant une réponse, mais sans rien y comprendre par excès de logique. Il aurait du faire jouer plus tôt une des multiple facettes de sa personnalité, son côté poète refoulé. En effet, pour moi, l'alchimie, s'apparente à la poésie la plus fantasque. Elle va chercher son énorme vocabulaire dans tous les domaines : teinturiers, vins et liqueurs, métaux, la nature, les animaux, l'amour physique et spirituel et bien d'autres encore. On se demande, en lisant certains textes, s'ils n'ont pas été écrits par des surréalistes. 

Je vais vous citer une toute petite partie des noms donnés à la Pierre des alchimistes par les auteurs. Je suis certaine que certains des talentueux poètes qui fréquentent ce blog seraient capables d'en faire une délirante poésie :

Pierre et non pierre - Etoile - Pierre de Paradis - pierre animale - Sanguinaire - Solaire - Eau courante - Eau éternelle - feu ardent - terre morte - le fugitif - le généreux - l'objet précieux - l'infamie avilie - la gloire dominante - la pierre tendre - merveilleuse - Philosophale - sacrée - secrète - le Sauveur. .........et j'en passe.

 

 

29/01/2007

Au sujet du blog d'Ariaga

Un des principes sur lesquels repose le travail auquel se livre Ariaga dans le Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle est parfaitement posé par cette citation :

 

"On ne doit pas comprendre chaque chose que je dis comme une affirmation mais comme une question."

Niels BOHR

17/01/2007

Paroles de la mystique juive

 

"Quand les prophètes ne furent plus, leur place fut prise par les Sages, qui, en un sens, surpassèrent même les prophètes ; et en l'absence des Sages, les choses à venir se sont révélées dans les rêves."

                          le Zohar

 

"Toute science, toute religion, toute philosophie, a sa mélodie particulière. Plus haute est la religion ou la science, plus élevée est sa musique."

 

"Les jours  passent, sont écoulés, et l'on découvre qu'on n'a jamais eu le temps de penser une fois vraiment. ... Celui qui ne médite pas ne peut avoir la sagesse."

 

"En vérité, l'unique chose dont l'homme a peur est en lui, et l'unique chose qu'il désire ardemment est en lui."

                 Rabbi Nachman de Bratislava