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02/12/2012

Le monstre...

Monstre.jpg

Quand le monstre, androgyne de ses abysses, enfermé dans la cornue où il se dessèche depuis les origines, laisse échapper par l'issue du rêve une part féminine démente de solitude, le vouloir explose le verre de la cage.

Elle veut tous les alcools, et aussi tous les rires.

Elle veut devenir folle et manger des délires, énormes !

Elle est jeune, elle est belle,

donnez lui votre sang pour la rendre immortelle.  

            Elle veut Tout,

inventer les poisons, appeler les démons, saccager les jardins,

pour aimer, pour pleurer, pour sentir.

           Elle veut Tout.

Elle parcourt le monde, mers, fleuves, montagnes,

loin, toujours plus loin.

Son corps craquelé devient comme un rocher que jamais n'atteint la marée et les mousses s'effritent dans sa main.

          Des filles sont passées

          et l'ont appelée soeur,

corps vénéneux, ployant comme des tiges, paupières violettes, yeux de topaze, chacune tenait entre ses bras un enfant mort !

Elle ne les a pas entendues, les mots des humains sont perdus.

          Reste le Désir.

Quand elle voit la ville, si proche et si lointaine, elle court haletante, le visage mouillé. Elle tombe, elle rampe et c'est à quatre pattes, comme un chien, qu'elle atteint la première porte, trop tard, une nouvelle fois trop tard.  

           En lettres de cendres il est écrit :

   Le monstre est mort, brûlé sur l'athanor du JE.

               Ariaga

   (Poésie retrouvée dans les profondes caves du Laboratoire)

25/11/2012

Pierre Teilhard de Chardin

Aujourd'hui, je vous propose un note sur Pierre Teilhard de Chardin rédigée par Jean Bissur, auteur avec lequel j'ai lié des relations d'amitié à partir de notre intérêt commun pour C.G. Jung. Je ne vous conseillerai jamais assez d'aller sur son blog intitulé  Autour de Carl.  Ariaga.

Image.jpg

Voici un nom qui reste dans la mémoire collective mais assez peu connaissent l'oeuvre de cet homme au parcours atypique, contemporain de Jung. Éducation catholique rigoureuse, ordonné prêtre de la communauté jésuite à 30 ans, formé à la paléontologie où ses recherches aboutiront à des découvertes encore reconnues aujourd'hui. Un homme de science et de religion engagé qui puisera dans ces sources pour aboutir à des thèmes qui ne peuvent qu'émouvoir les jungiens en particulier et le "cherchant" en général. Deux caractéristiques principales : la conviction que l'évolution de l'homme l'amènera à une spiritualisation de la matière, plus haut degré de spiritualité et  celle qui présente esprit et matière comme deux facettes de la même réalité, tiens donc...

L'homme
En lisant la biographie de De Chardin, j'ai retrouvé des similitudes avec la personnalité de Jung (et probablement communes à tous les grands esprits); citons en particulier l'amour de l'humain, une force et un dévouement inouï pour ses recherches, qui le conduiront jusqu'au sacrifice ultime (en découvrant sa publication sur le Pêche originel, qui le mènera à une mise à l'index de l'église et de lourdes contraintes posées par son ordre, je revoyais Jung abandonnant l'école freudienne en publiant ses Métamorphoses de l'âme).

Sa pensée
Je vais m'éloigner un peu de la paléontologie. Ses travaux sur l'évolution de l'espèce humaine (alliés à ses connaissances théologiques) l'amenèrent à certains concepts qui ne seront pas sans nous évoquer ceux de Jung.
Nous pourrions résumer ceci par cette phrase : l’évolution est une montée spirituelle qui a sa source dans la « puissance spirituelle de la matière ». Pour De Chardin, un examen critique de l'histoire de l'espèce humaine aboutit à la conclusion suivante : l'homme est conduit naturellement à une spiritualisation de plus en plus structurée et extériorisée, impliquant une conscience en continuelle accroissement (formulation différente mais idée identique exprimée par Jung lorsqu'il mentionne les primitifs et leur spiritualité basée sur des projections "les esprits de la nature").
Il nous faut mentionner également sa théorie de l’énergie qu'il considère comme l'élément originaire de la vie elle-même. Il la conçoit à l'origine de nature psychique, se différenciant ensuite en énergie physique et en matière. Esprit et matière seraient donc intrinsèquement liés. L'homme serait porteur de ce potentiel spirituel, étant le seul être vivant pouvant connaître une croissance continue de la conscience.

Noosphère.jpg

 La noosphère
Le radical grec noüs désigne un concept aristotélicien évoquant le principe qui ordonne esprit et matière. Chardin emprunte le terme du chimiste et minéralogiste Vernadsky. Ce dernier voyait là la troisième étape du vivant, après la géosphère et la biosphère.
Il est délicat de résumer simplement le concept car De Chardin lui-même l'a développé, enrichi et précisé tout au long de sa vie...disons, de manière lapidaire, qu'il s'agirait d'un tissu vivant enveloppant la planète (à l'instar des couches de l'atmosphère) et constitué d'une part de la conscience de chaque individu depuis que l'homme possède une conscience de lui-même. Cette nappe issue de consciences posséderait elle-même sa propre faculté de pensée. Pour le jésuite, cette noosphère conduirait graduellement l'humanité a toujours plus de conscience, dépassant les civilisations, puis les sociétés, les lois puis l'éthique, pour renouer avec l'esprit immanent de la matière sous une forme unifiée de "spiritualité".

Jung écrira à la fin de sa vie qu'il était convaincu que De Chardin connaissait ses travaux...il est vrai que la noosphère et l'inconscient collectif ont indéniablement de forts liens de cousinage.

Enfin, j'invite les curieux à creuser du côté d'un projet scientifique assez atypique, le Global Consciousness Project qui me semble précisément correspondre à une tentative d'objectivation contemporaine de la notion d'inconscient collectif et de noosphère....

Jean Bissur

 

 

28/10/2012

De peau et de Souffle

Aujourd'hui, je vous présente un texte poétique d'un très vieil ami du Laboratoire : Phène. Son blog s'appelle le petit Atelier du chercheur de Vérité, un lieu ouvert à tous ceux "qui désirent découvrir la Parole cachée au coeur des mots". C'est une belle invitation. Ariaga.

vague de la Nature.jpg

Photo Ariaga

***

 

Je suis vague et surface

mouvement et repos

d'Être

je disparais

à l'horizon de l'eau.

 

À ma

Voix

le reflet

de ma

Reconnaissance

Je

m'apparais

Nature

au coeur

Inengendré.

Phène

De peau et de Souffle

12/06/2012

Repos et méditation

fleur timide.jpg

Besoin de me retirer un peu, comme cette fleur qui se repose entre les feuilles.

Besoin de silence, de repos et de méditation.

Besoin de réfléchir sur le travail d'Alchimie Spirituelle de ces dernières semaines ...

Besoin de vider le vase pour mieux le remplir ensuite.

Merci, amis connus et inconnus pour votre fidélité au Laboratoire.

Ariaga

03/06/2012

Je suis un monde

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Flottant sur l'océan de tout ce qui est

Milliards de cellules

Réseau de neurones

Veineux fleuves de sang

Lieu d'invasions et de destructions

Frémissante de la mémoire de l'univers

Interprète des partitions de la Nature

Animée par le Souffle Divin

Je suis un monde en transition ...

Ariaga

28/05/2012

Panthéisme?

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Réfléchissant aujourd'hui sur le fait que, quand on me demande (ce que je déteste) de me situer sur le plan spirituel, acculée dans mes derniers retranchements, je finis par choisir la case "panthéiste". J'ai alors pensé  aux Philosophes de la Nature du Moyen Àge.

Pour les Philosophes de la Nature, la réalité était "une" et Nature et Psyché étaient intimement liés. Ils se représentaient une sorte d'absolu divin dont les manifestations descendaient progressivement jusqu'à la matière. Le microcosme et le macrocosme comportaient les mêmes éléments, à la fois matériels et spirituels, le tout étant une question de dosage. Mais la densité du matériau de l'Oeuvre était telle que la tâche de l'alchimiste très chrétien consistait, en quelque sorte, par d'incessantes purifications et distillations, à libérer l'âme divine prisonnière des éléments matériels. Le but ultime, sans cesse visible à l'horizon, et jamais atteint, n'était pas l'élimination de la matière, mais le retour à un mélange parfait. Une espèce de totalité Esprit/Matière. Tout ceci a un sens symbolique mais je dois dire que je ressens une profonde afinité avec ces chercheurs de vérité même si je suis plus "païenne" qu'eux.

Ariaga

18/05/2012

La gourmandise spirituelle

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Attention à la "gourmandise spirituelle", selon la formule de Saint Jean de la Croix. C'est un manque d'humilité et quand on fait partie de ceux qui ont un caractère un peu excessif (oui ... je sais), la sobriété et la tempérance spirituelle sont difficiles à pratiquer. C'est ou la grande diète, le régime sec, ou la grande gourmandise. Il est difficile de trouver le juste milieu, d'avoir une pratique spirituelle  active mais sans excès. Je me rends compte que cela fait partie du travail à accomplir.

Ariaga

16/05/2012

Point d'interrogation

oiseau point d'interrogation.jpg

Être un vivant point d'interrogation, n'est-ce pas un beau chemin de vie ?

Ariaga

12/05/2012

Citation de Jung : commettre des erreurs

Hier, en triant des papiers, j'ai trouvé cette citation de Jung. Comme je ne crois pas vraiment au hasard, j'ai pensé qu'elle convenait à la journée d'aujourd'hui et à la nouvelle manière dont je compte oeuvrer au sein du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle.

Ariaga

illustration corde 2.jpg

J’ai souvent commis des erreurs et j’ai dû souvent faire table rase de connaissances précédentes pour en acquérir à nouveau de plus pertinentes. … Car l’activité scientifique du chercheur ne fut jamais pour moi ni une vache à lait, ni un moyen de prestige, mais le résultat de l’expérience quotidienne. C’est pourquoi tout ce que j’avance n’est pas seulement écrit avec l’intellect, mais découle aussi parfois du coeur, circonstance que je demande au lecteur bienveillant de ne pas oublier, quand, en suivant la ligne intellectuelle de mes travaux, il rencontre parfois des points de rupture ou de discontinuité qui n’ont pas été parfaitement ajustés.”

C.G.JUNG : Psychologie de l'Inconscient p. 205

Illustration corde 1.jpg

Je continue à publier des textes sur mon autre blog  : Extraits du Laboratoire.

08/05/2012

Évolution du Laboratoire

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Ces derniers mois ont été une période de réflexion et de remise en question du sens et de l'utilité du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle. J'ai même envisagé l'arret du blog. Environ  550 notes, 14000 commentaires (dont certains bien plus copieux que mes notes ...), beaucoup de photographies, tout cela a t-il une quelconque signification ? Probablement, on ne fait rien par hasard, mais je me sens de plus en plus insatisfaite dans mon travail de chercheur en voie d'évolution.

Je ne regrette rien mais je crois que je me suis trompée de chemin. Inconsciemment, j'avais le désir d'"enseigner" quelque chose, de faire évoluer mes lecteurs alors que c'était à moi de donner l'exemple. Comme l'avait fait C.G. JUNG à des périodes importantes de sa vie, je devais ÊTRE mon propre laboratoire, suivre le guide, écouter la voix. Je dois tout changer.

Comment se passera cette transformation ? Je ne sais encore comment procéder sur le plan pratique mais je pense que cela se fera en me laissant porter dans l'éternel présent du flot de la vie. Chaque jour apporte un fait marquant qui est une petite étape sur le chemin de l'évolution d'un être. Un nouveau regard sur le paysage extérieur et intérieur. Ce peut être une action, un livre ouvert au hasard, une citation, une pensée, une question, un texte lu sur un blog, un apport extérieur, une inspiration poétique, une simple photo que j'ai envie de partager. Ce sont ces "reflets" de mon errance sur les chemin de l'alchimie quotidienne que j'ai maintenant envie de verser ici dans la cornue.

Les notes pourront être quotidiennes ou non. Illustrées ou non. Commentées ou non selon votre bon vouloir mais je ne promets pas de toujours répondre. Voilà je vais un peu " casser" ce blog et instaurer le désordre (dés-ordre !)

Je vous laisse cette note deux ou trois jours pour que vous ayez le temps de la digérer ...

Je vous embrasse tous amis connus et inconnus.

Ariaga

10/04/2012

Le jardin de l'Alchimie Spirituelle

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Nos pensées sont semblables à un jardin où pousseraient des fleurs, des fruits , des légumes mais où de larges espaces seraient occupés par d'envahissantes mauvaises herbes.

Le but de l'alchimie spirituelle est non seulement d'entretenir ce jardin pour que les mauvaises herbes ne gagnent pas du terrain sur les les parties bien entretenues mais de remplacer progressivement ces mauvaises herbes par des fleurs et des plantes. Cela veut dire remplacer les pensées négatives, par des pensées positives. Par exemple des pensées de ressentiment par des pensées de pardon, des pensées de haine par des pensées d'amour. Cette transmutation est lente, difficile c'est une Oeuvre.

Nous somme libres de nos pensées, c'est même notre plus grande liberté. À nous de les cultiver, de savoir arracher les mauvaises herbes pour avoir le plus beau jardin intérieur possible.

Ariaga

Vous pouvez lire sur l'autre blog une texte intitulé : Une note de musique.

 

15/03/2012

Krishnamurti poète

Poésie,écriture,krishnamurti,philosophie,spiritualité,nature photo,désert

Photo Yann

Je me suis un peu trop étalée ces derniers temps dans les notes du Laboratoire alors je vais aujourd'hui m'effacer devant plus sage que moi et vous proposer quelques extraits de la poésie de Krishnamurti. Je les ai trouvés dans un livre sur Krishnamurti de Robert Linssen.

 

"Le vent du désert balaie la trace du voyageur ...

Seul s'exprime le pas du présent.

Le passé, le futur : du sable lissé par le vent ..."

*******

"Je suis comme la mer qui reçoit

des rivières limpides et des fleuves souillés,

et n'en a cure."

*******

"Je LE vis qui me regardait

et ma vision devint immense.

Mes yeux s'ouvrirent, mon intelligence comprit

Mon coeur embrasa toutes choses,

Car un amour nouveau était né en moi

Je voyais à travers LUI

Les grands arbres qui s'inclinaient pour l'accueillir

Les feuilles sèches, la boue du chemin

L'eau transparente, les branches mortes

Les villageois bavards, chargés de lourds fardeaux

Passaient à travers LUI.

Sans le savoir et riant

Les chiens, à travers LUI, couraient vers moi en aboyant.

le Jardin devint un pays féerique

Où les fleurs étaient des fées"

"Mon Bien-Aimé regarde par mes yeux ...

Car maintenant, mon Bien-Aimé et moi sommes UN".

 

Vous pouvez sur mon autre blog lire un texte intitulé : Démon de la passion.

Ariaga

 

11/03/2012

est-ce cela l'amour ?

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Avec un inconnu

prendre un chemin inconnu

pour aller vers l'inconnu

est-ce cela l'amour ?

 

Se séparer de l'avoir

ne pas craindre les trous noirs

devenir un boomerang

en voyage entre deux mondes

Est-ce cela la mort ?

Ariaga

 

Vous pouvez lire sur l'autre blog un texte intitulé : Le C.G.Jung qui m'a séduite.

 

27/02/2012

Questions 4

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 - Si on monte les marches très haut, ne peut-on pas perdre la mémoire de la terre ?

 

 - OÙ est le MOI ?

 

 Et aussi une question d'un lecteur, Phil4 : Comment donner Corps au Verbe ?

 

Ariaga

 

Sur mon autre blog, je vous propose un texte intitulé : Dans les caves des blogs.

25/09/2011

Barrières

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Plantés comme une barrière

les échardes dans la chair

et le poteau du passé

auquel je suis attachée.

 Les doux pièges des chimères

obscurcissant la lumière,

et ce chant que je connais

ce chant qu'on m'avait donné

l'ai-je vraiment oublié ?

 

Comme ils sont durs à monter

les alchimiques degrès

qui mènent au temple intérieur

où s'accomplit le Labeur.

Ariaga

 

Si vous le désirez, vous pouvez lire un texte sur l'autre blog. Voici le lien : Étienne Perrot et l'alchimie.