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17/04/2010

Koan de l'autre visage dans le miroir

Paysage de rouille.jpg

Pour Lung Ta Zen

Reflet du froid miroir

frontière du regard

elle voit le paysage

de son visage

lentement disparaître

Dans la nuit de la destruction.

 

Dévétu par le temps

rouillé par l'eau puissante des plaisirs et des larmes

labouré par le croc de la grande exigence

parcouru par les pistes du rire et de son ombre

elle le voit se défaire

comme tombent les pierres

d'un très vieil édifice.

 

Et puis venu des strates des âges de son âme, vient un nouveau reflet.

Voici  l'ultime image

le dernier paysage

destruction transition

dernière initiation

voyage reconstruction

vers cet ancien visage

le visage oublié

d'avant sa naissance.

 

Et la glace reflète le sourire infini

d'un enfant qui n'est pas encore né.

Ariaga

 

 

13/04/2010

Rêve du beau paysage vert

Dans le jardin exotique de Roscoff.jpg

Rêve 2

La rêveuse et son mari sont dans un beau paysage vert où un petit garçon à l'habitude de leur apporter des petits cadeaux (fleurs, cailloux, etc). Ce jour là il apporte des oeufs dans du papier d'emballage grossier. La Rêveuse en casse deux. L'enfant dit : "Si tu veux aller en chercher d'autres, je te dirai où les trouver". Elle lui donne alors une vieille grosse pièce de cinq francs pour acheter des bonbons. Il y a un autre cadeau : une corbeille-cage dans laquelle on peut fouiller et où il y a des conserves de luxe.

Si je propose les rêves en tête des notes c'est pour que vous puissiez les lire et vous faire une idée, sans être influencés par mon interprétation que vous pouvez, à la limite, vous dispenser de lire. Ce qui m'intéresse ce sont vos réactions car l'interprétation d'un rêve est sans limite. C'est d'ailleurs pourquoi, aujourd'hui, je serai assez brève sur l'"histoire" car je voudrais privilégier la symbolique alchimique. Il faut bien que je me fasse plaisir et vous avez probablement deviné vers où penche ma passion.

La représentation de l'inconscient

Ici, la nature, un de thèmes essentiels de la série, est le lieu de l'action. Cela est confirmé par les cadeaux de cette nature, fleurs, cailloux. La présence discrète du mari du rêve initial perdure.

Encore un enfant, mais la petite fille du rêve précédent est un petit garçon, l'autre face de cet enfant intérieur, et aussi une manifestation de la dualité de la psyché.

Le papier d'emballage grossier du cadeau, pourrait être la persona, le masque que nous portons devant la société. Â l'intérieur, si on déballe le paquet il y a notre véritable visage que nous offre le discours du rêve.

Les oeufs m'intéressent surtout sur le plan alchimique mais il est intéressant que la rêveuse en casse deux, ce qui pourrait signifier que la dualité peut être cassée. Le fait que l'enfant dise qu'il connaiît un endroit où on peut trouver d'autres oeufs, l'oeuf ayant alors le sens de rénovation, renaissance, nouveau cycle, me semble une invitation à l'analyse mais il faudra du temps et des épreuves pour que la Rêveuse entreprenne ce travail.

Le nombre cinq est ici, je pense, une précoce annonce de l'union des contraires en tant que somme (2+3) du pair féminin et de l'impair masculin.

Enfin, je pense qu'il est donné à la Rêveuse la permission de fouiller dans la cage corbeille de l'inconscient. Il y à là de riches éléments, des cadeaux précieux pour elle, le fait de rêver étant déjà un cadeau.

Il y aurait encore beaucoup à dire...

La symbolique alchimique

Ce rêve se situe en pleine nature, dans un beau paysage vert. Le vert est une couleur "passagère" entre les quatre principales que prend la matière pendant le Grand Oeuvre. Elle marque" l'animation et la végétation de la matière" et serait une étape intermédiaire entre la nigredo, l'oeuvre au noir et l'albedo, l'oeuvre au blanc, au moment où se produit l'expérience du règne végétal et animal.  Le petit garçon représente une première allusion, assez claire, à l'enfant des philosophes hermétiques. Il apporte comme cadeau des cailloux, un rappel du rêve initial, et, pour la première fois dans la série arrive l'oeuf.

Les oeufs sont au centre de tout un réseau de résurgences d'une philosophie alchimique dépassant le cadre de la pensée courante chez les "chymistes" vulgaires du Moyen Âge. Ceux ci pensaient, en effet, que" l'Oeuf des philosophes" était le contenant dans lequel ils enfermaient leur matière pour la cuire et l'iconographie reflète souvent cette vision. Mais, comme l'explique Pernéty dans son Dictionnaire Mytho Hermetique (1758) le terme "oeuf des philosophes" concerne non le contenant mais le contenu. La coquille de l'oeuf enferme une totalité en gestation et Pernéty écrit: "Cette matière est appelée oeuf, parce que rien ne ressemble mieux à la conception et à l'enfantement de l'enfant dans le ventre de sa mère, et à la génération des poulets que les opérations du magistère, et de la pierre philosophale." On assiste donc ici à la mise en place, qui se vérifiera dans des rêves ultérieurs, du paralléle entre l'oeuvre et la grossesse.

La grosse pièce de cinq francs fait intervenir le nombre cinq qui dans la symbolique alchimique est le nombre de la quintessence. Cela conforte l'idée d'une concordance entre les phases du processus alchimique et l'oeuvre de la Nature : la naissance d'un enfant. En effet, ce nombre est considéré comme celui de la vie, de la créature et de l'incarnation.

Le fait que l'enfant apporte aussi des conserves dans une cage corbeille montre que des thèmes très anciens, enfouis, enfermés, seront véhiculés par la série. Un exemple : c'était dans des corbeiles que l'on portait les substances sacrées au cours des processions des Mystères antiques.

Nous savons donc, avec ce rêve, que la Rêveuse va devoir se livrer à l'oeuvre de la conjonction des oposés pour que naisse l''enfant" des philosophes. Une fois encore, il lui est annoncé qu'elle sera aidée, même si elle casse des oeufs, puisque l'enfant guide lui dit : Si tu veux aller en chercher d'autres je te dirai où les trouver.

Là aussi il y a encore beaucoup à dire mais les rêves suivants s'en chargeront...

Ariaga




29/03/2010

Le rêve initial

 

 

Passage du trou.jpg

La Rêveuse est devant une paroi de pierre, lisse comme une cloison, avec un trou rond qui donne sur on ne sait où, un autre endroit.

De l'autre côté du trou, dans lequel la Rêveuse à engagé la partie supérieure de son corps pour essayer de passer, se trouve un homme inconnu très séduisant, l'imagine la Rêveuse, car elle ne voit pas le visage de cet homme. Derrière elle, il y a la présence discrète de son mari et d'une femme mûre, d'allure très dominatrice et à la voix autoritaire , qui s'agite beaucoup. Elle crie : "Vas-y, fais un effort, empotée". La tête et les épaules de la rêveuse passent mais la partie inférieure de son corps est coincée. Elle sent que si elle s'arrachait la peau, si elle n'avait pas peur de se faire mal, elle arriverait peut-être à passer mais elle bloque. L'homme de l'autre côté de la paroi encourage la Rêveuse, tend ses bras vers elle, prend ses mains pour essayer de la tirer. Pendant ce temps, la femme autoritaire continue à se manifester. Cela énerve la rêveuse qui sort du trou et dit : "Tu n'as qu'à passer toi !" " La femme répond avec une curieuse modestie : "Comment veux-tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ?"

Je donnerai deux interprétations, l'une, la première, s'attachera à l'"histoire" que raconte l'inconscient. L'autre sera une mise en évidence des éléments du rêve qui évoquent pour moi des thèmes importants de la symbolique alchimique. Ceux que ces thèmes n'intéressent pas peuvent "zapper" car mes notes seront plus longues que d'habitude.

La représentation de l'inconscient

Ce rêve a été noté plusieurs années avant le rêve suivant mais pour l'inconscient le temps n'existe pas et on peut noter qu'il propose déja pas mal de données du scénario des rêves futurs. Nous avons le décor et les enjeux de l'action : un mur, une absence de relation entre la Rêveuse et un "autre endroit" qui est l'inconscient. La possibilité de passage de l'autre côté est figurée par le trou rond. La représentation est commencée et la Rêveuse a engagé la partie supérieure de son corps dans le trou, ce qui implique qu'il y a peut-être une possibilité de passer de l'autre côté de la paroi rocheuse. Différents protagonistes sont déjà là : l'animus positif (l'homme de l'autre côté) représentant du soi, le mari, symbolisant la vie consciente. L'ombre, liée à l'animus négatif, lui même lié à l'animus maternel. Cette ombre est puissante, autoritaire, elle traite la Rêveuse d'empotée et provoque une régression conduisant la Rêveuse à ressortir du passage dans lequel elle s'était engagée.

L'affrontement des forces est annonçé : négative, cette femme autoritaire et positive l'homme qui tend les bras en essayant d'aider. On voit aussi déjà la difficulté de l'incarnation, un problème majeur de l'évolution de la Rêveuse. Il lui semble facile de passer le haut du corps par la tête, ce qui signifie que, mentalement, elle pourrait rejoindre cet homme séduisant si le bas du corps n'était pas coincé. Cela montre un blocage à ce niveau. Je vois aussi , avec un connotation religieuse liée à l'idée de la rédemption par la souffrance, la rêveuse à été élevée dans la religion catholique , le fait que pour "passer" il faudrait s'arracher la peau". Pour réussir, ne plus être une empotée, il faudrait supprimer cette chair méprisable.

Ainsi, au cours de cet affrontement initial, il semble y avoir une victoire de l'inhibition, un renoncement. Il existe cependant un élément positif, une indication de la voie à suivre. Il s'agit, à la fin du rêve, de la curieuse humilité de l'ombre autoritaire disant : "Comment veux tu que j'y arrive si tu n'y arrives pas ". Cette ombre, qui apparaissait comme un juge impitoyable, se trouve elle même complètement démunie, et révèle que le potentiel de réalisation d'un mouvement vers une réalisation de son être psychique est entre les mains de la rêveuse elle même, et non chez cette ombre juge.

La symbolique alchimique

On trouve déjà dans ce rêve une  allusion à la Pierre, à l'homme de la conjonction but ultime de  l'alchimie, à une femme autoritaire dont on peut supposer qu'elle est cette "autre", mystérieuse et terrifiante mais aussi vénérée, la Nature, sous sa forme de Mère de tous les éléments. C'est cette Grande Mère Nature des alchimistes qui dit à la Rêveuse, à la fin du rêve, que l'opus est en elle et que son travail alchimique est un processus de transmutation intérieure.

Le thème du supplice, qui apparaît clairement ici, a été utilisé par les alchimistes d'une manière ambigüe due à l'absence, pour eux, de frontières nettes entre la matière et esprit. Il pouvait s'agir du supplice des matériaux à améliorer, de tourments infligés à leur mystérieuse "substance" ou des opérateurs eux mêmes qui étaient l'objet de supplices abondamment décrits par les ouvrages alchimiques.

Le fait que l'homme très séduisant et la Rêveuse se tiennent les mains est une annonce du processus de la conjonction, des noces alchimiques des opposés. La présence de mains, que l'on retrouvera plus tard dans la série, à déjà ici une connotation alchimique. Il s'agir des mains du "magistère" et le fait que les deux mains soient impliquées redouble les possibilités d'accomplir au moins une partie du processus de la réalisation de l'oeuvre. Notons aussi la présence discrète du mari, celui avec lequel devra se réaliser l' "union des corps", si essentielle en alchimie. La discrétion dont il fait part montre tout le chemin à parcourir.

Nous aussi nous avons du chemin à parcourir si nous voulons parvenir au rêve d'aboutissement de cette série...

Ariaga

 

23/03/2010

L'enseignement des séries de rêves

 

Paysage de rêve.jpg

Je vais vous parler, aujourd'hui, de la vie du Laboratoire du Rêve et de l'Alchimie Spirituelle. Je pense qu'il est temps qu'il remplisse une de ses fonction essentielle : chercher, en suivant un cheminement d'évolution spirituelle, à mieux comprendre les rêves.

Ceux qui me lisent depuis longtemps savent que je suis vivement intéressée par les séries de rêves. En cela je ne fais que rester dans les pas de C.G.Jung qui y a consacré un important travail. Je vais vous proposer , au rythme, je pense, d'un par semaine des rêves issus d'une série que j'ai utilisée, il y a quelques années, dans le cadre d'une recherche. A l'origine, ces rêves, ceux d'une femme d'une quarantaine d'année à l'époque où ils furent notés, étaient au nombre de 400. J'en avais conservé 150 et je pense les réduire ici à une cinquantaine.

Contrairement à tous les principes du travail d'analyse les rêves, dépouillés de leur contexte dans la vie réelle de la rêveuse, seront considérés comme des "objets" sur lesquels chacun pourra projeter sa propre signification symbolique. Je proposerai une interprétation parmi toutes celles possibles mais, évidemment, mon explication sera "orientée" par ma culture et mes sujets d'intêret.

Pour ne pas alourdir cette note, je vous expliquerai au fur et à mesure comment je procède. Sachez, cependant, que je vais en particulier observer :

- le dialogue entre les couples d'opposés masculin féminin et la manière dont ils tentent leur conjonction.

- l'émergeance des grands archétypes.

-la perennité des symboles (par exemple l'oiseau devient l'avion) et aussi la continuité dans le temps de manifestations des forces de la Nature telles que les ressentaient les anciens philosophes alchimistes.

- le développement d'une certaine logique interne, étrangère à la notre, issue de l'inconscient profond. Je l'appelle l'enseignement ou le discours du rêve .

Tout ce que j'envisage ne peut être observé dans un rêve isolé. Je vous proposerai donc ces rêves de la série en début de semaine et j'espère que quelques uns d'entre vous seront intéressés. Le blog continuera sa vie, parfois un peu chaotique , avec divers autres textes mais je tenterai d'être régulière pour ce qui est de la série de rêves. A la semaine prochaine pour le rêve initial. A bientôt.

Ariaga

14/03/2010

L'Oeuvre inachevée

Dans l'athanor.jpg

Au dehors

elle n'a pas exploré assez loin.

En dedans

elle n'a pas creusé assez profond.

Ses mains carbonisées

par l'oeuvre de l'amour

ne savent plus chercher

la pulpe de la vie.

Il faut recommencer les envols et les chûtes

passer du noir au blanc

et de la boue à l'or.

Il faut cuire et recuire le pain de la nature

et ne jamais laisser

s'éteindre l'athanor.

Ariaga

09/03/2010

Passer par la porte de l'Amour

la porte dans le mur.jpg

Passer le mur

des bonnes raisons pour ne pas.

Passer le mur de la culpabilité.

Passer le mur entre les Uns et les Autres

le mur invisible du non dit, de la honte, des préjugés.

Passer le mur des questions sans réponses.

Passer le mur de la peau trop étroite.

Miner les fondations du mur de l'impossible.

Vous demandez comment amis ?

Tout simplement par une porte, la porte de l' Amour Vrai.

Ariaga

 

 

 

 

04/01/2010

Prière de l'année nouvelle

la source interdite.jpg

Dieu du secret de mon coeur,

cette source qui m'était interdite,

par une loi que j'avais moi même écrite,

laisse moi y boire.

Sur les cendres de ma vie permet que je laisse pousser une rose,

que je vois la fleur plutôt que les épines.

Que je devienne le bois du feu de l'athanor de mon corps

et que cesse la brûlure.

Que chaque jour soit une histoire

rose ou noire, peu importe.

Que moi, petite goutte dans l'Océan,

devienne bulle et éclate de joie dans la lumière.

Que le soir venu,

oublieuse des pourquoi et des portes,

je sois emportée dans le courant du vent de l'Amour vaste,

pour y danser sans tête ni pieds,

au son de l'orchestre de la Nature.

Que, après des temps, il me soit accordé,

le retour d'un même pas tout à fait le même,

pour que je perfectionne encore et encore

l'Oeuvre d'une vie.

Ariaga

 

 

24/12/2009

Voeux de paix et d'amour

Bouteille et fleurs de fêtes.jpg

Je vous souhaite à tous, en cette période de fêtes et de renouveau de la lumière, d'avancer joyeusement sur la voie la meilleure pour vous et pour les autres. D'oublier les épreuves et de voir chaque jour comme une oeuvre de beauté. Que votre coeur soit rempli de paix, de force et surtout d'Amour.

Je vous embrasse amis lecteurs, connus ou inconnus.

Ariaga

 

13/12/2009

L'amour humain

La mort de l'amour.jpg

Portée par un amour aux racines profondes et dont le tronc recherche la plus grande hauteur,

un amour où il n'y a pas le moindre espace entre deux êtres,

un amour sur lequel on referme de lourds volets,

elle a monté des marches si hautes que la mémoire de la terre s'est dissipée et que son corps est devenu transparent.

Elle a perdu sa chair et seul le squelette, solide et plein d'orgueil, a soutenu de toutes ses forces l'édifice de la grande exigence.

Et maintenant...

broyant le silence , elle entend le rire aigu de son ombre qui se plante comme un croc dans le socle d'une statue d'argile fragile.

Ariaga

 

 

 

 

30/11/2009

Note de musique

lumière en prison de verre..jpg

Parfois je m'interroge...

Dans le chaos bruyant qu'est souvent notre vie, quand nous tentons de nous faire entendre à travers la boule de verre de l'indifférence, quand nous nous cognons contre les parois comme un papillon de nuit, crachant nos mots pour ne pas être dissous par ceux des autres, aurions nous seulement UNE  chose à exprimer. J'entends exprimer un peu comme quand on exprime le jus d'un fruit. L'origine de cette  manifestation unique serait le Soi, le centre où brûle la lumière, l'énergie , qui nous propulse dans la vie comme une fléche vers un but invisible. Nous serions l'instrument sur lequel se joue une note de musique qui, si nous voulons bien l'écouter attentivement, deviendra de plus en plus forte, de plus en plus aiguë, de plus en plus afutée et percera la sphère du petit moi. C'est NOTRE note, celle qui nous fait uniques dans l'océan de la Totalité. C'est très difficile de suivre ce chemin et de jouer dans le grand orchestre, il faut des vies pour y parvenir et seul l'Amour, au sens le plus vaste peut aider à ouvrir les oreilles de notre coeur.

Ariaga

 

 

25/11/2009

Le chemin en spirale de Dürckheim

 

le chemin en spirale.jpg

"Le Chemin n'est pas linéaire mais en forme de spirale, une spirale penchée où les cercles tombent dans l'obscurité et passent dans la hauteur de la lumière. A chaque révolution, c'est plus lumineux. Son mouvement continuel nous mène de la périphérie vers l'axe, le centre, et du centre vers la périphérie, de la surface extérieure vers la profondeur abyssale du noyau et, de là, à nouveau vers la périphérie. Sans cesse nous nous sentons attirés vers le centre, appelés par lui mais, en même temps, envoyés dehors, au large. C'est le mouvement même du Souffle qui nous habite."

K.G.D DÜRCKHEIM

En cette période où je passe souvent des larmes au rire, de l'ombre à la lumière et où j'ai parfois l'impression d'avoir perdu mon chemin, cette citation trouvée, comme d'habitude, dans un livre ouvert au hasard, hasard qui n'est certainement pas un hasard, m'a apporté une réponse et c'est ce moment privilégié que je veux partager avec vous aujourd'hui.

Ariaga

 

23/10/2009

Connaissance et action

Cordage et pas sur le sable.jpg

" Quiconque acquiert la Connaissance et ne la met pas en pratique ressemble à celui qui laboure son champ et ne l'ensemence pas. Quelle que soit l'importance de ses lectures théoriques, s'il ne les applique pas, il est ignorent. Il n'est ni un philosophe , ni un sage, mais une bête de somme avec un fardeau de livres. Et comment une bête de somme sans conscience peut savoir si elle transporte des livres ou des fagots ? "

Cette citation de Sadi, un philosophe perse du 13° siècle m'interpelle particulièrement en ce moment et je vous la livre pour méditation. Pour ceux qui ne connaissent pas le Laboratoire depuis les débuts, comme j'évite de reprendre des textes déja publiés, je vous invite à lire sur mon autre blog "extraits du laboratoire" (cliquez sur le lien en haut à droite du blog), un texte sur l'anima et l'animus vu par Jung. Je reçois de nombreuses question sur ces concepts souvent mal compris et j'espère que j'apporterai quelques lueurs.

Ariaga

 

28/09/2009

L'enfant et l'univers

Mare sur une plage bretonne.jpg

Sur la plage, tout vibrant d'étonnement devant le monde qui s'offre à lui, l'enfant contemple une mare enfermée dans sa frontière de rochers. Il ne voit pas les limites, seulement ce lieu enchanté où s'agitent crevettes et minuscules poissons, où le soleil joue avec l''eau. Il pénêtre cette mare de tout son regard et pour lui  cette petite surface d'eau de mer abandonnée par la marée est aussi importante que tout l'univers. Elle est l'univers.

Redevenir cet enfant émerveillé, oublier les questions et les portes...

Ariaga

22/09/2009

Une leçon d'humilité


L'arbre et ses amies les fleurs.jpg

Certains d'entre vous connaissent mon habitude d'ouvrir, chaque matin, un livre au hasard. Philosophie, alchimie, poésie, fiction, tout est bon. La vie, cruelle en ce moment, est comme une tempête de sable qui balaye tout sur son passage y compris ma présence sur les blogs mais cette habitude matinale a subsisté comme un arbre bien enraciné. Il s'agissait aujourd'hui d'un texte de Maître Eckhart dans son Instruction spirituelle dont la lecture m'a frappée comme un véritable message et m'a décidée à écrire à nouveau sur ce blog.

"Les gens ne devraient pas toujours tant réfléchir à ce qu'ils doivent faire, ils devraient plutôt penser à ce qu'ils doivent être. S'ils étaient seulement bons et conformes à leur nature, leurs oeuvres pourraient briller d'une vive clarté. Si tu es juste tes oeuvres le sont aussi. Ne pense pas mettre ton salut sur un "agir" : c'est sur un être qu'il faut le placer."

Ces mots m'ont fait penser à l'humilité, dont Maître Eckhart dit qu'elle est "la racine de tout bien et de tout ce qui l'accompagne" car j'ai compris que je manquais justement d'humilité. Je gravis douloureusement  des marches mais je vois seulement l'arbre solitaire que je deviens sans voir les fleurs qui continuent à pousser pendant mon ascension. Je ne pense qu'à mon impossibilité à agir sur de dures réalités , j'oublie d'être et, surtout, je me fais une trop haute idée de ce que dois être mon action. Cela s'applique au blog. Si j'arrête d'écrire, c'est parce que je pense ne pas avoir la force d'êcrire des textes dignes de ce blog et de ses lecteurs. C'est là que je manque d'humilité. Mon silence est orgueil, peur de ne pas être à la hauteur mais à la hauteur de quoi. De quelle "mission" me suis-je crue investie en tentant de faire connaître à quelques lecteurs Jung ou l'alchimie ou une certaine forme de spiritualité ou ma poésie ou mes photos. Beaucoup d'autres le font mais j'avais placé assez haut la barre de l'exigence. Manque d'humilité sanctionnée par l'arrêt de l'écriture quand je ne pouvais être à ce "niveau" imaginaire et ridicule.

Dorrénavent, je ferai de mon mieux, je verserai ici ce qui se présentera. L'essentiel est que l'athanor recommence à être alimenté. Dans deux jours ce sera le troisième anniversaire du Laboratoire. Il aurait été triste qu'il advienne avec un blog en suspens.

Je vous embrasse tous, amis connus et inconnus et je vous remercie pour le soutien que vous m'avez apporté avec vos commentaires.

Ariaga

 

 

 

 

03/06/2009

Spirale de l'amour

 

plante enroulée.jpg

Mon amour,

ma fleur d'or,

il fut un temps où tu enroulais mon corps dans les volutes de ton désir.

Il fut un temps où nos esprits partageaient le même vase sur l'athanor.

Quand le corps t'a trahi l'esprit est demeuré

brillant de force et de lumière

et maintenant

que le vase se vide doucement,

et maintenant

que je marche près de toi

sur le chemin d'acceptation

d'une spirale qui se défait,

et devient lentement

ligne droite,

mon amour s'élargit à l'infini

jusqu'aux limites de la vie

et chaque instant devient

goutte essentielle.

Ariaga